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ISBN : 2011810272
Éditeur : Hachette Jeunesse (2015)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.25/5 (sur 3404 notes)
Résumé :
Czentowic, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B.
Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la partie livrée entre le champion et les passagers amateurs, la direction du texte bascule.
Par un effet de symétrie, la narration se transforme en un face à face tendu entre un esprit brillant et rapide à l'intelligence abstraite et un cerv... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (260) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B18 août 2012
  • Livres 4.00/5
En regard du nombre étonnant de critiques sur cette oeuvre, je me contenterai simplement d'une petite comparaison. Voici un petit livre qui me rappelle beaucoup "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme".
En effet, la technique de construction en est la même : le récit rétrospectif d'un personnage qui se confie au narrateur. le thème abordé est assez proche bien que très différent en apparence. Il s'agit de la folie du jeu, ou, plus exactement, de l'emprise que peut avoir un jeu jusqu'à rendre fou. Nous avions affaire au casino dans "vingt-quatre heures", ici ce sont les échecs, mais la lente aliénation est assez semblable.
Pareillement Stefan Zweig débute son histoire par une introduction concernant un autre personnage mais qui appelle l'analogie avec le récit central, comme dans "vingt-quatre heures". Enfin, de la même façon qu'avec la vielle dame, ici aussi, un bref épisode de la vie du personnage central a un retentissement à vie durant. (Au passage, cette construction en deux moments distincts doit nous faire catégoriser l'ouvrage parmi les romans et non parmi les nouvelles bien que sa faible longueur puisse nous y faire songer.)
En somme, si vous avez aimé l'un (vingt-quatre heures), vous aimerez l'autre (joueur d'échecs). C'est court, c'est facile à lire, c'est bien fait dans son style, mais il me manque le petit brin de je-ne-sais-quoi qui me fait croire au chef-d'oeuvre quand un livre m'enthousiasme complètement mais, vous l'aurez compris, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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juliette2a
juliette2a21 août 2013
  • Livres 5.00/5
Encore une fois, Stefan Zweig ne me déçoit pas...Il signe là une merveilleuse nouvelle, très différente des autres, mais aussi brillante et passionnante !
Le Joueur d'échecs est un pur enchantement. Comme dans La Confusion des sentiments ou Vingt-Quatre heures de la vie d'une femme, nous croisons des destins, qui, tout d'abord peu intéressants, deviennent, sous la plume d'un narrateur attachant, atypiques, voire exceptionnels. Dans cette nouvelle, le narrateur, se trouvant sur un bateau en direction de Buenos Aires, croise le champion du monde d'échecs, un certain Czentovic ; malgré un talent incontestable, ce dernier est antipathique, prétentieux et niais, c'est pourquoi je ne l'ai pas du tout apprécié.
Or, pendant une partie simultanée, alors que le narrateur et ses amis sont en train de perdre face au champion mondial, un homme vient à leur secours, ce qui aboutit à un match nul entre les deux camps. A partir de là, le récit se concentre sur cet étrange sauveur d'une quarantaine d'années, humble et sympathique, puisque celui-ci se confie à notre narrateur.
A travers une longue confession, nous découvrons le passé de cet homme, arrêté par la Gestapo, enfermé dans une chambre pendant un an, sans occupation, sans visite, sans contact avec l'extérieur : "on vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s'est rompue et qu'on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes". Seul un livre consacré aux échecs le sauvera d'un ennui total, mais ne l'empêchera pas de sombrer dans la folie...
Les mots de Zweig sont tellement simples, mais vraiment captivants ; la lecture est tellement fluide que j'ai dévoré ce roman (très court, certes) sans m'en rendre compte !
Bref, je ne le répèterai jamais assez mais Zweig est un auteur que j'admire particulièrement, car il s'intéresse toujours à des hommes normaux dans différentes situations, mais il a le don d'analyser leur psychologie avec délicatesse, ce qui ne peut que nous toucher au plus profond de nous-mêmes...
A lire !!
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Gwen21
Gwen2114 janvier 2015
  • Livres 3.00/5
Il y a quelques mois j'ai lu "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" et voici que je découvre le non moins célébrissime "Joueur d'échec". Mettre en pendants ces deux oeuvres m'a semblé instinctif tant, au cours de ma lecture, j'ai eu la sensation de lire la version féminine de la première oeuvre susnommée. le thème est bien le même, cette cristallisation des émotions et de la psychologie d'un être autour du jeu mais le contexte en est différent. Ici, nous ne sommes plus sur la croisette à la Belle Epoque, confortablement installés dans un casino, mais dans une chambre d'hôtel sordide utilisée comme prison par la Gestapo. Inutile de développer davantage le synopsis tant ce court récit, proche de la nouvelle, est connu et archi-connu.
Je vais plutôt vous dire ce que j'en ai pensé : à peu près la même chose que pour "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme" qui n'avait pas complètement remporté mon adhésion. Cette similitude entre mes ressentis m'a moi-même surprise mais elle est vraiment objective et factuelle. Au-delà du style vraiment incomparable de Zweig (pour autant qu'on puisse en juger d'après une oeuvre traduite, je ne lis hélas pas Goethe dans le texte) qui rend sa prose si aisée et si agréable à lire, je n'ai pas réellement été saisie là où je pensais l'être et je pense très sincèrement qu'une partie de mon ressenti incombe à mon désintérêt profond pour le jeu d'échecs, un jeu tactique qui m'effraye véritablement tant il me place devant mon incapacité à comprendre la logique, la rigueur et l'absolue vérité des sciences mathématiques.
Je ressors tout de même de ma lecture avec la satisfaction d'avoir lu une oeuvre fortement plébiscitée et d'ajouter ainsi une pierre à l'édifice encore bien frêle de ma culture générale.

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greg320i
greg320i17 octobre 2014
  • Livres 5.00/5
Il faut un début à tout, c'est un fait :
L'alphabet commence par A, bien que finissant sur le son 'bé'
Les livres par des sommaires devant et leur épilogue par des lexiques derrière .
On explique par A+ B que c'est en lisant que l'on devient un habile lecteur.
Qu' Hannibal lui,préférait la bile de ses victimes avec deux doigt de chianti .
Que le joueur d'échecs ...Mon dieu .. C'été lui ??
Non, quand même .
Bien qu'une version horrifique de Stephan Zweig m'eut été plaisant , mon cas transcendant ici va vers l'inédit .. quand même oui .
Mais alors ,, premier livre-audio pardi ! Mon classique conté et raconté par Jacques Weber l'érudit . Allez hop , C'est parti.
Frèreuuh Jacqueuuh ... (bis) Dormez-vous ? (bis)
C'est un peu mou , c'est un peu lent je trouve ..
Oui bon, l'occasion n'est certes pas donné ici de mettre le maximal de votre capacité vocale sur une grande tension genre l'échiquier du mal version Dan Simmons, ou l'histoire d'un Cavalier Fou tuant des Dames dans une Tour ; mais je constate le manque de vigueur dans le verbe c'est indéniable : vous ne putes donc lire ces quelques vocables qu' aussi sagement ?
Du reste s'il en reste je prends plaisir à découvrir que je peut (enfin !) écouter tranquillement et faire cheminer mes mains à autre chose que tenir un bouquin
R-é-v-o-l-u-t-i-o-n-n-a-i-r-e. qu'on se le dise .
Voilà pourquoi aujourd'hui , cette nuit, je défend ardument désormais la cause et la causerie des audit par autrui .
Marre des poignets enflé à tenir des pavés de 1200 pages ? Fatigués du tennis elbow à tourner les pages ? Alors prenez votre courage à deux mains . Relâcher votre ouvrage, voyez, écoutez et soyez aussi libre qu'un sauvage . L'ivresse du verre à la main avec un Cd audio :
Rigoletto de l'opéra sur les oreilles,c'est rigoler tard à l'apéro.. même sans les mains.

Et si voulez savoir le finaud de l'histoire selon Zweig ,allez pécher les très bonnes critiques émises par les lecteurs Babélionaute , -presque deux cent- dont je saluerai toujours leur mérites et leur grandes lignes décisives d'explicatives.

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le_Bison
le_Bison09 mai 2014
  • Livres 5.00/5
d4 – Cf6
c4 – g6
Cc3 – d5
Cf3 – Fg7
Db3 – dxc4
Dxc4 – O-O
E4 – Ca6
Fe2 – c5
D5 – e6
O-O – …
Pendant que tu finis cette partie, je salue le commandant de bord. Il me propose une coupe de champagne. Je dois décliner l'offre, je bois allemand ce soir. N'y vois pas un hommage à cette époque. Mais les bulles me montent à la tête, alors je préfère m'allonger dans le jacuzzi du « love boat » en attendant que tu joues le prochain coup et pense aux suivants. Prends ton temps, mais pas trop, tu n'es pas à bord du Pacific Princess, la croisière s'amuse peut-être mais l'époque ne prête pas à sourire. Et tu croises ce grand champion d'échecs, Czentovic. Pauvre type, inculte et imbu. Un être supérieur et presque méprisable. Mais, il en a le droit, il est le meilleur. Et c'est pour le rencontrer que tu t'installes à cette table de jeu faite de cases blanches, cases noires, cases blanches.
La croisière continue chevauchant les vagues, naviguant vers le Sud. Cap au Sud, toujours. Pour fuir. Détaler sur les vagues, le courant emporté loin de l'ambiance délétère de cette période, celle du nazisme. Dans ce roman posthume de Stephan Zweig, il en sera évidemment question, avec une telle force qu'il laissera une empreinte dans ta mémoire. Ne pas oublier. Ces heures sombres et ces expérimentations nazies. L'isolement absolu, le silence complet entre deux interrogatoires. Des morceaux de pain, un livre chapardé face à son geôlier, et des moments inoubliables. Non, ce « roman », tu n'es pas prêt de l'oublier.
Alors que tu penses découvrir la vie de Czentovic, tu croises sur une coursive, un certain Mr B. L'histoire bascule. du champion, tu passes à cet inconnu qui se met à raconter son histoire. Passionnante, effrayante. Tu comprends son mode de fonctionnement, tu entraperçois son potentiel à ce jeu dit d'échecs. Pourquoi il joue ainsi, comment il a appris. Une histoire presque terrifiante si elle n'était pas aussi émouvante.
Un roman de Zweig est toujours une grande épreuve. Il embarque ton esprit loin des amarres, pour chevaucher la passion ou la folie. Parfois les deux même. Obsession et frénésie. Des pions, une tour, un fou, ton royaume devient aliénation. La folie te guette, les tortionnaires aussi. Mais tu ne peux refermer ce livre. Tu n'es plus libre de toi-même, ton esprit s'enferme dans ces pages, dans ces cases, à la recherche du prochain coup, de la pièce à jouer. Plus rien ne tourne autour de toi, ni la terre, ni le roulis. Seul l'espace de 64 carrés obnubile toute ton énergie et mobilise ton cerveau. Humain ? à toi de me le dire. Moi je pense qu'il faut être au-delà de l'humanité pour arriver à anticiper des dizaines de coups à l'avance. de là à imaginer que seuls les dieux ont cette capacité, ou les êtres « anormaux ». Dans les deux cas, cela signifie la folie. de mon corps, de mon esprit.
« le Joueur d'échecs », le silence, les vagues et le fou.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Les critiques presse (1)
Lexpress12 juillet 2013
Un autoportrait à peine déguisé, une histoire poignante derrière laquelle se profile tout le drame de Zweig, qui se suicida après avoir rédigé cet ultime récit, en 1941.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (145) Voir plus Ajouter une citation
lilyrose87lilyrose8721 juillet 2016
Dommage, dit-il magnanime. L'offensive n'allait pas si mal. Pour un dilettante, ce monsieur est en fait remarquablement doué.
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MyrinnaMyrinna29 mars 2010

Dès le moment où je cherchais à jouer contre moi même, je me mis inconsciemment au défi. Le noir que j'étais rivalisait avec le blanc que j'étais aussi, chacun d'eux devenait avide et impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferais en jouant avec les blancs, me donnaient la fièvre quand je jouais avec les noirs. L'un des deux adversaires qui étaient en moi, triomphait, et s'irritait à la fois quand l'autre commettait une erreur ou manquait d'astuce.
Tout cela paraît dépourvu de sens, le serait en effet s'il s'agissait d'un homme normal vivant dans des conditions normales.
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le_Bisonle_Bison08 mai 2014
Mais n’est-ce pas déjà le limiter injurieusement que d’appeler les échecs un jeu ? N’est-ce pas aussi une science, un art, ou quelque chose qui, comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre, est suspendu entre l’un et l’autre, et qui réunit un nombre incroyable de contraires ? L’origine s’en perd dans la nuit des temps, et cependant il est toujours nouveau ; sa marche est mécanique, mais elle n’a de résultat que grâce à l’imagination ; il est étroitement limité dans un espace géométrique fixe, et pourtant ses combinaisons sont illimitées. Il poursuit un développement continuel, mais il reste stérile ; c’est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n’établit rien, un art qui ne laisse pas d’œuvre, une architecture sans matière ; et il a prouvé néanmoins qu’il était plus durable, à sa manière, que les livres ou tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l’ennui, pour aiguiser l’esprit et stimuler l’âme.
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le_Bisonle_Bison30 juillet 2014
Autour de moi, c’était le néant, j’y étais tout entier plongé. On m’avait pris ma montre, afin que je ne mesure plus le temps, mon crayon, afin que je ne puisse plus écrire, mon couteau, afin que je ne m’ouvre pas les veines ; on me refusa même la légère griserie d’une cigarette. Je ne voyais aucune figure humaine, sauf celle du gardien, qui avait ordre de ne pas m’adresser la parole et de ne répondre à aucune question. Je n’entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette. On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s’est rompue et qu’on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes.
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le_Bisonle_Bison21 mai 2014
Vous vous figurez sans doute que je vais maintenant vous parler d’un de ces camps de concentration où furent conduits tant d’Autrichiens restés fidèles à notre vieux pays, et que je vais vous décrire toutes les humiliations et les tortures que j’y souffris. Mais il n’arriva rien de pareil. Je fus classé dans une autre catégorie. On ne me mit pas avec ces malheureux sur lesquels on se vengeait d’un long ressentiment par des humiliations physiques et psychiques, mais dans cet autre groupe beaucoup moins nombreux, dont les national-socialistes espéraient tirer de l’argent ou des renseignements importants.
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