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ISBN : B00AHTPI5Q
Éditeur : Flammarion (2013)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 322 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans Amok, publié en 1922, est suggéré un bon, usage de l'exotisme : c'est d'abord de rendre problématique le confort d'une formule de croisière... Pour éprouver; en soi et partout autour, la présence d'un royaume primitif, puissant et mystérieux, le royaume de l'Autre,... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Ellen-R, le 02 mai 2013

    Ellen-R
    Stefan Zweig reprend au départ de ce roman la technique employée dans 24 Heures de la Vie d'une Femme, autre bouleversant roman s'il en est. C'est à dire que l'histoire principale est racontée par un narrateur de l'histoire secondaire qui fait l'ouverture du roman. Un peu le coup de « L'homme qu'a vu l'homme qu'a vu l'ours … » !
    Un médecin européen venu chasser idées noires, mal de vivre, ce que l'on voudra… en fuyant l'Europe et se perdant au fin fond de la Malaisie, loin de ses compatriotes, est brutalement confronté à un choix décisif par une européenne brutalement surgie dans son univers. Ce choix est vital pour elle. Elle s'y prend avec morgue et déclenche une réaction brutale de la part dudit médecin. Il la rejette et se rend très vite compte qu'il l'envoie à un destin périlleux. Conscient de la situation qu'il a en partie créée, il perd tout sens commun, abandonne tout pour tenter de réparer et devient littéralement « hors de lui ». La comparaison est faite avec l'Amok, cette folie qui est décrite comme prenant tout à coup certains malaisiens qui partent alors droit devant eux et, leur kriss à la main, tuent tout ce qui se met en travers. Amok !
    Outre l'histoire et la psychologie pour le moins tortueuse des protagonistes principaux, la solitude de l'expatrié exilé loin en Asie est fort bien restituée, ainsi que des éléments de nature malaisienne.
    Bref c'est du Zweig pur, synonyme de grande qualité.
    La nouvelle suivante, "La ruelle au clair de lune", n'est pas moins captivante: au cours d'une escale d'un paquebot (décidément, on n'en sort plus!) dans un port français, l'un des passagers se retrouve dans une rue à la mauvaise réputation, dans une maison où les jeunes femmes sont peu farouches. Peu farouches sauf pour un homme. C'est l'histoire, poignante, de cet homme qui constitue l'essentiel de la nouvelle; un homme qui, par amour, sombre lui aussi petit à petit dans une sorte de folie.
    C'est un très bon recueil de nouvelles, comme d'accoutumée avec Stefan Zweig.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 01 juin 2012

    lecassin
    « Amok », en fait un recueil de trois nouvelles, avec comme point commun la passion.
    De ses trois nouvelles, « Amok » est probablement la plus célèbre : en 1910, sur le pont d'un bateau, un jeune médecin raconte comment, dans la jungle malaise, sa vie a brusquement basculé en quelques instants ; comment une jeune femme jusque-là inconnue et venue le chercher pour avorter, déchaîna en lui un amour tellement passionné qu'il le conduira aux confins de la folie...
    « Lettre d'une inconnue », est sans conteste un des textes de Stefan Zweig les plus déchirants : c'est la confession, à la veille de sa mort, d'une femme à un homme qu'elle a aimé toute sa vie, dont elle eut un enfant et qui ne l'aura jamais vraiment vue tant il ne l'aura jamais vraiment regardée...
    « La ruelle au clair de lune », un texte sombre. L'histoire d'un passager que le mauvais temps a conduit en escale dans un port semblable à tant d'autres ports. Allemand , il sera attiré par une musique elle même allemande et entrera dans un bar pour y être abordé par une inconnue…
    La première fois que j'ai entendu parler de Stefan Zweig, c'était, il y a bien longtemps, par un film, à la télévision avec Niels Arestrup : le réalisateur avait situé l'action de « La ruelle au clair de lune » à Cherbourg au cours d'une nuit pluvieuse. Je m'en souviens comme si je l'avais vu hier… je me suis donc précipité, à l'époque, à la librairie pour découvrir coup sur coup « La confusion des sentiments » et « Vingt-quatre heures de la vie d'une femme »… point de « ruelle au clair de lune ». Il faudra quelques années pour que je redécouvre cette nouvelle, troisième de ce recueil. Un chef d'œuvre !
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    • Livres 5.00/5
    Par valleg, le 15 février 2013

    valleg
    Est-ce qu'un jour je serai déçue par un récit de Zweig ? J'en doute, et c'est tant mieux, mais bon allez savoir, pour peu que l'Amok me prenne moi aussi un de ces quatre matins…
    Donc, j'ai adoré ce recueil de nouvelles.
    J'ai retrouvé la finesse de l'analyse psychologique de Zweig que j'ai tant apprécié dans ses romans. Je sais qu'il était ami de Freud qui a dû bien le briffer, mais comme même ; réussir à décrire si justement les profondeurs de l'âme humaine dans ses obsessions, sa déraison, ses passions, ça me stupéfie chaque fois. On sent tellement d' humanité chez cet auteur.
    Et puis ce sens de la construction, ce sens dramatique, la beauté des métaphores, la musicalité de son écriture. C'est somptueux.
    Je vais vous dire, bien que le thème de ce recueil ne s'y prête guère, j'en suis sortie merveilleusement apaisée par tant de perfection et de beauté.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 24 mars 2012

    le_Bison
    C'est l'histoire de passions entre deux êtres. Des passions amoureuses d'un autre temps. Je suis dans les années 20, allongé sur une moleskine verte, d'un cabinet médical, attendant mon psy. Époque malheureuse où mon médecin aura plus un air patibulaire avec sa barbe grise à la mode de Sigmund qu'un esprit charmant et charnel d'une belle rousse à la forte poitrine autrichienne. Effectivement, je me trouve non loin du Prater, lieu béni de Stefan Zweig, mon nouveau maître es-passion amoureuse.
    D'ailleurs, puis-je parler encore de passion ? A mon sens, cela ressemble à de la folie pure ! Mais quand les sentiments s'emballent avec une telle fougue, une telle déraison, cela réchauffe mon cœur de bison sauvage des grandes plaines enneigées.
    Embarquement immédiat. Je suis sur le pont du bateau, seul dans le noir, à contempler les étoiles scintillées au-dessus de ma tête. Pas un bruit, hormis les bruits des vagues se fracassant sur la coque du navire. Même les mouettes et dauphins semblent profiter de cette obscurité pour prolonger leur séjour avec Morphée. Dans quelques heures le soleil se lèvera, à l'Est. La vie reprendra cours, et je rentrerai dans ma cabine pour m'isoler de mes congénères. Il y a des moments où la solitude est bien plus enviable que le chaos des êtres, surtout lorsqu'il est question de réfléchir à ce qu'est la passion, celle qui vous conduit à des actes inconsidérés.
    En attendant, je me délecte de ce silence de mort. Tiens ? La cloche du navire rugit subitement pour annoncer une nouvelle heure au milieu de cette nuit, et alors que je pensais être absolument seul, voilà que j'entends un verre cliqueter. Avec mon ouïe experte : whisky et glaçons. Je n'étais donc pas le seul insomniaque ou fuyant à profiter de cet horizon noir et sans fin.
    Cet insomniaque au débit haché… Pourquoi est-ce qu'il me raconte sa vie ? Qu'il me propose un verre et après je prendrai le temps de l'écouter. Je ne suis pas un genre de psy à vocation sociale sur un pont de navire, quand même ! Ce pauvre type, au malaise frappant, vient d'un long séjour en Malaisie. Un docteur de campagne qui tomba subitement amoureux d'une rombière bien belle et bien bourgeoise. Sauf que cette dernière n'est venu le voir uniquement pour un acte médical qui pour l'époque reste sacré et mérite confidentialité. Un acte qui doit être rapide avant le retour de son mari après plusieurs mois d'absence. Vous voyez de quoi je veux causer. Sauf que ce médecin a d'abord une conscience et une fierté, elle qui le prend de toute sa hauteur et de tout son argent… Bon, voilà, je ne vous raconte pas plus, je ne vous gâche pas davantage le plaisir car cette nouvelle, elle est terrible. Passionnément indispensable et superbement passionnel. « Amok ou le fou de Malaisie ».
    Cela finira mal. Évidemment, devrais-je rajouter ? Quand il est question de passions et de femmes, l'homme finit toujours sans dessus-dessous (toute image pornographique dans votre esprit serait fortuite – je vous rappelle : années 20, passion, bourgeoise, haute société).
    Attention, n'allez surtout pas croire que le Bison devient, par ses lectures passionnelles de Stefan Zweig, sentimental ou romantique. Non, Non, Non ! Surtout pas… Il reste sauvage, obsédé, alcoolique !
    Mais attendez, ne débarquez pas tout de suite. Après l'Amok ou le fou de Malaisie, il y a la belle « Lettre d'une inconnue ».

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2240
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    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 07 avril 2013

    olivberne
    Zweig est l'un de mes auteurs préférés, l'un de ceux qui a su le mieux écrire l'amour, le sentiment amoureux et la souffrance d'aimer.
    Dans ce recueil de trois nouvelles, il exprime le lien de l'amour et de la folie, avec tendresse, passion et absolu. Comme souvent, le texte est à la hauteur des sentiments, les mots glissent comme des caresses, sont bruts comme des gifles et doux comme des baisers.
    C'est un vrai plaisir de lire Zweig, on n'est jamais déçu.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 24 mars 2012

    Donc… attendez… oui, j’y suis. J’étais là-bas dans mon trou maudit, j’étais là-bas comme l’araignée dans son filet, immobile depuis déjà des mois. C’était précisément après la saison des pluies. Pendant des semaines et des semaines, l’eau avait clapoté sur mon toit. Personne n’était venu ; aucun Européen ; chaque jour, j’avais passé le temps assis chez moi, avec mes femmes jaunes et mon bon whisky. J’étais alors au plus bas ; j’étais complètement malade de l’Europe ; quand je lisais un roman où il était question de ruelles claires et de femmes blanches, mes doigts se mettaient à trembler. Je ne puis pas vous décrire cet état ; c’est une espèce de maladie des tropiques, une nostalgie fiévreuse, furieuse, et cependant débilitante, qui quelquefois s’empare de vous.
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  • Par born2fly, le 12 décembre 2012

    Ouvre-toi, monde souterrain des passions !
    Et vous, ombres rêvées, et pourtant ressenties,
    Venez coller vos lèvres brûlantes aux miennes,
    Boire à mon sang le sang, et le souffle à ma bouche !
    Montez de vos ténèbres crépusculaires,
    Et n’ayez nulle honte de l’ombre que dessine autour de
    vous la peine !
    L’amoureux de l’amour veut vivre aussi ses maux,
    Ce qui fait votre trouble m’attache aussi à vous.
    Seule la passion qui trouve son abîme
    Sait embraser ton être jusqu’au fond ;
    Seul qui se perd entier est donné à lui-même.
    Alors, prends feu ! Seulement si tu t’enflammes,
    Tu connaîtras le monde au plus profond de toi !
    Car au lieu seul où agit le secret, commence aussi la vie
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  • Par Satori, le 05 mai 2012

    Je veux te révéler toute ma vie, cette vie qui véritablement n'a commencé que du jour où je t'ai connu. Auparavant, ce n'était qu'une chose trouble et confuse, dans laquelle mon souvenir ne se replongeait jamais; c'était comme une cave où la poussière et les toiles d'araignée recouvraient des objets et des êtres aux vagues contours, et dont mon coeur ne sait plus rien.

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  • Par Stemilou, le 02 août 2010

    Pourtant, parvenu au coin de la rue, avant de tourner, je regardai encore une fois derrière moi. Lorsque mon regard rencontra l’homme, celui-ci eut un haut-le-corps ; je le vis se ramasser précipitamment, bondir contre la porte et l’ouvrir brusquement. A cet instant, un éclat de métal brilla dans sa main : je ne pus distinguer de loin si c’était de l’argent ou bien le couteau qui, au clair de lune, luisait perfidement entre ses doigts…
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  • Par Stemilou, le 02 août 2010

    « Ne vous inquiétez pas de lui, m’ordonna la fille, en français, et elle me saisit violemment le bras comme si elle voulait me renverser. C’est une vieille histoire entre lui et moi, ce n’est pas d’aujourd’hui ! » Et de nouveau, les dents étincelantes, prêtes à mordre, elle lui cria : « Oui, écoute, vieux finaud. Tu voudrais savoir ce que je dis. J’ai dit que je me jetterais dans la mer plutôt que d’aller avec toi. »
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Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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