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Critiques sur La Fortune des Rougon (14)


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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo le 20/04/2012


    Voici le roman qui inaugure le célébrissime cycle littéraire des Rougon-Macquart en nous livrant les secrets du "livret de famille" où toutes les perversions sont en germe, inscrites dans les gènes des différents membres du clan: ambition démesurée, avidité, cupidité, cruauté, orgueil, couardise, jalousie, folie, etc.
    Le thème en est le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte en 1852, alors président de la république, qui va tuer cette seconde république pour y installer son propre trône d'empereur et les dérives qui iront avec.
    Cependant, derrière les cœurs amers ou défaillants de la famille, on voit tout de même poindre quelques lueurs d'humanité, chez l'infortuné Silvère Mouret par exemple, porte drapeau d'une jeunesse qui veut croire en un idéal ou chez Pascal Rougon, le fameux "Docteur Pascal" (l'opus 20 de la série et qui la clôt).
    Le rôle principal est tenu par Pierre Rougon et sa merveilleuse épouse (je vous la conseille, elle est vraiment aux petits oignons), prêts à vendre n'importe qui ou n'importe quoi pour arriver à la fortune, et qui utiliseront les troubles du coup d'état pour se poser en sauveurs de Plassans (alias Aix en Provence, dont est originaire Zola).
    Même si ce roman, n'est pas, à mon sens, le meilleur du grand cycle de Zola, il est cependant indispensable, car il permet de bien comprendre les origines et du coup d'état et de la famille qui va nous intéresser pendant encore dix-neuf romans. Il est, de plus, intéressant et tout à l'honneur de son auteur de noter que ce roman réaliste ultra critique vis-à-vis de l'empire fut écrit alors que celui-ci n'avait pas encore expiré à Sedan. C'est donc avec toute mon humble considération et grand plaisir que j'accorde à Émile Zola un satisfecit pour cette première pierre à l'édifice majeur de sa carrière littéraire. N'oubliez pas néanmoins que toutes ces menues considérations ne sont que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.

    critique de qualité ? (15 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Woland le 15/12/2007


    Le premier volume d'une série qui compte des best-sellers tels que "L'assommoir", "Nana" ou encore "La Bête humaine", a forcément la part délicate. Pressé d'en venir directement aux chefs-d'oeuvre de Zola, le lecteur l'oublie souvent. Et c'est un tort.
    Car le souffle zolien s'y fait déjà sentir. A ceux qui m'opposeraient les longues descriptions du premier chapitre, je répondrais qu'il s'agit là d'un chapitre d'exposition et que, en tant que tel, il ne saurait être court, surtout au XIXème. Et puis, franchement, n'est-elle pas prodigieuse, la description du vieux cimetière St Mittre ? D'emblée, Zola nous prouve la maîtrise, rare parce qu'innée, avec laquelle il mariait naturellement les luxuriances de la vie et la pourriture sacrée de la mort.
    Un morceau pareil, dans la droite ligne des descriptions cadavériques de "Thérèse Raquin" et de celles, dévoreuses, monstrueuses et quasi amazoniennes de la serre de "La Curée" où Renée et Maxime cachent leurs amours incestueuses, ou de ce Paradou oublié dans lequel l'abbé Mouret, amnésique, succombe aux plaisirs de la chair, que voulez-vous, moi, ça me stupéfie et ça m'émerveille toujours autant !
    "La Fortune ..." est le livre-fondateur de la saga des Rougon, des Macquart et des Mouret. Celui qui passe auprès de lui sans le lire se résigne du coup à laisser dans l'ombre trop des points importants et dont certains sont carrément essentiels à la bonne compréhension du reste de la fresque.
    D'abord, cela va de soi, la haine fondamentale entre les Rougon, descendants du premier mari de l'aïeule Adélaïde Foulques, et les Macquart qui, eux, sont les enfants de son amant, le braconnier Antoine Macquart.
    Attachez vos ceintures et suivez-moi bien.
    Dès le départ, Pierre Rougon, le fils légitime, vole sa mère et ses demi-frère et soeur, Antoine et Ursule, afin de se doter pour épouser la fille d'un marchand d'huile, Félicité Puech. Dès le départ aussi, Antoine, le fils du braconnier, nous apparaît dans toute sa hideur : aussi voleur que son demi-frère mais beaucoup moins chanceux (peut-être parce que beaucoup plus paresseux), parasite-né qui vit d'abord aux crochets de sa mère, puis de sa femme, Fine, et enfin de ses deux enfants, Jean (que l'on retrouvera dans "La Terre"), Lisa (la "Belle Normande" du "Ventre de Paris") et bien sûr Gervaise, future et touchante héroïne du plus gros succès de Zola, "L'assommoir."
    Ursule, seule fille du braconnier et d'Adélaïde, aura la chance d'épouser un ouvrier chapelier solide du nom de Mouret. La réussite de ce dernier sera telle d'ailleurs que son fils, François, finira par se marier avec sa cousine, Marthe Rougon - Tous deux seront les protagonistes de "La Conquête de Plassans." Hélas ! de santé fragile et d'humeur étrange, elle finira par se suicider et son mari ne mettra pas longtemps à la suivre dans la tombe. le second de leurs fils, le petit Silvère, sera adopté par sa grand-mère Adélaïde, qu'il surnommera "Tante Dide."
    Du côté Rougon, apparaissent Eugène, futur ministre de Napoléon III ("Son excellence eugène rougon"), Aristide (personnage que Zola semble avoir conçu comme assez falot mais qui, par l'une de ces bizarreries qui se manifestent dans L'oeuvre des grands romanciers, deviendra très vite le Saccard flamboyant de "La Curée" et celui, presque émouvant, de "L'Argent"), Pascal (l'un des rares personnages positifs de la fresque qui donnera son nom au dernier volume), Marthe (cf. plus haut) et enfin Sidonie (c'est elle qui, dans "La Curée", révèlera à son frère l'adultère incestueux de Renée et de Maxime).
    Pour les deux clans - plus précisément pour les Rougon et Antoine Macquart - le coup d'Etat du 2 décembre 1851 servira de tremplin. Pierre et Félicité obtiendront enfin la recette générale qu'ils convoitaient depuis des lustres et Antoine, en se faisant leur complice, gagnera ainsi la possibilité de les faire chanter à vie. Aussi cruels, aussi sournois et aussi avides les uns que les autres de se bâtir une fortune, ils abandonneront à la fusillade le pauvre Silvère qui, trop jeune et trop utopiste, aura eu le tort de se battre dans le camp des vaincus.
    C'est donc, on l'aura compris, dans le sang de la République et dans celui de ses défenseurs, que La fortune des rougon-Macquart prend ses racines.
    Telle est, résumée autant que faire se peut, l'intrigue de ce roman qui, à sa parution, ne déchaîna guère les critiques et qui, pourtant, ne peut manquer de passionner les inconditionnels de Zola et de la fresque qui lui permit d'accéder à la célébrité. ;o)

    critique de qualité ? (10 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par lecassin le 23/04/2012


    « La Fortune des Rougon », est le premier volume de l'œuvre magistrale d'Emile Zola, les Rougon Macquart, qui en compte vingt.
    Publié en 1871, il dépeint les amours de Miette et Silvère, sur fond de coup d'État du prince Louis Napoléon Bonaparte (Napoléon III), le 2 décembre 1851, vu d'une ville de Provence, Plassans, inventée par l'auteur sur le modèle de la ville de son enfance, Aix en Provence.
    Une période troublée qui ne peut que créer le terreau propice au développement des ambitions démesurées : deux branches rivales d'une même famille, les Rougon et les Macquart, s'affrontent. Les premiers, bonapartistes et calculateurs, finiront par profiter du coup d'état s'emparer du pouvoir politique à Plassans, les seconds, libéraux, plus par pauvreté et rancœur que par conviction...
    C'est aussi l'occasion pour Emile Zola d'esquisser la généalogie en trois branches issues d'Adélaïde Fouque des familles dont on suivra l'évolution des différents membres au fil des romans :
    les Rougon, la branche où prédomine l'appât du gain et l'appétit du pouvoir,
    les Mouret, la branche où la fragilité mentale de l'aïeule réapparaît comme une tare familiale ;
    les Macquart, la branche la plus fragile, chez qui se retrouve la folie d'Adélaïde mêlée à l'ivrognerie et à la violence de son amant.
    « La Fortune des Rougon » n'est probablement pas le plus connu des romans d'Emile Zola. Il reste cependant à lire en premier dans la série, même si l'on prend ensuite les autres « dans le désordre ». Pour ma part, après avoir lu difficilement comme beaucoup « L'assommoir » et « Germinal » en parcours scolaire, c'est celui qui m'a fait redécouvrir la richesse du style si particulier de Zola.

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Sand94 le 13/03/2012


    A travers ce roman, Zola pose les jalons de son entreprise naturaliste. Son but est de suivre une famille, de génération en génération, et d'étudier ses membres, en fonction du milieu dans lequel il les place. Prenant appui sur la science et la sociologie naissante, Zola cherche à prouver la dégénérescence de la race. En prenant comme mère originelle Adélaïde Fouque, Zola se préoccupe du sort du peuple. le style naturaliste est bien là : précision des détails, descriptions réalistes des décors, de la nature et des personnages, étude sociale et historique précises ainsi que volonté de parler du peuple et non plus, comme le faisait Balzac, de la haute bourgeoisie ou de l'aristocratie.


    Lien : http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2012/03/11/la-fortun..

    critique de qualité ? (8 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres le 11/08/2010


    Il y a quelques semaines j'ai fait un billet sur un livre audio qui m'avait beaucoup plu La Bête humaine, vous avez été plusieurs à manifester votre envie de lire Zola je ne sais pas si vous avez démarré mais moi oui.
    Je me suis lancée, je ne sais pas si j'irai au bout de la saga des Rougon Macquart mais qu'importe ce n'est pas un concours.
    J'ai peu pratiqué Zola donc tout ou presque me reste à lire. Voilà le premier billet et le début de la généalogie des Rougon-Macquart et par la même occasion ma première lecture de longue durée avec mon ebook.

    L'oeuvre de Zola se déroule sous le Second Empire, ce premier roman lui se situe à la veille du coup d'état en 1851 du futur Napoléon III dans une petite ville du Var : Plassans.
    L'époque est très importante car les remous politiques partagent les citoyens, mettent à jour les appétits de pouvoir, de richesses, les besoins de revanche ou de vengeance. Il faut choisir son camp et ne pas se tromper pour être du côté des vainqueurs le moment venu. Tient on se croirait aujourd'hui, l'époque a changé mais pas ce qui mène le monde : trahir, mentir, comploter, s'en prendre aux innocents, aux plus faible....on est en pays connu hélas.
    Pourtant ce n'est pas cette partie du roman qui m'a plu, non c'est la mise en place de l'arbre généalogique, l'origine de la famille.
    Adèle Fouque, ni Rougon ni Macquart c'est pourtant elle qui va engendrer les trois branches de la famille.
    son premier mari Rougon, jardinier de son état, lui donne un fils Pierre, à sa mort elle vit « à la colle » avec Macquart, un personnage peu reluisant, ivrogne, voleur et qui lui fait deux enfants : Ursule et Antoine Macquart, notez bien, rien à voir avec Pierre Rougon, même s'ils sont demi-frére et soeur.
    Les trois enfants issus de la même mère, représenteront chacun une catégorie sociale, ils sont marqués à jamais par leur naissance, leur hérédité.
    Pierre Rougon va prendre ce que de nos jours on appelle « l'ascenseur social », mais il joue des coudes pour monter dedans à la faveur des remous politiques. Sa femme Félicité le pousse en avant. Quelques tours de passe passe pour s'assurer les biens de sa mère au détriment d'Ursule et Antoine, et le voilà sur le chemin de la richesse, il va pouvoir changer de classe sociale.
    Chez les Mouret et les Macquarts le poids de l'hérédité va faire pencher les destins, la violence liée à l'alcoolisme, la folie, Zola esquisse déjà les romans qui viendront.

    J'ai lu ce roman avec grand intérêt même si ce n'est ni le plus connu, ni le plus passionnant de Zola, tout est en place, le décor est dressé et tout invite à suivre le chemin tracé par l'auteur.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Ari le 12/12/2011


    Premier tome d'une longue saga. Zola pose ici les bases de son histoire des Rougon-Macquart. le lecteur fait la connaissance des personnages, de l'époque.
    Il s'agit d'une relecture en ce qui me concerne. J'avais lu quelques romans de Zola il y a une vingtaine d'années. J'ai envie de relire des classiques de la littérature française et je me lance donc dans Les rougon-macquart. Je ne suis pas déçue par ce premier tome.
    Le travail de recherche et d'observation que Zola a dû fournir pour écrire cette saga me fascine. Et tout ça sans l'aide d'Internet !

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



  • Par Aela le 17/02/2011


    C'est le point de départ d'un travail titanesque qui durera plus de vingt ans. A travers les vingt tomes qui composent la fresque des Rougon-Macquart, c'est l'histoire d'une famille qui va se dérouler pendant toute la durée du Second Empire, avec des faits marquants plus spécialement mis en lumière: le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, les travaux d'Haussmann qui bouleversent Paris, la naissance des grandes entreprises commerciales et industrielles, la guerre de 1870 et la défaite de Sedan. Une fresque qui rassemble des centaines de personnes et qui marque les origines du monde moderne.
    Par cette oeuvre, Zola s'impose comme le chef de file du mouvement naturaliste auquel vont "adhérer" aussi Mirbeau, Huysmans, Maupassant...

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Hindy le 16/12/2010


    Magnifique

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par vicim le 15/05/2011


    Je n'avais jamais lu ce premier tome de la fresque zolienne et je me rends compte maintenant que c'est un élément essentiel pour bien comprendre le projet de Zola. Même si, en soi, chaque opus peut être lu séparément, ce premier roman présente les différents personnages des deux familles. Ainsi, on comprend mieux pourquoi Gervaise, par exemple, est tourmentée par l'alcool. On identifie mieux la position d'Etienne Lantier dans Germinal. La filiation des différents personnages connus nous éclaire énormément. Bref, ce premier tome est LA clé de cette grande fresque !
    L'intrigue met également en avant une autre donnée très importante du projet zolien : la rencontre entre l'Histoire (le coup d'état, le second empire) et l'histoire individuelle.
    Zola c'est surtout l'art de dresser des portraits réalistes, d'ajouter de l'émotion sans pour autant tomber dans le facile pathos. J'ai été très touchée par le récit de l'histoire d'amour entre Miette et Silvère.

    C'est donc avec grand plaisir que je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour vous parler de La Curée. Nous y retrouverons Aristide.


    Lien : http://lesbavardagesdesophie.over-blog.com

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Cleanthe le 27/06/2009


    On sait que dans Les rougon-macquart, Émile Zola a conçu le projet de donner la vision de la France sous le Second Empire à travers le portrait d'une famille, suffisamment diverse pour parvenir à décrire Tous les milieux et, passant incessamment de Paris à la province, des lieux aussi divers que les grands ministères, la Bourse, les Halles, la mine ou la campagne française. La fortune des rougon est en quelque sorte la préhistoire de ce projet là.

    Une généalogie un peu laborieuse à résumer introduit les principaux éléments du cycle romanesque, au premier rang desquels cette fameuse hérédité qui permettra, d'un roman à l'autre, d'expliquer la diversité des caractères et surtout de structurer cette magnifique galerie de personnages que constituent les 20 ouvrages de Zola. Nous sommes à Plassans, petite ville provençale. Au départ, il y a Antoinette Fouque, fille unique de paysans, qui épouse un jardinier illettré, Rougon, dont elle a un fils, Pierre. Après la mort de son mari, deux autres enfants naîtront de son union avec un amant, Macquart, un contrebandier ivrogne et brutal: Antoine et Ursule...


    Lien : http://danslabibliothequedecleanthe.over-blog.com/article-24792591.h..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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