> Isabelle Hausser-Duclos (Éditeur scientifique)
> Hélène Denis-Jeanroy (Traducteur)

ISBN : 2253145041
Éditeur : Le Livre de Poche (1998)


Note moyenne : 4/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
Printemps au Prater et La Scarlatine sont des oeuvres de jeunesse : Stefan Zweig n'avait que dix-neuf ans quand fut publiée la première. Toutes deux se déroulent à Vienne où l'auteur passa ses vingt premières années. Baigné d'une atmosphère magique, Printemps au Prater ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par argali, le 01 mai 2012

    argali
    « Printemps au prater » nous raconte en quelques pages, une journée de la vie de Lise. Ayant fui le domicile paternel, Lise est venue à Vienne pour suivre son amant. Devenue une demi mondaine, elle mène grand train grâce à sa fraîcheur et sa beauté. En ce dimanche de corso au Prater, elle se voit contrainte de renoncer à sortir car la couturière n'a pas apporté la robe qu'elle s'était fait faire pour l'occasion. Sa colère passée, elle décide alors de sortir malgré tout mais revêtira la robe de sa fugue, qu'elle a gardée dans son armoire, et vivra la fête parmi la bourgeoise et les gens du peuple.

    « La Scarlatine » décrit le destin tragique d'un tout jeune homme, venu étudier la médecine à Vienne. Alors qu'il sort à peine de l'enfance et vit sa première passion, la scarlatine le foudroie.
    Cette nouvelle d'une soixantaine de pages nous raconte une initiation. Bertold voudrait tant être pris au sérieux, grandir, ressembler à Schramek, l'étudiant qui loge sur le même pallier. Mais toutes ses tentatives échouent.
    Le rouge est omniprésent dans cette nouvelle, que ce soit celui de ses joues qui s'empourprent pour un rien, celui du sang ou de la scarlatine. le rouge de la gêne, de la colère ou de l'amour. Couleur de la mort aussi et des sentiments troubles. le rouge comme une irritante provocation à la pureté juvénile du héros.

    Il y a longtemps que je voulais découvrir l'œuvre de Stefan Zweig dont je ne connais que la vie. Ces textes écrits dans sa jeunesse sont, me semble-t-il, le bon moyen de l'aborder. Ainsi je pourrais mieux apprécier, je pense, l'évolution de son écriture au fil de mes lectures.
    Beaucoup de sensibilité émaille ces textes. Zweig nous décrit son époque et ses contemporains avec l'œil avisé d'un peintre et d'un psychologue qui serait parvenu à les cerner malgré eux. Tout sonne vrai dans sa description. Son écriture vive et nerveuse donne un rythme soutenu à ses textes. Malgré son jeune âge, son style est maitrisé et nous offre une narration sobre mais efficace.
    Je suis séduite par l'auteur et ai hâte de me replonger dans une de ses œuvres.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 05 août 2010

    Stemilou
    La scarlatine
    Une nouvelle qui reste sombre, Vienne sous la pluie pour un jeune étudiant, Bertold Berger, qui y débarque peut être frustrant surtout lorsque l'on quitte sa famille en espérant trouver l'exaltation alors qu'il n'en est rien. Un jeune homme de même pas dix-huit ans vient étudier la médecine, sympathise avec son voisin étudiant en droit, Schramek ; une amitié à laquelle il s'accroche comme à une bouée de sauvetage.

    Il sort à peine de l'enfance et le voilà projeté dans le monde adulte, dur et froid. Un enfant c'est bien cela qu'il est face à ce grand gaillard de dernière année qui boit, fume et se bagarre autant de chose qui émerveille Berger ; construire sa vie sur celle de son voisin lui paraît une bonne idée pour affronter la vie. Il s'en lasse vite surtout de la bonne humeur de Schramek et de son amante Karla, alors que lui est si triste abandonnant au passage ses études.

    On suit Berger depuis le mois de septembre, un automne pluvieux jusqu'au début du printemps où il trouve enfin ce petit plus qui lui manquait pour avancer serein, la fille de sa logeuse est atteinte de la scarlatine ; il va rester à son chevet jusqu'à son rétablissement et développer à son côté une tendresse voire un amour. Mais la vie reprend ses droits et n'a pas l'intention de le laisser heureux bien longtemps, il attrape lui-même la scarlatine mais comme le disait le docteur :
    On le constate pour presque toutes les maladies infantiles : les enfants triomphent d'elles, tandis que les adultes succombent.

    Il se sent perdu, est-ce qu'il va mourir alors qu'il vient de découvrir l'amour ? Encore une fois Zweig nous suggère une fin ou bien est ce moi qui redoute une fin tragique :

    Un silence profond envahit la pièce ; le cœur serré, ils étaient remplis de la solennité de l'instant et l'on n'entendait rien d'autre que, dehors, sous les fenêtres, la voix forte et irrité de la grande ville étrangère qui continuait de gronder sans relâche, indifférente à la vie et à la mort.

    Très beau et profond cette nouvelle charme par sa nostalgie de l'enfance et la découverte du monde adulte, les tourments du jeune homme on les comprend facilement, se retrouver seul dans une ville inconnue, même si cette vie d'indépendance a été rêvée mainte fois elle reste cependant illusoire. L'auteur entre dans le cœur du jeune homme pour nous en dépeindre les contours, ceux de l'hésitation et de La Peur face à quelque chose d'inconnu.


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-la-scarlatine-stefan-zweig-548..
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 27 mai 2011

    cicou45
    Courtes nouvelles de Stefan Zweig, Printemps au prater et La Scarlatine font toutes deux partie des premiers écrits de l'auteur puisqu'il a écrit la première alors qu'il avait 19 ans seulement et la seconde à l'âge de 26 ans. Toutes deux ont pour point commun de se dérouler à Vienne et d'aborder les sujets de l'enfance. Dans la première, Lise, surnommée Lizzie est une jeune courtisane d'une vingtaine d'années qui est habituée à vivre dans le luxe. Cependant, un après-midi, elle décidera d'abandonner pour la journée ses habitudes et de se passer de tout ce qui fait d'elle une femme entretenue par ses nombreux amants, à savoir valet, cocher, voiture...Aussi, c'est en sa baladant dans le parc du Prater qu'elle fera la connaissance d'un jeune étudiant sans le sou mais qui la séduira tout de même puisqu'elle a réappris, du moins pour une journée, à laisser parler l'enfant qui est en elle.
    Dans la seconde nouvelle, Bertold Berger est une jeune étudiant en première année de médecine et est très vite déçu par sa nouvelle vie faite d'indépendance mais aussi loin de chez lui, de ses amis et de sa famille. Il découvre les habitudes des étudiants qu'il côtoie à savoir les sorties, les fêtes où l'on boit et fume mais s'en désintéresse. Il finira par s'éprendre de la jeune fille de sa logeuse, atteinte de la scarlatine, qu'il prendra grand intérêt à soigner. Aussi, bien que la scarlatine soit en général une maladie infantile, celle-ci aura raison de notre jeune héros et lui prouve ainsi qu'il n'était peut-être pas encore fait pour mener une vie d'adulte. Bien que Zweig ait par la suite renié ses premier écrits, j'ai trouvé au contraire que ceux-ci étaient très attachants puisque justement écrits avec les yeux d'un homme-enfant. L'écriture est simple et agréable et j'ai passé un très bon moment à découvrir les débuts d'un auteur dont j'apprécie à la fois le style d'écriture mais que j'estime aussi pour l'homme qu'il a été durant sa vie.
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    • Livres 5.00/5
    Par Stemilou, le 03 août 2010

    Stemilou
    On est à Vienne au début du siècle dernier, le Prater est un vaste parc au cœur de la ville où de nombreux évènements s'y déroule notamment le Derby, course de chevaux.
    Lise, jeune courtisane pleine d'orgueil entourée de luxe et dont la vie mondaine est rythmée par les allées et venues de ses amants, est heureuse à l'idée de se rendre au Derby mais le souci est que la couturière ne lui a pas apportée la tenue neuve qu'elle espérée. le fait de ne pouvoir y participer l'a met hors d'elle, une idée va alors surgir elle va ressortir de sa penderie une vieille robe qui lui permettra de s'y rendre incognito en tant que jeune fille de la petite bourgeoisie.
    Au Prater elle y rencontrera un jeune homme, charmant, qui lui fera oublier les aléas de cette vie mondaine, pour lui faire retrouver les joies de son enfance lorsqu'elle-même n'était qu'une enfant de famille modeste :
    Pour Lise, ce Prater-là était une contrée de sa jeunesse qu'elle retrouvait, qu'elle redécouvrait. Depuis longtemps elle ne connaissait plus que l'allée principale avec son fier cortège de voitures, son élégance et sa noblesse, mais en ce moment tout la ravissait ici, elle était comme une petite fille qu'on emmène dans un magasin de jouets et qui tend une main avide vers chaque objet.
    Le choix de vie de Lise est en ces temps très mal vue, le statut de femme entretenue est associée à de la prostitution mais dans le texte aucune allusion à sa vie, elle se trouve très bien dans son rôle de courtisane et cela ne lui pèse guère jusqu'à sa rencontre avec ce jeune étudiant. Toutes ses certitudes sont mises à mal, plus rien ne lui semble si voluptueux. Par contre une part belle de cette nouvelle est faite de nostalgie, redevenir une femme du peuple et marcher au bras de cet homme, Hans, à travers les chemins du Prater populaire, tout ceci lui redonne des ailes.
    Tous ses souvenirs s'envolèrent avec ce baiser, c'était le premier qu'elle n'eût jamais reçu. le jeu auquel elle avait voulu se livrer avec le jeune homme était devenu la vie même, l'émotion même.
    Une question reste pourtant en suspend, est ce que Lise aura le courage de changer de vie après ce bref retour en arrière, est ce que sa vie de courtisane continuera de la satisfaire émotionnellement parlant ? Este ce que Hans saura lui redonner goût aux valeurs sûres, à la simplicité de la vie, ou bien est ce que cette parenthèse dans sa vie n'était que le fruit d'une belle journée de printemps ?


    Lien : http://www.stemilou-books.com/article-printemps-au-prater-stefan-zwe..
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  • Par levoyageuraudessusdelamerdesnuages, le 01 mars 2012

    levoyageuraudessusdelamerdesnuages
    comme à son habitude, stefan szweig décrit admirablement bien la psychologie de ses personnages,palette de l'âme humaine dans la société de son temps. deux courtes oeuvres de jeunesse. ma préférence va à la scarlatine et l'approche des ravages de la passion.
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Citations et extraits

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  • Par Stemilou, le 05 août 2010

    Un silence profond envahit la pièce ; le cœur serré, ils étaient remplis de la solennité de l’instant et l’on n’entendait rien d’autre que, dehors, sous les fenêtres, la voix forte et irrité de la grande ville étrangère qui continuait de gronder sans relâche, indifférente à la vie et à la mort.
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  • Par Stemilou, le 03 août 2010

    Tous ses souvenirs s’envolèrent avec ce baiser, c’était le premier qu’elle n’eût jamais reçu. Le jeu auquel elle avait voulu se livrer avec le jeune homme était devenu la vie même, l’émotion même.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par Stemilou, le 03 août 2010

    Pour Lise, ce Prater-là était une contrée de sa jeunesse qu’elle retrouvait, qu’elle redécouvrait. Depuis longtemps elle ne connaissait plus que l’allée principale avec son fier cortège de voitures, son élégance et sa noblesse, mais en ce moment tout la ravissait ici, elle était comme une petite fille qu’on emmène dans un magasin de jouets et qui tend une main avide vers chaque objet.
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Vidéo de Stefan Zweig

Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).








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