> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)
> Brigitte Vergne-Cain (Traducteur)
> Gérard Rudent (Traducteur)
> Romain Rolland (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253057541
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 3.9/5 (sur 204 notes) Ajouter à mes livres
Dans Amok, publié en 1922, est suggéré un bon, usage de l'exotisme : c'est d'abord de rendre problématique le confort d'une formule de croisière... Pour éprouver; en soi et partout autour, la présence d'un royaume primitif, puissant et mystérieux, le royaume de l'Autre,... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (15)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 24 mars 2012

    le_Bison
    C'est l'histoire de passions entre deux êtres. Des passions amoureuses d'un autre temps. Je suis dans les années 20, allongé sur une moleskine verte, d'un cabinet médical, attendant mon psy. Époque malheureuse où mon médecin aura plus un air patibulaire avec sa barbe grise à la mode de Sigmund qu'un esprit charmant et charnel d'une belle rousse à la forte poitrine autrichienne. Effectivement, je me trouve non loin du Prater, lieu béni de Stefan Zweig, mon nouveau maître es-passion amoureuse.
    D'ailleurs, puis-je parler encore de passion ? A mon sens, cela ressemble à de la folie pure ! Mais quand les sentiments s'emballent avec une telle fougue, une telle déraison, cela réchauffe mon cœur de bison sauvage des grandes plaines enneigées.
    Embarquement immédiat. Je suis sur le pont du bateau, seul dans le noir, à contempler les étoiles scintillées au-dessus de ma tête. Pas un bruit, hormis les bruits des vagues se fracassant sur la coque du navire. Même les mouettes et dauphins semblent profiter de cette obscurité pour prolonger leur séjour avec Morphée. Dans quelques heures le soleil se lèvera, à l'Est. La vie reprendra cours, et je rentrerai dans ma cabine pour m'isoler de mes congénères. Il y a des moments où la solitude est bien plus enviable que le chaos des êtres, surtout lorsqu'il est question de réfléchir à ce qu'est la passion, celle qui vous conduit à des actes inconsidérés.
    En attendant, je me délecte de ce silence de mort. Tiens ? La cloche du navire rugit subitement pour annoncer une nouvelle heure au milieu de cette nuit, et alors que je pensais être absolument seul, voilà que j'entends un verre cliqueter. Avec mon ouïe experte : whisky et glaçons. Je n'étais donc pas le seul insomniaque ou fuyant à profiter de cet horizon noir et sans fin.
    Cet insomniaque au débit haché… Pourquoi est-ce qu'il me raconte sa vie ? Qu'il me propose un verre et après je prendrai le temps de l'écouter. Je ne suis pas un genre de psy à vocation sociale sur un pont de navire, quand même ! Ce pauvre type, au malaise frappant, vient d'un long séjour en Malaisie. Un docteur de campagne qui tomba subitement amoureux d'une rombière bien belle et bien bourgeoise. Sauf que cette dernière n'est venu le voir uniquement pour un acte médical qui pour l'époque reste sacré et mérite confidentialité. Un acte qui doit être rapide avant le retour de son mari après plusieurs mois d'absence. Vous voyez de quoi je veux causer. Sauf que ce médecin a d'abord une conscience et une fierté, elle qui le prend de toute sa hauteur et de tout son argent… Bon, voilà, je ne vous raconte pas plus, je ne vous gâche pas davantage le plaisir car cette nouvelle, elle est terrible. Passionnément indispensable et superbement passionnel. « Amok ou le fou de Malaisie ».
    Cela finira mal. Évidemment, devrais-je rajouter ? Quand il est question de passions et de femmes, l'homme finit toujours sans dessus-dessous (toute image pornographique dans votre esprit serait fortuite – je vous rappelle : années 20, passion, bourgeoise, haute société).
    Attention, n'allez surtout pas croire que le Bison devient, par ses lectures passionnelles de Stefan Zweig, sentimental ou romantique. Non, Non, Non ! Surtout pas… Il reste sauvage, obsédé, alcoolique !
    Mais attendez, ne débarquez pas tout de suite. Après l'Amok ou le fou de Malaisie, il y a la belle « Lettre d'une inconnue ».

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2240
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Stemilou, le 20 juillet 2010

    Stemilou
    Toujours cette écriture fine et sensible. La passion est au cœur de cette nouvelle : un jeune médecin rencontre une femme hautaine et orgueilleuse qui a besoin de ses compétences pour une affaire qu'elle souhaite garder secrète au reste de la colonie, un avortement. Elle porte l'enfant de son amant mais son mari rentre bientôt d'Amérique où il y séjourne depuis plusieurs mois.
    Une colonie car cela se passe en Asie. Il est missionnaire dans un district loin de la ville, il devint dingue dans ce trou jusqu'à ce que cette femme arrive et amplifie sa folie. L'Amok le guette. L'Amok, cet état fiévreux de folie extrême qui peut conduire un individu au meurtre.

    Ce médecin dont comme dans chacune de ses nouvelles Stefan Zweig ne nous révèle jamais le nom, lui tient tête et espère faire plier cette dame mais surtout il espère voir dans son regard de l'humilité. Elle ne pliera pas et demandera de l'aide ailleurs, il voudrait réparer son geste mais c'est trop tard, reste plus qu'à accompagner cette dame jusqu'à la mort.

    Sa passion pour cette femme va le mener à des situations absurdes, quitter sa maison et partir à la recherche de cette femme, lui courir après dans une salle pleine de personnages haut placés … des situations fâcheuses rien que pour l'approcher !

    Un procédé cher à l'auteur, le récit dans le récit, qui teint en haleine le lecteur, un rythme toujours soutenu qui nous plonge dans son univers. Un homme, une femme, une passion et une promesse au-delà de la mort. Poignant.

    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-amok-de-stefan-zweig-54159294...
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Auslander, le 13 mars 2012

    Auslander
    Ce recueil regroupe trois nouvelles de l'auteur autrichien Stefan Zweig (1881-1942). Dans l'ordre de longueur et de présentation par l'éditeur (qui est aussi mon ordre de préférence), on trouve : "Amok", "Lettre d'une inconnue" et "La Ruelle au clair de lune". C'est le deuxième livre que je lis de cet auteur après l'excellent "Le Joueur d'échecs", et je dois dire que je suis de plus en plus impressionné par le talent de cet écrivain.
    Les trois nouvelles ont en commun le thème de la passion, cette passion qui confine à l'obsession et à la folie et qui mène inexorablement à l'autodestruction.
    Le travail de traduction est à la hauteur du talent de l'auteur : une langue précise et concise au style poétique (les premières pages d'"Amok" ne laissent pas indifférent tant elles créent rapidement une ambiance immersive qui happe le lecteur). Il faut aussi noter une remarquable finesse dans la construction et l'analyse psychologique des personnages qui confère à ces courts textes une grande densité et une forte charge émotionnelle (la "Lettre d'une inconnue" est très poignante). Sans conteste, Zweig est un virtuose de la nouvelle.
    Dans l'édition le Livre de Poche, on trouve une préface de l'auteur français Romain Rolland prix Nobel de littérature 1915 et grand ami de l'auteur. En fin de volume, il y a aussi une passionnante biographie d'une trentaine de pages consacrée à l'écrivain autrichien. le Livre de Poche a déjà publié de nombreux écrits de Zweig, ce qui est bien, mais le morcellement de son œuvre pour des considérations mercantilistes l'est beaucoup moins.
    Pour finir et je parle à titre personnel, la lecture d'une œuvre de cet auteur ne peut se faire sans un certain pincement au cœur : écrivain sensible au tempérament dépressif, Zweig a vécu ses dernières années tourmenté. La montée du nazisme en Autriche (son pays), la Seconde Guerre mondiale et un exil mal vécu n'ont fait que précipiter les choses : il s'est suicidé avec son épouse en 1942.
    Conclusion : Excellent recueil signé par un nouvelliste talentueux. Si vous êtes fâché avec les pavés indigestes de 1000 pages, je vous conseille ce petit livre de 222 pages (préface et biographie comprises), il va sûrement vous réconcilier avec la lecture.

    Lien : http://litterature-critiques-romans.blogspot.com/2012/03/amok-suivi-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par meyeleb, le 20 août 2011

    meyeleb
    Sur un bateau parti de Malaisie en direction de l'Europe, un inconnu fébrile fait à un passager le récit d'événements pour le moins tragiques. La nuit l'inscrit dans une atmosphère étrange, hallucinatoire. Zweig a l'art de nous prendre à témoin, de nous emmener loin, très loin dans les errances d'une âme saisie par on ne sait quoi de folie passionnelle et incompréhensible.
    C'est du grand Zweig!
    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pbazile, le 14 février 2009

    pbazile
    C'est un recueil de nouvelles.
    Elles sont très bonnes dans l'ensemble, dont Amok qui donne son nom au recueil.
    Mais surtout une est exceptionnelle: la "Lettre d'une inconnue". Je ne suis pas spécialement romantique, mais j'ai su en lisant cette nouvelle que je l'étais un peu!
    Superbe.
    Et je reste toujours frappé par la beauté et la fluidité de la prose de Zweig, malgré le fait que je n'en lise que des traductions.
    C'est super beau.
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (7)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par le_Bison, le 24 mars 2012

    Donc… attendez… oui, j’y suis. J’étais là-bas dans mon trou maudit, j’étais là-bas comme l’araignée dans son filet, immobile depuis déjà des mois. C’était précisément après la saison des pluies. Pendant des semaines et des semaines, l’eau avait clapoté sur mon toit. Personne n’était venu ; aucun Européen ; chaque jour, j’avais passé le temps assis chez moi, avec mes femmes jaunes et mon bon whisky. J’étais alors au plus bas ; j’étais complètement malade de l’Europe ; quand je lisais un roman où il était question de ruelles claires et de femmes blanches, mes doigts se mettaient à trembler. Je ne puis pas vous décrire cet état ; c’est une espèce de maladie des tropiques, une nostalgie fiévreuse, furieuse, et cependant débilitante, qui quelquefois s’empare de vous.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Satori, le 05 mai 2012

    Je veux te révéler toute ma vie, cette vie qui véritablement n'a commencé que du jour où je t'ai connu. Auparavant, ce n'était qu'une chose trouble et confuse, dans laquelle mon souvenir ne se replongeait jamais; c'était comme une cave où la poussière et les toiles d'araignée recouvraient des objets et des êtres aux vagues contours, et dont mon coeur ne sait plus rien.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Stemilou, le 02 août 2010

    Pourtant, parvenu au coin de la rue, avant de tourner, je regardai encore une fois derrière moi. Lorsque mon regard rencontra l’homme, celui-ci eut un haut-le-corps ; je le vis se ramasser précipitamment, bondir contre la porte et l’ouvrir brusquement. A cet instant, un éclat de métal brilla dans sa main : je ne pus distinguer de loin si c’était de l’argent ou bien le couteau qui, au clair de lune, luisait perfidement entre ses doigts…
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Stemilou, le 02 août 2010

    « Ne vous inquiétez pas de lui, m’ordonna la fille, en français, et elle me saisit violemment le bras comme si elle voulait me renverser. C’est une vieille histoire entre lui et moi, ce n’est pas d’aujourd’hui ! » Et de nouveau, les dents étincelantes, prêtes à mordre, elle lui cria : « Oui, écoute, vieux finaud. Tu voudrais savoir ce que je dis. J’ai dit que je me jetterais dans la mer plutôt que d’aller avec toi. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par AngieaAmsterdam, le 18 mai 2009

    - Amok?... je crois me souvenir... c'est une espèce d'ivresse chez les Malais...
    - C'est plus qu'une ivresse... c'est de la folie, une sorte de rage humaine... une crise de monomanie meurtrière et insensée, à laquelle aucune intoxication alcoolique ne peut se comparer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (16)

Videos de Stefan Zweig

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Amok, ou, Le fou de Malaisie par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (394)

  • Ils sont en train de le lire (1)
  • Ils veulent l'échanger (1)

> voir plus

Quiz