> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253061433
Éditeur : LGF - Livre de Poche


Note moyenne : 4.04/5 (sur 295 notes) Ajouter à mes livres
À l'occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d'hommage, relation a priori exhaustive de l'intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 09 février 2012

    lehane-fan
    Qu'on me donne un Z ! Qu'on me donne un W ! Aaaah si les noms propres étaient autorisés au scrabble , sur un mot compte triple...
    Un nom qui claque , des récits à son image ! Nouvelliste par choix , Zweig excelle dans le genre . En un peu plus de cent pages , l'auteur assoit et développe son histoire avec une facilité déconcertante .
    D'une plume fine et élégante , Zweig évoque , avec la pudeur qui le caractérise , les sentiments ambivalents entre un professeur et son éleve . Alors que ce dernier n'éprouve qu'une admiration malsaine , sans bornes et sans partage pour son mentor qui désormais l'héberge , son précepteur , lui , embourbé dans un mariage qui le tue à petit feu , semble éprouver un malin plaisir à souffler le chaud et le froid au gré de ses humeurs , de ses envies , de ses secrets inavouables...Un mariage de façade , une femme dont il n'a que faire , un nouveau disciple venant attiser le feu des possible , feu qu'il s'évertue à maitriser depuis tout jeune , l'image de professeur au-dessus de tout soupçon en étant la triste et illusoire récompense . Un mari , une femme et un jeune chien fou dans un jeu de quilles . Trio ultra classique d'un sujet qui ne l'est pas moins . A une différence pres , ici , pas de femme volage ( encore que...) mais une délicate approche de l'homosexualité réfrénée , bridée par la volonté vacillante d'un etre fatigué de lutter . Des sentiments qui naissent , se développent , s'expriment tout en tact et en subtilité sans jamais en laisser supposer leur véritable teneur . Un trio atypique aux humeurs aussi changeantes que les marées océanes . Un récit à la beauté indéniable , fragile et tragique .
    Zweig est un orfevre de la plume qui cisele ses propos comme il affine ses récits . Partant d'un sujet souvent ordinaire , il épure au maximum pour en extraire la quintessence des etres et des situations .
    Un sentiment facilement identifiable prédomine à la lecture de cette nouvelle : jubilatoire !
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    • Livres 4.00/5
    Par Luniver, le 03 octobre 2011

    Luniver
    À la fin de sa carrière, un vieux professeur revient sur son parcours, et plus précisément sur ces études. Arrivé à l'université de Berlin, il n'avait pu résister aux libertés que la ville offrait et s'était jeté à corps perdu dans les beuveries et les conquêtes, délaissant complètement les cours. Après une visite de son père, il décide de se reprendre dans une petite université plus tranquille. Il assiste au cours d'un professeur passionné par sa matière qui le subjugue complètement.
    Petit à petit va s'installer entre eux une relation très ambigüe : le jeune étudiant vénère totalement son maître, alors que ce dernier souffle le chaud et le froid : parfois très proche et complice, parfois distant et blessant.
    Zweig nous décrit avec une plume élégante la complexité des sentiments qui nous traversent, qui peuvent prendre des proportions extrêmes et nous mener au bord de la folie.
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    • Livres 4.00/5
    Par Marcelline, le 20 décembre 2011

    Marcelline
    C'est avec plaisir que j'ai retrouvé dans La Confusion des sentiments la plume précise et sensible de Stefan Zweig, qui m'avait tant plu dans Le Joueur d'échecs.
    Les sentiments et états d'âme des protagonistes sont décortiqués dans toute leur complexité. J'ai trouvé extrêmement intéressante l'évolution des relations entre les personnages, de même que l'étude de leurs cheminements propres.
    Le petit bémol vient du jeune personnage principal, qui m'a semblé vraiment très naïf, ce qui est sans aucun doute à resituer dans le contexte de l'époque, où l'homosexualité était non seulement taboue mais certainement aussi très mal connue.
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    • Livres 5.00/5
    Par Ellcrys, le 18 mai 2010

    Ellcrys
    Depuis ma découverte, récente, de Stefan Zweig, j'avoue avoir envie de lire ces oeuvres, quasiment de manière incontrôlable. Et là, quand j'ai pu trouver un vieil exemplaire de La confusion des sentiments, jaunis par les années, sentant bon le papier vieilli, je n'ai pu résister.
    Le narrateur est un jeune homme qui après un début d'étude universitaire débridés à Berlin, intègre une petite université et qui s'ouvre à une passion déchirante. Cette passion a pour objet son professeur, qui lui ouvre les portes de la littérature et de l'amour des mots. le jeune homme désire en apprendre toujours plus, voue une véritable admiration pour ce professeur, qui aime à en souffrir. Je n'ai pas trop envie de vous en dire, pour ne pas gâcher votre plaisir, à la lecture de ce chef d'oeuvre.
    Une fois de plus, j'ai été charmée, enthousiasmée par la plume de l'auteur, toujours aussi puissante, limpide, poétique et magnifique. Comme toujours Stefan Zweig parle de la passion, des sentiments avec puissante et sensualité. C'est un roman fort, parlant aussi d'homosexualité. Un roman à la psychologie intense, mais sensible. Cette nouvelle me conforte encore plus, dans mon désir de lire les oeuvres de Stefan Zweig, cet artiste immense, au talent inoubliable.
    Stefan Zweig arrive en peu de pages, peu de mots, à conquérir mon coeur et à l'enchaîner, à jamais, à sa plume bien-aimée...
    Un chef d'oeuvre à lire et à relire, tout au long d'une vie.
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    • Livres 4.00/5
    Par brouillard, le 09 novembre 2011

    brouillard
    On se demande toujours comment un écrivain en est venu à l'écriture, mais les circonstances sont parfois bien loin de ce que nous imaginions. N'avons-nous jamais eu un professeur admirable capable de transmettre son plaisir et de nous émouvoir? C'est à la peinture d'une époque que le narrateur nous convie. le narrateur vit dans la maison de son idole et tente de se rapprocher de lui, d'entrer dans le mystère de ses pensées et de sa création. Toutefois, les choses sont loin d'être simples et cachent des secrets que le narrateur perçoit par les tensions et les silences, mais dont les conclusions lui échappent.
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Citations et extraits

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  • Par artemis, le 29 décembre 2009

    Ce chaud et froid, cette alternance d'affabilité cordiale et de rebuffades déplaisantes troublait complètement mes sentiments trop vifs, qui désiraient ... Non, jamais je n'aurais pu formuler nettement ce qu'à vrai dire je désirais, ce à quoi j'aspirais, ce que je réclamais, ce à quoi visaient mes efforts, quelle marque d'intérêt j'espérais obtenir par mon enthousiaste dévouement. Car, lorsqu'une passion amoureuse, même très pure, est tournée vers une femme, elle aspire malgré tout inconsciemment à un accomplissement charnel : dans la possession physique, la nature inventive lui présente une forme d'union accomplie ; mais une passion de l'esprit, surgissant entre deux hommes, à quelle réalisation va-t-elle prétendre, elle qui est irréalisable ? Sans répit elle tourne autour de la personne adorée, flambant toujours d'une nouvelle extase et jamais calmée par un don suprême. Son flux est incessant, et pourtant jamais elle ne peut se donner libre cours, éternellement insatisfaite, comme l'est toujours l'esprit.
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  • Par alicejo, le 12 juin 2010

    Et ce fut malgré moi que, me redressant péniblement, je laissais encore libre cours à un flot de cris précipités et saccadés à la fois, me plaignant de tout ce qu'il m'avait fait, disant comment il m'avait repoussé et persécuté, puis de nouveau attiré ; comment, sans raison ni motif, il se montrait dur envers moi - ce bourreau à qui, malgré tout, j'étais attaché avec amour, que je haïssais en l'aimant et que j'aimais en le haïssant.
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  • Par artemis, le 29 décembre 2009

    Lors de mon premier, et bref, passage dans un amphithéâtre, l'atmosphère viciée, l'exposé monotone comme celui d'un pasteur et en même temps ampoulé, m'accablèrent déjà d'une telle lassitude que je dus faire effort pour ne pas m'endormir sur le banc. C'était là encore l'école à laquelle je croyais avoir heureusement échappé, c'était la salle de classe que je retrouvais là, avec sa chaire surélevée et avec les puérilités d'une critique faite de vétilles : malgré moi, il me semblait que c'était du sable qui coulait hors des lèves à peine ouvertes du "Conseiller Honoraire" qui professait là - tant étaient usées et monotones les paroles ressassées d'un cours, qui s'égrenaient dans l'air épais. Le soupçon, déjà sensible au temps de l'école, d'être tombé dans une morgue pour cadavres de l'esprit, où des mains indifférentes s'agitaient autour des morts en les disséquant, se renouvelait odieusement dans ce laboratoire où l'alexandrinisme devenu depuis longtemps une antiquaille.
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  • Par artemis, le 29 décembre 2009

    Jamais je n'avais vu pareille chose, un discours qui était tout extase, un exposé passionné comme un phénomène élémentaire, et ce qu'il y avait là d'inattendu pour moi m'obligea tout à coup à m'avancer. Sans savoir pourquoi je bougeais, hypnotiquement attiré par une puissance qui était plus forte que la simple curiosité, d'un pas automatique comme celui des somnambules, je me trouvai poussé comme par magie vers ce cercle étroit : inconsciemment, je fus soudain à dix pouces de l'orateur et au milieu des autres, qui de leur côté étaient trop fascinés pour m'apercevoir, moi ou n'importe quoi. J'étais emporté par le flot du discours, entraîné par son jaillissement, sans même savoir quelle en était l'origine : sans doute l'un des étudiants avait-il célébré Shakespeare comme un phénomène météorique, et alors cet homme, au milieu d'eux, mettait toute son âme à montrer que ce poète n'était que l'expression la plus puissante, le témoignage spirituel de toute une génération, - l'expression sensible d'une époque devenue passionnée.
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  • Par constanz, le 15 janvier 2009

    Étant elle-même beauté, la jeunesse n'a pas besoin de sérénité: dans l'excès de ses forces vives, elle aspire au tragique, et dans sa naïveté, elle se laisse volontiers vampiriser par la mélancolie. De là vient aussi que la jeunesse est éternellement prête pour le danger et qu'elle tend, en esprit, une main fraternelle à chaque souffrance.
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Zweig, autopsie d'un suicide par Dominique Frischer
Le soir du 22 février 1942, Stefan Zweig et sa seconde épouse Lotte Altman, de 28 ans sa cadette, se donnent la mort dans leur demeure au Brésil. Rien ne laissait présager cette fin tragique, que Dominique Frischer tente d'élucider dans « Stefan Sweig -- Autopsie d'un suicide » (Écriture, 345 p., 21 €). Psychosociologue de formation, auteur notamment de deux essais remarqués, « Les Analysés parlent » (Stock, 1977) et « le Moïse des Amériques » (Grasset, 2002, prix du Livre d'Histoire et de Recherches juives), et de films documentaires, elle met à nu la pensée de l'humaniste autrichien et ses motivations secrètes en se basant sur l'analyse de son journal, de sa Correspondance et de ses ultimes biographies et écrits romanesques, abordant ainsi son suicide sous un angle nouveau. Elle livre ses conclusions devant la caméra de Joseph Vebret











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