Le Docteur Pascal, situé après la proclamation de la République en 1870, clot la série des Rougeon-Macquart( saga familiale sur fond de satire politique et sociale).
Pascal Rougon (déjà croisé dans
La Faute de l'abbé Mouret), qui préfère taire son nom de famille vu la "félure héréditaire" qu'il sous-entend, est connu de
Tous en tant que Docteur Pascal altruiste et gai, positiviste, homme de science qui travaille sur l'hérédité afin de "régénérer l'humanité" et étudie l'influence du milieu. Sa mère Félicité, richissime, n'aura de cesse de détruire les dossiers compromettant la famille en dénonçant ses tares(alcoolisme,débilité,hystérie,démence...) pour ne garder que les "beaux documents".
Il a recueilli à la "Souleiade" sa nièce Clotilde admirative face à ce "maître" tout puissant. Une passion fébrile (qualifiée d' incestueuse, scandaleuse pour les critiques de l'époque) nait entre eux. Tout le talent d'
Emile Zola (insatiable travailleur tel
Le Docteur Pascal) dont ce roman est une autofiction inspirée par sa propre liaison avec la jeune Jeanne (rayon de soleil de ses vieux jours dont il aura deux enfants) est de nous présenter Clotilde à l' "exquis et sérieux profil", "aux frisures folles" comme une Vierge Marie, saine, pieuse, innocente, féminine et courageuse qui reste pure malgré sa relation charnelle et l'enfant quasi-miraculeux engendré.
L'amour triomphera-t-il?
Des instants fugitifs et des descriptions de paysages impressionistes fixés par un oeil de peintre, l'un de ces peintres (Monet,Manet,Courbet,Sisley..) dont
Zola était l'ami.
De beaux portraits psychologiques et une belle preuve d'amour d'un
Zola vieillissant à sa jeune maîtresse. Par contre on peut juste s'interroger sur les curieuses méthodes du Docteur Pascal, plus alchimiste que véritable scientifique dans ses expériences farfelues à base de cervelles de moutons. Mais tout progrés n'implique-t-il pas des essais?