> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 225300894X
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 3.63/5 (sur 78 notes) Ajouter à mes livres
" Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c'est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant. " Il s'agissait de ce quatrième volume des Rougon - Macquart, histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire. C'est l... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 02 mai 2012

    lecassin
    Plassans, la petite ville du sud de la France imaginée par Emile Zola sur le modèle de l'Aix en Provence de son enfance est à nouveau le cadre d'un épisode de la série « Les rougon-macquart », après avoir accueilli « La Fortune des Rougon » (Tome 1) qui la vit acquise à Napoléon III grâce aux intrigues de la famille Rougon.
    « La Conquête de Plassans » (Tome 4) aurait pu s'intituler « La reconquête de Plassans » : l'abbé Faujas, un prêtre Bonapartiste y est missionné pour reconquérir la ville, passée entre temps dans le camp des légitimistes. À son arrivée, accompagné de sa mère, il s'installe chez Marthe et François Mouret qui vivent chichement mais confortablement leur retraite de commerçants marseillais entourés de trois enfants, Serge, Octave et Désirée…et de la bonne. Il sera bientôt rejoint par le couple Trouche, formé de sa sœur, Olympe et de son mari.
    Avant de reconquérir Plassans, l'Abbé Faujas conquiert d'abord ses hôtes qui ne s'en remettront jamais… Jusqu'au jardin de François devenu un lieu où les notables légitimistes et Bonapartistes peuvent se rencontrer en terrain neutre.
    Marthe, « débarassée » des enfants, l'un à Marseille, l'autre au séminaire et enfin, la benjamine, chez sa nourrice, deviendra dévote et finira par en perdre la raison.
    François sera interné…jusqu'au désastre.
    Bien que le roman soit construit autour du thème de la folie, l'une des tares héritées par les descendants d'Adélaïde Fouque - grand-mère commune à François et Marthe Mouret - il constitue aussi, et peut-être surtout, une violente attaque contre le clergé représenté par l'abbé Faujas, dans son statut de prêtre acquis à l'Empire et prêt à tout pour arriver à ses fins.
    Zola nous montre avec délectation une Église complice du pouvoir politique, manipulatrice, utilisant la piété naïve des fidèles, notamment des femmes, à travers des pratiques où la foi n'est que de peu d'importance comparée aux buts cachés et aux ambitions dont elle est le vecteur sournois.
    Folie, dévotion religieuse, Clergé manipulateur, politicards véreux… Un mélange explosif !
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    La Conquête de Plassans est chronologiquement le 4ème volet du cycle des Rougon-Macquart, l'œuvre majeure de l'auteur. Après deux épisodes Parisiens, Zola nous reconduit à Plassans, petite ville de province (Aix-en-Provence pour ne pas la citer) où nous avions déjà assisté au coup d'état de Napoléon III dans le berceau familial des Rougon-Macquart (voir La fortune des rougon). Ici, Zola nous conte l'arrivée en catimini d'un prêtre de Besançon d'aspect piteux et au passé aussi louche qu'obscur. Il arrive chez les Mouret, le couple consanguin de la famille, où le mari, François Mouret est un descendant du rameau Macquart tandis que sa femme Marthe est la dernière fille de Pierre Rougon. Ce sont de braves commerçants prospères de sensibilité républicaine. L'arrivée de l'abbé Faujas va révolutionner ce couple paisible et bien assis dans la société de Plassans.
    Après des débuts difficiles, l'abbé va réussir à se faire accepter et à devenir un personnage incontournable de la vie politique et sociale de la ville grâce au concours de Marthe, dont il va parvenir à faire une dévote, elle qui n'était pas même sûre d'être croyante auparavant. Non content de semer la zizanie dans le couple, l'abbé et surtout sa famille (mère, sœur et beau-frère de Faujas) vont littéralement dépouiller les Mouret de leur bien. La venue de l'abbé Faujas à Plassans ne doit rien au hasard et semble avoir été minutieusement pilotée depuis Paris par le ministre en personne (à savoir Eugène Rougon) dans le but d'assurer le résultat des élections législatives à venir.
    Avec ce 4ème roman, Émile Zola franchit une étape dans son style où il abandonne les longues descriptions et nous plonge plus directement dans l'action. C'est pourtant un ouvrage très balzacien, à mon sens, assez proche du roman le Curé de Tours, aussi bien dans le ton que dans le propos. le texte est découpé en beaucoup plus de chapitres que précédemment, tendance qu'il poursuivra avec La Faute de l'abbé Mouret et qui rend la lecture plus agréable. On n'est pas encore à l'apogée de la série mais on s'en rapproche avec cette conquête de Plassans.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 11 août 2010

    ivredelivres
    Changement de décor et de style, après s'être vautré dans Le ventre de paris, avoir fait la part belle aux couleurs, aux odeurs, aux bruits des Halles, Zola fait un retour à la province.
    Plassans, en proie aux turbulences du changement de régime politique dans est une ville assagie mais qui a mal voté aux dernières élections. L'opposition monarchiste relève la tête, elle tient ses quartiers à la villa Rastoil, des ambitions politiques renaissent, le pouvoir impérial se doit d'y mettre un terme.
    L'homme qui va mener à bien cette mise au pas est un homme d'église, un prêtre récemment nommé. Il ne prend pas le problème de front, il va utiliser toutes les ressources de l'art de la manipulation des âmes.
    C'est par les femmes qu'il commence, par Marthe Mouret née Rougon, nous voilà au coeur de sa famille, son mari François Mouret est son cousin germain, ils ont une grand-mère en commun : Adélaïde Fouque, la folle, enfermée dans un asile d'aliénés, et on voit repointer ici le nez de l'hérédité si chère à Zola.
    François Mouret jouit à Plassans d'une retraite bien méritée, négociant qui a fait fortune dans le vin il coule des jours paisibles entouré de sa femme, d'Octave et de Serge ses fils et de Désirée " une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans. "
    C'est lui qui fait entrer le loup dans la bergerie, il décide de louer quelques pièces inoccupées de sa maison " un prêtre ce n'est pas bien gênant. Il vivra chez lui, et nous chez nous" et l'abbé Faujas " un homme grand et fort" entre chez les Mouret accompagné de sa mère, puis bientôt de sa soeur.
    La vie tranquille et bien réglée de François Mouret va bientôt voler en éclats. Son jardin dont il était si fier est peu à peu investit par l'abbé qui y lit son bréviaire. Son fils Serge se plonge dans des livres prêtés par ..l'abbé Faujas, même Rose leur bonne ne jure bientôt que par la mère et le fils Faujas.
    Quant à Marthe, la plus vulnérable, elle est littéralement captive, sous prétexte de bonnes oeuvres l'abbé a obtenu sa dévotion totale au point d'oublier enfants et mari. Elle passe désormais sa vie à la Cathédrale, Faujas va ainsi assurer une emprise sur la famille avec la bénédiction de Félicité Rougon la propre mère de Marthe.
    François Mouret devient peu à peu victime. A table Marthe sert d'abord l'abbé elle " commençait toujours par lui, fouillait le plat, tandis que Rose, penchée au dessus d'elle, lui indiquait du doigt ce qu'elle croyait le meilleur." Des oublis, des brimades on " lui passait les assiettes fêlées, lui mettait un pied de table entre les jambes (...) posait le pain, le vin, le sel, à l'autre bout de la table. "
    François Mouret dépérit pendant que Faujas assure son influence sur la ville. La Conquête de Plassans est en marche.
    Ce n'est pas le meilleur de Zola, c'est une oeuvre de transition entre ses grands romans mais il rend à merveille toute la malignité de l'abbé Faujas, ses tours, ses mesquineries, son art de la persuasion, ses manigances pour capter les fortunes.
    Il n'a pas son pareil quand il s'agit de mettre à nu les ambitions, les haines familiales, la fausse dévotion pour montrer toutes les vilenies de la vie familiale.
    Dans la préface à l'édition en Pléiade Armand Lanoux dit " Evidemment, ce thème ne raccommode pas l'auteur avec les catholiques ! Zola a le génie de se faire des ennemis."
    Deux portraits sont esquissés ici : Serge Mouret qui sera le personnage principal du prochain tome et Octave qui va partir faire fortune à Paris dans le négoce et avec qui j'ai rendez vous " Au bonheur des dames ".

    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2010/05/30/la-conque..
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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 09 mars 2012

    fran6h
    Ambition, manipulation et folie.
    Et nous voilà de retour à Plassans, berceau de la famille. Cette fois-ci c'est chez Marthe Rougon que l'action se passe. Marthe a épousé François Mouret (son cousin germain) et la famille vit une vie de rentiers après avoir fait fortune dans le commerce de vin. La villa est le centre géographique du roman à plusieurs titres : non seulement elle est située entre celle des Rastoil (royalistes) et la Sous-Préfecture (représentant l'Empire) mais elle va devenir l'objet de toutes les convoitises de la part des locataires que la famille Mouret héberge.
    C'est un ecclésiastique, l'abbé Faujas, et sa mère qui vont louer le second étage. Or ce curé est là, envoyé par Paris et par le truchement de Rougon (Félicité, la mère de Marthe) pour reconquérir Plassans, dont le siège de député est confié à un royaliste depuis les dernières élections.
    Et ce curé, fera venir sa soeur et son beau-frère, dont la cupidité parait sans fin.
    Zola ne nous livre pas ici un récit contemplatif de la famille bourgeoise sous l'Empire. Avec un style vif (qui tranche avec les deux romans précédant) il nous conte une aventure politique, teintée d'ambition, de jalousie, de trahison et de manipulation ...
    Les locataires peu à peu prendront le pouvoir, François Mouret reclus, perdra tout. Marthe, sous l'influence de l'abbé n'est pas étrangère à cette déchéance. Les enfants sont exclus de la maison ... quant Marthe en prend conscience, il est bien trop tard.
    Ce roman est un drame ! La folie (la tare familiale qui se propagera ) y tient une bonne place.

    Lien : http://animallecteur.canalblog.com/archives/2012/03/09/23716357.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Sullyvan, le 11 mars 2011

    Sullyvan
    Magnifique bouquin, parfait témoignage que "réalisme", "naturalisme", c'est des foutaises. D'un côté, Zola, complexe, subtile, plein de contradiction. de l'autre, les profils bac.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    Désirée battit des mains. C’était une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans.

    « Maman, maman ! cria-t-elle, vois ma poupée ! »

    Elle avait pris à sa mère un chiffon, dont elle travaillait depuis un quart d’heure à faire une poupée, en le roulant et en l’étranglant par un bout, à l’aide d’un brin de fil. Marthe leva les yeux du bas qu’elle raccommodait avec des délicatesses de broderie. Elle sourit à Désirée.

    « C’est un poupon, ça ! dit-elle. Tiens, fais une poupée. Tu sais, il faut qu’elle ait une jupe, comme une dame. »

    Elle lui donna une rognure d’indienne qu’elle trouva dans sa table à ouvrage ; puis elle se remit à son bas, soigneusement. Elles étaient toutes deux assises, à un bout de l’étroite terrasse, la fille sur un tabouret, aux pieds de la mère. Le soleil couchant, un soleil de septembre, chaud encore, les baignait d’une lumière tranquille ; tandis que, devant elles, le jardin, déjà dans une ombre grise, s’endormait. Pas un bruit, au-dehors, ne montait de ce coin désert de la ville.
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  • Par lecassin, le 02 mai 2012

    Macquart entra dans la chambre. Madame Rougon, à genoux, se cachait la face entre les mains ; tandis que Serge, debout devant le lit, les joues ruisselantes de larmes, soutenait la tête de la mourante. Elle n’avait point encore repris connaissance. Les dernières lueurs de l’incendie éclairaient la chambre d’un reflet rouge.
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  • Par sentinelle, le 10 août 2011

    Elle sanglotait. L'abbé Faujas avait redressé sa haute taille, il s'approcha de Marthe, laissa tomber sur elle son mépris de la femme.
    - Ah ! misérable chair ! dit-il. Je comptais que vous seriez raisonnable, que jamais vous n'en viendriez à cette honte de dire tout haut ces ordures... Oui, c'est l'éternelle lutte du mal contre les volontés fortes. Vous êtes la tentation d'en bas, la lâcheté, la chute finale. Le prêtre n'a pas d'autre adversaire que vous, et l'on devrait vous chasser des églises, comme impures et maudites.
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  • Par sentinelle, le 10 août 2011

    Eh bien ! vous avez tord de vous négliger. C’est à peine si votre barbe est faite, vous ne vous peignez plus, vos cheveux sont ébouriffés comme si vous veniez de vous battre à coups de poing. […] Vous compromettez votre succès.

    Il se mit à rire d’un rire de défi, en branlant sa tête inculte et puissante.

    - Maintenant, c’est fait, se contenta-t-il de répondre ; il faudra bien qu’elles me prennent mal peigné.

    Plassans, en effet, dut le prendre mal peigné. Du prêtre souple se dégageait une figure sombre, despotique, pliant toutes les volontés. Sa face redevenue terreuse avait des regards d’aigle ; ses grosses mains se fut levaient, pleines de menaces et de châtiments. La ville fut positivement terrifiée, en voyant le maître qu’elle s’était donné grandir ainsi démesurément, avec la défroque immonde, l’odeur forte, le poil roussi d’un diable. La peur sourde des femmes affermit encore son pouvoir. Il fut cruel pour ses pénitentes, et pas une n’osa le quitter ; elles venaient à lui avec des frissons dont elles goûtaient la fièvre.
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  • Par sentinelle, le 10 août 2011

    Nous n'allons pas à la Sous-Préfecture, nous sommes sur un terrains neutre... Puis, mon cher ami, il n'y a aucune cérémonie là-dedans. Je garde ma veste en toile. C'est ma vie privée. Personne n'a le droit de juger ce que je fais sur le derrière de ma maison... Sur le devant, c'est autre chose ; nous appartenons au public, sur le devant... Nous ne nous saluons seulement pas, M. Péqueur et moi dans les rues.
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