> Raoul Girardet (Autre)
> Henri Mitterand (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070375862
Éditeur : Gallimard (1984)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 43 notes) Ajouter à mes livres
La Débâcle : Sedan, l'effondrement de la France impériale, frivole et corrompue, devant «l'esprit scientifique» de l'Allemagne et l'implacable mécanique de ses armées. La défaite, le siège de Paris, le brasier de la Commune, «l'exécrable semaine» de la répression versai... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Flambert, le 01 mai 2012

    Flambert
    La Débâcle, grand succès de librairie de l'époque, revient sur des événements historiques relativement récents lorsque Zola écrit son roman : la défaite de Sedan, la Commune et la fin du Second Empire.
    Zola choisit de mettre en scène Jean Rougon, déjà protagoniste de La Terre, sur le front est, mais aussi une famille des environs de Sedan, touchée de plein fouet par la guerre et la crise morale que rencontrent ces petits villages. Il y a Maurice, le soldat, qui peu à peu devient l'ami de Jean, sa soeur Henriette, femme simple et forte au grand coeur, et le mari de celle-ci, Weiss, mort fusillé pour avoir pris les armes dans un accès de patriotisme. L'oncle Fouchard, un profiteur de guerre qui y a perdu son fils, et Sylvine, qui a eu le malheur d'avoir un enfant d'un Bavarois.
    La première partie, un peu lente, m'a perdue dans le dédale des petits villages lorrains, à travers la compagnie de Jean et Maurice, image de l'armée qui semble éviter le choc de front.
    Puis vient le moment de l'affrontement, et Zola y fait preuve de tout son talent. Sa plume déverse un souffle épique sur cette journée de violence, vue tour à tour à travers les yeux de Tous les protagonistes présentés dans la première partie.
    Enfin, après la défaite, la blessure ouverte : dans cette région de Sedan, puis à Paris, sur les traces de Maurice, qui s'interroge sur la politique et sur la vie, puis Jean qui avec son bon sens et sa droiture rejoint les troupes versaillaises opposées à la Commune. le tragique clôt ce roman, mais accompagné d'une note d'espoir : la fin d'un monde, sur lequel se reconstruira la France.
    Ce roman de Zola a perdu de la notoriété qui était la sienne au moment de sa sortie. Pourtant, malgré un réel ennui au départ, l'écriture nous emporte avec elle dans le sillage de ses héros, Tous très attachants. Une belle surprise au final.
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Citations et extraits

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  • Par Gregory_Lemarchand, le 20 mai 2012

    Mais ce qui acheva de le conquérir, ce fut de comprendre qu'elle n'en savait pas beaucoup plus que lui.
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  • Par Couperine, le 09 mai 2010

    À deux kilomètres de Mulhouse, vers le Rhin, au milieu de la plaine fertile, le camp était dressé. Sous le jour finissant de cette soirée d’août, au ciel trouble, traversé de lourds nuages, les tentes-abris s’alignaient, les faisceaux luisaient, s’espaçaient régulièrement sur le front de bandière ; tandis que, fusils chargés, les sentinelles les gardaient, immobiles, les yeux perdus, là-bas, dans les brumes violâtres du lointain horizon, qui montaient du grand fleuve.

    On était arrivé de Belfort vers cinq heures. Il en était huit, et les hommes venaient seulement de toucher les vivres. Mais le bois devait s’être égaré, la distribution n’avait pu avoir lieu. Impossible d’allumer du feu et de faire la soupe. Il avait fallu se contenter de mâcher à froid le biscuit, qu’on arrosait de grands coups d’eau-de-vie, ce qui achevait de casser les jambes, déjà molles de fatigue. Deux soldats pourtant, en arrière des faisceaux, près de la cantine, s’entêtaient à vouloir enflammer un tas de bois vert, de jeunes troncs d’arbre qu’ils avaient coupés avec leurs sabres-baïonnettes, et qui refusaient obstinément de brûler. Une grosse fumée, noire et lente, montait dans l’air du soir, d’une infinie tristesse.
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  • Par barjabulette, le 08 avril 2012

    Et l'amitié leur devenait à tous deux comme un élargissement : on avait beau ne pas s'embrasser, on se touchait à fond, on était l'un dans l'autre, si différent que l'on fût, sur cette terrible route de Remilly, l'un soutenant l'autre, ne faisant plus qu'un être de pitié et de souffrance.
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