> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 2253003662
Éditeur : LGF - Livre de Poche


Note moyenne : 3.58/5 (sur 149 notes) Ajouter à mes livres
La curée désigne en vénerie la part de la dépouille animale que l'on réserve aux chiens après le trépas de la bête. C'est ici, dans ce deuxième tome des Rougon-Macquart, la ruée servile vers les richesses du Second Empire dont chacun veut sa part, dans une succession d'... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ivredelivres, le 11 août 2010

    ivredelivres
    Lors d'une chasse à courre lorsque qu'une bête est abattue on jette les restes au chien après le dépeçage, moment violent et sanglant, c'est La Curée. La bête dans le roman de Zola c'est le bien public, le peuple, les pauvres, les honnêtes gens, les imbéciles qui vont se faire gruger, vous, moi.
    Dans ce second volume des Rougon-Macquart le héros c'est Paris, le Paris du Second Empire, celui que le Baron Haussmann va métamorphoser. C'est le temps de la création des grands boulevards, des Buttes-Chaumont, l'aménagement du bois de Boulogne et de l'hippodrome de Longchamp.
    On casse, on rase, on reconstruit " Paris s'abîmait alors dans un nuage de plâtre. " on détruit pour faire la place à des avenues rectilignes moins dangereuses en cas de mouvement populaire.
    Les rapaces, les spéculateurs, les crapules vont profiter de la manne
    Ce qui importe aux hommes d'état, aux financiers qui peuplent le roman, c'est de s'enrichir, gagner de L'Argent. Leurs appétits sont féroces et la morale est le cadet de leurs soucis
    Les spéculateurs achètent à bas prix et revendent à prix d'or. L'or dans lequel baigne le roman
    On retrouve le troisième fils des Rougon de Plassans, Aristide, il est monté à Paris pour faire fortune avec l'aide de son frère Eugène Rougon, mais il végète et trépigne d'impatience.
    Il va s'employer à trouver L'Argent là où il est, sa femme Angèle n'est pas tout à fait morte qu'il songe à la remplacer par une femme qui lui apporte une dote qui lui permettra de se lancer dans les affaires.
    Il l'a trouvé : Renée Béraud du Châtel, enceinte après un viol et donc impossible à marier, Aristide lui est prêt à prendre la fille et la dot, Grâce à la dot de Renée il va faire des placements audacieux et malhonnêtes. Il a désormais L'Argent, une belle femme qui attire Tous les regards, l'appui de son frère devenu ministre, il est temps pour Aristide de changer de nom, désormais il s'appelle Saccard.
    Il fait sortir du collège son fils Maxime beau jeune homme, veule et un peu pervers, qui promène son ennui dans les salons. Son père l'associe parfois à ses affaires d'argent ou de débauche. le jeune homme a le goût du plaisir, sa jeune belle-mère a goût du " fruit défendu " , le mari ferme les yeux..........
    La lecture du premier volume des Rougons était intéressante mais ici c'est passionnant. Zola nous fait entrer dans ce monde de magouilles, de spéculations, de prévarications, on touche du doigt cette richesse. Les descriptions sont magistrales, on voit se faire les transformations urbaines , se construire les demeures des nouveaux riches dont l'or sera la couleur dominante.
    " La Curée " est également un roman de moeurs qui se veut un tableau de la dépravation d'une classe sociale, le portrait est au vitriol.
    Les personnages très sulfureux pour l'époque portent en eux la dégénérescence que Zola va traquer tout au long de son oeuvre.
    Les toilettes, les équipages, les bals, les essayages chez les couturiers, les salons féminins : Zola nous montre tout de ce monde de luxure et de turpitude.
    Cela lui valu d'être empêché de publier ce roman dans les journaux en feuilleton, Barbey d'Aurevilly stigmatisait les écrits de Zola " l'indécence voluptueuse, l'indécence polissonne ".
    Il fallu attendre Maupassant pour qu'une critique élogieuse soit faite du roman.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ari, le 23 décembre 2011

    Ari
    Zola nous décrit ici l'époque des grands travaux d'aménagement et d'urbanisation menés à Paris. C'est La Curée, c'est-à-dire le dépeçage de Paris par les spéculateurs, des bourgeois véreux prêt à tout pour leur gain. Et Aristide Rougon, qui prendra le nom de Saccard en sera le meilleur exemple.
    Pour ce second tome des Rougon-Macquart, La Curée, Emile Zola met en scène la bourgeoisie Parisienne du 19e siècle, plus particulièrement lors des grands travaux de Napoléon III. Et comment faire mieux que de tout détruire pour mieux reconstruire. Et évidemment ces travaux laisseront libre champs aux spéculateurs. Zola s'y attaque à cette classe de la société ne vivant que pour et par L'Argent, en décrivant leur fascination du gain ainsi que leur vie scandaleuse. Et cela surtout autour du personnage de Aristide Saccard, ainsi que de sa compagne Renée, un personnage féminin très fort qui attache le lecteur d'un bout à l'autre du roman. D'ailleurs, comme à l'habitude chez Emile Zola, ce sont les personnages qui font le tout, sans compter cette incroyable reconstruction d'un Paris d'une époque durant laquelle le Paris moderne s'est forgé.
    J'ai beaucoup aimé. Les descriptions des costumes de l'époque, des dîners, des aventures, de la vie un peu débauchée de la bourgeoisie. Mes copines ne comprennent pas que j'aime lire et relire Zola. Elles me disent que je me torture ! Mais ça n'est pas de la torture. C'est de la littérature classique. Et moi, j'adore.
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    • Livres 4.00/5
    Par fran6h, le 16 avril 2011

    fran6h
    Dans un décor de Paris bourgeois, entre salons et jardins, Zola peint à travers les personnages au caractère bien marqué, un monde impitoyable où L'Argent l'emporte sur les sentiments, où le paraître est fondamental et où la domination est toujours recherchée. C'est un roman cruel.
    Deuxième roman de la série des Rougon-Macquart, "La Curée" est une histoire d'amour dans le contexte de la spéculation immobilière au moment du façonnage du Paris moderne par le second empire.
    On retrouve ici la première descendance de Pierre Rougon, héros du premier tome, à savoir trois de ses cinq enfants : Arsitide, Eugène et Sidonie.
    Le roman est centré sur Aristide, fraîchement débarqué de Plassans avec sa femme Angèle et son fils Maxime et dont la seule ambition est de faire fortune rapidement.
    Lorsque Angèle décédera, Aristide n'hésitera pas à épouser la jeune et jolie Renée (qui est dans l'embarras mais fortement dotée). Délaissée par son mari, Renée se rapprochera peu à peu de Maxime.

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    • Livres 3.00/5
    Par vicim, le 15 mai 2011

    vicim
    Nous retrouvons un personnage découvert dans La Fortune des Rougon, il s'agit d'Aristide, le fils de Pierre Rougon. Il est en quête de fortune et de reconnaissance. Aristide quitte Plassans et se remarie avec une femme plus jeune, Renée. C'est vraiment très agréable de suivre ce personnage que nous avions appris à connaître dans le premier ouvrage, de voir son évolution...
    J'ai aimé relire certaines scènes qui m'avaient marquées la première fois : la scène de la serre en est un parfait exemple.
    Comme Maupassant dans Bel Ami, on suit la tentative d'ascension sociale et financière d'un homme qui ne pense qu'à ça. C'est obsessionnel, à tel point qu'il ne voit pas ce qui se trame autour de lui. Il ne perçoit pas la passion amoureuse qui unit sa nouvelle femme et son fils, Maxime. J'ai d'ailleurs apprécié l'art de Zola de décrire ce feu qui unit les deux amants.


    Lien : http://lesbavardagesdesophie.over-blog.com/
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    • Livres 5.00/5
    Par mabertrand, le 27 mars 2011

    mabertrand
    Emile Zola est l'un de mes écrivains préférés. Autour de mes 25 ans, j'ai lu les vingt livres qui mettaient en scène la famille Rougon-Macquart. Je dois dire que "La Curée" est l'un de ceux que j'ai préféré.
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    Au retour, dans l’encombrement des voitures qui rentraient par le bord du lac, la calèche dut marcher au pas. Un moment, l’embarras devint tel, qu’il lui fallut même s’arrêter.

    Le soleil se couchait dans un ciel d’octobre, d’un gris clair, strié à l’horizon de minces nuages. Un dernier rayon, qui tombait des massifs lointains de la cascade, enfilait la chaussée, baignant d’une lumière rousse et pâlie la longue suite des voitures devenues immobiles. Les lueurs d’or, les éclairs vifs que jetaient les roues semblaient s’être fixés le long des rechampis jaune paille de la calèche, dont les panneaux gros bleu reflétaient des coins du paysage environnant. Et, plus haut, en plein dans la clarté rousse qui les éclairait par derrière, et qui faisait luire les boutons de cuivre de leurs capotes à demi pliées, retombant du siège, le cocher et le valet de pied, avec leur livrée bleu sombre, leurs culottes mastic et leurs gilets rayés noir et jaune, se tenaient raides, graves et patients, comme des laquais de bonne maison qu’un embarras de voitures ne parvient pas à fâcher. Leurs chapeaux, ornés d’une cocarde noire, avaient une grande dignité. Seuls, les chevaux, un superbe attelage bai, soufflaient d’impatience.

    — Tiens, dit Maxime, Laure d’Aurigny, là-bas, dans ce coupé… Vois donc, Renée.

    Renée se souleva légèrement, cligna les yeux, avec cette moue exquise que lui faisait faire la faiblesse de sa vue.

    — Je la croyais en fuite, dit-elle… Elle a changé la couleur de ses cheveux, n’est-ce pas ?

    — Oui, reprit Maxime en riant, son nouvel amant déteste le rouge.
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  • Par nina2loin, le 21 janvier 2012

    L' hiver suivant, lorsque Renée mourut d'une méningite aiguë, ce fut son père
    qui paya ses dettes. La note de Worms se montait à deux cent cinquante-sept
    mille francs.
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