> Brigitte Vergne-Cain (Traducteur)
> Gérard Rudent (Traducteur)

ISBN : 2253057843
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 670 notes) Ajouter à mes livres
Czentowicz, champion d'échecs arrogant, esprit borné à outrance, inculte et étonnamment stupide, occupe le premier plan jusqu'à l'entrée en scène de Monsieur B. Dès lors que cet aristocrate autrichien s'intéresse à la pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 05 septembre 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Enfant, Czentovic est ce qu'on appelle une personne « simple d'esprit ». Il ne s'intéresse à rien, n'est doué en rien. En vérité, on ne peut même pas dire qu'il est simple d'esprit, il est plutôt inexistant. Cependant, un jour il va se retrouver face à un jeu d'échecs et son tuteur va alors se rendre compte à quel point ce jeu l'intrigue, le fascine.
    Et chose encore plus surprenante, Czentovic se trouve être très doué aux échecs.
    D'années en années, il va donc devenir le champion mondial de cette discipline. Et son ego va devenir aussi développé que sa célébrité.
    Lors d'une croisière sur un bateau de luxe, Czentovic est reconnu par un riche homme d'affaires possédant un ego aussi élevé que le sien. Ce dernier tient absolument à jouer contre le champion mondial. Cela se fera mais contre une certaine somme d'argent.
    Un tournoi est donc organisé entre ce champion et quelques passagers. Histoire de jouer presque à égalité, Czentovic jouera seul contre tous.
    Mais l'égalité est loin d'être présente puisque le champion enchaîne les parties gagnantes. Jusqu'à ce qu'un homme mystérieux, que personne ne connaît, se charge d'aider nos malheureux passagers. Et là surprise, cet homme non seulement arrive à faire gagner des parties mais en plus, il est capable d'anticiper plusieurs coups d'avance.
    Le riche homme d'affaires est fasciné et va se mettre en tête de faire jouer Czentovic contre cet homme et demande alors au narrateur de tenter de le convaincre.
    C'est à ce moment là que la véritable histoire de ce livre commence. Cet homme va alors expliquer et surtout raconter au narrateur comment lui est venue cette connaissance des échecs. Lui qui ose dire qu'il n'a jamais touché un plateau de sa vie, qu'il n'a jamais joué une seule partie contre un adversaire.
    Stefan Zweig, à travers ce court livre nous montre à quel point l'isolement absolu peut être fatal à une personne et comment cette passion des échecs a sauvé cet homme. Mais également comment elle aurait pu le tuer.
    Un roman prenant, une psychologie très travaillée. Stefan Zweig nous montre ici à travers ses personnages, les limites de l'humanité.
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 21 mai 2011

    lehane-fan
    Stefan Zweig nous délivre ici une nouvelle posthume courte mais intense !
    Meme si les échecs prennent une place prépondérante dans ce récit ( pourquoi l'intituler ainsi sinon ? ) . Meme si l'affrontement entre Czentovic , champion du monde en titre , inculte , arrogant , imbu de sa personne et M.B. , etre refléchi et patient , est des plus intéréssant , ce qui m'a véritablement fasciné , c'est le récit de ce dernier remontant à ses vertes années et expliquant cette faculté à mettre en échec Czentovic !
    En effet , les circonstances furent tragiques car jeune adulte , à l'accession au pouvoir d'hitler , M.B. fut non pas emprisonné mais assigné à résidence dans la chambre d'un hotel qu'il lui était désormais interdit de quitter ! Les jours se suivent et se ressemblent , l'ennui gagne , la torture psychologique y est dévastatrice . La " découverte " d'un livre traitant , hélas pour lui au tout début , des échecs bouleversera à jamais son quotidien présent et futur ! Il lui sera des lors impossible de penser à autre chose qu'à cela ! Ce jeu tournant des lors à l'obsession ! D'équilibré , il deviendra monomaniaque ! Sa vie n'ayant pour seul et unique but que pratiquer tout seul encore et encore , rejouant à l'envie les parties de grand maitres...c3 , b4 , f5 tel fut son quotidien , de jour comme de nuit ! Echappatoire salvateur au harcelement nazi mais le confinant à la folie .
    Autre point fascinant , le parfait antagonisme entre Czentovic et M.B. Tout les oppose , que ce soit humainement ou intellectuellement...Czentovic est un ignare reconnu qui ne brille dans la vie que par les échecs , don qu'il a cultivé des son plus jeune age .Cet homme est vénal , associal , ignorant , laborieux ; la parfaite antithese de M.B. qui lui semble des plus civilisé ,subtil et instinctif .
    Le joueur d'echecs vous mettra mat en un peu moins de 100 pages !
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    Critique de qualité ? (19 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par einoha, le 17 octobre 2011

    einoha
    Il s'agit (encore une énième fois) du premier livre de cet auteur que je lis sur les conseils de beaucoup de monde. Cela faisait longtemps que je voulais lire une des ces œuvres tant encensés par la critique, mais à l'origine je voulais les lire en allemand, j'ai quand même eu une licence d'allemand ! Mais une amie allemande m'a conseillé de le lire tout d'abord dans ma langue, au cas ou... Et maintenant, je n'ai qu'une envie c'est d'en acheter d'autres mais en allemand !!
    Mince, moi qui voulais faire une brève introduction, c'est bigrement loupé !Bref, comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce court roman, un véritable coup de cœur, une révélation littéraire... Que dire ? Une beauté, et j'en passe !
    L'histoire est pourtant assez simple : nous sommes sur un paquebot bien après la seconde guerre mondiale (environ 20 ans) et notre narrateur, dont nous ne saurons jamais rien, est un grand amateur d'échecs. Il rencontre sur le pont du bateau d'autres amateurs avec lesquels ils commencent à jouer mais il voudrait surtout se mesurer au champion en la matière qui est également sur le bateau, ô heureuse coïncidence ! Celui-ci accepte, c'est un véritable pro dans cette petite compétition amateur et personne n'est à sa hauteur. Là se présente alors un homme timide, fuyant qui donne des conseils aux amateurs pour battre le champion et cela marche !! le narrateur va donc lui demander de jouer aux noms des non-amateurs et de battre ce champion. L'homme hésite et finit par raconter pourquoi il ne veut plus toucher à ce jeu depuis près de 20 ans...
    Et à ce moment commence un récit bouleversant raconté d'une manière sobre et pudique, qui met mal à l'aise sans pour autant faire pleurer. Je ne vais pas tout vous raconter, ça gâcherait le plaisir à lire cette merveille... Mais une question vous viendra en tête : comment tenir quand on a pour seule compagnie soi-même durant des mois, voire des années ? Quand le mobilier de votre chambre ne tient qu'au stricte minimum : table, chaise, armoire et lit ? Quand l'unique fenêtre est murée ?? Ce livre nous plonge aux tréfonds d'une âme humaine torturée par la plus profonde solitude qui soit, celle qui pousse l'homme que nous sommes dans les derniers retranchements de sa conscience pour ne pas sombrer dans la folie.
    Ce qui est sublime dans cette œuvre est la volonté de ce personnage de s'en sortir malgré tout, de se battre avec ses armes, bien qu'elles soient dérisoires. L'écriture de Zweig est juste magnifique de sobriété et de justesse.
    En un mot, lisez-le, vous en sortirez transformé et vous ne saurez être déçu !

    Lien : http://mysugartown.hautetfort.com/archive/2011/10/10/le-joueur-d-ech..
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par fee-tish, le 10 novembre 2011

    fee-tish
    Cette nouvelle publiée après la mort de son auteur, Stefan Zweig, est un pamphlet contre le nazisme et ses tortures psychologiques. Ecrite entre novembre 1941 et 1942, elle fut éditée en 1943 à Stockholm, soit un an après le suicide de l'auteur (février 1942).
    Ce texte est très célèbre du fait que Stefan Zweig livre son désarroi face au nazisme. Il montre derrière l'histoire de Monsieur B., l'inconnu joueur d'échecs, à quel point le nazisme l'a détruit en tant qu'homme mais aussi en tant qu'écrivain.
    Monsieur B. représente un homme d'envergure qui subit des pressions de la part de la Gestapo. Comme il le dit, les nazis n'ont pas créés que des camps de concentration où la déchéance était physique, annihilant l'être humain. Pour les hommes dont il fallait soustraire des informations, les nazis avaient prévu des prisons dorées. Monsieur B. se retrouve ainsi enfermé dans une chambre d'hôtel dont la description nous fait penser à une cellule de prison. Dans cette cellule, il n'y aucun moyen de distraction. Ni télévision, ni livre. Personne ne doit lui adresser la parole. La torture psychologique devient absolue. L'évènement majeur va être la découverte et le vol d'un petit livre, un manuel d'échecs, par lequel Monsieur B. va penser échapper à ces tortures. Au début cela se passe ainsi. L'auteur nous montre à quel point un livre, un instrument de savoir, d'évasion, de réflexion, peut être salvateur. le problème est que ce petit objet et le savoir qu'il contient ; la pratique et la technique des échecs ; va tourner à l'obsession et à la folie. Je l'ai perçu de la façon suivante : Monsieur B. n'ayant plus que cela sur quoi se reposer, il va se laisser emporter et absorber par cette nouvelle passion. Qui le conduira à une torture mentale similaire à celle produite par la Gestapo.
    Ainsi, un être humain a besoin de liberté pour s'accomplir. Si une bride trop forte et injuste le retient, il aura beau trouver des occupations, cela n'arrangera rien à sa condition. le travail d'écrivain de Stefan Zweig s'est trouvé annihilé par le nazisme.
    Un livre que j'aurais aimé étudier en classe tant sa portée semble universelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cylhis, le 08 février 2012

    Cylhis
    Environ 90p nous conte l'histoire d'un champion d'échec qui se fait battre par un illustre inconnu. le passé de ce dernier est la clé de cette victoire.
    Bien écrit, précis et court. Après le blabla de certains livres qui traînent en longueur sur des histoires peu intéressantes, voilà qui fait du bien de pouvoir s'enquiller en un moment de la journée cette petite histoire sans prétention et pourtant agréable.
    Pour ceux qui ne savent pas quoi faire pendant 2h, je vous le conseille chaudement. Et pour les autres qui sont souvent trop pris par leur emploi du temps, je vous le conseille également, ce livre saura se faire sa place entre deux lignes de votre agenda, vous obligeant, et vous l'en remercierez, à vous consacrer à une activité rien que pour vous !
    Quant à ceux qui l'ont déjà lu, pourquoi ne pas s'y remettre. Après tout, ce n'est qu'une centaine de pages.
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Citations et extraits

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  • Par Myrinna, le 29 mars 2010


    Dès le moment où je cherchais à jouer contre moi même, je me mis inconsciemment au défi. Le noir que j'étais rivalisait avec le blanc que j'étais aussi, chacun d'eux devenait avide et impatient en voulant gagner la pensée de ce que je ferais en jouant avec les blancs, me donnaient la fièvre quand je jouais avec les noirs. L'un des deux adversaires qui étaient en moi, triomphait, et s'irritait à la fois quand l'autre commettait une erreur ou manquait d'astuce.
    Tout cela paraît dépourvu de sens, le serait en effet s'il s'agissait d'un homme normal vivant dans des conditions normales.
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  • Par ZetaZeta, le 29 mars 2010

    Quatre mois, c'est vite écrit et c'est vite dit. Un quart de seconde suffit à articuler ces trois syllabes : quatre mois. Quelques caractères suffisent à les noter. Mais comment peindre, comment exprimer, fût-ce pour soi-même, une vie qui s'écoule hors de l'espace et du temps ? Personne ne dira jamais comment vous ronge et vous détruit ce vide inexorable, de quelle manière agit sur vous la vue de cette perpétuelle table et de ce lit, de cette perpétuelle cuvette et de ce papier au mur, ce silence auquel on vous réduit, l'attitude de ce gardien, toujours le même, et qui pose la nourriture devant son prisonnier sans lui jeter un regard. Des pensées, toujours les mêmes, tournent dans le vide autour de ce solitaire jusqu'à ce qu'il devienne fou.
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  • Par ZetaZeta, le 29 mars 2010

    On ne nous faisait rien - on nous laissait seulement en face du néant, car il est notoire qu'aucune chose au monde n'oppresse davantage l'âme humaine.
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  • Par Zazette97, le 23 octobre 2009

    Je n'entendais jamais une voix humaine. Jour et nuit, les yeux, les oreilles, tous les sens ne trouvaient pas le moindre aliment, on restait seul, désespérément seul en face de soi-même, avec son corps et quatre ou cinq objets muets : la table, le lit, la fenêtre, la cuvette.
    On vivait comme le plongeur sous sa cloche de verre, dans ce noir océan de silence, mais un plongeur qui pressent déjà que la corde qui le reliait au monde s'est rompue et qu'on ne le remontera jamais de ces profondeurs muettes.
    On n'avait rien à faire, rien à entendre, rien à voir, autour de soi régnait le silence vertigineux, un vide sans dimensions dans l'espace et dans le temps. On allait et venait dans sa chambre, avec des pensées qui vous trottaient et vous venaient dans la tête, sans trêve, suivant le même mouvement.
    Mais, si dépourvues de matière qu'elles paraissent, les pensées aussi ont besoin d'un point d'appui, faute de quoi elles se mettent à tourner sur elles-mêmes dans une ronde folle. p.52
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  • Par Marcelline, le 04 décembre 2011

    Et puis, n'est-il pas diablement aisé, en fait, de se prendre pour un grand homme quand on ne soupçonne pas le moins du monde qu'un Rembrandt, un Beethoven, un Dante ou un Napoléon ont jamais existé?
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Zweig, autopsie d'un suicide par Dominique Frischer
Le soir du 22 février 1942, Stefan Zweig et sa seconde épouse Lotte Altman, de 28 ans sa cadette, se donnent la mort dans leur demeure au Brésil. Rien ne laissait présager cette fin tragique, que Dominique Frischer tente d'élucider dans « Stefan Sweig -- Autopsie d'un suicide » (Écriture, 345 p., 21 €). Psychosociologue de formation, auteur notamment de deux essais remarqués, « Les Analysés parlent » (Stock, 1977) et « le Moïse des Amériques » (Grasset, 2002, prix du Livre d'Histoire et de Recherches juives), et de films documentaires, elle met à nu la pensée de l'humaniste autrichien et ses motivations secrètes en se basant sur l'analyse de son journal, de sa Correspondance et de ses ultimes biographies et écrits romanesques, abordant ainsi son suicide sous un angle nouveau. Elle livre ses conclusions devant la caméra de Joseph Vebret











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