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ISBN : B00AAAS4YY
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.24/5 (sur 1502 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Czentowicz, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la pa... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 18 août 2012

    NastasiaBuergo
    En regard du nombre étonnant de critiques sur cette œuvre, je me contenterai simplement d'une petite comparaison. Voici un petit livre qui me rappelle beaucoup "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme".
    En effet, la technique de construction en est la même : le récit rétrospectif d'un personnage qui se confie au narrateur. le thème abordé est assez proche bien que très différent en apparence. Il s'agit de la folie du jeu, ou, plus exactement, de l'emprise que peut avoir un jeu jusqu'à rendre fou. Nous avions affaire au casino dans "vingt-quatre heures", ici ce sont les échecs, mais la lente aliénation est assez semblable.
    Pareillement Stefan Zweig débute son histoire par une introduction concernant un autre personnage mais qui appelle l'analogie avec le récit central, comme dans "vingt-quatre heures". Enfin, de la même façon qu'avec la vielle dame, ici aussi, un bref épisode de la vie du personnage central a un retentissement à vie durant. (Au passage, cette construction en deux moments distincts doit nous faire catégoriser l'ouvrage parmi les romans et non parmi les nouvelles bien que sa faible longueur puisse nous y faire songer.)
    En somme, si vous avez aimé l'un (vingt-quatre heures), vous aimerez l'autre (joueur d'échecs). C'est court, c'est facile à lire, c'est bien fait dans son style, mais il me manque le petit brin de je-ne-sais-quoi qui me fait croire au chef-d'œuvre quand un livre m'enthousiasme complètement mais, vous l'aurez compris, ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 21 mai 2011

    lehane-fan
    Stefan Zweig nous délivre ici une nouvelle posthume courte mais intense !
    Meme si les échecs prennent une place prépondérante dans ce récit ( pourquoi l'intituler ainsi sinon ? ) . Meme si l'affrontement entre Czentovic , champion du monde en titre , inculte , arrogant , imbu de sa personne et M.B. , etre refléchi et patient , est des plus intéréssant , ce qui m'a véritablement fasciné , c'est le récit de ce dernier remontant à ses vertes années et expliquant cette faculté à mettre en échec Czentovic !
    En effet , les circonstances furent tragiques car jeune adulte , à l'accession au pouvoir d'hitler , M.B. fut non pas emprisonné mais assigné à résidence dans la chambre d'un hotel qu'il lui était désormais interdit de quitter ! Les jours se suivent et se ressemblent , l'ennui gagne , la torture psychologique y est dévastatrice . La " découverte " d'un livre traitant , hélas pour lui au tout début , des échecs bouleversera à jamais son quotidien présent et futur ! Il lui sera des lors impossible de penser à autre chose qu'à cela ! Ce jeu tournant des lors à l'obsession ! D'équilibré , il deviendra monomaniaque ! Sa vie n'ayant pour seul et unique but que pratiquer tout seul encore et encore , rejouant à l'envie les parties de grand maitres...c3 , b4 , f5 tel fut son quotidien , de jour comme de nuit ! Echappatoire salvateur au harcelement nazi mais le confinant à la folie .
    Autre point fascinant , le parfait antagonisme entre Czentovic et M.B. Tout les oppose , que ce soit humainement ou intellectuellement...Czentovic est un ignare reconnu qui ne brille dans la vie que par les échecs , don qu'il a cultivé des son plus jeune age .Cet homme est vénal , associal , ignorant , laborieux ; la parfaite antithese de M.B. qui lui semble des plus civilisé ,subtil et instinctif .
    Le joueur d'echecs vous mettra mat en un peu moins de 100 pages !
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    • Livres 5.00/5
    Par cprevost, le 17 mars 2012

    cprevost
    « Le Joueur d'échecs », ce récit « cinq étoiles », fait l'unanimité. Stefan Zweig fait preuve en effet d'une prodigieuse virtuosité et l'admiration dont il est l'objet semble bien méritée. Il sait captiver son lectorat. Mais l'histoire est-elle pour autant exemplaire?

    Certes, l'auteur maitrise parfaitement l'art de la nouvelle. La narration, comme il se doit, est compacte, resserrée. le suspense est indéniable. L'histoire est bien connue. Un paquebot fait route vers l'Argentine. le très improbable champion du monde d'échecs, Czentovic, arpente les coursives. Les médiocres joueurs que sont le narrateur et l'ingénieur Mac Connor attirent l'attention du maitre et organisent une rencontre. MB, un inconnu, alors intervient et dame le pion au champion. La progression du récit est savamment agencée et le rythme, entre ralentissements et accélérations, est ensorcelant. L'auteur introduit sans cesse des éléments de reprise et de surprise qui maintiennent l'attention du lecteur. Il faut convaincre Czentovic de jouer ; des parties sont perdues, une autre presque gagnée ; un joueur inconnu fait son apparition ; une partie non prévue est organisée ; MB refuse de jouer, etc. … À deux reprises, un récit enchâssé dans la nouvelle vient suspendre littéralement l'histoire aiguisant l'impatience du lecteur et renforçant le mystère. Nous ne savons rien de Czentovic et de MB, leurs comportements sont incompréhensibles. le meilleur joueur du monde semble n'avoir aucune prédisposition pour les choses de l'intelligence tandis que son tombeur dit n'avoir jamais joué aux échecs ? Il y a aussi des moments de tension extrême. La morgue supposée de Czentovic provoque de la colère et des envies de vengeance.

    « le joueurs » d'échecs » est la dernière nouvelle écrite par Stefan Zweig peu avant son suicide. La monomanie et la psychologie des personnages ont certes une grande importance. Mais contrairement à ses autres récits, le poids de l'Histoire y est très présent. Les circonstances de la vie de l'auteur, au moment où la barbarie s'impose à toute l'Europe, y joue un très grand rôle. MB en exil a été l'otage des nazis. L'horreur de la torture fasciste est dénoncée dans ce livre avec beaucoup de force. MB est un membre éminent de l'Autriche impériale idéalisée par Zweig dans ses mémoires : «Le Monde d'hier». Viennois, il est un grand bourgeois, brillant, sensible, policé, intelligent, rapide. Il est membre « d'une vielle famille autrichienne très considérée » (sic). Comme l'écrivain, après la première guerre mondiale, il assiste impuissant à la destruction d'une sorte d'âge d'or autrichien. le lent et le terne Czentovic est quant à lui une énigme absolue pour Zweig. Il est complètement et irrémédiablement étranger à son univers d'esprit et d'entregent. Deux mondes s'opposent donc et les deux adversaires font l'objet d'un traitement très différemment. L'un littéralement muet est l'objet de rumeurs, l'autre disert se raconte et s'analyse longuement. Les deux personnages semblent incarner dans cette nouvelle des forces contraires peut-être à l'œuvre dans la période historique que vit l'auteur ?

    Des intellectuels, des artistes dans le monde entier analysent, s'engagent contre le nazisme. C'est une période sans précédent de création et d'action. Pourtant, ce livre est page après page l'aveu déprimant d'impuissance d'un homme du passé. le nazisme est dénoncé dans la nouvelle comme destructeur de l'Esprit. Il s'attaque à ce qui fait la force des intelligences raffinées : les valeurs de la Civilisation. Et la seule solution proposée par Zweig est toujours l'irrémédiable fuite. Face à Czentovic le tueur d'âmes, MB – abandonnant la dernière partie d'échecs – fuit. le narrateur lui-même ne cesse de se désengager. L'ingénieur Mac Connor, considéré comme impulsif et inintelligent, instrumentalisé sans vergogne par le narrateur, est le seul qui tient tête au champion du monde. Les personnages sur le bateau n'ont à aucun moment de destin collectif, ils semblent ne pas être rentrés dans l'histoire contemporaine. La cause (hormis pour MB) de leur voyage reste inconnue. Zweig semble être aveuglé par ses préjugés de classe. Il ne comprend pas le terrible XXe siècle si éminemment matériel. Obsédé d'Universel, il ne s'interroge jamais sur les conditions d'accès à cet Universel. Il semble également incapable d'apprécier l'intelligence pratique d'un Czentovic. Tournant la dernière page de ce livre, les quelques mots du romancier allemand Heinrich Mann évoquant le suicide du grand écrivain reviennent en mémoire : « Stefan Zweig était fier de ne pas être, en cette époque héroïque, un héros, mais de vivre en la tour d'ivoire. Quand la dernière dalle de la tour d'ivoire a cédé, il n'a pas pu le supporter».
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 05 septembre 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Enfant, Czentovic est ce qu'on appelle une personne « simple d'esprit ». Il ne s'intéresse à rien, n'est doué en rien. En vérité, on ne peut même pas dire qu'il est simple d'esprit, il est plutôt inexistant. Cependant, un jour il va se retrouver face à un jeu d'échecs et son tuteur va alors se rendre compte à quel point ce jeu l'intrigue, le fascine.
    Et chose encore plus surprenante, Czentovic se trouve être très doué aux échecs.
    D'années en années, il va donc devenir le champion mondial de cette discipline. Et son ego va devenir aussi développé que sa célébrité.
    Lors d'une croisière sur un bateau de luxe, Czentovic est reconnu par un riche homme d'affaires possédant un ego aussi élevé que le sien. Ce dernier tient absolument à jouer contre le champion mondial. Cela se fera mais contre une certaine somme d'argent.
    Un tournoi est donc organisé entre ce champion et quelques passagers. Histoire de jouer presque à égalité, Czentovic jouera seul contre tous.
    Mais l'égalité est loin d'être présente puisque le champion enchaîne les parties gagnantes. Jusqu'à ce qu'un homme mystérieux, que personne ne connaît, se charge d'aider nos malheureux passagers. Et là surprise, cet homme non seulement arrive à faire gagner des parties mais en plus, il est capable d'anticiper plusieurs coups d'avance.
    Le riche homme d'affaires est fasciné et va se mettre en tête de faire jouer Czentovic contre cet homme et demande alors au narrateur de tenter de le convaincre.
    C'est à ce moment là que la véritable histoire de ce livre commence. Cet homme va alors expliquer et surtout raconter au narrateur comment lui est venue cette connaissance des échecs. Lui qui ose dire qu'il n'a jamais touché un plateau de sa vie, qu'il n'a jamais joué une seule partie contre un adversaire.
    Stefan Zweig, à travers ce court livre nous montre à quel point l'isolement absolu peut être fatal à une personne et comment cette passion des échecs a sauvé cet homme. Mais également comment elle aurait pu le tuer.
    Un roman prenant, une psychologie très travaillée. Stefan Zweig nous montre ici à travers ses personnages, les limites de l'humanité.
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    • Livres 4.00/5
    Par fredho, le 08 mai 2013

    fredho
    Sur un paquebot de luxe, deux hommes à la personnalité énigmatique vont disputer une partie d'échec des plus endiablées devant un groupe de passagers dilettante.
    Gzentovic, célèbre champion mondial d'échecs, est un jeune homme taciturne, condescendant, apathique, aux facultés intellectuelles limitées mais remarquable tacticien qui n'a jamais perdu une seule partie. Ce jeune prodige n'a pas pour valeurs en ce monde que les échecs et l'argent, par conséquent il n'accepte de jouer qu'en échange d'honoraires.
    Malgré tout le champion propose d'échanger une partie avec un inconnu M.B..., celui-ci prétend ne pas avoir joué aux échecs depuis plus de 20 ans, pourtant il va se révéler un génie de l'échiquier.
    Avant la partie, l'inconnu se confie à un passager, le narrateur, il lui explique comment il a acquis des connaissances échiquéennes.
    Exilé autrichien, M.B...a subi la torture mentale des nazis dans le but de lui extirper des informations. Enfermé dans une chambre d'hôtel, privé de tout, il vivra pendant de longs mois hors du temps, hors du monde dans un océan noir de silence.
    Un jour, profitant de l'attente d'un interrogatoire de la Gestapo, le prisonnier vole un manuel d'échecs, une collection de 150 parties jouées par les grands maîtres.
    M.B... voit dans cette acquisition, une solution à tuer le temps et ainsi détruire « l'empire du néant qui occupe son âme ». Il fabrique un échiquier avec des moyens très rudimentaires et passe ses journées à s'entraîner aux échecs. Obsédé, intoxiqué par le jeu, n'ayant pour adversaire que lui-même, il se glisse dangereusement dans un dédoublement de l'esprit.
    Sauvé par un médecin qui réussira à obtenir sa libération, ce dernier lui conseillera de ne plus jamais jouer aux échecs.
    M.B... accepte donc de jouer une partie avec le champion et se promet d'en jouer qu'une seule mais...
    « Un homme qui est atteint d'une manie peut retomber malade même s'il est complètement guéri ».
    L'œuvre de Stefan Zweig met en scène deux personnages mystérieux, deux machines à jouer, portés par la passion du jeu. L'auteur dépeint cette partie comme une bataille, les deux partenaires s'affrontent comme deux ennemis qui cherchent à s'anéantir réciproquement.
    A travers M.B..., Zweig nous emmène dans les profondeurs de l'âme humaine, aux frontières de la folie. Nous assistons à la lutte d'un homme face à sa solitude qui, pris par le jeu, se dédouble, et devient son propre adversaire.
    Se vaincre soi-même devient son ultime défi !
    Un récit fascinant, terrifiant et douloureux, la dernière œuvre de Stefan Zweig.
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Citations et extraits

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  • Par nadou_971, le 12 juin 2013

    Le seul jeu qui appartienne à tous les peuples et à toutes les époques, et dont nul ne sait quel dieu l'a apporté sur terre pour tuer l'ennui, pour aiguiser l'esprit, pour stimuler l'âme. Où commence-t-il, où finit-il ?

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  • Par Myrinna, le 29 mars 2010


    Dès le moment où je cherchais à jouer contre moi même, je me mis inconsciemment au défi. Le noir que j'étais rivalisait avec le blanc que j'étais aussi, chacun d'eux devenait avide et impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferais en jouant avec les blancs, me donnaient la fièvre quand je jouais avec les noirs. L'un des deux adversaires qui étaient en moi, triomphait, et s'irritait à la fois quand l'autre commettait une erreur ou manquait d'astuce.
    Tout cela paraît dépourvu de sens, le serait en effet s'il s'agissait d'un homme normal vivant dans des conditions normales.
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  • Par Mero, le 30 janvier 2013

    On n'avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le silence vertigineux, un vide sans dimensions dans l'espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement. Mais, si dépourvues de matière qu’elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d’un point d’appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle. Elles ne supportent pas le néant, elles non plus. On attendait, recommençait a attendre. Il n’arrivait rien. A attendre, attendre et attendre, les pensées tournaient, tournaient dans votre tête, jusqu’à ce que les tempes vous fassent mal. Il n’arrivait toujours rien. On restait seul. Seul. Seul.
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  • Par mandarine43, le 29 février 2012

    [ Incipit ]

    Sur le grand paquebot qui à minuit devait quitter New York à destination de Buenos-Aires, régnait le va-et-vient habituel du denier moment. Les passagers embarquaient, escortés d'une foule d'amis ; des porteurs de télégrammes, la casquette sur l'oreille, jetaient des noms à travers les salons ; on amenait des malles et des fleurs, des enfants curieux couraient du haut en bas du navire, pendant que l'orchestre accompagnait imperturbablement ce grand spectacle, sur le pont. Un peu à l'écart du mouvement, je m'entretenais avec un ami, sur le pont-promenade, lorsque deux ou trois éclairs jaillirent tout près de nous - apparemment, un personnage de marque que les reporters interviewaient et photographiaient encore, juste avant le départ. Mon compagnon regarda dans cette direction et sourit : « Vous avez à bord un oiseau rare : Czentovic. » Et, comme je n'avais pas vraiment l'air de comprendre ce qu'il voulait dire, il ajouta en guise d'explication : « Mirko Czentovic, le champion mondial des échecs. Il a traversé les États-Unis d'est en ouest, sortant vainqueur de tous les tournois, et maintenant il s'en va cueillir de nouveaux lauriers en Argentine. »
    Je me souvins alors de ce jeune champion et de quelques particularités de sa fulgurante carrière. Mon ami, qui lisait les journaux mieux que moi, compléta mes souvenirs d'une quantité d'anecdotes.
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  • Par raton-liseur, le 07 septembre 2012

    On ne nous faisait rien – on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu’aucune chose au monde n’oppresse davantage l’âme humaine. (…) On n’avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le néant vertigineux, un vide sans dimensions dans l’espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement. Mais, si dépourvues de matière qu’elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d’un point d’appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle. Elles ne supportent pas le néant, elles non plus. On attendait, recommençait á attendre. Il n’arrivait rien. A attendre, attendre et attendre, les pensées tournaient, tournaient dans votre tête, jusqu’á ce que les tempes vous fassent mal Il n’arrivait toujours rien. On restait seul. Seul. Seul. (p. 28-29).
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Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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