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> Marie-Ange Voisin-Fougère (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253008877
Éditeur : Le Livre de Poche (1997)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 467 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Quatrième de couverture : Le peintre Claude Lantier, personnage central de "L'Oeuvre ", déjà apparu dans le "Ventre de Paris", ne voit pas seulement peser sur lui une hérédité qui le condamne à rester un "génie avorté". Il est témoin, acteur et victime du profond boulev... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 06 octobre 2014

    colimasson
    Le talent d'Emile Zola se déploie ici dans une brillante synthèse de ses capacités à capter en quelques centaines de pages les vies d'une poignée de personnages, à en restituer les dilemmes intérieurs, fondements de leurs particularités psychologiques, et à les relier à cet ensemble de données économiques, politiques, culturelles et historiques qui constituent le paradigme d'une époque.

    L'histoire qui relie Claude et Christine prend sens dans sa confrontation perpétuelle à la peinture, cette maîtresse irréelle qui est pire que toutes les nudités affriolantes des modèles de pose. D'abord cristallisation de leur liaison, la peinture donne au couple une raison de se vivre ensemble quelles que soient les conditions de vie –souvent misérables- qu'elle leur impose. Mais si la peinture représente pour Christine un divertissement facultatif, Claude semble surtout avoir choisi de vivre avec Christine en croyant que cette épouse en prototype de Muse lui permettrait d'accéder plus rapidement à la grâce de son idéal artistique. Ce n'est pas le cas et la peinture s'échappe sans cesse. L'impossibilité de l'union à trois conduit à la dégradation de l'union à deux. Comme toujours, l'histoire d'amour ne peut se satisfaire d'elle-même, et c'est à cause de cette tendance irréfrénable à la complexité que le bonheur s'échappe.

    Et si l'histoire de L'œuvre était encore plus tragique que cela ? Il faudrait, par exemple, que les ambitions artistiques de Claude ne soient pas vraiment siennes. Il faudrait que son existence entière ait été faussée par la poursuite d'idéaux qui lui auraient été infligés par la société, ce fameux ensemble de déterminations qui obsède Emile Zola. Arthur Schopenhauer avait affirmé que l'amour était subordonné à la Volonté et que les individus n'étaient rien d'autre que des machines à assurer la régénération de l'espèce humaine ; Emile Zola semble croire que l'art est subordonné à une autre forme de puissance qui condamne les individus à sacrifier leur santé et leur bonheur à l'accomplissement de projets (ici artistiques) qui permettent uniquement de faire évoluer la Culture.

    Essayant peut-être d'échapper à cette détermination fatale, Emile Zola fait surgir, au milieu de sa troupe de peintres réalistes, le personnage de l'écrivain qui constitue la représentation non dissimulée de Zola lui-même. Sacrifié aussi aux besoins de la Culture, on remarquera cependant que c'est le seul artiste qui parvient à trouver une portion de succès sans y condamner son existence. Emile Zola n'avait sans doute pas tort : son Œuvre est grandiose.
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 29 décembre 2012

    LiliGalipette
    Nous avions déjà vu Claude Lantier dans Le Ventre de Paris : il arpentait les rues de la capitale avec la volonté de tout voir pour tout peindre. Cette rage ne l'a pas lâchée et il rêve encore de produire une toile digne du Salon qui se tient Tous les ans. Mais immanquablement, son tableau finit dans le Salon des refusés. « Il reconnaissait du reste l'utilité du Salon, le seul terrain de bataille où un artiste pouvait se révéler d'un coup. » (p. 238) Claude respecte les grands peintres romantiques, comme Courbet ou Delacroix, mais il critique les académiques et ne revendique que la peinture en plein air et les sujets réels, loin des décors mythologiques et des scènes légendaires.
    Un soir d'orage, Claude trouve Christine sous sa porte. La jeune fille arrive de province et se trouve bien perdue à Paris. Entre eux, le coup de foudre est immédiat, mais Claude nourrit un mépris de la femme humaine. « Ces filles qu'il chassait de son atelier, il les adorait dans ses tableaux, il les caressait et les violentait, désespéré jusqu'aux larmes de ne pouvoir les faire assez belles, assez vivantes. » (p. 72) L'impuissance de Claude est double : il semble ne pas pouvoir peindre, ni posséder la femme qui s'offre à lui. Après une longue amitié, Christine conquiert finalement le cœur du jeune peintre, mais leur bonheur cède peu à peu devant la passion de Claude. Peindre lui est nécessaire et chacun de ses échecs l'enrage davantage. Incapable de reproduire sur la toile les fabuleuses inspirations qui l'habitent, Claude est un génie torturé et toujours insatisfait, un talent méconnu. Mais est-il au moins doué ?
    Toute dévouée à son homme, Christine le soutient dans son art, mais au profit de la peinture qu'elle le perd. Elle croit tout d'abord pouvoir s'attacher Claude en étant son unique modèle : elle vainc sa pudeur et accepte de voir son corps exposé aux yeux de Tous sous le pinceau du peintre. Peu à peu, l'amante disparaît « C'était un métier où il la ravalait, un emploi de mannequin vivant. » (p. 276) Christine en vient à haïr la peinture et toutes les femmes peintes auxquelles elle prête ses traits.
    Claude a un ami dévoué en Pierre Sandoz, un auteur qui cherche également le succès. « Dès qu'ils étaient ensemble, le peintre et l'écrivain en arrivaient d'ordinaire à cette exaltation. Ils se fouettaient mutuellement, ils s'affolaient de gloire. » (p. 67) Pour les deux amis et leurs compagnons artistes, c'est par l'art qu'il faut conquérir Paris. Dans ce roman, Zola se met en scène en la personne de l'écrivain talentueux qui accède peu à peu à la gloire. Claude Lantier est une figure de Cézanne, l'ami d'enfance de l'auteur, mais Zola n'est pas tendre avec le peintre, ce qui explique pour beaucoup la brouille qui a suivi entre les deux artistes. C'est en tout cas un plaisir de découvrir le monde de l'art sous le Second Empire, le tout à grand renfort de descriptions picturales du meilleur effet. Il m'a même semblé voir des allusions au début de la photographie, surtout dans le traitement fait à la lumière.
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    • Livres 4.00/5
    Par cmpf, le 13 octobre 2014

    cmpf
    Titre consacré à Claude Lantier, fils de Gervaise, déjà rencontré enfant dans l'Assommoir et adulte dans le ventre de Paris. L'histoire commence l'année précédent la création du Salon des Refusés en 1863 et finit avec la mort du héros en 1876.
    Il s'inscrit parfaitement dans la première partie de son projet : décrire une famille du point de vue de l'hérédité, tandis que la deuxième la société sous le Second Empire est assez négligée. Ici l'hérédité a toute sa place. Descendant de Macquart l'alcoolique et d'Adélaïde Fouquet la folle, Claude l'est tout à fait. Ses nerfs sont exacerbés, il va de l'enthousiasme au désespoir, ne sait maitriser ses pulsions, il reste des journées prisonnier de sa vision du tableau qu'il peint.
    Comme souvent (toujours ?) chez Zola, il y a plusieurs livres dans un seul.
    C'est bien évidemment un roman sur l'art, sur le processus de création, l'engagement total qu'il demande, sur le choix entre la vie et l'œuvre à créer. (Sandoz l'écrivain qui a réussi se plaint que l'écriture de son œuvre, l'histoire d'une famille sous le second empire, tiens ! lui ait tout pris). Mais aussi sur le marché de l'art. Avec les portraits de Malgras, vrai amateur d'art et celui de Naudet pour lequel il n'est qu'une marchandise comme une autre. Sur l'importance de la publicité par la presse. Et c'est un reportage sur les Salons.
    Roman sur l'amitié aussi. Sandoz, Claude et Dubuche (qui se consacrera à l'architecture) sont amis depuis l'enfance. Ils ont quitté Plassans pour venir à la conquête de Paris. Là, ils ont rencontrés d'autres jeunes artistes ambitieux. Soudés au début, des cassures apparaissent entre eux au fil des réussites et des échecs. Les soirées de Sandoz sont les témoins de cette évolution. Jusqu'au retournement contre Claude, coupable aux yeux de plusieurs de leur échec à tous, parce qu'il est infréquentable. Sandoz est le double presque parfait de Zola. Parfait dans les deux sens, il ressemble beaucoup à Zola et il est l'ami, celui qui rassemble (les jeudis de Sandoz), celui qui soutient. Et puis parmi ceux partis de Plassans il est le seul à réussir sans compromissions.
    Roman d'amour enfin. Claude s'est tenu éloigné des femmes qui lui font peur. La rencontre fortuite avec Christine, jeune orpheline placée comme liseuse chez une dame, réveille son désir de relation avec une femme. C'est d'ailleurs longtemps une amitié. Puis arrive une période de bonheur, mais le besoin de peindre, et la difficulté à transcrire sur la toile ce qu'il ressent taraude Claude. Christine tâche de s'habituer à cette exigence, passe des heures à poser. Mais la rivalité est non pas avec une autre femme de chair, mais une peinture de femme, contre laquelle elle ne peut lutter.
    Ce livre est sensé avoir provoqué la rupture entre Zola Cézanne. Les avis semblent diverger à cet égard. Plusieurs peintres ont certainement prêté leurs traits à Claude.
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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 29 juillet 2011

    Missbouquin

    Ahhh Zola ! Que c'est bien écrit ! Que c'est profond ! Que c'est documenté ! Que c'est passionnant ! heu bon pour l'instant je suis un peu à court d'adjectifs et pourtant il ne devrait pas en manquer pour qualifier un tel auteur !
    Pourquoi j'aime Zola
    En réalité, je suis tombée sous le charme de Zola l'année dernière ... Pleine d'a priori et de préjugés sur cet auteur, je me suis lancée "courageusement" dans la série des Rougon-Macquart, bien décidée à perséverer dans ma lecture. Et à ma grande surprise, cela a été très simple ! Dès La fortune des rougon, je n'ai jamais pu lâcher un Zola avant de l'avoir dévoré, et j'en ressort continuellement sous le choc d'une telle qualité littéraire, d'une telle force.
    Certes je n'adhère pas aveuglément à Tous ses ouvrages, j'ai par exemple moins apprécié Le ventre de paris parce que 20 pages de description des légumes des Halles, c'est un peu long ... (même si c'est un vrai tour de force de pouvoir le faire, je préfère quand même quand il décrit la magie de Paris, sa lumière, dans L'Oeuvre)
    Bref tout cela pour vous dire que lorsque j'ai vu que L'Oeuvre était au programme du Club des Lectrices, je ne me suis pas fait prier pour attaquer la lecture !
    Inutile de revenir sur la biographie de l'auteur, quoique ce serait intéressant car c'est peut-être le roman le plus autobiographique de Zola : si l'on prend en compte qu'il a fait ses études à Aix-en-Provence (heu Plassans désolée), qu'il s'est lié là-bas avec Cézanne et d'autres peintres. Qu'ils se sont ensuite retrouvés à Paris, etc. Bien sûr Sandoz n'est pas Zola, tout comme Claude n'est pas Monet ni Cézanne, en tout cas pas entiérement !
    Ce qui m'a plu :
    - La modernité de l'écriture
    - le sujet : quoi de plus essentiel et de plus passionnant que la question de la création artistique ? car l'on assiste ici à l'art en train de se faire, à ce qui fait de l'homme un artiste, ...
    - Une peinture de la société : car si il traite de la question universelle de la création artistique, il s'inscrit surtout profondément dans une époque - ce XIXe siècle que j'aime tant - ce XIXe siècle bourgeois qui méprisait les artistes tout en admirant leurs oeuvres (tant qu'elles ne sortent pas des chemins battus.)
    - Les types dépeints : le peintre tourmenté, avec qui l'on souffre; la femme passionnée et trompée; l'artiste arriviste; l'écrivain montant; etc.
    Ce roman est donc extrémement riche, on vit passionnément avec les personnages pendant 400 pages. Cependant, pour ma part; j'ai ressenti une rupture dans mon coeur au moment de la mort de Jacques, qui intervient dans la presque indifférence de ses parents : à ce moment-là, je n'ai ressenti que mépris pour Claude qui a tout sacrifié pour rien au final, et qui pour moi, est passé à côté de la vie ... A la fin, j'ai finalement vécu sa disparition comme un soulagement ...
    Pour conclure ce long billet, ce qui m'a frappé à la moitié du livre environ, c'est la diversité des sujets que Zola nous propose d'un livre à l'autre : sur la dizaine que j'ai déjà lu, pas un personnage ne se ressemble, pas une histoire ne part dans la même direction. Certes on peut remarquer une certaine tendance à des fins tragiques, mais elles sont à l'image des types dépeints qui ne peuvent faire autrement, pour vivre leurs passions jusqu'au bout, que de disparaître brutalement, se perdre dans la folie. Comme si l'homme ne pouvait supporter les sentiments qu'il porte en lui. (Evidemment c'est une analyse personnelle, ce que je ressent en lisant ces oeuvres et en aucun cas une analyse littéraire professionnelle, dont je serai par ailleurs bien incapable ... )
    Il va passer dans ma bibliothèque idéale (ou Pile A Relire ...) très prochainement ! :)
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    • Livres 5.00/5
    Par Away--x, le 02 octobre 2014

    Away--x
    Déjà aperçu dans Le ventre de Paris, Claude Lantier sera le héros de L'Oeuvre. Héros n'est probablement pas le mot juste. A Paris, Claude et sa bande d'amis rêvent de révolutionner le monde de l'art, car L'Oeuvre est aussi le récit d'un tournant dans l'histoire de la peinture. L'ère du romantisme expire, tandis que le réalisme tâche de s'imposer. Claude en tête, les amis tentent de se faire une place, avec leur nouveau style, face à l'Ecole.
    Christine tombe au milieu de tout cela. Un soir de grande pluie, Claude la trouve s'abritant devant sa porte. Il l'héberge pour la nuit et, le lendemain matin, dessine la jeune fille endormie. De là naitra un personnage de tableau. Et une histoire d'amour.
    Mais n'oublions pas que nous sommes dans un roman de Zola et que rien ne va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Claude est un génie, mais un génie incomplet. Si ses études sont superbes, jamais il ne parviendra à terminer un tableau. Le monde de la peinture changera sans lui. Obsédé par une vue des quais de la Seine, tuant sa femme de séances de pose, tous ses efforts resteront stériles. Le peintre raté, crevant de misère, finira par se suicider.
    Waou ! quel tome ! Cela faisait longtemps qu'un roman ne m'avait pas émue à ce point ! Nous souffrirons avec les personnages du début à la fin de livre. Christine se désespère de n'être plus qu'un modèle pour celui qui l'aima si ardemment. Claude mourra de n'avoir pas su coucher sur la toile l’œuvre, le tableau qui aurait tout changé, ce paysage parisien qui l'avait tant charmé.
    Ici, ce sont la torture de l'amour délaissé, la torture de l'artiste, la torture de la misère. Terrible ! Superbe !
    Challenge ABC 2014/2015
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 23 octobre 2014

    La bonne vie à deux avait cessé, un ménage à trois semblait se faire, comme s’il eût introduit dans la maison une maîtresse, cette femme qu’il peignait d’après elle. Le tableau immense se dressait entre eux, les séparait d’une muraille infranchissable ; et c’était au delà qu’il vivait, avec l’autre.

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  • Par colimasson, le 21 octobre 2014

    Mais, de ce passé qui s’évoquait, rien ne venait qu’une mélancolie invincible, la sensation de l’éternelle fuite, l’impossibilité de remonter et de revivre. Ces antiques pierres demeuraient froides, ce continuel courant sous les ponts, cette eau qui avait coulé, leur semblait avoir emporté un peu d’eux-mêmes, le charme du premier désir, la joie de l’espoir. Maintenant qu’ils s’appartenaient, ils ne goûtaient plus ce simple bonheur de sentir la pression tiède de leurs bras, pendant qu’ils marchaient doucement, comme enveloppés dans la vie énorme de Paris.
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  • Par colimasson, le 19 octobre 2014

    Pourquoi changer ce qui était bon ? est-ce que le bonheur n’était pas dans une joie choisie entre toutes, puis éternellement goûtée ?

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  • Par colimasson, le 17 octobre 2014

    Tout se trouvait jeté dans le baquet aux injures : son étude nouvelle de l’homme physiologique, le rôle tout-puissant rendu aux milieux, la vaste nature éternellement en création, la vie enfin, la vie totale, universelle, qui va d’un bout de l’animalité à l’autre, sans haut ni bas, sans beauté ni laideur ; et les audaces de langage, la conviction que tout doit se dire, qu’il y a des mots abominables nécessaires comme des fers rouges, qu’une langue sort enrichie de ces bains de force ; et surtout l’acte sexuel, l’origine et l’achèvement continu du monde, tiré de la honte où on le cache, remis dans sa gloire, sous le soleil. Qu’on se fâchât, il l’admettait aisément ; mais il aurait voulu au moins qu’on lui fît l’honneur de comprendre et de se fâcher pour ses audaces, non pour les saletés imbéciles qu’on lui prêtait.
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  • Par colimasson, le 15 octobre 2014

    Le voilà parti, il emporte le tableau dans sa voiture, il le promène chez ses amateurs, parmi lesquels il a répandu la nouvelle qu’il venait de découvrir un peintre extraordinaire. Un de ceux-ci finit par mordre et demande le prix. — Cinq mille. — Comment ! cinq mille ! le tableau d’un inconnu, vous vous moquez de moi ! — Écoutez, je vous propose une affaire : je vous le vends cinq mille et je vous signe l’engagement de le reprendre à six mille dans un an, s’il a cessé de vous plaire. — Du coup, l’amateur est tenté : que risque-t-il ? bon placement au fond, et il achète. Alors, Naudet ne perd pas de temps, il en case de la sorte neuf ou dix dans l’année. La vanité se mêle à l’espoir du gain, les prix montent, une cote s’établit, si bien que, lorsqu’il retourne chez son amateur, celui-ci, au lieu de rendre le tableau, en paie un autre huit mille. Et la hausse va toujours son train, et la peinture n’est plus qu’un terrain louche, des mines d’or aux buttes Montmartre, lancées par des banquiers, et autour desquelles on se bat à coups de billets de banque !
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