> Adolf Muschg (Autre)
> Gilberte Lambrichs (Autre)

ISBN : 2070373681
Éditeur : Gallimard (1982)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Sous le pseudonyme de Fritz Zorn se cache un jeune homme pressé. Jeune - il n'a que 32 ans - et pressé d'écrire car il se sait condamné par un cancer qui ne lui laissera aucune chance. Pour qui a vécu, la seule pensée d'une mort imminente fait jaillir le squelette branl... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par kikobaus, le 18 juin 2011

    kikobaus
    Fritz Zorn, homme profondément névrosé s'il en est, fait le déballage abrupt, chirurgical et impudique de ce qui ne va pas chez lui, comme un parallèle à sa psychanalyse en cours. Il en fait une œuvre totalement hors du commun : non seulement c'est un récit à la première personne du singulier, mais en surplus duquel l'autre, le temps, les lieux, les anecdotes sont totalement absents.
    Ce qui pourrait être un écrit d'un nombrilisme endormissant se révèle au contraire comme une introspection honnête jusqu'à la sauvagerie, forte comme un coup de poignard. Aucune pitié, ni pour lui même, ni pour ses parents.
    Le récit de cette vie, comme une traversée complètement ratée, porteuse dès la levée de l'ancre de son propre naufrage, est pourtant un incroyable appel à la liberté, à l'investissement de soi-même jusqu'à l'ébriété.
    Vous voulez savoir à quels affres peut vous confronter une analyse, en quoi aussi elle peut vous libérer ? Lisez Mars !
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    • Livres 2.00/5
    Par hexagone, le 17 janvier 2011

    hexagone
    Mémoires d'un névrosé écrites avec du fiel cancéreux et l'amertume des tumeurs. Zorn analyse très bien son mal mais plonge un peu loin dans cette analyse. Teinté de psychanalyse, ce récit se veut le testament d'un névrosé qui malgré tout et sans espoir décédera du cancer. J'ai eu beaucoup de difficultés à apprécier ce livre qui n'est pas un mauvais livre, mais qui par certains côtés trop partisans plombe l'ensemble. Zorn a voulu régler ses comptes avec ses parents, a voulu écrire un testament affectif. Pour tous les malades du cancer, sa théorie peut paraitre farfelue sur un plan médical, mais peut s'avérer exacte sur un plan psychanalytique. Bref, mi figue mi raisin, pour un public initié et volontaire face à la maladie. Je conseillerais plus " D'autres vies que la mienne" de Carrère pour appréhender et comprendre non seulement les malades mais surtout la maladie.
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    • Livres 4.00/5
    Par jcnb68, le 04 août 2011

    jcnb68
    Livre consternant à bien des égards. Que l'on aime peu ou beaucoup le style. D'accord ou pas avec les opinions de l'auteur, et notamment avec les conclusions qu'il tire des expériences de sa vie. Ce récit à le mérite de générer une réflexion profonde sur le rapport entre éducation, névroses et maladie physique. Zorn nous dit à peu de choses près que l'éducation crée les névroses et que ces dernières amènent les maladies.
    C'est un peu simpliste, et surtout une belle façon de se déresponsabiliser et d'inculper de son malheur d'autres que lui. C'est d'ailleurs, à mon avis cette incapacité à se prendre en main, à faire sien, qui est venue à bout de sa vie.
    Preuve en est, l'évolution de son frère.
    De mon point de vue, sa névrose était déjà présente à sa naissance même.
    Un livre indéniablement important pour toute personne qui s'intéresse à la relation entre troubles psychiques et maladie physique car l'auteur y raconte sa propre expérience de vie à la première personne avec justement toutes les erreurs de jugement que la névrose instaure.
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    • Livres 5.00/5
    Par colimasson, le 03 juin 2011

    colimasson
    Faire de sa maladie le moment de sa délivrance, voilà ce qu'est Mars. Fritz Zorn dit ne pas vouloir s'exprimer au nom des milliers d'autres qui sont dans le même cas que lui. Pourtant, son message me semble être universel. Son livre est une exhortation à dépasser les règles, les coutumes et les mauvaises habitudes héritées de son éducation lorsqu'elles empêchent l'individu de vivre. Tout lecteur convaincu par Mars ne pourra pas s'empêcher, après avoir refermé le livre, de procéder à une vivisection de sa propre existence.
    Il est dommage que cet ouvrage ait été détourné et utilisé pour culpabiliser les malades atteints du cancer. Il est évident que le cancer n'est pas uniquement provoqué par les souffrances de l'âme. Ici, le cancer est un symbole. Il représente toutes les maladies mentales dont peut être affecté l'être humain suite aux névroses héritées de son enfance, de son éducation, de son mode de vie, de sa trop grande sensibilité.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-mars-1976-de-fritz-zorn-7557..
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    • Livres 4.00/5
    Par iris, le 11 avril 2008

    iris
    A lire comme le témoignage "brut" d'un homme qui se sait en fin de vie, qui entame une psychanalyse et tente de retrouver par l'écriture un peu de logique dans l'existence qui est la sienne.Les pages ne sont pas forcément toujours bien écrites, mais on sent le désarroi de l'auteur,sa révolte face à une famille et un passé qui ne lui a pas donné ce dont il avait besoin pour être heureux, son urgence aussi à se raconter. Certains passages transcendent l'ensemble et justifient pleinement l'édition et la lecture de ce livre.
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 12 mai 2009

    Naturellement, ils allaient cependant tout de même à l'église. Il y avait déjà tous leurs morts à l'enterrement desquels ils avaient l'habitude de se rendre. Mais une fois que mes parents allaient à l'église, alors, ah, alors il appartenait au bon ton de s'y rendre selon toutes les règles du comme il faut, et alors, miséricorde, quel pèlerinage ! En effet, une fois qu'ils y étaient, à l'église, ils ne trouvaient plus rien à redire : ils louaient l'église, son architecture, sa décoration florale, le pasteur, le sermon, le jeu de l'orgue, le chant, l'atmosphère et tout de cont il y a moyen de faire l'éloge quand on est bien décidé à faire l'éloge de tout. L'église leur plaisait car elle était bien. Une seule chose semblait ne pas plaire à mon père : quand il devait se lever en même temps que les autres pour la prière, il avait toujours un air furibond, tant il était en colère de devoir se lever comme les autres et faire semblant de prier. Toutefois, après la cérémonie religieuse, il était toujours de bonne humeur et se répandait en louanges ; il déclarait que le curé avait très bien parlé, qu'il s'était exprimé en termes choisis et qu'il avait une diction parfaite. J'étais cependant frappée de ce que mon père louait toujours la forme du sermon : qu'il fût ou non d'accord avec son contenu, cela on n'en parlait pas. Je me rappelle encore qu'à l'issue d'une de ces cérémonies de funérailles j'avais pensé que le curé avait, en fait, dit des tas de bêtises. Pourtant, mon pauvre père commenta ce discours en disant que le curé avait très bien parlé. (On pourrait même conclure à ce propos un subtil compromis, car il est fort possible que le prêtre ait parlé très bien et très bêtement à la fois). Aujourd'hui, je m'expliquerai les choses en me disant que mon père était uniquement pour la forme de l'Eglise mais pas pour son sens. Être pour la forme de l'Eglise, cela faisait partie du bon ton ; être pour son sens, c'était ridicule.
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  • Par Outis, le 16 octobre 2007

    La sexualité représente toujours, dans la nature humaine, ce qu’il y a de plus vrai, de plus vital et de plus énergique, elle met toujours tout en jeu. Mais chez nous, ces choses-là étaient très malvenues. Le vrai nous faisait profondément horreur ; nous ne voulions jamais aller au fond d’une chose, nous préférions trouver toujours tout « compliqué ». Nous ne voulions jamais faire quelque chose par nous-mêmes ; nous aimions mieux sourire de ce que faisait les autres. Nous ne voulions pas mesurer nos énergies, nous voulions être harmonieux et neutraliser tous les différends au profit d’un néant couleur de rose ressemblant vaguement au bonheur. Mais avant tout nous ne voulions jamais « le tout » : le tout, c’était toujours les autres, nous, nous étions à part. Une chose, plus encore, nous répugnait : le sexe était nécessairement toujours en rapport avec le corps honteux, le corps que tous les autres, les êtres bas, ne trouvaient nullement honteux mais désirable ; nous, nous ne pensions naturellement pas cela. De plus, nous ne pouvions pas nier que la sexualité vous met à découvert, dans tous les sens du terme. Or c’était cela que nous ne voulions à aucun prix...
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  • Par colimasson, le 03 juin 2011

    A la sérénité du Bouddha l’agitation du monde paraît ridicule, car lui-même n’a plus rien à voir avec cela. Au cynique les sentiments du prochain paraissent ridicules parce que lui-même n’a plus de sentiments. A celui qui ne joue pas au football il paraît ridicule de courir pendant des heures après un petit ballon de cuir ; il ne se demande pas si ce jeu ne serait pas follement amusant, il ne voit que le côté ridicule de ces hommes adultes qui jouent comme de petits garçons. Sans doute celui qui fait quelque chose se rend-il toujours ridicule aux yeux de celui qui ne fait rien. Celui qui agit peut toujours prêter le flanc ; celui qui n’agit pas ne prend même pas ce risque. On pourrait dire que ce qui est vivant est toujours ridicule car seul ce qui est mort ne l’est pas du tout. […] Comme nous ne nous rendions jamais ridicules, nous étions tributaires des autres qui le faisaient à notre place et nous divertissaient de cette manière. Voilà pourquoi nous trouvions les clowns si sympathiques, les autres nous faisaient rire, ce dont nous étions par nous-mêmes incapables. Il va sans dire que nous n’étions pas en peine de trouver des ridicules dans notre entourage car plus on est soi-même un magasin de porcelaine, plus n’importe qui, venu de l’extérieur, y prend pour vous l’aspect d’un éléphant.»
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  • Par Piling, le 12 mai 2009

    Mes représentations romantiques de l'amour se bornaient à des scènes de coup de foudre comme il m'était arrivé d'en voir au cinéma. Je me figurais que moi aussi (le jour non précisé où je serais "grand") je rencontrerais une fille dont je devrais sentir à première vue qu'elle était la seule vraie (évidemment la fille, juste au même instant, sentirait tout juste la même chose). Dans cette voie, tous les efforts pénibles pour conquérir cette personne idéale disparaissaient naturellement comme par enchantement ; il n'y aurait aucun problème à cause d'elle ou avec elle. Il ne me faudrait ni l'aborder ni lui adresser la parole, je ne rougirais ni ne devrais prendre sur moi de lui demander si elle voulait bien être mon amie ; dès le début tout serait clair, sans problème et harmonieux. Elle serait tout aussi apathique et ennuyeuse que moi et, tout comme moi, ferait tout pour qu'aucun de nous deux ne fût blessé ou seulement touché par l'autre. Pauvre femme.
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  • Par colimasson, le 03 juin 2011

    […] Beaucoup de mes camarades étaient déprimés parce qu’ils avaient raté un examen, mais moi, j’étais déprimé quoique j’eusse brillamment passé le même examen. Je ne voulais voir que ce que nous avions de commun, que chacun de nous était déprimé, je ne voulais pas voir la différence, à savoir que le chagrin de l’un avait un sens, et que le chagrin de l’autre en était dépourvu. Qu’on broie du noir parce qu’on a été collé à un examen qu’on a préparé très longtemps et à fond, c’est normal. Mais qu’on soit tout à fait incapable de se réjouir de l’avoir si bien réussi et qu’on passe la soirée assis sans rien faire, aussi déprimé que celui qui a échoué, n’est pas normal.
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Vidéo de Fritz Zorn

Extraits de l'adaptation théâtre de "Mars", d'après Fritz Zorn, crée au théâtre Océan Nord à Bruxelles, mars 2009,











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