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ISBN : 2081285894
Éditeur : Flammarion (2014)


Note moyenne : 4/5 (sur 1815 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Une des grandes grèves du siècle dernier racontée par un journaliste de génie qui en a fait un réquisitoire, un formidable ” J’accuse ” contre le capital, le roman de la lutte des classes et de la misère ouvrière. Un livre de nuit, de violence et de sang, mais qui débou... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LydiaB, le 16 mars 2013

    LydiaB
    Treizième volume des Rougon-Macquart, Germinal met en scène Etienne Lantier, fils de Gervaise Macquart et d'Auguste Lantier. Jeune machiniste, il est licencié pour ses prises de position politiques. Il se rend alors à Montsou, bien décidé à se faire embaucher par la Compagnie des Mines. Très vite, il se démarque de ses collègues. La misère sociale le bouleverse, de même que l'exploitation des patrons envers les pauvres gens. Chassez le naturel, il revient au galop, et Etienne ne peut s'empêcher de devenir un fervent militant. Au-delà de toutes ces querelles intestines, il fait la connaissance de Catherine Maheu, fille de la famille qui le loge. Cependant, celle-ci est convoitée par un autre mineur, Antoine Chaval. Etienne va alors devoir faire face à un double combat, et le mot n'est pas trop fort, vous le verrez en lisant cette Oeuvre magistrale. D'un côté, il se bat pour ses idées, notamment lorsque la Compagnie des Mines baisse les salaires. de l'autre, il lutte pour conquérir le coeur de sa belle. Une lutte acharnée, sans merci...

    Etienne, Catherine ou Chaval représente une catégorie sociale mise en avant par Zola. Ces pauvres gens subissent de plein fouet une magistrale crise économique. Ils tentent d'améliorer leurs conditions... Roman résolument moderne n'est-ce-pas ?

    Comme à son habitude, l'auteur s'est documenté pour écrire ce roman. Il est allé au plus près des grévistes d'Anzin, dans le Nord de la France, grève considérable regroupant plus de 10 000 employés du 21 février au 17 avril 1884. Il est descendu dans la mine. SI le roman reste résolument noir, le titre laisse apercevoir un espoir, un avenir meilleur, un renouveau. D'ailleurs, la fin est sans équivoque : "Maintenant, en plein ciel, le soleil d'avril rayonnait dans sa gloire, échauffant La Terre qui enfantait. du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. de toutes parts, des graines se gonflaient, s'allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d'un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s'épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s'ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l'astre, par cette matinée de jeunesse, c'était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater La Terre."

    Si le monde de la mine vous intéresse, je vous conseille également l'excellent livre, plus récent puisque paru en 1939, de Richard Llewellyn, Qu'elle était verte ma vallée ! Souvent comparé au roman de Zola, il met en avant non seulement les affres des mineurs irlandais du Pays de Galles mais également toute une dimension psychologique prenant en compte les sentiments de chacun, ce que l'on ne trouve pas assez à mon goût, dans ce roman de Zola. Ceci dit, j'aime tellement cet auteur que je lui passe aisément ce dernier point.

    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-du-xixe-si%C3%A8cl..
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    • Livres 3.00/5
    Par lecassin, le 28 novembre 2013

    lecassin
    « Germinal » où quand Zola fait du Zola
    Publié en 1885, « Germinal » est le treizième volume de la série « Les Rougon-Macquart », une « Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le Second Empire ».
    On voit ici débarquer à Montsou, dans le Nord, le jeune Étienne Lantier - fils de Gervaise Macquart et de son amant Lantier - fraîchement renvoyé de son travail pour avoir giflé à son employeur.
    C'est la crise. La Compagnie des mines décide de Baisser les salaires (tiens donc ! La méthode été déjà connue)…Déjà miséreux parmi les miséreux, les mineurs ne tarderont pas à se laisser convaincre par Lantier de se mettre en grève, face à une direction intransigeante dans son refus de négocier avec le personnel.
    « Germinal », c'est le récit circonstancié d'une grande grève dans le milieu du charbon telle qu'à pu la vivre Zola dans son travail préparatoire à la rédaction de ce sombre treizième volume ; lui qui suivit de près celle d'Anzin au printemps 1884.
    « Germinal, pour moi, le plus noir des «Rougon-Macquart », pire que « L'assommoir »…Un roman où Zola fait du Zola en ceci que plus que dans beaucoup de ses romans, le trait me paraît épais, exagéré, caricaturé ; dans ce milieu noir par nature qu'est le charbonnage.
    Bref, on l'aura compris : ce Zola là n'est pas mon préféré… dans la forme. Malgré tout, sur le fond, le coté documentaire au sujet de la gestion de conflit de l'époque est saisissant. le combat « syndical » de Lantier édifiant, jusqu'à dans sa démesure. Un combat complexifié par la relation quasi-amoureuse Lantier/Catherine qui ne peut que projeter l'un contre l'autre Lantier et Chaval, un ouvrier vaniteux et brutal, amant de Catherine, quand il prendra fait et cause pour les patrons contre la grève.
    Et puis Souvarine…
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 24 avril 2012

    colimasson
    La crise économique, la misère, les grèves, les mines… Abordant des sujets a priori lourds, qui nécessitent une entière disposition de l'esprit, ce Germinal fait craindre de retrouver le désespoir d'une situation qui ressemble, à certains égards, à celle d'aujourd'hui. Ajoutons à cela un discours politique et social qui nous paraîtra encore plus obscur que celui que l'on entend déjà au quotidien, du fait d'un ancrage fort dans un passé qui nécessite d'être contextualisé, et l'appréhension est à son comble. La barrière temporelle peut effrayer, à juste cause.
    A cette première crainte vient s'ajouter le fait que Germinalest le 13e roman de la série des Rougon-Macquart, écrite par Zola entre 1871 et 1893. Je ne le savais pas avant d'entamer ma lecture, mais je me suis rendue compte assez rapidement que je m'embarquais dans un milieu dans lequel les personnages avaient déjà pris leurs aises depuis un petit moment… L'arbre généalogique des Rougon-Macquart est dense, et il ne faut pas sauter trois lignes des premiers chapitres sous peine de perdre le fil des liens qui unissent (ou séparent, d'ailleurs, le plus souvent) les familles et les individus. A condition de tolérer cette impression première d'être enseveli sous un flot de données civiles, Germinal constitue une lecture autonome, au même titre, peut-être, que les autres romans de la série.
    Dans Germinal, le point de départ est constitué par Etienne Lantier. Parce qu'il se retrouve au chômage, il décide de partir dans le nord de la France. Là-bas, il se fait embaucher dans les mines de Montsou. La mécanique est huilée, mais les conditions de travail sont réputées pour être effroyables. Pas assez, toutefois, pour y mourir, ce qui est peut-être le pire. On se contente d'y agoniser, parfois jusqu'à un âge très avancé, alors que la vieillesse frappe à peine la quarantaine atteinte.
    En dehors du travail aux mines, Etienne fait la connaissance de la famille des Maheu. Il s'éprend de la jeune fille, Catherine, brutalisée au travail mais aussi dans la vie privée (si tant est que cette notion ait un sens dans le contexte) par Chaval, un époux brutal et manipulateur. Pour ne pas semer la discorde dans la vie et l'esprit de Catherine, Etienne se fait discret sur ses sentiments, et la vie continue, jusqu'au jour où la Compagnie des Mines décrète une baisse de salaire... Vilaine bête qui vient saboter le rouage d'un système mis en place et accepté depuis longtemps, Etienne fait prendre conscience aux ouvriers de l'injustice de la situation. Pour lutter contre, il unit les exploités et les pousse à faire la grève, leur transmettant par là le germe (nous y venons…) de son rêve d'une société qui reconnaisse enfin les droits primordiaux des travailleurs. le seul espoir, c'est celui-ci. Les ouvriers qui suivent le mouvement, enthousiastes à leurs débuts, ne restent pas dupes très longtemps des illusions que nourrit Etienne. Ils déchantent rapidement, réalisant que la grève ne mène à rien. S'ils continuent toutefois à la mener jusqu'à ce que la situation devienne vraiment catastrophique, ce sont pour les mêmes raisons qui les avaient jusque là forcés à l'immobilisme et à l'esclavage. La grève, au lieu de permettre aux ouvriers d'accéder à un statut plus digne, détruit leurs dernières forces. Après Etienne, le paysage n'est plus qu'un vaste champ d'os… Aucune nouvelle disposition n'aura été prise par le patronat pour améliorer le sort de ses ouvriers. Toutefois, derrière cet apparent immobilisme, les mentalités de Tous, exploitants comme exploités, ne pourront plus se défaire des idées qu'Etienne aura essayé de mettre en place.
    Pas très ragoûtante cette histoire ? Elle laisse craindre les pires développements théoriques sur des sujets politiques et sociaux dans lesquels on craint de s'étouffer. D'ailleurs, Zola lui-même semblait parfois avoir du mal à se retrouver parmi ses références (une ou deux confusions de théories politiques dans le roman) mais son talent consiste à démontrer son point de vue personnel en l'élaborant sur toute la longueur du roman, de façon à ce qu'il apparaisse en filigrane derrière toute la structure du récit. Aucune allusion sociale ou politique de l'écrivain ne sera directement faite dans le texte, mis à part lorsqu'elles seront placées naturellement dans le discours des personnages. Grâce à cet ensemble de propos fictifs, de situations et de caractères, le point de vue de Zola se retrouve totalement synthétisé à la fin de la lecture de Germinal sans qu'il n'ait jamais eu besoin de partir dans des développements théoriques alambiqués.
    Place nous est donc laissée libre pour le déploiement d'une écriture singulière qui s'attarde à décrire les conséquences sociales de la crise économique. Loin d'une froideur théorique, tout est organique chez Zola : la mine de Montsou, monstre avide, engloutit les hommes sans prendre le temps de les digérer. Ceux-ci sont recrachés, abasourdis, le corps vidé de toute matière leur permettant de penser. Leur carrière se devine sous les séquelles gardées par leur corps suite au travail éreintant. La seule joie, le seul étourdissement, sont fournis par la copulation frénétique qui n'a d'autant plus rien à voir avec le plaisir qu'elle perpétue au contraire le crime d'une vie misérable, faisant voir le jour à de nouveaux futurs mendiants qui se lamenteront toute une vie pour pichenette.
    L'intérêt d'une écriture aussi organique est de rendre la thèse politique et sociale plus réaliste. Trop souvent coupée de cette réalité primaire, on aurait pu craindre qu'elle ne s'incarne sous des propos froids et distants. Dans Germinal, au contraire, elle se rapproche de la vie des hommes-bestiaux de Montsou. Tout est brutalité et cruauté parmi les pauvres, tandis que les propriétaires se laissent dériver au gré des toiles délicates et veloutées des fauteuils de leurs grands salons. Au moins, les mineurs, à travers leur grève, parviendront-ils à semer leurs propres terreurs dans les vies minutieusement réglées de leurs dirigeants. le germe, encore et toujours… Malgré cette propagation des sentiments, Zola s'attarde peu sur la psychologie de ses personnages. Etienne et Catherine échappent, dans une certaine mesure, à ce jugement, mais les autres personnages du livre ne se décrivent pas par la puissance de leurs doutes ou de leurs affres existentiels. Normal : ils ont d'autres chats à fouetter. Pris dans le mouvement politique, ils se distinguent en actes et en paroles, et cette description suffit à faire d'eux des personnages cohérents, éloignés de tout stéréotype.
    D'une austérité formelle, Germinal ne se laisse pas aborder facilement. Impression plutôt injustifiée. En effet, si Zola s'attarde peu sur l'individu, s'il livre souvent un point de vue distancié pas toujours évident à suivre pour le lecteur d'aujourd'hui, il parvient toutefois à animer son récit d'une écriture vivante et singulière. Doué aussi pour retranscrire l'atmosphère pouilleuse des mines de Montsou, entre mort et renouvellement infini des générations, Zola bâtit au fil des pages la description d'un système vorace qui survit par la destruction modérée de ses composants. L'horreur surgit d'un univers purement pragmatique. Ainsi, Germinal convainc par la force de ses idées et charme par la description d'un monde dont le réalisme si terre-à-terre finit par prendre des allures de conte macabre.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-germinal-1885-d-emile-zola-1..
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 27 octobre 2012

    litolff
    Au 19e siècle dans le nord de la France, la mine fait survivre des milliers d'ouvriers dans des conditions qui nous sembleraient aujourd'hui indignes pour des animaux et qui les maintiennent dans l'état de sous-hommes. Etienne Lantier, le fils de Gervaise Macquart, un gars de la ville venu travailler à la mine, révolté par la misère et l'injustice qui frappe ses compagnons de travail, va mettre le feu aux poudres et entreprend de réveiller les consciences révolutionnaires endormies en fomentant une grande grève.
    Monument de la littérature sociale, Germinal s'attache à montrer la pauvreté telle qu'elle est, sans angélisme ni manichéisme, la misère qui engendre la misère et le vice, l'alcoolisme qui n'épargne pas grand monde, les braves gens qui essaient de surnager, le désir de gloriole qui finit par supplanter les grandes idées humanistes, les patrons pas vraiment des philanthropes, mais pas non plus Tous des pourris… La lutte des classes s'illustre de façon poignante et Zola signe là une œuvre majeure qui bouleversera encore des générations de lycéens. Ainsi qu'il l'avait pressenti, l'internationale ouvrière a fait de grandes avancées sur le plan social depuis le 19e siècle, n'empêche… la lutte des mineurs et de Lantier rappelle des évènements récents qui ont eu lieu en Lorraine dans les usines sidérurgiques et l'injustice sociale a encore de beaux jours devant elle.
    A ne pas rater : le film de Claude Berri avec un Lantier magistralement incarné par Renaud.
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    • Livres 5.00/5
    Par cmpf, le 09 octobre 2014

    cmpf
    Inspiré par la grande grève des mineurs d’Anzin, cette fiction s’accorde tout à fait au projet de présenter la société du Second Empire.
    Héros issu de la famille : Etienne Lantier, fils de Gervaise et de son premier compagnon. Ses deux frères, Claude et Jacques seront au centre de deux volumes, L’œuvre et La bête humaine comme Nana l’a été dans le titre éponyme. Il a été apprenti de Goulet, l’amoureux malheureux de Gervaise sa mère. Puis il est parti à Lille où il est devenu mécanicien. Le livre commence en 1867, Étienne a 21 ans.
    Au début du roman, il erre sans travail dans le Nord après une altercation avec son chef. Un concours de circonstance le fait embaucher à la mine. Il pense d’abord ne pas y rester, mais l’injustice des conditions de vie des mineurs le pousse à rester pour lutter. C’est un ouvrier qui a cherché par ses lectures à s’élever. Malheureusement il n’a pas bien assimilé selon Zola ces lectures faites sans méthodes et seul. Il se lie plus ou moins avec Souvarine un émigré russe pour lequel il n’y a pas de moyen terme, il faut tout détruire pour tout reconstruire. Il correspond aussi avec Pluchart son contremaitre quand il était mécanicien qui dirige la section du Nord de l’Internationale.
    Parallèlement il s’est lié avec Maheu et sa famille. Les mineurs travaillent en équipe, plusieurs hommes qui attaquent la veine et des femmes et enfants qui acheminent par des wagonnets le charbon jusqu’aux cages qui le remontent. Dans l’équipe auquel il appartient se trouve le père Maheu sa fille Catherine et son fils Jeanlin. Mais aussi Chaval qui s’est vite aperçu de l’intérêt mutuel que se portent Etienne et Catherine et décide de faire de cette dernière sa bonne amie. Car les femmes n’ont pas grand-chose à dire en la matière bien que cela décide de toute leur vie. Le premier qui les possède dès l’adolescence a un droit de propriété sur elles. Elles ne se révoltent pas, c’est la vie. Celui-là ou un autre, elles savent que de toute façon leur vie sera dure et que n’être pas battues sera déjà un grand bonheur. C’est pourtant le cas de la Maheude qui est bien tombée et qui n’a pour seul problème si l’on peut dire, de faire vivre sa famille avec un revenu limité. Revenu qui diminuera encore car son fils ainé ayant fait deux enfants à la fille d’une voisine doit enfin l’épouser, puis c’est Catherine qui doit aller vivre avec son amant, défection que la Maheude ne lui pardonnera pas bien qu’elle n’ait guère eu le choix. Il reste encore 5 enfants qui avant de rapporter coûtent à nourrir.
    Étienne encouragera les mineurs à la grève, leur suggérera la création d’une caisse de solidarité, qui d’ailleurs inquiète les propriétaires de la mine, et les fera adhérer à l’internationale socialiste qui vient d’être créée.
    Autres personnages le directeur de la mine monsieur Hennebeau qui rejeté et trompé par sa femme en vient à envier les mineurs qui s’aiment librement, les Grégoire qui vivent de leurs rentes placées dans la mine et s’estiment les bienfaiteurs des mineurs dont ils ne comprendront pas la grève.
    Comme Son excellence Eugène Rougon, Germinal se termine ainsi qu’il a commencé, Etienne marche sur la route cette fois pour quitter la mine et rejoindre à Paris Pluchart. Mais arrivé de nuit il repart dans le soleil.
    C’est fort, c’est prenant. Je ne sais si tout est conforme à la réalité, n’étant pas du tout familière de cet univers. Et de toute façon je ne me permettrais pas d’émettre des réticences puisque les mineurs eux-mêmes ont jugé bon de venir scander Germinal, Germinal à l’enterrement de Zola. Nul doute qu’ils se sont sentis représentés, eux qui passaient tant de temps dans l’affreuse obscurité de la terre.
    Quant au caractère d’Étienne, je l’ai trouvé très travaillé, écartelé qu’il est entre sa solidarité avec les mineurs, lui qui vient d’un autre univers et aurait pu tenter sa chance ailleurs et son envie d’y échapper par l’engagement politique, dont ses lectures lui fait ont entrevoir la possibilité.
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Citations et extraits

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  • Par Fremen, le 26 mars 2010

    Fichez-moi donc la paix, avec votre évolution ! Allumez le feu aux quatre coins des villes, fauchez les peuples, rasez tout, et quand il ne restera plus rien de ce monde pourri, peut-être en repoussera-t-il un meilleur.

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  • Par Pseudo, le 21 janvier 2013

    L'ouvrier ne pouvait pas tenir le coup, la révolution n'avait fait qu'aggraver ses misères, c'étaient les bourgeois qui s'engraissaient depuis 89, si goulûment, qu'ils ne lui laissaient même pas le fond des plats à torcher. Qu'on dise un peu si les travailleurs avaient eu leur part raisonnable, dans l'extraordinaire accroissement de la richesse et du bien -être, depuis cent ans ? On s'était fichu d'eux en les déclarant libres : oui, libres de crever de faim, ce dont ils ne se privaient guère. ça ne mettait pas du pain dans le huche, de voter pour des gaillards qui se gobergeaient ensuite, sans plus songer aux misérables qu'à leurs vieilles bottes. Non, d'une façon ou d'une autre, il fallait en finir, que ce fût gentiment, par des lois, par une entente de bonne amitié, ou que ce fût en sauvages, en brûlant tout et en se mangeant les uns les autres. Les enfants verraient sûrement cela, si les vieux ne le voyaient pas, car le siècle ne pouvait s'achever sans qu'il y eût une autre révolution, celle des ouvriers cette fois, un chambardement qui nettoierait la société du haut en bas, et qui la rebâtirait avec plus de propreté et de justice.


    Pages 179-180
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  • Par LydiaB, le 09 mai 2010

    Devant le buffet ouvert, Catherine réfléchissait. Il ne restait qu’un bout de pain, du fromage blanc en suffisance, mais à peine une lichette de beurre ; et il s’agissait de faire les tartines pour eux quatre. Enfin, elle se décida, coupa les tranches, en prit une qu’elle couvrit de fromage, en frotta une autre de beurre, puis les colla ensemble : c’était « le briquet », la double tartine emportée chaque matin à la fosse. Bientôt, les quatre briquets furent en rang sur la table, répartis avec une sévère justice, depuis le gros du père jusqu’au petit de Jeanlin.

    Catherine, qui paraissait toute à son ménage, devait pourtant rêvasser aux histoires que Zacharie racontait sur le maître-porion et la Pierronne, car elle entrebâilla la porte d’entrée et jeta un coup d’œil dehors. Le vent soufflait toujours, des clartés plus nombreuses couraient sur les façades basses du coron, d’où montait une vague trépidation de réveil. Déjà des portes se refermaient, des files noires d’ouvriers s’éloignaient dans la nuit. Était-elle bête, de se refroidir, puisque le chargeur à l’accrochage dormait bien sûr, en attendant d’aller prendre son service, à six heures ! Et elle restait, elle regardait la maison, de l’autre côté des jardins. La porte s’ouvrit, sa curiosité s’alluma. Mais ce ne pouvait être que la petite des Pierron, Lydie, qui partait pour la fosse.

    Un bruit sifflant de vapeur la fit se tourner. Elle ferma, se hâta de courir : l’eau bouillait et se répandait, éteignant le feu. Il ne restait plus de café, elle dut se contenter de passer l’eau sur le marc de la veille ; puis, elle sucra dans la cafetière, avec de la cassonade.
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  • Par LydiaB, le 16 mars 2013

    — Ah ! ils sont en grève, dit-elle tranquillement, lorsqu’il l’eut consultée. Eh bien, qu’est-ce que cela nous fait ?… Nous n’allons point cesser de manger, n’est-ce pas ?

    Et elle s’entêta, il eut beau lui dire que le déjeuner serait troublé, que la visite à Saint-Thomas ne pourrait avoir lieu : elle trouvait une réponse à tout, pourquoi perdre un déjeuner déjà sur le feu ? et quant à visiter la fosse, on pouvait y renoncer ensuite, si cette promenade était vraiment imprudente.

    — Du reste, reprit-elle, lorsque la femme de chambre fut sortie, vous savez pourquoi je tiens à recevoir ces braves gens. Ce mariage devrait vous toucher plus que les bêtises de vos ouvriers… Enfin, je le veux, ne me contrariez pas.
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  • Par dovalecharles, le 13 décembre 2013

    Du coup, Etienne s'animait.Comment! la reflexion serait défendue à l'ouvrier! Eh! justement, les choses changeraient bientôt, parce que l'ouvrier réfléchissait à cette heure. Du temps du vieux, le mineur vivait dans la mine comme une brute, toujours sous la terre, les oreilles et les yeux bouchés aux événements du dehors. Aussi les riches qui gouvernent, avaient-ils beau jeu de s'entendre, de le vendre et de l'acheter, pour lui manger la chair: il ne s'en doutait même pas. Mais, à présent, le mineur s'éveillait au fond, germait dans la terre ainsi qu'une vraie graine; et l'on verrait un matin ce qu'il pousserait au beau millieu des champs: oui, il pousserait des hommes, une armée d'hommes qui rétabliraient la justice. Est-ce que tous les citoyens n'étaient pas égaux depuis la Révolution? puisqu'on votait ensemble, est-ce que l'ouvrier devait rester l'esclave du patron qui le payait? Les grandes Compagnies, avec leurs machines, écrasaient tout, et l'on n'avait même plus contre elles les garenties de l'ancien temps, lorsque les gens du même métier, réunis en corps, savaient se défendre. C'était pour ça, nom de Dieu! et pour d'autre choses, que tout péterait un jour, grâce à l'instuction. On n'avait qu'à voir dans le coron même: les grands-pères n'auraient pu signer leur nom, les pères le signaient déjà, et quant au fils, ils lisaient et écrivaient comme des professeurs. Ah! ça poussait, ça poussait petit à petit, une rude moisson d'hommes, qui mûrissait au soleil!
    Zola
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