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> Armand Lanoux (Autre)

ISBN : 225300894X
Éditeur : Le Livre de Poche (1971)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 241 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Les Rougon-Macquart, Tome 04:
La conquête de Plassans

" Dormez sur vos deux oreilles, disait Flaubert à Zola inquiet, c'est une œuvre, votre bouquin, fort, très fort, râblé, bien portant. " Il s'agissait de ce quatrième volume des Rougon - Macquart... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 08 janvier 2014

    Nastasia-B
    La Conquête de Plassans est chronologiquement le 4ème volet du cycle des Rougon-Macquart, l'œuvre majeure d'Émile Zola.
    Après deux épisodes Parisiens, l'auteur nous reconduit à Plassans, petite ville de province (Aix-en-Provence pour ne pas la citer) où nous avions déjà assisté au coup d'état de Napoléon III dans le berceau familial des Rougon-Macquart (voir La Fortune des Rougon).
    Ici, Zola nous conte l'arrivée en catimini d'un prêtre de Besançon, l'abbé Faujas, d'aspect piteux et au passé aussi louche qu'obscur. Il arrive chez les Mouret, le couple consanguin de la famille, où le mari, François Mouret est un descendant du rameau Macquart tandis que sa femme Marthe est la dernière fille de Pierre Rougon.
    Les Mouret sont de braves commerçants prospères de sensibilité républicaine. L'arrivée du prêtre va révolutionner la vie de ce couple paisible et bien assis dans la société de Plassans.
    Après des débuts difficiles, l'abbé Faujas va réussir à se faire accepter et à devenir un personnage incontournable de la vie politique et sociale de la ville grâce au concours de Marthe Mouret, dont il va parvenir à faire une dévote, elle qui n'était pas même sûre d'être croyante auparavant.
    Non content de semer la zizanie dans le couple, l'abbé et surtout sa famille (mère, sœur et beau-frère de Faujas qui s'incrustent comme une belle infection parasitaire) vont littéralement dépouiller les Mouret de leur bien.
    On y voit la lente mais inéluctable aliénation du couple, qui se fait siphonner par le cerveau et par le porte-monnaie jusqu'au trognon.
    Le parachutage de l'abbé Faujas à Plassans ne doit rien au hasard et semble avoir été minutieusement pilotée depuis Paris par le ministre en personne (à savoir Eugène Rougon, voir Son Excellence Eugène Rougon) dans le but d'assurer le résultat des élections législatives à venir...
    Avec ce 4ème roman, Émile Zola franchit une étape dans son style où il abandonne les longues descriptions du Ventre de Paris et nous plonge plus directement dans l'action.
    C'est pourtant un ouvrage très balzacien, à mon sens, assez proche du roman le Curé de Tours, aussi bien dans le ton que dans le propos. le texte est découpé en beaucoup plus de chapitres que précédemment, tendance qu'il poursuivra avec La faute de l'abbé Mouret et par la suite, ce qui rend la lecture plus agréable à mon goût.
    On n'est pas encore à l'apogée de la série mais on s'en rapproche avec cette Conquête de Plassans, du moins c'est mon avis, et vous savez la suite...
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    • Livres 5.00/5
    Par isajulia, le 12 juin 2013

    isajulia
    Après Paris, retour à Plassans pour une escale dans le berceau de la famille Rougon-Macquart. Si vous comptiez vous détendre à l'ombre d'un olivier, bercé par le chant des cigales, oubliez, car ça va encore swinguer dans les chaumières.
    Ce quatrième opus marque l'entrée fracassante dans l'arène du couple Mouret, François et Marthe, dont le mariage consanguin est abordé dans La fortune des rougon. Républicains et non croyants, ce sont de riches commerçants de Marseille retirés à Plassans. Entourés de leurs trois enfants, Serge, Octave et Désirée, la petite tribu mène une vie paisible qui ne va pas tarder à être perturbée quand François décide de louer le deuxième étage de leur maison à l'abbé Faujas et sa mère.
    L'abbé, avec sa soutane trouée et sa mine grave va essuyer les moqueries de Mouret et de la bonne société de Plassans, soucieuse de son image de marque. D'abord discret, peu à peu, il va s'insinuer dans la vie familiale du couple en faisant de Marthe une dévote acharnée. La pauvre femme n'est en fait qu' un instrument pour accélérer l'ascension sociale de cet homme de "Dieu" au passé plus que louche.
    Son emprise sur sa propriétaire acquise, sa crédibilité dans ses fonctions se trouvant accrue, Faujas va étendre ses tentacules pour faire La Conquête de Plassans...
    Quitte à me faire taper sur les doigts par certains lecteurs, ma première exclamation en refermant ce livre a été : "Oh p....n". Je n'hésite pas à dire que je me serai pris une mandale, cela m'aurait fait moins mal. Ce quatrième volet des Rougon-Macquart est noir de chez noir, mêlant politique, religion et analyse de la folie. Pas de longues descriptions cette fois-ci, Zola nous offre une immersion immédiate dans l'intrigue qui va aller crescendo et nous emmener dans la décadence la plus totale.
    Entre les parvenus avides de pouvoir, les curés vendus et les politiques manipulateurs, nous avons là une magnifique brochette de vautours prêts à tout pour rogner quelques lambeaux de splendeur, semant panique et désolation dans une famille qui a eu le malheur de traverser leur route....
    Je crois que je deviens de plus en plus accroc de Zola, j'adore sa manière de mettre en scène les situations les plus horribles sans tomber dans l'excès. Depuis que je me suis lancée dans la lecture des Rougon-Macquart, je vais de surprise en surprise sans être déçue une seule seconde. Même si j'ai éprouvé de l'indignation et de la peine avec La Conquête de Plassans, j'ai adoré ce roman qui va encore plus loin dans l'horreur humaine.
    Cinq étoiles un jour, cinq étoiles toujours, un vrai coup de coeur qui ne laisse pas indifférent. A lire !
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 20 septembre 2012

    LiliGalipette
    Marthe et François Mouret mènent une paisible vie de négociants retraités à Plassans. Ils habitent une belle maison de village avec leurs trois enfants, Octave, Serge et Désirée. Vient le jour où Mouret décide de louer le deuxième étage à l'abbé Faujas et à sa mère. Chez les Mouret, on n'est pas vraiment religieux, plutôt athée, voire révolutionnaire. Les premiers temps de la cohabitation sont tendus : Mouret voit d'un mauvais œil la discrétion de son locataire et « la volonté bien nette prise par l'abbé de se tenir barricadé chez lui. » (p. 39) Et partout en ville, on se demande qui est cet abbé et quelles sont ses intentions. « L'abbé Faujas tendit les bras d'un air de défi ironique, comme s'il voulait prendre Plassans pour l'étouffer d'un effort contre sa poitrine robuste. » (p. 30)
    C'est dans le fameux salon vert de Félicité Rougon, la mère de Marthe, que l'abbé Faujas révèle ses ambitions. Ce salon, objet des convoitises des Rougon dans La Fortune des Rougon, est un panier de crabes où tout Plassans se retrouve. « Les Rougon vous font oublier Paris. On ne se croirait jamais à Plassans, ici, c'est le seul salon où l'on s'amuse, parce c'est le seul où toutes les opinions se coudoient. » (p. 85) Dans le salon vert, les ragots et les médisances vont bon train, mais une conversation peut compromettre une situation. Alors, si tout le monde y est reçu, il faut surveiller ceux qui s'asseyent à côté de vous. Et même si l'on méprise les Rougon pour leur fortune de parvenus, on enrage de ne pas avoir ses entrées dans ce salon.
    Après des débuts déplorables dans la bourgeoisie provinciale de Plassans, l'abbé Faujas se rachète doucement une conduite en incitant Marthe à créer une maison pieuse pour les jeunes filles. « Les Mouret, d'ailleurs, étaient devenus l'honorabilité de l'abbé Faujas. » (p. 129) L'épouse Mouret entraîne dans son sillage toutes les matrones de la ville qui se réjouissent d'afficher leurs largesses dans une œuvre sociale. Désormais, c'est à qui s'attirera les bonnes grâces de l'abbé et s'en fera remarquer. En réalité, l'abbé Faujas tisse une toile patiente : il passe par les femmes pour atteindre les maris et amadouer l'évêché. Ses ambitions religieuses n'ont rien à envier aux manigances politiques qui ont agité la ville quelques années plus tôt.
    Le changement le plus important est celui de Marthe. L'épouse placide, toute dévouée à sa famille et à la tenue de sa maison, devient soudain enragée de religion, totalement acquise à Faujas qui ne sait comment tempérer les ferventes ardeurs de la ménagère. Impuissant, Mouret voit peu à peu son épouse, sa famille et même sa maison lui échapper, pour passer aux mains de l'abbé, de sa mère et de sa sœur. Et il n'y a pas jusqu'à son précieux jardin, son havre de paix et de bonheur, qui lui est retiré. L'emprise des locataires sur la maison des Mouret semble sans limites et représente la miniature de ce qui se passe à Plassans. Au terme du roman, la ville est complètement acquise à l'Empire, les dernières poches de résistance ont été vaincues. L'abbé Faujas a réussi La Conquête de Plassans.
    Ce roman peut se lire directement après La Fortune des Rougon. On y retrouve Félicité, toujours ambitieuse et accrochée à sa richesse toute neuve. La brouille entre les Rougon, les Macquart et les Mouret, de proches cousins, ne cesse de grossir. Même loin de Paris, la bourgeoisie s'accroche à ses privilèges. Après tout, Plassans aussi offre à ceux qui savent les saisir des opportunités grandioses de faire fortune. « Plassans est une petite ville où l'on s'accommode un trou à la longue. » (p. 83)
    Comment expliquer ce grand bonheur qui me saisit chaque fois que j'ouvre un roman d'Émile Zola ? Je retrouve sa plume avec un plaisir fou et la certitude de ne pas être déçue. La Conquête de Plassans a tenu toutes ses promesses. le temps d'un roman, l'auteur m'a entraînée loin du Paris des autres volumes de la saga Rougon-Macquart. Et je reviens enchantée de mon voyage et de la lecture de cette étude acerbe de la société bourgeoise qui sévit en province.
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 25 novembre 2013

    colimasson
    Là où Zola passe, la sérénité trépasse.
    La vie à Plassans, petite ville tranquille inspirée sur le modèle d'Aix-en-Provence, se déroule dans une relative paisibilité. Une fêlure se présente toutefois depuis l'acquisition du bourg par les légitimistes, suite aux intrigues qui s'étaient déroulées dans l'épisode fondateur de la série. Avant que Plassans ne se recroqueville à nouveau sur elle-même pour s'endormir, Emile Zola lui envoie l'abbé Faujas. Derrière ses airs discrets, malgré son apparent refus de la mondanité et des éclats populaires, ce prêtre bonapartiste, envoyé par le pouvoir pour reconquérir la ville de Plassans, sèmera bientôt une douce zizanie entre les familles et les groupes politiques. La famille des Rougon intervient encore une fois directement puisque cet abbé de mauvais augure loue une chambre de la maison dans laquelle logent François Mouret, ses trois enfants et son épouse Marthe, fille de Pierre et de Félicité Rougon.

    Dans un premier temps, les sentiments qui animent l'intérêt de la famille tiennent essentiellement de la curiosité. L'écart temporel qui sépare notre époque de celle d'Emile Zola devient particulièrement frappant dans ce volume de la série : alors que l'arrivée de l'abbé remuait hier les fantasmes, les craintes et la fascination des voisins, le lecteur d'aujourd'hui ne voit là qu'un banal personnage, ni meilleur ni pire que les autres, ne méritant sans doute pas Tous les éclats que la suite du roman nous exposera. Avouons toutefois que l'époque ne change rien à cette observation : un nouveau voisin qui demeure reclus chez lui et qui semble vouloir éviter tout contact mondain attire forcément l'intérêt de ses congénères. L'abbé cache-t-il un secret ? Quelles sont ses pensées ? Quelles sont ses intentions ? Pourquoi a-t-il voulu s'installer à Plassans et quel mauvais secret cherche-t-il à fuir ? Toute la première partie du livre servira à résoudre cette intrigue et dans un duel qui finira par détruire leur famille, François et Marthe cherchent tantôt à intégrer l'abbé dans leur foyer, tantôt à l'en éloigner lorsque les dégâts commencent à devenir trop visibles. D'ailleurs, l'abbé n'est jamais directement coupable du moindre mauvais acte ; ce sont les personnes qui gravitent autour de lui qui, à cause de leurs intérêts personnels, finissent par détruire toutes les fondations de vies longuement construites.

    La répulsion et la fascination ne sont pas si étrangères que ça l'une à l'autre et lorsque l'abbé Faujas commence à cheminer parmi les foules mondaines, la liesse des habitants de Plassans devient incontrôlable. Peut-être suffisait-il seulement de suivre ce conseil pour dominer sans qu'il n'y paraisse toute une ville : « Retenez bien ceci, plaisez aux femmes, si vous voulez que Plassans soit à vous ». L'abbé Faujas s'échappe alors du contrôle de François et de Marthe. L'enthousiasme passe de leur foyer à Plassans toute entière et l'abbé, tout pleutre, maladroit et timide qu'il apparaissait au début du livre, démontre alors des prodiges de malversation et de manipulation pour mener à bien son intrigue politique. Pendant ce temps, le foyer de François et de Félicité finit complètement par s'étioler, la folie et la maladie s'abattant sur les têtes de la famille comme la condamnation éternelle de cette lignée maudite.

    La Conquête de Plassans a sans doute perdu de son actualité immédiate. Cet épisode paraîtra sans doute plus éloigné au lecteur d'aujourd'hui que les autres épisodes de la série. Toutefois, Emile Zola réussit encore une fois à dégager une visée universelle de ses intrigues en se basant paradoxalement sur la prolifération des détails psychologiques qui caractérisent ses personnages. Si l'on oublie les intrigues cléricales et politiques, cette Conquête de Plassans devient un livre aiguisé dénonçant les manipulations de toutes formes, la dévotion aveugle et la cupidité sans morale. Rien que du très connu, certes, mais Emile Zola prend son temps pour décrire les ravages de ces mœurs et la tragédie n'en est que plus foudroyante et imprévisible. Si le leitmotiv de l'écrivain est le suivant : « La vie entière, c'est fait pour pleurer et pour se mettre en colère », il apparaîtra encore une fois de manière éloquente dans le cheminement fatal de la branche des Rougon.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-la-conquete-de-plassans-1874..
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    • Livres 4.00/5
    Par lecassin, le 02 mai 2012

    lecassin
    Plassans, la petite ville du sud de la France imaginée par Emile Zola sur le modèle de l'Aix en Provence de son enfance est à nouveau le cadre d'un épisode de la série « Les rougon-macquart », après avoir accueilli « La Fortune des Rougon » (Tome 1) qui la vit acquise à Napoléon III grâce aux intrigues de la famille Rougon.
    « La Conquête de Plassans » (Tome 4) aurait pu s'intituler « La reconquête de Plassans » : l'abbé Faujas, un prêtre Bonapartiste y est missionné pour reconquérir la ville, passée entre temps dans le camp des légitimistes. À son arrivée, accompagné de sa mère, il s'installe chez Marthe et François Mouret qui vivent chichement mais confortablement leur retraite de commerçants marseillais entourés de trois enfants, Serge, Octave et Désirée…et de la bonne. Il sera bientôt rejoint par le couple Trouche, formé de sa sœur, Olympe et de son mari.
    Avant de reconquérir Plassans, l'Abbé Faujas conquiert d'abord ses hôtes qui ne s'en remettront jamais… Jusqu'au jardin de François devenu un lieu où les notables légitimistes et Bonapartistes peuvent se rencontrer en terrain neutre.
    Marthe, « débarassée » des enfants, l'un à Marseille, l'autre au séminaire et enfin, la benjamine, chez sa nourrice, deviendra dévote et finira par en perdre la raison.
    François sera interné…jusqu'au désastre.
    Bien que le roman soit construit autour du thème de la folie, l'une des tares héritées par les descendants d'Adélaïde Fouque - grand-mère commune à François et Marthe Mouret - il constitue aussi, et peut-être surtout, une violente attaque contre le clergé représenté par l'abbé Faujas, dans son statut de prêtre acquis à l'Empire et prêt à tout pour arriver à ses fins.
    Zola nous montre avec délectation une Église complice du pouvoir politique, manipulatrice, utilisant la piété naïve des fidèles, notamment des femmes, à travers des pratiques où la foi n'est que de peu d'importance comparée aux buts cachés et aux ambitions dont elle est le vecteur sournois.
    Folie, dévotion religieuse, Clergé manipulateur, politicards véreux… Un mélange explosif !
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Citations et extraits

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  • Par colimasson, le 04 décembre 2013

    Elle restait néophyte, elle ne descendait que peu à peu dans l’amour, arrêtée brusquement, devinant d’autres profondeurs, ayant le ravissement de ce lent voyage vers des joies qu’elle ignorait. Ce grand repos qu’elle avait d’abord goûté dans l’église, cet oubli du dehors et d’elle-même, se changeait en une jouissance active, en un bonheur qu’elle évoquait, qu’elle touchait. C’était le bonheur dont elle avait vaguement senti le désir depuis sa jeunesse, et qu’elle trouvait enfin à quarante ans ; un bonheur qui lui suffisait, qui l’emplissait de ses belles années mortes, qui la faisait vivre en égoïste, occupée à toutes les sensations nouvelles s’éveillant en elle comme des caresses.
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  • Par isajulia, le 10 juin 2013

    Ah çà ! est-ce qu'il croit qu'il me fera prendre des vessies pour des lanternes, l'abbé ! C'est clair, il tremble que les gueux qu'il a recueillis chez lui ne lui jouent quelques mauvais tour... Tu as vu, ce soir, comme il a fait le pion, lorsqu'il les as aperçus à la fenêtre. Ils étaient là à nous espionner. Tout cela finira mal.

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  • Par LydiaB, le 09 mai 2010

    Désirée battit des mains. C’était une enfant de quatorze ans, forte pour son âge, et qui avait un rire de petite fille de cinq ans.

    « Maman, maman ! cria-t-elle, vois ma poupée ! »

    Elle avait pris à sa mère un chiffon, dont elle travaillait depuis un quart d’heure à faire une poupée, en le roulant et en l’étranglant par un bout, à l’aide d’un brin de fil. Marthe leva les yeux du bas qu’elle raccommodait avec des délicatesses de broderie. Elle sourit à Désirée.

    « C’est un poupon, ça ! dit-elle. Tiens, fais une poupée. Tu sais, il faut qu’elle ait une jupe, comme une dame. »

    Elle lui donna une rognure d’indienne qu’elle trouva dans sa table à ouvrage ; puis elle se remit à son bas, soigneusement. Elles étaient toutes deux assises, à un bout de l’étroite terrasse, la fille sur un tabouret, aux pieds de la mère. Le soleil couchant, un soleil de septembre, chaud encore, les baignait d’une lumière tranquille ; tandis que, devant elles, le jardin, déjà dans une ombre grise, s’endormait. Pas un bruit, au-dehors, ne montait de ce coin désert de la ville.
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  • Par isajulia, le 08 juin 2013

    Vois-tu, mon père avait raison de dire que la famille de ma mère, ces Rougon, ces Macquart, ne valaient pas la corde pour les pendre. J'ai de leur sang comme toi, ça ne peut pas te blesser que je dise cela. Je le dis, parce que c'est vrai. Ils ont fait fortune aujourd'hui, mais ça ne les as pas décrottés, au contraire.

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  • Par colimasson, le 30 novembre 2013

    Marthe n’avait point encore éprouvé là un tel abandon d’elle-même ; ses jambes lui semblaient comme cassées ; ses mains étaient si lourdes, qu’elle les joignait sur ses genoux, pour ne pas avoir la peine de les porter. Elle se laissait aller à un sommeil dans lequel elle continuait de voir et d’entendre, mais d’une façon très douce. Les légers bruits qui roulaient sous la voûte, la chute d’une chaise, le pas attardé d’une dévote l’attendrissaient, prenaient une sonorité musicale qui la charmait jusqu’au cœur ; tandis que les derniers reflets du jour, les ombres montant le long des piliers comme des housses de serge, prenaient pour elle des délicatesses de soie changeante, tout un évanouissement exquis qui la gagnait, au fond duquel elle sentait son être se fondre et mourir. Puis, tout s’éteignit autour d’elle. Elle fut parfaitement heureuse dans quelque chose d’innomé.
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