> Alzir Hella (Traducteur)

ISBN : 2246087155
Éditeur : Grasset (2002)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 102 notes) Ajouter à mes livres

A la veille de la Première Guerre mondiale, un jeune officier pauvre, en garnison dans une petite ville autrichienne, est pris de pitié pour une jeune infirme riche. De cette pitié dangereuse découlera l'amour fou que porte Edith de Kekesfalva au lieutenant Anto... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par mariech, le 19 avril 2012

    mariech
    Autriche 1913 , Anton Hofmiller est officier dans l' Empire austo-hongrois .
    Lors d'une soirée chez une famille aisée il rencontre la fille de se hôtes et l'invite à danser sans savoir qu'elle est paralysée ., ce soir là il s'enfuit bouleversé .
    Pour se faire pardonner de son impair , il envoie un bouquet de fleurs à la jeune fille puis lui rend des visites de plus en plus fréquentes , par pitié .
    Stefan Zweig analyse de façon remarquable les sentiments de pitié , c'est un romancier qui excelle à fouiller l'âme humaine et nous renvoie à nos propres failles .
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par rolandm1, le 10 février 2012

    rolandm1
    Une formidable histoire avec seulement quelques personnages. On est au début du siècle dernier dans une garnison située dans une petite ville autrichienne à côté de la Hongrie.
    Un jeune lieutenant au cours d'un diner se lie d'amitié avec Edith, fille de châtelain. Celle-ci est handicapée, paraplégique et tombe amoureuse du jeune homme.
    Celui-ci est pris au piège, en cause sa faiblesse, sa non-résistance aux désirs , aux illusions de la jeune infirme dont seul l'amour pourrait combler et ajouter un peu de bonheur à son invalidité.
    Formidable sujet que celui narré par Stefan Zweig. Les non-valides ne pourraient-ils pas connaitre l'amour, la jouissance comme tout le monde ?
    Sujet tout à fait actuel pour un classique déjà : de la grande écriture. Je ne donne pas un 5/5 mais un 10/10.
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 02 janvier 2011

    Bunee
    J'étais restée sceptique à la lecture d'Un soupçon légitime, et espérait que cet ouvrage me permettrait de me réconcilier avec Zweig.
    Dans cet ouvrage, un premier narrateur rencontre à deux reprises un officier distingué, héros mainte fois médaillé d'un premier abord assez distant. Il s'avère en fait que cet homme n'a jamais pris les armes que pour fuir une tragédie, un drame qui hante sa conscience depuis sa jeunesse.
    La plume passe ensuite à cet homme; Anton Hoffmiller, qui devient à son tour narrateur. Il évoque alors comment, embrigadé dans un régiment de cavalerie avant que la première guerre n'éclate, dans une ville de province de l'empire Austro-hongrois, il a fait la connaissance d' Edith, fille du richissime M. de Kekesfalva. D'emblée, il commet une bévue énorme en invitant la jeune fille à danser, sans avoir vu qu'elle était infirme et ne pouvait se déplacer autrement que lourdement appareillée et béquillée.
    La suite est une succession de maladresses que le jeune homme, dévoré par la pitié, va commettre en voulant se faire pardonner. Naïf, il ne va pas voir que ses multiples visites, sa gentillesse, vont faire naître en Edith un Amour aussi ardent que destructeur. Ainsi, Anton va s'attacher à faire croire à Edith qu'il existe un méthode pour la faire guérir, juste pour la rendre heureuse, peu important que la révélation ultérieure du mensonge soit dévastatrice. Condor, le médecin de famille d'Edith, aura beau mettre en garde Anton, ce dernier ne parviendra pas à avoir le courage suffisant pour assumer l'immensité de la charge des espoirs déçus qui ont été nourris par la jeune fille. Car à cette pression s'ajoute celle inhérente au jugement des compagnons de régiments d'Anton, qui raillent la jeune fille et cette famille, trop riche pour être honnête. Et le jeune homme est trop lâche pour faire autre chose que de hurler avec les loups.
    Car la pitié ressentie par Anton est une pitié dangereuse.
    Selon Zweig (Prologue), Il y a en effet "deux sortes de pitié. L'une, molle et sentimentale, qui n'est en réalité que l'impatience du cœur de se débarrasser au plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d'autrui, cette pitié qui n'est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de défense de l'âme contre la souffrance étrangère. Et l'autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu'elle veut et est décidée à persévérer avec patience et tolérance jusqu'à l'extrême limite de ses forces, et même au-delà".
    La lecture de l'ouvrage, en dépit de quelques longueurs et de quelques lourdeurs de style, vous entraine de façon inexorable vers une fin que l'on devine (Trop facilement, d'ailleurs) tragique. Beaucoup de lecteurs pourront se reconnaitre en partie chez Anton, et ne manqueront pas d'admirer la grandeur d'âme du docteur Condor. On pourra néanmoins regretter le manque de nuance dans la description des personnages (j'avais déjà fait ce reproche au sujet d'"Un soupçon légitime")
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    • Livres 4.00/5
    Par Pchabannes, le 29 août 2009

    Pchabannes
    Etonnant livre. Un roman composé de 4 personnages clefs au sein de la société hongroise à la campagne en 1913 et 14. le héros au cours d'une soirée invite à danser la fille de la maison. La gaffe ! Elle est paralysée. Il va se développer une relation complexe entre lui, elle, la sœur, le père et le Docteur. Captivant. Certains, comme mon ami Hubert, pourront le trouver un peu mélo-pathos mais cela convient bien à ce Lieutenant de Uhlan de la société hongroise au seuil de la déflagration de la première guerre civile européenne.
    Au fil des pages une impression devient certitude. le roman n'est rien. L'histoire, les évènements ne sont qu'une trame permettant à Stefan Zweig d'écrire une dissertation de prés de 400 pages sur la Pitié. Bonté, pitié, amour, lâcheté, courage, ridicule, manipulation, détresse, joie…rien n'est épargné au personnage principal, le lieutenant Hoffmiller. Les sentiments vécus et décrits par ce jeune homme sont si intenses que l'on se prend à vouloir connaître le point de vue des autres acteurs comme Sandor Maraï a su le faire dans Métamorphose d'un Mariage. le bon Docteur Condor et sa vision des malades et sa pitié, Edith elle-même la jeune paralytique, son père le juif enrichi en cette campagne et surtout la sœur d'Edith, Llona, dont l'abnégation doit cacher son lot de souffrances sans oublier les amis Hoffmiller, les officiers du régiment qui portent un regard digne de l'antijudaïsme du XIXème siècle sur cette famille de juifs enrichis.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Philes67, le 20 février 2012

    Philes67
    A la veille de la Première Guerre mondiale, un jeune officier de cavalerie est ému par la paralysie d'une jeune femme. Par pitié, il lui rend visite pratiquement tous les jours, alors qu'Edith a de plus en plus de mal à cacher l'amour que lui inspire le beau soldat.
    L'analyse psychologique des personnages est très fine.
    Tout au long du récit le lecteur est maintenu en haleine et au fil des pages la crainte du dénouement se fait de plus en plus pressante.
    La Pitié dangereuse est une oeuvre magnifique. A lire et à relire !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par lecassin, le 19 mai 2012

    Toute l'affaire, raconte l'intendant Hofmiller, commença par une maladresse dont j'étais d'ailleurs excusable, une "gaffe", comme disent les français. Puis vint le désir de réparer cette gaffe. Mais quand on veut remettre trop vite en place une roue dans une montre, on finit le plus souvent par en briser le mécanisme.
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  • Par Couperine, le 04 juillet 2010

    Malgré moi, je me surpris à jeter un coup d’œil vers l’autre table pour considérer à deux mètres de distance un héros dûment estampillé par l’Histoire. Mais je rencontrai un œil dur et irrité, qui disait à peu près : « Que t’a fait accroire ce gaillard sur mon compte ? Il n’y a rien à voir sur ma personne ! » Et avec un geste manifestement mécontent, le monsieur déplaça sa chaise sur le côté et nous tourna résolument le dos. Un peu honteux, je détournai les yeux et j’évitai désormais d’effleurer fût-ce la nappe du moindre regard indiscret. Je pris bientôt congé de mon aimable bavard, non sans remarquer toutefois, en m’en allant, qu’il se transférait aussitôt à la table de son héros, sans doute pour lui faire à mon propos un récit tout aussi empressé qu’il m’en avait fait un sur lui.
    Ce fut tout. Un échange de regards… et j’aurais certainement oublié cette brève rencontre, si le hasard n’avait voulu que dès le lendemain je me sois retrouvé dans une société peu nombreuse en face de ce revêche personnage, qui du reste, dans son smoking du soir, était d’une élégance encore plus frappante que la veille en costume de tweed plus sport. Nous eûmes tous deux peine à retenir un léger sourire, le sourire complice de deux personnes qui conservent entre elles, au milieu des autres, un secret bien gardé. Il me reconnaissait lui aussi très bien, et sans doute nous amusions-nous chacun de la même façon en songeant à notre malheureux entremetteur de la veille. Nous évitâmes d’abord de nous parler, mais nous aurions dû de toute manière y renoncer, devant la discussion animée qui s’engageait autour de nous.
    L’objet de cette discussion sera aussitôt clair quand j’aurai dit qu’elle avait lieu en 1938. Les chroniqueurs de notre époque constateront, plus tard, que dans tous les pays de notre Europe bouleversée, les moindres conversations étaient alors dominées par les conjectures sur le caractère probable ou improbable d’une deuxième guerre mondiale. C’était le sujet qui infailliblement occupait les rencontres mondaines, et l’on avait parfois l’impression que ce n’étaient pas les hommes qui se libéraient ainsi de leurs hypothèses ou de leurs espoirs, mais l’atmosphère elle-même, l’air du temps, si agité et porteur de tensions secrètes, qui cherchait à s’en décharger dans les paroles que l’on échangeait ainsi.
    Ce fut le maître de maison, avocat de son métier et de caractère ergoteur, qui lança la discussion ; avec des arguments éculés, il exprima un lieu commun non moins éculé en disant que la nouvelle génération connaissait la guerre, et ne s’y engagerait pas avec autant de naïveté que dans la dernière. Dès la mobilisation, on mettrait crosse en l’air, car les vieux soldats en particulier, comme lui, n’avaient pas oublié ce qui les attendait. Je fus irrité par l’assurance clinquante avec laquelle, au moment où des dizaines et des centaines de milliers d’usines fabriquaient des explosifs et des gaz toxiques, il écartait la possibilité d’une guerre, juste comme on fait négligemment tomber, du bout du doigt, la cendre de sa cigarette.
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  • Par Bunee, le 02 janvier 2011

    Et elle continuait, continuait, comme un cliquet de moulin. J'écoutais tout étourdi, encore ébahi par la transformation qui s'était produite en elle. Tout autre était sa voix, légère et coulante la cadence. Son visage familier avait pris un teint coloré, sa pâleur cireuse avait fait place à une mine fraîche, la fébrilité de ses gestes s'était dissipée. Un peu grisée, les yeux brillants et avec un grand sourire, elle était bien vivante, assise là devant moi; et peu à peu cette ivresse passa en moi et fit se relacher ma résistance.
    Peut-être, me dis-je, tout cela est-il vrai ou sera vrai, peut-être ne l'ai-je pas du tout trompée et guérira-t-elle effectivement très vite. Car en fin de compte, je n'ai pas vraiment menti, ou presque pas - Condor a réellement parlé d'une guérison stupéfiante, relatée dans un article, et pourquoi ne se produirait-elle pas aussi chez cette jeune fille si ardente et si émouvante dans sa confiance? Chez cet être si sensible, qu'un souffle annonciateur de guérison suffit à rendre heureux et inspiré? Pourquoi devrais-je briser cet enthousiasme qui l'illumine, et la tourmenter par des scrupules mesquins, elle n'a déjà que trop souffert, la pauvre. [...]
    Ce n'est que le soir, en me retrouvant seul dans ma chambre, que je sentis renaître mes scrupules: tous ces espoirs n'étaient ils pas exagérés? Ne serait-il quand même pas préférable de diminuer cette confiance dangereuse? Mais finalement, je repoussai cette pensée. Pourquoi m'inquiéter de savoir si j'en avais trop dit ou trop peu? Même si j'avais promis plus que je n'aurais dû le faire, ce mensonge par pitié l'avait rendue heureuse. Et rendre quelqu'un heureux n'est jamais un mal ou une faute.
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  • Par rolandm1, le 11 février 2012

    Et comme je n'obéissait pas, comme je m'efforçait au contraire de l'éloigner de cet endroit dangereux, elle se tourna soudain vers moi et me donna un coup en pleine poitrine. Alors il arriva une chose terrible ;elle perdit son point d'appui et l'équilibre en même temps. Ses genoux branlants cédèrent comme si on lui eût fauché les jambes. Elle s'effondra et , ayant voulu s'accrocher à la table, elle l'entraina dans sa chute. Soucoupes, tasses, cuillers, vases se renversèrent avec fracas sur elle et sur moi, qui m'étais précipité pour la retenir.
    Pitoyable et recroquevillée sur elle-même, la jeune fille gisait à terre, impuissante , un paquet frémissant de colère, sanglotant de rage et de honte. J'essayai de la soulever, mais elle se défendit et hurla.
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  • Par Philes67, le 20 février 2012

    Il y a deux sortes de pitié. L'une, molle et sentimentale, qui n'est en réalité que l'impatience du coeur de se débarrasser le plus vite de la pénible émotion qui vous étreint devant la souffrance d'autrui, qui n'est pas du tout la compassion, mais un mouvement instinctif de défence de l'âme contre la souffrance étrangère. Et l'autre, la seule qui compte, la pitié non sentimentale mais créatrice, qui sait ce qu'elle veut et est décidée à persévérer jusqu'à l'extrême limite des forces humaines.
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Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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