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Critiques sur Vingt-quatre heures de la vie d'une femme (60)


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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan le 14/11/2011


    Une nouvelle nouvelle de Stefan Zweig qui confirme , si besoin était , son incroyable propension à captiver un lecteur en peu de mots !

    Le cadre de ce récit : une pension de famille renommée sur la Cote d'Azur debut XXe . Zweig focalise sa chronique sur les personnages . de la grande muraille Cannoise ou des jardins suspendus de la Roquette-sur-Siagne , merveilles emblematiques du sud de la France , pas un mot ! Dommage...

    Mrs C. , pensionnaire aristocratique Anglaise d'une distinction toute British , va profiter d'un évenement peu banal faisant écho à sa propre histoire , pour se confier , confesser ce qui lui pese depuis tant d'années , afin de ne plus en porter le fardeau . Ce n'est pas un religieux , auquel elle ne croit pas , mais un client à l'esprit ouvert qui fera office d'exutoire . Ici , point de rédemption espérée mais uniquement l'envie de dire sa blessure , de conter son tourment .

    Vingt-quatre heures comporte tres peu de dialogues mais s'assimile plus à un long monologue ou la psychologie des personnages a , de nouveau , la part belle . le lecteur a d'ailleurs l'impression d'etre véritablement partie prenante , le narrateur intervenant assez peu . L'on découvre , avec délectation , ces aveux circonstanciés , objets de tant de remords et cependant socles fondateurs d'une vie nouvelle .
    Mrs C. , jeune veuve quarantenaire , traine alors sa monotonie au casino , sorte de pélérinage rendu à son défunt mari . Elle tombera litteralement sous le charme de mains fines et alertes avant de se prendre d'affection pour son jeune proprietaire Hongrois qui lui rend pres de vingt ans . Malheureux au jeu , ce dernier est en passe de jouer sa derniere carte . La définitive . Forte de ses sentiments naissants , Mrs C. mettra tout en oeuvre afin qu'il en réchappe , au risque de se perdre...
    Passion amoureuse dévorante versus passion du jeu . Faites les votres , rien ne va plus !

    Un récit magistral porté par une plume redoutable . Zweig excelle dans l'art de camper des personnages simples et touchants . Les histoires ne sont jamais extraordinaires mais ont le don de réveler ou de réveiller les consciences . Superbe évocation du remord tout en pudeur et en retenue . Une sensibilité de tous les instants . Zweig magnifie l'Humain . Il est évident qu'une telle histoire , de nos jours , preterait certainement à sourire , les moeurs ayant quelque peu " évolué " nous faisant prendre ainsi conscience du fossé abyssal qui s'est creusé en pres d'un siecle . Ce qui passait pour inconcevable et outrancier à l'époque est désormais devenu monnaie courante...Société de consommation poussée à l'extreme , vacuité des sentiments inclue...

    Supreme paradoxe , ces vingt-quatre heures inoubliables furent l'élément marquant d'une vie à priori toute tracée mais , au final , qui fut le rédempteur ?

    critique de qualité ? (21 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo le 08/03/2012


    Voici une nouvelle rondement menée, écrite avec délicatesse, une façon de "Sur la route de Madison" à la Stephan Zweig. Les confessions d'une vieille dame sur un épisode fugitif mais marquant (je l'écris de manière froide et tempérée, un "la confusion d'un éclair dans la vie d'une femme" serait sûrement mieux) de sa vie où deux passions se croisent, celle du jeu et celle de l'amour, pour en aboutir à une troisième, un peu comme celle selon Saint Mathieu.
    On ne prend pas grand risque à lire cette nouvelle, c'est rapide, c'est bien fait et, au pire, cela laisse indifférent mais je ne pense pas que l'on puisse la détester. Donc je la recommande bien volontiers et j'en garde un très bon souvenir. Zweig aborde la passion amoureuse sous l'angle du refoulé et du qu'en dira-t-on. L'opprobre ordinaire du jugement des autres est aussi abordé. Il nous conte avec un certain brio, l'histoire d'un fugitif éclair dans la noire monotonie de la vie d'une femme de la haute société d'il y a cent ans environ.

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir le 31/05/2011


    Dès les premières pages, j'ai été happée par l'écriture de Stefan Zweig. Tout en pudeur et en retenue et exprimant pourtant tellement de choses.

    Une femme disparaît dans la pension où se trouve le narrateur pour les vacances. Tout le monde se met à la chercher jusqu'au moment où son mari trouve le mot qu'elle lui a laissé. « Ma femme m'a abandonnée » dit-il. A partir de ce moment les remarques et les reproches se mettent à fuser. Beaucoup se demandent comment une femme si respectable peut avoir abandonné mari et enfants pour un homme qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures.
    Le narrateur, lui, prend sa défense. Il ne tente pas de justifier son geste, juste de leur expliquer qu'il est possible qu'une vie bascule en seulement quelques heures, sans que l'on ne l'ait véritablement choisi.

    C'est au cours d'une de leurs conversations qu'une vieille dame anglaise va entamer une discussion avec lui, en lui posant quelques questions. Sa théorie sur cette vie qui peut basculer en un rien de temps l'intéresse et elle cherche à en savoir plus.

    Son intérêt est dû au fait qu'elle comprend cette femme. Elle-même a vécu quelques heures qui chamboulent toute une vie. Elle va donc choisir le narrateur comme confident. Elle va choisir cet homme car elle a le sentiment que lui-seul peut comprendre ce qu'elle cache en elle depuis toutes ces années.
    C'est ainsi qu'après dîner, dans sa chambre, elle va parler de cette rencontre qui l'a bouleversée. Cette rencontre avec un jeune homme rongé par le jeu. Cet amour né en un éclair qui foudroie littéralement.

    Cet amour, tout comme l'écriture de l'auteur est tout en pudeur et pourtant, il dégage une force incroyable. La description des gestes, des sentiments nous emportent tellement ils sont décrits avec sensibilité et justesse.
    Un roman coup de poing. Quand ce qui nous arrive de mieux peut aussi être le pire.

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par noursette le 04/04/2012


    Première expérience avec Zweig pour moi, mais très probablement pas la dernière !!!
    Ce livre, je l'ai dévoré très rapidement tant l'écriture s'y prête.

    J'ai eu envie, après avoir vu pas mal d'avis positifs, de découvrir cet auteur. La seule chose que je me dis en terminant ce roman est: pourquoi ne pas l'avoir faire avant ?

    Catalogué comme classique, c'est sans retenue que j'ai plongé dedans. Et plongé est un faible mot tant on se retrouve happé dans cette lecture.

    L'écriture fluide, les mots choisis avec soins, les dialogues côtoyant des descriptions envoûtantes, rien ne manque.

    On découvre ici les 24 heures très intenses d'une lady anglaise bien comme il faut, expliquées à un jeune homme qui est persuadé qu'un laps de temps de 24 heures peu totalement changer une femme, sa destinée, sa façon de voir les choses.

    Je ne m'attendais pas à l'histoire qui nous est contée, mais cette veuve m'a subjuguée.

    Sans spoiler, la description qu'elle fait des mains qu'elle voit devant elle est impressionnante et me restera en tête longtemps.

    Ce livre, m'a en parallèle fait réfléchir sur l'idée de départ, et je pense également que 24 heures peuvent tout changer.

    Un livre simple, sans fioriture, direct et franc que j'ai vraiment beaucoup aimé.


    Lien : http://lagrottedenoursette.wordpress.com/2012/04/04/vint-quatre-heur..

    critique de qualité ? (19 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par spleen le 25/12/2011


    Toujours dans le cadre de mes cadeaux de Noël, j'ai dévoré ce petit livre de Stefan Zweig, happée par cette écriture merveilleuse, poétique et légére.
    Confidences ou confession d'une vieille anglaise provoquées par la fuite d'une femme, épouse et mère qui fait scandale dans un hotel de villégiature où il ne doit pas se passer grand chose.
    Ces vingt quatre heures de passion et de folie chez cette femme, racontée avec à la fois tant de pudeur et de force, sont l'événement de sa vie où elle a suivi ce que lui dictait l'impulsion de son coeur au delà du carcan de sa condition et de son éducation et faisant fi des bonnes moeurs de l'époque !
    Seul Zweig peut réussir à envouter autant de nos jours avec une histoire si courte mais si intense.


    Lien : http://lejournaldelouloune.over-blog.com/article-vingt-quatre-heures..

    critique de qualité ? (18 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zorazur le 02/01/2012


    je n'ajouterai qu'une modeste contribution à toutes les critiques déjà formulées sur ce livre inoubliable. La description des mains des joueurs est de la part l'auteur un morceau de bravoure comme on en trouve peu. On imagine à peine comment il a trouvé les mots, les images, la précision, l'attention, pour faire vivre ces mains, manifestation de l'addiction des joueurs, témoins contraints et acteurs impuissants de leur passion pour le jeu.

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Elvira le 13/11/2011


    Comme toujours dans les romans ou nouvelles de Stefan Sweig, on retrouve des sentiments merveilleusement bien exprimés, qui décrivent parfaitement bien, avec une précision presque médicale, ce que nous pouvons ressentir sans pouvoir l'exprimer avec des mots justes. Et les mots de Stefan Sweig sont justement comme cela : justes et profonds. La nouvelle est plutôt courte, mais efficace ; l'auteur nous dévoile un côté féministe en défendant cette femme que les autres accusent sous couvert des conventions sociales et sous couvert de leur propre lâcheté.
    Ce livre constitue une bonne approche de l'écriture de Stefan Zweig, pour quelqu'un qui ne l'a jamais lu.


    Lien : http://metamorphoses-de-psyche.cowblog.fr

    critique de qualité ? (16 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Radicale le 14/04/2012


    Ce roman présente de fortes ressemblances avec Le Joueur d'échecs, du même auteur. Au niveau de la construction du récit, on retrouve un narrateur rencontrant un personnage qui raconte son expérience singulière, avec une mise en abîme (une histoire imbriquée dans l'histoire), et le contexte de départ qui ne sert finalement que d'amorce au vrai récit. Si le sujet n'est pas du tout le même que dans Le joueur d'echecs, c'est pourtant bien le thème du monomaniaque qui se dessine à nouveau, avec des personnages toujours à la limite de basculer dans la folie. le style paraitra un peu désuet aux lecteurs qui ne connaissent pas l'univers de Zweig, mais sûrement pas démodé, et le roman n'a rien perdu de son actualité. Une lecture courte et efficace ; un classique à (re)découvrir.


    Lien : http://chezradicale.canalblog.com/archives/2012/04/11/23828912.html

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance le 03/03/2012


    Un roman très court (moins de 123 pages dans cette édition), mais dense et intense tant par la construction que par l'histoire. D'abord ce récit est double : le narrateur, qui essaie de comprendre la femme de quarante-et-un ans qui s'est enfuie avec un homme qu'elle ne connaissait pas, donnant lieu à un vrai théâtre grandguignolesque dans la pension, s'efface rapidement pour laisser la parole à Mrs C..., la vieille anglaise. Celle-ci lui raconte avec moults détails son drame.
    Dans sa jeunesse, fascinée par un jeune homme pris par le vice du jeu, elle a tenté de lui venir en aide, craignant pour sa vie. Cependant, les choses ne tournèrent pas comme elle l'aurait souhaité.
    Stefan Zweig dépeint ici des êtres hors d'eux-mêmes, c'est-à-dire, pris de passion et allant jusqu'au bout de celle-ci. Ce n'est pas la raison qui les anime, mais la passion qui les fait vivre. Leur corps se meut de lui-même, indépendamment de ce que commanderait leur cerveau. J'ai été impressionnée, comme Mrc C... par la vie que prennent les doigts du jeune-homme, "ces mains extraordinaires, vraiment uniques -, mais ce qui d'abord me surprit d'une manière si terrifiante, c'était leur fièvre, leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s'étreindre et de lutter entre elles. Ici je compris tout de suite, c'était un homme débordant de force qui concentrait toute sa passion dans les extrêmités de ses doigts, pur qu'elle ne fît pas exploser son être tout entier." Toutes les émotions se lisent également sur la visage de ce joueur, qui devient une veritable scène de drame pour Mrs C..., spectatrice fascinée et sidérée.

    La fin de l'histoire n'en est pas moins dramatique... Mais comme le dit la vieille anglaise avec philosophie :"Vieillir n'est, au fond, pas autre chose que n'avoir plus peur de son passé."


    Lien : http://millelectures.canalblog.com

    critique de qualité ? (14 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019 le 25/08/2011


    Dans un style étincelant, Stefan Zweig nous livre dans ce court roman les confidences féminines d'une vieille anglaise, Mrs C… dont le cœur a chaviré quelques années plus tôt durant vingt-quatre heures, pour un inconnu rencontré dans un casino et devenu totalement accro au jeu.
    Tout ceci est raconté par le menu, lors d'un entretien accordé au narrateur. Mrs C… a été fascinée par cet inconnu et n'a pas immédiatement compris la nature de ses propres sentiments. Elle lui vient en aide et cherche à le sauver, mais est-ce pour le plaisir de se sentir à nouveau utile, de faire une bonne action ? Est-ce pour se donner une raison de revivre après un deuil ? Est-ce par commisération en le découvrant désespéré et anéanti sous une pluie battante ? Est-ce l'instinct maternel (elle veut lui « redonner vie » et considérer cette renaissance comme son œuvre) ? Quoiqu'il en soit, le coup de foudre qui survient, avec brutalité, alors qu'elle pense ne plus jamais revoir cet inconnu, fera de cette journée le plus mémorable épisode de sa vie.
    Ce roman n'exclut pas un ou deux rebondissements en fin de récit, qui prouvent, si cela devait encore être démontré, la profonde connaissance qu'a Stefan Zweig de la nature humaine.
    Ce petit roman (petit par son volume mais grand par le style éblouissant de son auteur) achève avec la lettre Z mon challenge ABC Critique de 2011.

    critique de qualité ? (14 votes positifs)






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