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> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253061433
Éditeur : Le Livre de Poche

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.16/5 (sur 870 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
À l'occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d'hommage, relation a priori exhaustive de l'intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Nastasia-B, le 02 septembre 2012

    Nastasia-B
    Œuvre subtile, œuvre forte, œuvre minutieuse comme une dentelle d'Alençon, La confusion des sentiments ne manquera pas de laisser une troublante impression envers tout lecteur disposé à se laisser mener sur les bancs de la passion à l'âge de la fac (ou sur les bancs de la fac à l'âge de la passion, au choix).
    Quiconque a déjà connu une attraction magnétique vis-à-vis d'un être jugé supérieur se reconnaîtra dans le jeune Roland, lui, littéralement happé, aspiré comme un noctambule papillon par l'éclat phosphorescent de son professeur, son mentor et maître, manière de Pygmalion de la littérature.
    Stefan Zweig a l'art d'évoquer des sujets, a priori, assez racoleurs ou qui peuvent sembler faciles ou usés, comme la débauche, l'éveil d'une relation amoureuse ou l'homosexualité avec un tact et une pudeur hors normes, ce qui en fait un grand orfèvre en la matière et justifie pleinement son renom.
    Roland, jeune étudiant originaire du nord de l'Allemagne consume son existence à l'université de Berlin dans une vie d'excentricités et d'errements variés jusqu'au jour où son père, qui le croit studieux, le surprend en pleine débauche. L'électrochoc est tel pour les deux, qu'ils décident conjointement qu'il convient mieux à Roland d'étudier dans une petite ville universitaire qu'auprès des tentations et dépravations de la capitale.
    Le jeune homme, muni d'une toute nouvelle envie de se racheter, se lance avec frénésie dans les études. Son chemin croise celui d'un professeur de littérature anglophone particulièrement charismatique, passionné et passionnant. Magnétisé par ce tourbillon passionnel, Roland, dont la passion ne demandait qu'une cible pour se focaliser va se satelliser autour de cet homme et de sa vie de solitude. Bientôt familier et habitué du foyer, il y fait la connaissance de la jeune épouse de son maître.
    Mais derrière cet élan inconsidéré pour la dramaturgie anglaise du XVIIème siècle se cache des zones d'ombre et de mystère. Pourquoi cet homme est-il si solitaire, si isolé, même à l'université ? Pourquoi est-il si froid avec sa jeune et aimable épouse ? Pourquoi, par moments, s'absente-t-il inopinément pendant plusieurs jours ? Pourquoi sa femme comprend-elle si bien le trouble et les frustrations de Roland ? Pourquoi ce malaise au milieu de ce couple qu'il apprécie tant ? Pourquoi ses sentiments sont-ils si confus, si contradictoires, si constamment cahotés d'un pôle à l'autre ?
    Voilà ce que je me propose de vous laisser découvrir. En tout cas, ce petit roman est mon préféré de ceux que j'ai lus de Stefan Zweig. Je le place bien avant LE JOUEUR D'ÉCHECS ou Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, mais ceci n'est que mon avis, un parmi tellement d'autres, particulièrement confus qui plus est, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 09 février 2012

    lehane-fan
    Qu'on me donne un Z ! Qu'on me donne un W ! Aaaah si les noms propres étaient autorisés au scrabble , sur un mot compte triple...
    Un nom qui claque , des récits à son image ! Nouvelliste par choix , Zweig excelle dans le genre . En un peu plus de cent pages , l'auteur assoit et développe son histoire avec une facilité déconcertante .
    D'une plume fine et élégante , Zweig évoque , avec la pudeur qui le caractérise , les sentiments ambivalents entre un professeur et son éleve . Alors que ce dernier n'éprouve qu'une admiration malsaine , sans bornes et sans partage pour son mentor qui désormais l'héberge , son précepteur , lui , embourbé dans un mariage qui le tue à petit feu , semble éprouver un malin plaisir à souffler le chaud et le froid au gré de ses humeurs , de ses envies , de ses secrets inavouables...Un mariage de façade , une femme dont il n'a que faire , un nouveau disciple venant attiser le feu des possible , feu qu'il s'évertue à maitriser depuis tout jeune , l'image de professeur au-dessus de tout soupçon en étant la triste et illusoire récompense . Un mari , une femme et un jeune chien fou dans un jeu de quilles . Trio ultra classique d'un sujet qui ne l'est pas moins . A une différence pres , ici , pas de femme volage ( encore que...) mais une délicate approche de l'homosexualité réfrénée , bridée par la volonté vacillante d'un etre fatigué de lutter . Des sentiments qui naissent , se développent , s'expriment tout en tact et en subtilité sans jamais en laisser supposer leur véritable teneur . Un trio atypique aux humeurs aussi changeantes que les marées océanes . Un récit à la beauté indéniable , fragile et tragique .
    Zweig est un orfevre de la plume qui cisele ses propos comme il affine ses récits . Partant d'un sujet souvent ordinaire , il épure au maximum pour en extraire la quintessence des etres et des situations .
    Un sentiment facilement identifiable prédomine à la lecture de cette nouvelle : jubilatoire !
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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 27 février 2013

    juliette2a
    Quelle plume magique que celle de Stefan Zweig ! Encore une fois, il signe un chef d'oeuvre avec LA CONFUSION DES SENTIMENTS...
    J'ai tellement de commentaires à faire sur cette oeuvre, mais je me réduirais à l'essentiel ! Commençons par l'histoire : alors âgé d'une soixantaine d'années un professeur de philologie très réputé pour son talent rend hommage à l'homme qui lui a donné goût à la vie, et qui a changé à jamais son destin...Par delà un court roman écrit à la première personne, nous suivons l'arrivée du jeune homme un peu distrait dans une petite ville d'Allemagne où ses études l'amènent à croiser un professeur, son professeur de philologie, envoûté par Shakespeare et l'Angleterre Elisabéthaine. Dès sa rencontre, le jeune étudiant est subjugué par l'éloquence de son maître avec qui il devient très vite proche, même voisin, jusqu'à être invité chaque soir à dîner chez lui...Alors, une admiration grandissante, presque d'amour se tisse entre les deux hommes, pourtant si froids l'un envers l'autre.
    Hélas, cette vie ne peut continuer ainsi, par la présence même de la femme du professeur, très jeune et qui ne tardera pas à devenir jalouse de ces rendez-vous nocturnes.
    J'ai dévoré ce livre ! le sujet est si intéressant -et d'actualité- et m'a fascinée du début à la fin. Celle-ci est d'ailleurs si émouvante : "Mais encore aujourd'hui, comme autrefois le garçon ignorant que j'étais, je sens que je ne dois davantage à personne qu'à cet homme, ni à mon père ni à ma mère, avant lui, ni à ma femme et à mes enfants, après lui, et que je n'ai aimé personne plus que lui. "...
    Ainsi, Stefan Zweig est un auteur talentueux, l'un des rares écrivains qui m'a autant envoûtée par ses mots, sa simplicité et ses sujets toujours passionnants. Je crois que tous ses romans, sans exception, m'émerveilleront toujours autant...
    Bravo Mr. Stefan Zweig ! A lire absolument !
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    • Livres 5.00/5
    Par fredho, le 05 février 2013

    fredho
    Roland, jeune étudiant à Berlin, fils d'un proviseur, oisif, qui accumule les conquêtes féminines et les sorties festives, n'est pas propice aux études et surtout les études littéraires auxquelles il voue une aversion. Son père conscient de sa passivité, décide pour parfaire ses lacunes de l'envoyer dans l'université d'une petite ville de Province, loin de toutes tentations nuisibles à sa réussite.
    Le 1er jour de la visite de l'université, Roland est captivé comme magnétisé par le discours d'un professeur de philologie, il est conquis par l'interprétation éloquente du professeur sur les œuvres de Shakespeare.
    A ce jour, Roland voit en ce professeur son Maître.
    Très vite les deux protagonistes font connaissance, ainsi le professeur lui propose une chambrette d'étudiant qu'une vieille dame loue près de sa maison. le jeune étudiant rencontre sa femme, et remarque que le couple est en opposition, une froideur caractérise leur couple plutôt particulier.
    Roland entre dans l'intimité du professeur qu'il côtoie chaque jour, celui-ci devient son mentor au point de s'avilir à une servitude intellectuelle, Roland est emprisonné voire capturé par les pensées de son Maître, il finit par s'isoler de la société et des autres étudiants.
    Le professeur a une attitude lunatique vis-à-vis du jeune élève, ce qui le déconcerte.
    La femme du professeur, observatrice et consciente d'un danger, joue un rôle de protectrice auprès du jeune étudiant, se forme alors un trio, un triangle ambigu autour de ces trois personnages.
    Roland éprouve pour son Maître, une attirance cérébrale et platonique qui vire à l'obsession, il ne contrôle pas ce rapport singulier et confus, et ne comprend pas le comportement du professeur parfois haineux et d'autre fois tendre ainsi que ses échappées nocturnes.
    Roland n'a que 19 ans et les réactions d'une jeunesse impétueuse, il s'égare, s'humilie, et ne voit pas que les silences du professeur sont révélateurs d'un profond sentiment d'attachement, des silences qui dissimulent un amour qu'il protège d'éventuelles souffrances.
    C'est un récit qui foisonne de sentiments précieux, pudiques, de vibrations intenses, de passion tortueuse, sous cette confusion de sentiments se cache peut être un amour impossible !
    La majestueuse plume de Stefan Zweig m'a enchantée, un roman délectable et puissant, une œuvre sentimentale tout en délicatesse.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 01 juin 2012

    lecassin
    Grosse nouvelle ou petit roman, la question se pose souvent chez Stefan Zweig…Elle se pose encore pour « La Confusion des sentiments »... Publié en 1927, ce texte connaîtra très vite un très grand succès.
    Le narrateur, Roland de D., un professeur de littérature reçoit l'hommage appuyé de ses collègues et de ses étudiants pour l'ensemble de sa carrière. C'est l'occasion pour lui de revenir sur sa jeunesse d'abord quelque peu dévoyée à Berlin , où de nombreux « à cotés » le distraient de ses études, puis dans une université de province où il rencontrera LE professeur : celui qui vous marque pour la vie.
    Il sera le bénéficiaire de « cours particuliers » de la part de ce professeur spécialiste du théâtre élisabéthain dont l'œuvre en cours de rédaction depuis des années n'en finit pas de mûrir…
    Roland se proposera d'aider le maître à terminer sa grande œuvre afin de la révéler au grand jour…
    Peine perdue… On assiste à « La Confusion des sentiments » dans cette histoire d'hommes d'une délicatesse ambiguë… fascinante… jusque dans le parallèle de l'œuvre à révéler et de l'homosexualité à dévoiler.
    Un des grands textes de la littérature du XX ème siècle, salué en son temps par Sigmund Freud.
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Critiques presse (1)


  • LaPresse , le 09 avril 2013
    C'est un bonheur de (re)découvrir Zweig, ce véritable archéologue de l'âme humaine qui analyse avec finesse les moindres nuances des sentiments. Son oeuvre est un must dans toutes les bibliothèques.
    Lire la critique sur le site : LaPresse

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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 08 avril 2014

    Depuis le soir où cet homme que je révérais entre tous m'ouvrit son destin, comme on ouvre un dur coquillage, depuis ce soir-là, qui date de quarante an, tout ce que nos écrivains et nos poètes nous racontent d'extraordinaire dans leurs livres et ce que les pièces de théâtre dissimulent dans les coulisses, comme étant trop tragique pour la lumière de la scène, me paraît enfantin et sans importance. Est-ce par insolence, lâcheté ou insuffusance de vision que tous se bornent à dessiner la zone supérieure et lumineuse de la vie, où les sens jouent ouvertement et légitimement, tandis que, en bas, dans les caveaux, dans les cavernes profondes et dans les cloaques du coeur s'agitent, en jetant des lueurs phosphorescentes, les bêtes dangereuses et véritables de la passion, s'accouplant et se déchirant dans l'ombre, sous toutes les formes de l'emmêlement le plus fantastique ?
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  • Par michelekastner, le 08 avril 2014

    J'ai de tout temps exécré l'adultère, non par esprit de mesquine moralité, par pruderie et par vertu, non tant parce que c'est là un vol commis dans l'obscurité, la prise de possession d'un corps étranger, mais parce que presque toute femme, dans ces moments-là, trahit ce qu'il y a de plus secret chez son mari ; chacune est une Dalila qui dérobe à celui qu'elle trompe son intimité la plus humaine, pour la jeter en pâture à un étranger...le secret de sa force ou de sa faiblesse. Ce qui me paraît une trahison, ce n'est pas que les femmes se donnent elles-mêmes, mais que presque toujours, pour se justifier, elles soulèvent le voile de l'intimité de leur mari et qu'elles esposent, comme dans le sommeil, à une curiosité étrangère, à un sourire ironique satisfait, l'homme qui ne s'en doute pas.
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  • Par michelekastner, le 08 avril 2014

    Car cet homme singulier tirait toutes ses pensées de la musicalité du sentiment : il avait toujours besoin d'une amorce pour mettre ses idées en mouvement. Le plus souvent c'était une image, une métaphore hardie, une situation plastique que, s'animant dans la rapidité de l'élocution, il élargissait en une scène dramatique. Souvent alors des éclairs précipités de ces improvisations jaillissait quelque chose des fulgurations grandioses de la nature crétrice : je me souviens de lignes qui ressemblaient aux strophes d'un poème iambique, et d'autres qui se répandaient comme une cataracte, en des dénombrements puissants et abondants, comme le catalogue des vaisseaux chez Homère et comme les hymnes barbares de Walt Whitman.
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  • Par michelekastner, le 08 avril 2014

    En-dehors des quelques heures de cours à l'université, c'est à lui qu'appartenait toute ma journée. Je mangeais à sa table ; nuit et jour, des messages montaient et descendaient l'escalier pour aller de son appartement au mien, et réciproquement : j'avais la clé de la porte et lui avait la mienne, de sorte qu'il pouvait me trouver à chaque instant sans avoir besoin d'appeler ma vieille hôtesse à demi sourde. Mais plus mes relations avec lui devenaient étroites, plus je m'isolais du monde extérieur : en même temps que la chaleur de cette sphère intérieure, je partageais l'isolement glacé de son existence, étrangère à toute vie de société.
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  • Par michelekastner, le 08 avril 2014

    Depuis le soir où cet homme que je révérais entre tous m'ouvrit son destin, comme on ouvre un dur coquillage, depuis ce soir-là, qui date de quarante an, tout ce que nos écrivains et nos poètes nous racontent d'extraordinaire dans leurs livres et ce que les pièces de théâtre dissimulent da

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Une interview de Léa Drucker à l'occasion de l'enregistrement du livre audio "Lettre d'une inconnue" de Stefan Zweig pour Audiolib. http://www.audiolib.fr/li...











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