> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2234057019
Éditeur : Stock (2004)


Note moyenne : 4.31/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres

La vie de Nietzsche : une pratique de la philosophie qui est un art avec ses plaisirs et ses tourments. Une exigence implacable entrant inévitablement en conflit avec le monde. Car relativiste, amoraliste, Nietzsche l'a été jusque dans son quot... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Alcapone, le 01 décembre 2011

    Alcapone
    On ne se lassera jamais de le dire : l'écriture de Stefan Zweig est somptueuse. Cette façon qu'il a d'étudier les profils psychologiques des grands de ce monde (voir aussi : Hommes et destins) est caractéristique de sa plume à la fois poétique et incisive. Friederich Nietzsche qu'il portait apparemment en haute estime, apparait dans son analyse tel un ovni de la pensée allemande, peut-être même de la pensée universelle pourrait-on dire. Personne, excepté peut-être Heinrich von Kleist et Friedrich Hölderlin, n'aurait accepté de souffrir l'enfer volontaire que le philosophe s'est choisi pour demeure. Sa santé fébrile et sa recherche incessante de la Vérité sont à la fois, sa force et sa faiblesse. Intransigeant envers les autres, mais avant tout envers lui-même, Nietszche ne souffre pas le confort d'une notoriété acquise et reconnue. Son combat se situe ailleurs. Bien au delà de ce que l'on peut imaginer avec toute la douleur et la solitude que cela exige. le parcours de Nietzsche est fait de mille souffrances imposées à lui-même comme autant de moteurs de réflexion de sa pensée...
    Evoluant à l'inverse de ses pairs comme par exemple Goethe, Nietzsche obtient très jeune une chaire de philosophie à l'Université de Bâle. Mais sa révélation lui vient après qu'il ait décidé de la quitter et qu'il découvre l'Italie ("C'est seulement l'apparition de la nature démoniaque, l'épanchement de la liberté primitive qui font de Nietzsche une figure prophétique et transforment son destin en mythe. Et puisque ici, j'essaie de représenter sa vie, non pas dramatiquement mais comme une pièce de théâtre, comme une oeuvre d'art et une tragédie de l'esprit, son oeuvre véritable pour moi débute seulement au moment où l'artiste commence en lui et prend conscience de sa liberté."p.99). Luttant avec une force diabolique pour atteindre Sa Vérité, Nietzsche assume un destin tragique grâce à ses éternels "accouchements". Contraint toute sa vie à dénicher l'endroit idéal où parfaire sa réflexion et où ses douleurs seraient susceptibles de le laisser en paix, le philosophe tire paradoxalement de sa faiblesse physique (il est la proie de maux de tête insupportables et perd la vue), une incroyable force de travail... Nietzsche, ce penseur nomade assassin de Dieu, est enfin prêt à livrer l'ultime combat. Ni le confort d'une oreille amie, ni la douce présence d'une femme ne l'accompagne. C'est seul que Nietzsche deviendra ce qu'il est, et seul aussi qu'il affrontera l'adversité de ses propres démons. Tel un martyr de la pensée, Nietzsche durant ses derniers mois d'existence cède à la folie créatrice...
    Ce merveilleux portrait dressé par Stefan Zweig est bouleversant tant il est bien "senti". Pendant la lecture, on le devine, l'esprit de Nietzsche est là, tout proche de nous. Et ce bel hommage rendu par Zweig, démontre bien que l'homme et son oeuvre ne font qu'un, car "seules les natures tragiques sont capables de nous faire percevoir la profondeur du sentiment et seule la démeusure permet à l'humanité de reconnaître sa mesure."p.152.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/nietzsche-st..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
  • Par Lantenac93, le 29 février 2012

    Lantenac93
    Sans doute le livre le plus sensible écrit sur Nietzsche. Les premières pages nous emmènent directement au coeur du quotidien du philosophe à tel point qu'on le voit vivre devant nous. C'est un parfait complément à l'excellent "Nietzsche" de Daniel Halévy.
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Idealpolitik, le 02 mars 2011

    Dans la convulsion de ses sanglants accouchements, il ne peut plus s'en passer comme moyen de soulagement. « La vie sans la musique est simplement une fatigue, une erreur. » Un homme malade de la fièvre, qui tend ses lèvres crevassées et brûlantes vers l'eau, n'a pas un mouvement plus sauvage que celui de Nietzsche au moment de ses dernières crises, lorsqu'il réclame son breuvage argenté. « Un homme a-t-il jamais eu déjà pareille soif de musique ?
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Idealpolitik, le 02 mars 2011

    Il sait depuis le premier moment, depuis le premier de ses écrits, que sa pensée tourne autour du centre périlleux et tragique, qu'il vit une vie dangereuse (en tant que héros de l'esprit au caractère vraiment tragique) il n'aime la vie qu'à cause de ce danger qui, précisément, anéantit sa propre vie.
    « Bâtissez vos maisons au bord du Vésuve », crie-t-il aux philosophes pour les aiguilloner vers une conscience plus haute de la destinée, car « le degré de danger dans lequel un homme vit avec lui-même » est, pour lui, la seule mesure valable de toute grandeur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Idealpolitik, le 02 mars 2011

    Il les gênait [...], comme un type douteux, comme un éternel outsider de toutes les catégories, comme un métis de philosophe, de philologue, de révolutionnaire, d'artiste, de littérateur et de musicien ; dès la première heure les hommes de métier l'ont haï parce qu'il sortait des frontières.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Idealpolitik, le 02 mars 2011

    La musique transporte toujours avec plus de force les hommes en proie à quelque bouleversement, affaiblis, soumis à de violentes tensions et déchirés jusqu'au fond d'eux-mêmes par n'importe quelle passion.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Idealpolitik, le 22 septembre 2011

    Pour Nietzsche, l'intellectuel est « chez lui » non pas là où il est né [...], mais où lui-même engendre et met au monde : « Ubi pater sum, ibi patria ».
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (16)

Videos de Stefan Zweig

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











Acheter sur Amazon

Faire découvrir Nietzsche par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (46)

> voir plus

Quiz