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Critiques sur Fouché (8)


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  • Par petitours le 18/01/2012


    Nietzsche disait de Stendhal qu'il était le dernier des grands psychologues français. Eût il vécu quelques années de plus qu'il aurait certainement affirmé la même chose de Zweig. La biographie de Zweig est une descente dans les tréfonds d'une âme étrange qu'il ausculte avec une acuité exceptionnelle. Je serais bien en peine de juger la qualité du travail de recherche historique, mais le personnage de fouché ici décrit dans ses turpitudes, de sa grandeur politique à sa fourbe morale personnelle en fait un anti-héros monstrueux et fascinant à la fois. du travail d'orfèvre

    critique de qualité ? (19 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy le 22/03/2012


    Stefan Zweig (1881-1942), est déjà un romancier et poëte célèbre, combattant de la paix aux côtés de son ami Romaink Rolland, lorsqu'il aborde la biographie : il raconte la vie de grands auteurscontemporains (Emile Verhaeren, Romain Rolland, Marceline Desbordes-Valmore, Erasme), puis de personnages historiques marqués par la tragédie : Marie Antoinette, Marie Stuart.

    Comment s'est-il intéressé au symbole de la « basse police » qu'est Joseph Fouché, Conventionnel régicide, massacreur de Lyon en 1793, indispensable ministre de la police du Directoire, du Consulat et de l'Empire , finalement viré par l'Empereur, qui ne s'est jamais fait d'illusions sur sa loyauté ?

    Ce qui intéresse Zweig, ce sont les ressorts du personnage, « le mystère démonique de son caractère » : rester au centre du dispositif, tirer les fils des marionnettes que sont, pêle-mêle, les traine-sabre de Napoléon – ceux dont les noms ceinturent aujourd'hui Paris -, les harpies de la famille Bonaparte, les immigrés rentrés pour se mettre au service de l'Usurpateur...

    fouché n'a pas de conviction, mais il a une passion : manipuler.

    Une inquiétude vient lorsqu'on lit ce fouché : Zweig, emporté par le portrait psychologique, a-t-il respecté la vérité historique ? Après tout, il est romancier et non historien ; il a travaillé à partir de l'œuvre de Louis Madelin, historien modéré qui a écrit un fouché en 1901. Si vous voulez en savoir plus, il y a une œuvre récente de l'excellent Jean Tulard sur fouché.

    Puisque nous pensons à Zweig, n'oublions pas son œuvre la plus magistrale, « Le Monde d'hier », réflexion lumineuse sur le terrible XXème siècle européen, dont Zweig et sa femme seront les victimes, en se donnant la mort au Brésil en 1942.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par athena1 le 12/12/2008


    Après avoir dévoré la biographie de Marie-Antoinette, je me suis précipitée sur celle de Fouché. Et là je dois dire que ce fut un moment très agréable. Ce livre nous apporte des informations très précises sur la psychologie de ce personnage opportuniste très peu fréquentable, mais dont la présence est vitale pour les ambitieux désireux d'accéder au pouvoir et d'y demeurer. Mais il nous retrace également les principaux évènements historiques de cette période. Cet ouvrage nous offre la sensation de pouvoir pénétrer l'intimité de chacun des personnages, de pouvoir mieux appréhender les enjeux de cette époque et en quelque sorte même, pour ces derniers, de nous les faire comprendre dans tous les sens du terme.

    critique de qualité ? (7 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par laurentgui le 29/04/2012


    J'ai acheté cette biographie (ma première) par erreur, je cherchais un roman… La révolution française ne m'évoquait pas grand-chose d'autre que la date de 1789, je n'avais rien retenu de cette période riche en événements et en personnalités. Ça a donc déjà été très intéressant de redécouvrir en détail le fil des événements entre 1789 et 1815. Intéressant, en plus de l'histoire, de la vie de cette homme "Joseph Fouché", l'homme politique probablement le plus important de cette période. Un homme froid, manipulateur, sans vergogne, jouant sur tous les tableaux à la fois, changeant de camp (quel qu'il soit) pour toujours être dans celui au pouvoir. Un personnage impressionnant et effrayant, une biographie très captivante.

    critique de qualité ? (4 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par kenkuro le 28/05/2011


    Ce livre marque ma découverte de Stefan Zweig, j'ignorai à l'époque qu'en plus d'être un excellent biographe, c'était aussi un immense romancier. Mais restons sur cette biographie. fouché n'est pas un personnage historique des plus connus. C'est bien normal car, comme le démontre Zweig au fil de l'ouvrage, fouché tire sa puissance de sa discrétion. On apprend ainsi l'influence de ce mystérieux personnage sur une large page d'histoire qui va de la Révolution à Napoléon. fouché est partout, il tourne et retourne sa veste, va et vient, rôde dans les pas de personnages plus illustres que lui. Mais c'est finalement tout l'intérêt de l'œuvre d'observer depuis la coulisse le cours de l'histoire.
    A lire, pour une approche psychologique, dramatique et historique inédite de la Révolution et des années qui la suivent.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par pbazile le 14/02/2009


    A coté de ses superbes nouvelles, Zweig a écrit plusieurs biographies.
    Celle-là est étonnante car elle s'applique à un individu peu recommandable et souvent évacué de l'histoire de France.
    Il est vrai que Zweig, allemand, a une autre vision de la France d'autour de la révolution, que les Français.
    Une recherche énorme et une langue toujours exceptionnelle.
    Mais aimer Zweig ne suffit pas à aimer ce livre, il faut aussi aimer les biographies et les personnages à la moralité discutable...

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Pchabannes le 02/10/2011


    Derrière les faits indiscutables, Stefan Zweig recherche l'intime qui fait se mouvoir les hommes. C'est dans leur nature même que ce fidèle de Freud dévoile les racines psychiques et primales des décisions toutes entières habillées de raisons raisonnantes par les historiens consciencieux expliquant les évènements après coup, par tels ou tels des évènements antécédents, alors qu'un évènement tout différent se serait aussi bien expliqué, dans les mêmes circonstances, par des antécédents autrement choisis (relire Henri Bergson, Essai du possible et le réel). L'Homme alors devient sujet et acteur de l'Histoire comme dans le magnifique et toujours actuel Conscience contre violence.

    1759, nait à Nantes ce fils de commerçants et de marins que rien ne présageait à devenir duc d'Otrante. Il aura fallu à ce demi-prêtre professeur au séminaire, l'éclatement des vermoulures d'un ordre fini pour se voir révéler un génie formé comme Sieyès ou Talleyrand à l'école de Loyola, l'école de la maitrise de soi et de l'éloquence. Dans la tourmente les amis d'Arras d'hier deviennent les ennemis d'aujourd'hui. Robespierre y laissera sa tête. Napoléon ses rêves. “Le trait essentiel de sa nature : sa répugnance à se livrer entièrement à quelqu'un ou à quelque chose. Ambitieux au dernier degré sans la vanité, le pouvoir est à celui qui le possède et non à celui qui le représente.”

    “Les Girondins tombent, fouché reste. Les Jacobins sont traqués, fouché reste.”

    L'Empire est bien sûr au cœur de la vie de fouché et l'image de Napoléon, génie dévoré par sa famille, est saisissante. de ces relations avec Napoléon Bonaparte, je ne retiendrai que cet échange si typique
     Vous êtes un traitre, duc d'Otrante, je devrais vous faire couper la tête.
     Ce n'est pas mon avis, Sire
    De son inimitié avec Talleyrand, retenons ce mot de l'évêque d'Autun à Napoléon
    “Sans doute, Monsieur fouché a grand tort, et moi, je lui donnerais un remplaçant, mais un seul : Monsieur fouché lui-même.”

    Le plus saisissant pour un français élevé dans le mythe de la Révolution française est cette lecture d'un européen de l'Est, de cet homme du XXème siècle qui voit au sein de ces temps héroïques les premiers manifestes communistes, et même bolchevique, en 1793 avec les Instructions de Lyon : “Prenez tout ce qu'un citoyen a d'inutile ; car le superflu est une violation évidente et gratuite des droits du peuple. Tout homme qui a au-delà de ses besoins ne peut plus user, il ne peut qu'abuser”. Cette lecture plus actuelle permet de voir s'affronter des socialistes et des communistes et aussi des faiseurs de butins et des âmes à double visages, des généraux et des financiers, profiteurs, chevaliers d'industrie…
    Machiavel avait ouvert la porte au monde moderne en séparant la politique de la morale. Pourtant l'artiste, dans sa préface, ne peut accepter ce jeu : “Chaque jour nous constatons encore que, dans le jeu ambigu et souvent criminel de la politique, auquel les peuples confient toujours avec crédulité leurs enfants et leur avenir, ce ne sont pas de hommes aux idées larges et morales, aux convictions inébranlables qui l'emportent, mais ces joueurs professionnels que nous appelons diplomates, - ces artistes aux mains prestes, aux mots vides et aux nerfs glacés”. Sans doute nombreux sont ceux qui, aujourd'hui encore, convoqueront les mânes de Sweig contre le sang glacé du Prince italien.

    N'oublions pas que Stefan Zweig, dans la partie consacrée à Hölderlin de son Combat contre le démon, avait déjà pris à parti le moulin de la destruction de la Révolution levant sa hache sur la beauté du monde. “Divers est leur trépas, mais pour tous il est précoce.” En France André Chénier, Apollon d'un nouvel hellénisme, trainé à la guillotine le dernier jour de la terreur. En Angleterre en quelques années, John Keats, Shelley et Lord Byron, la plus noble floraison lyrique est anéantie. Pour l'Allemagne Novalis, Kleist, Raimund, Büchner, Hauff, Schubert, expirent avant le temps. Leopardi, Bellini, Gridojedof, Pouchkine endeuillent Italie et Russie. Seul Goethe est toujours debout à Weimar.

    Petite curiosité : Il travaillait dix heures par jour. Voilà l'expression typique de Stefan Zweig désignant celui qui se donne passionnément à son activité. Une expression allemande ? Une limite personnelle ?

    Vite courez chez votre libraire ! 10€ pour une magnifique biographie de Zweig couvrant, certes la vie de fouché, mais surtout une vision de la révolution française par un magnifique écrivain du XXème siècle!



    Lien : http://quidhodieagisti.kazeo.com/lectures-diverses-critiques-et-comm..

    critique de qualité ? (2 votes positifs)



  • Par charlottelit le 02/08/2011


    Zweig historien limpide : on se laisse embarqué par ce "pauvre" fouché

    critique de qualité ? (2 votes positifs)






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