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> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 2253005622
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 4.02/5 (sur 365 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Rougon-Macquart, Tome 03:
Le ventre de Paris

Florent est un naufragé de la vie, rêveur impénitent, insouciant, arrêté par erreur au lendemain du 2 décembre et conduit au bagne de Cayenne. Il parvient à s'évader, gagne Paris et retrouve son demi... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 25 août 2012

    LiliGalipette
    Florent a été accusé à tort de meurtre lors des affrontements qui ont marqué la fin de la république en 1848. Évadé du bagne de Cayenne, il retrouve Paris après des années d'absence. Il est accueilli à bras ouverts par son frère Quenu, heureux propriétaire d'une charcuterie prospère et époux de la belle Lisa Macquart, une maîtresse femme débordante de santé grasse. Florent ne leur ressemble pas, lui qui a eu faim toute sa jeunesse pour élever son frère, puis faim lors de son enfermement. « Il était devenu sec, l'estomac rétréci, la peau collée aux os. Et il retrouvait Paris, gras, superbe, débordant de nourriture au fond des ténèbres. » (p. 25) Florent est enragé de république, mais il est contraint de travailler pour l'Empire en devenant inspecteur des marées pour la préfecture. C'est ainsi qu'il se retrouve pris dans la rivalité qui oppose la belle Lisa et la belle Normande, poissonnière aux Halles. Ses idéaux politiques le mèneront à sa perte, alors que Lisa ne veut que prospérer tranquillement, prise dans une attitude bornée et pragmatique qui ne veut rien céder ou perdre.
    Contraint d'arpenter les allées saturées de vivres à longueur de journée, le frugal Florent regrette les années où il enseignait et s'étouffe d'écœurement devant l'abondance obscène des Halles. « Florent souffrit alors de cet entassement de nourriture au milieu duquel il vivait. » (p. 164) le milieu où évoluent les marchands et les épiciers est étouffant. « Les Halles géantes, les nourritures débordantes et fortes, […] lui semblaient la bête satisfaite et digérant, Paris entripaillé, cuvant sa graisse, appuyant sourdement l'Empire. » (p. 168) Dans les nouvelles Halles construites par Baltard s'incarne le mépris pervers et éclatant des pauvres et des opprimés. Tout le roman se construit sur l'opposition entre les gras et les maigres, les premiers attribuant aux seconds les plus vilains caractères et les vices les plus marqués. Pour la charcuterie Quenu-Gradelle, l'apologie de l'épaisseur et du gras est presque une religion, en tout cas une façon de vivre immuable et nécessaire.
    Les Halles sont une nouvelle cathédrale dédiée à des libations orgiaques, à un culte païen et dévoyé reposant sur l'abondance de nourriture. Ce bâtiment monstrueux est un ogre de métal et de verre qui engloutit des tonnes de vivres alors que le peuple Parisien crève de faim à quelques rues de là. Lisa Macquart observe une stricte dévotion à la chère et au labeur paisible et s'insurge contre la paresse et l'oisiveté. Pour elle et ses pairs, les agapes quotidiennes ne sont pas un abus, mais un devoir. « Elle parut l'âme, la clarté vivante, l'idole saine et solide de la charcuterie. » (p. 77) Mais les Halles sont surtout l'incarnation du progrès. Elles offrent un environnement industriel propre à l'aquarelle et aux descriptions picturales. de la structure métallique aux étals de nourriture, la plume de Zola s'empare du sujet et le sublime dans des déclinaisons de couleurs et de lumières. Ce n'est pas pour rien que l'on croise souvent Claude Lantier dans ce volume des Rougon-Macquart, lui qui sera le peintre au cœur de L'œuvre.
    Merveilleux, puissant, implacable Émile Zola ! Déambuler avec son personnage dans les Halles et les rues voisines est une parfaite façon de s'ouvrir l'appétit, puis de sentir la nausée envahir la page. Mais n'hésitez pas, plongez dans la puanteur des Halles et côtoyez l'esprit mesquin des commerçants âpres au gain !
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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 26 mai 2012

    NastasiaBuergo
    Le ventre de Paris est chronologiquement, le troisième roman des Rougon-Macquart écrit par Zola. A plus d'un titre, il présente un caractère innovant dans la progression du cycle. Tout d'abord, c'est la première fois que le protagoniste principal n'est pas un membre direct de la famille Rougon-Macquart, puisqu'il s'agit de Florent, beau-frère de Lisa Macquart, devenue Lisa Quenu dans la charcuterie du même nom. C'est aussi la première fois que Zola ne traite que des classes ouvrières ou des petits patrons à leur compte. C'est aussi dans ce volume qu'il commence à exploiter à fond la symbolique, et qu'il donne à un lieu, en l'occurrence les halles centrales de Paris, un rôle de personnage à part entière. La conviction politique de Zola est également beaucoup plus clairement exprimée à partir de cet ouvrage.
    L'histoire est assez simple, Florent, utopiste républicain envoyé au bagne suite au coup d'état de Napoléon III, a réussi à s'enfuir après plusieurs années passées au bagne de Guyane et autant à rentrer en France par des voies détournées. D'une maigreur effrayante, il rejoint son frère qui lui est gras à éclater dans sa charcuterie triomphante. le contraste de toute cette nourriture déployée dans les halles et de la maigreur des humbles est l'un des piliers du roman, peut être pas le meilleur car Zola gonfle tellement le trait que cela frise la caricature, ses descriptions pléthoriques de nourriture sont assez "gavantes" à la longue. Néanmoins, les descriptions très précises des Halles, ancêtre de Rungis, construites selon les plan de Baltard (cf le dernier vestige de ces halles s'appelle d'ailleurs le pavillon Baltard) en lieu et place de l'actuel quartier "des halles" à Paris revêtent désormais une valeur documentaire.
    Le volet le plus intéressant de ce livre me semble être d'une part la vision prémonitoire sur l'émergence de la société de consommation (le livre est écrit en 1873, ne l'oublions pas) au travers d'une comparaison où il reprend presque mot pour mot la formule de Victor Hugo dans Notre-Dame de Paris et son fameux "ceci tuera cela" quand Hugo prétendait que le livre tuerait la pierre. Ici Zola écrit: "C'est une curieuse rencontre, disait-il, ce bout d'église encadré sous cette avenue de fonte... Ceci tuera cela, le fer tuera la pierre, et les temps sont proches..." Au travers de la bouche de Claude Lantier, le peintre pauvre, futur héros de L'œuvre, l'auteur nous offre une vision pénétrante de la mutation introduite par la révolution industrielle: "Depuis le commencement du siècle, on n'a bâti qu'un seul monument original, un monument qui ne soit copié nulle part, qui ait poussé naturellement dans le sol de l'époque; et ce sont les Halles centrales, entendez-vous Florent, une œuvre crâne, et qui n'est encore qu'une révélation timide du XXè siècle..."
    L'autre volet prophétique du livre est la description quasi millimétrique du comportement du français moyen de Paris durant la période d'occupation allemande sous le régime de Vichy. Tout est dit, les collaborations diverses sous des allures parfaitement honnêtes, les conflits d'intérêts, les alliances de façade, le tout concourra ici à faire tomber Florent, qui bien naïvement essaie de monter une insurrection pour faire triompher la justice et le droit des opprimés. Zola nous livre aussi Tous les écueils qui s'opposent naturellement à toute forme de socialisme et conclut son livre, toujours par la bouche de Claude Lantier avec un très lourd de sens: "Quels gredins que les honnêtes gens!"
    Mon coup de cœur personnel va indubitablement à Mademoiselle Saget, vieille commère venimeuse quémandeuse imbuvable qui colporte les ragots qu'elle invente elle-même comme personne et qui laisse derrière elle une trainée de poudre apte à semer la zizanie à n'importe quel coin des Halles. Zola devait affectionner tailler de beaux costumes pour l'hiver à ces femmes, car on en rencontre souvent disséminées çà et là dans Les rougon-macquart, toutes aussi venimeuses et malfaisantes. Personnellement, j'adore quand Zola exhume les côtés les plus hideux et puants des humains, mais ce n'est là que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 3.00/5
    Par sandrine57, le 03 février 2013

    sandrine57
    Injustement accusé de meurtre pendant le coup d'Etat du 2 décembre et déporté au bagne de Cayenne, Florent s'évade et revient à Paris après sept longues années d'absence. Il y retrouve son demi-frère Quenu, marié à la gironde Lisa Macquart et propriétaire d'une magnifique charcuterie située juste en face des nouvelles halles. le couple l'accueille chaleureusement mais il est mal à l'aise dans cette opulence, lui qui a connu la faim presque toute sa vie. Maigre parmi les gras, affamé parmi les repus, enragés parmi les satisfaits, Florent peine à trouver sa place. La belle Lisa le pousse à prendre une place d'inspecteur des marées pour la préfecture. Lui qui en veut à l'Empire, qui rêve de République, est contraint d'accepter cet emploi pour ne pas déplaire à sa belle-soeur. C'est ainsi qu'il arpente du matin au soir les allées des halles, au milieu des poissonnières, dont la belle Normande, rivale affichée de Lisa. L'abondance de nourriture dans ce temple de la consommation attise ses idéaux de justice et il s'embarque dans une conspiration politique qui sera sa perte.

    Peut-on dire que ZOLA manque de délicatesse, qu'il force trop lourdement le trait, que son opposition entre les gras et les maigres finit par lasser? A-t-on le droit de dire qu'à force de lire des descriptions de montagnes de nourriture on se sent comme enseveli sous les navets, les carpes, les boudins?
    Certaines scènes avec les poissonnières sont cocasses, les halles sont si bien rendues qu'on peut en sentir les odeurs, en voir les lumières, en admirer les structures, les intrigues qui se nouent autour de Florent apportent une intéressante tension mais l'ensemble demeure indigeste et la fin malheureusement prévisible.
    Le ventre de paris ne restera pas parmi mes préférés mais ne me décourage pas pour autant de continuer la série et je vais très vite partir à La Conquête de Plassans.
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 30 décembre 2011

    Seraphita
    Florent s'est évadé de Guyane où il avait été déporté suite à sa compromission dans les événements du 2 Décembre. Il trouve refuge chez son frère, Quenu, qui est charcutier au plein cœur des Halles de Paris. Il devient inspecteur de la marée. Commence le quotidien d'un Maigre entouré d'une foule qui n'a qu'un objectif : le faire grossir.
    « Le Ventre de Paris » est le troisième tome des Rougon-Macquart paru en 1873. J'ai beaucoup apprécié cette longue et belle œuvre. J'ai notamment particulièrement aimé la plume singulière de l'écrivain qui sait rédiger des descriptions si poétiques. On a d'ailleurs pu qualifier son texte de « prose descriptive ». Il prend manifestement plaisir à décrire les Halles de Paris, les étalages gargantuesques de légumes, de fruits, de poissons, de viandes, de fleurs, de fromages, … Vers la fin de son roman, Zola utilise des métaphores musicales pour décrire l'odeur pestilentielle des fromages qui s'étalent sous ses yeux, en témoigne cet extrait : « Elles restaient debout, se saluant, dans le bouquet final des fromages. Tous, à cette heure, donnaient à la fois. C'était une cacophonie de souffles infects, depuis les lourdeurs molles des pâtes cuites, du gruyère et du hollande, jusqu'aux pointes alcalines de l'olivet » (p. 340). Les étals nous apparaissent dans toute leur matérialité, avec leurs cortèges de couleurs, d'odeurs, de saveurs. On a pu dire que cette œuvre de Zola pouvait être comparée à une véritable nature morte, l'auteur donnant à voir à travers ses mots une vraie peinture, telle qu'aurait pu la concevoir Claude, l'artiste qu'il décrit au fil des pages.
    Zola croque une véritable fresque de la bourgeoise Parisienne à travers la galerie de personnages qu'il présente : Florent, le fuyard, Quenu, son frère, la belle et grasse Lisa qui tient la charcuterie. Il y a aussi Marjolin et Cadine, les deux brutes éprises l'une de l'autre qu'aime à peindre Claude, l'artiste. N'oublions pas Mlle Saget, la médisante petite vieille, qui constitue un personnage repoussant. Zola fait Tous ces personnages une véritable analyse psychologique.
    J'ai été particulièrement sensible au début de l'œuvre : l'écrivain nous décrit l'arrivée de Florent dans les Halles luxuriantes qui offrent un trop plein de nourritures, un luxe démesuré. le lecteur est saisi de pitié devant cet évadé affamé (il n'a pas mangé depuis plusieurs jours) qui observe avec beaucoup de convoitise ces monceaux de victuailles qui s'offrent à ses yeux et à son odorat. Face à cette prodigalité, Zola oscille entre fascination et répulsion.
    Une belle œuvre naturaliste qui expose la lutte entre les Maigres et les Gras sur un fond politique marqué. On ne retrouve pas ici de drame amoureux, comme dans « La bête humaine » par exemple. le propos est ici plus centré sur l'engagement politique. Il faut donc bien connaître l'histoire de la fin du XIXème siècle. A savourer sans modération !
    Le lecteur complétera utilement sa lecture par un dossier en fin d'œuvre. La préface d'Henri Guillemin est aussi très éclairante.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 28 avril 2012

    lecassin
    « Le Ventre de Paris » est le troisième tome des Rougon-Macquart. Paru en 1873, il est
    particulier ce troisième volume : c'est la première fois que le personnage principal de l'intrigue, Florent, n'est pas un membre direct de la famille Rougon-Macquart, puisqu'il s'agit du beau-frère de Lisa Macquart ; et Zola sort des beaux quartiers et des salons dorés pour côtoyer le peuple, et quel peuple, celui qui donne vie aux Halles de Paris. Plus : l'intrigue secondaire, ici, prend un tour politique ; point d'amourettes adolescentes, ou d'amour impossible comme dans les deux premiers volumes.
    Florent, le personnage principal est un idéaliste romantique et naïf. Mieux, il n'a pas de chance et, pire que tout, il fait de mauvais choix : évadé du bagne de Cayenne ou il purgeait une peine de travaux forcés pour s'être trouvé au mauvais endroit au mauvais moment pendant le coup d'état du 2 décembre, rentré en France et employé comme Contrôleur aux Halles, il « grenouille » dans les milieux républicains…de là à devenir activiste contre le gouvernement....
    Le cadre des Halles de Paris donne un environnement idéal à Zola pour nous dresser, autour de Florent, une galerie de portraits saisissants : Quenu, son frère, la plantureuse Lisa la charcutière, Marjolin et Cadine, deux brutes éprises l'une de l'autre qu'aime à peindre Claude, l'artiste. Et pour compléter le tableau, le contrepoint négatif et maigre dans ce monde où l'embonpoint est symbole de réussite : Mlle Saget , médisante petite vieille…

    Comme on le verra également, plus tard, dans « Au bonheur des dames », Zola prend manifestement plaisir à décrire les amoncellements de marchandises : que ce soit les étalages de légumes, de fruits, de poissons, de viandes, de fleurs, de fromages, sous les Halles de Paris, ou les débordements de tissus, voilages, broderies, guipures du Grand Magasin les descriptions « impressionnistes » ont une grande place dans ce troisième volume…
    Sur fond d'activisme politique, ce troisième volume des Rougon-Macquart est un roman puissant, cru et rempli d'odeurs, de couleurs, et de bruit. Bref, du Zola
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Citations et extraits

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  • Par Mehani, le 16 mai 2013

    – Tu attendras le déjeuner, n’est-ce pas ? demanda Quenu. Nous mangeons de bonne heure, à dix heures.
    Une odeur forte de cuisine traînait. Florent revit sa nuit terrible, son arrivée dans les légumes, son agonie au milieu des Halles, cet éboulement continu de nourriture auquel il venait d’échapper. Alors, il dit à voix basse, avec un sourire doux :
    – Non, j’ai faim, vois-tu.
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  • Par PuppetMaster, le 31 janvier 2013

    La faim s'était réveillée, intolérable, atroce. Ses membres dormaient; il ne sentait en lui que son estomac, tordu, tenaillé comme par un fer rouge. L'odeur fraîche des légumes dans lesquels il était enfoncé, cette senteur pénétrante des carottes, le troublait jusqu'à l'évanouissement. Il appuyait de toutes ses forces sa poitrine contre ce lit profond de nourriture, pour se serrer l'estomac, pour l'empêcher de crier. Et, derrière, les neuf autres tombereaux, avec leurs montagnes de choux, leurs montagnes de pois, leurs entassements d'artichauts, de salades, de cèleris, de poireaux, semblaient rouler lentement sur lui et vouloir l'ensevelir, dans l'agonie de sa faim, sous un éboulement de mangeaille.
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  • Par Ansea, le 25 janvier 2013

    Et Florent regardait les Halles sortir de l'ombre, sortir du rêve, où il les avait vues, allongeant à l'infini leurs palais à jour. Elles se solidifiaient, d'un gris verdâtre, plus géantes encore, avec leur mâture prodigieuse, supportant les nappes sans fin de leurs toits. Elles entassaient les masses géométriques; et, quand toutes les clartés intérieures furent éteintes, qu'elles baignèrent dans e jour levant, carrées, uniformes, elles apparurent comme une machine moderne, hors de toute mesure, quelque machine à vapeur, quelque chaudière destinée à la digestion d'un peuple, gigantesque ventre de métal, boulonné, rivé, fait de bois, de verre et de fonte, d'une élégance et d'une puissance de moteur mécanique, fonctionnant là, avec la chaleur du chauffage, l'étourdissement, le branle furieux des roues.
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  • Par Efery, le 15 juin 2012

    Puis, c’étaient des roses, saignantes comme des cœurs ouverts, dans des lacs d’œillets blancs ; des glaïeuls fauves, montant en panaches de flammes parmi des verdures effarées ; des tapisseries de Smyrne, aux dessins compliqués, faites fleur à fleur, ainsi que sur un canevas ; des éventails moirés, s’élargissant avec des douceurs de dentelle ; des puretés adorables, des tailles épaissies, des rêves à mettre dans les mains des harengères ou des marquises, des maladresses de vierge et des ardeurs sensuelles de fille, toute la fantaisie exquise d’une gamine de douze ans, dans laquelle la femme s’éveillait.
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  • Par brigetoun, le 25 février 2011

    autour de lui des gorges énormes, des reins monstrueux, des faces rondes, comme de continuels arguments contre sa maigreur de martyr, son visage jaune de mécontent. C’était le ventre boutiquier, le ventre de l’honnêteté moyenne, se ballonnant, heureux, luisant au soleil, trouvant que tout allait pour le mieux, que jamais les gens de mœurs paisibles n’avaient engraissé si bellement. Alors, il se sentit les poings serrés, prêt à une lutte, plus irrité par la pensée de son exil, qu’il ne l’était en rentrant en France. La haine le reprit tout entier. Souvent, il laissait tomber sa plume, il rêvait.
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