ISBN : 2913372627
Éditeur : La Fabrique éditions (2007)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Rien ne manque au triomphe de la civilisation.
Ni la terreur politique ni la misère affective.
Ni la stérilité universelle.
Le désert ne peut plus croître : il est partout.
Mais il peut encore s'approfondir.
Devant l'évidence de la cat... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 2.00/5
    Par Rrrrraphael, le 25 novembre 2010

    Rrrrraphael
    Un style un peu lourd, mais digeste, pour ce manifeste qui ne laissera probablement pas une trace indélébile dans l'histoire de la réflexion sociale. le propos est clair, généralement suffisamment précis, mais manque souvent d'une argumentation saine.
    Difficile de ne pas rejoindre l'auteur (les auteurs ?) sur la question de l'impasse consumériste dans laquelle se trouve notre civilisation, sur l'apogée des modes de surveillance étatique dans notre quotidien, sur l'absurdité de se tuer au travail uniquement pour financer les loisirs qui nous feront oublier notre travail tuant.
    Mais difficile de ne pas sourire à la lecture des méthodes d'insurrection. Là où l'auteur propose de ne pas travailler pour le patronat, les solutions semblent être de profiter de l'argent de l'État (allocations, RSA, etc.) ou de se servir gracieusement dans les magasins d'alimentation et les entrepôts. Comment faire confiance à des assistés, qui préfère vivre comme des parasites aux crochets de la société de consommation ("Nous admettons la nécessité de trouver de l'argent, qu'importent les moyens, parce qu'il est présentement impossible de s'en passer, non la nécessité de travailler."), plutôt que de définitivement trouver les moyens de leur propre subsistance, par le travail, le vrai : cultiver la terre, par exemple ?
    Exemple d'insurrection récurrent dans le livre, les émeutes de banlieue en 2005, appelées par un euphémisme savoureux "l'incendie", apparaissent comme le Graal de la révolte.
    À l'inverse, ceux qui fuient la violence (sociale, physique, environnementale...) des cités pour un pavillon sont dès lors considérés comme des bourgeois ("Les cités-dortoirs de la banlieue Nord de Paris, délaissées par une petite bourgeoisie partie à la chasse aux pavillons").
    À lire par curiosité, mais sûrement pas pour changer le monde.
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    • Livres 4.00/5
    Par BVIALLET, le 24 avril 2012

    BVIALLET
    Cet essai débute par une analyse fort pertinente des paradoxes d'une civilisation reposant sur la dictature du moi et sur la souffrance causée par l'atomisation des rapports humains, l'individualisme et l'hédonisme poussé à leur paroxysme consumériste. Résultat : les gens, coincés entre travail et loisir, métro, boulot et dodo, tournent tous plus ou moins schizophrènes. « La France n'est pas la patrie des anxiolytiques, le paradis des antidépresseurs, la Mecque de la névrose sans être simultanément le champion européen de la productivité horaire. »
    On nous amuse avec de faux problèmes ? Pour les auteurs, pas plus qu'il n'y a de choc des civilisations, il n'y a pas non plus de problème d'immigration car nous sommes tous sinon des immigrés, à tout le moins des déracinés. « Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? »
    Même constat pour la famille, le travail, (« Trente ans de chômage de masse, de « crise », de croissance en berne, et l'on voudrait encore nous faire croire en l'économie. ») La ville n'est plus qu'un centre urbain, « une métropole » aliénante. « La métropole est cette mort simultanée de la ville et de la campagne, au carrefour où convergent toutes les classes moyennes, dans ce milieu de la classe du milieu, qui, d'exode rural en « périurbanisation», s'étire indéfiniment. »
    La campagne désertifiée n'est plus qu'un « territoire », une sorte de conservatoire pour touristes. Dans sa jungle urbaine, l'homme n'a plus d'autre solution que de courir d'un point à un autre... « Ce monde n'irait pas si vite s'il n'était pas constamment poursuivi par la proximité de son effondrement. »
    Il y est aussi fait pièce aux nouvelles lubies comme la fameuse « décroissance » (où il faut consommer peu pour pouvoir encore consommer. Produire bio pour pouvoir encore produire. Il faut s'autocontraindre pour pouvoir encore contraindre.) et à « l'écologie » autre nouvelle contrainte amenant dans ses fourgons le totalitarisme globalisé. « C'est au nom de l'écologie qu'il faudra désormais se serrer la ceinture, comme hier au nom de l'économie », lit-on.
    Et après le constat viennent les « perspectives », cette fameuse insurrection qui vient. Les auteurs proposent de s'organiser en communes, petites entités révolutionnaires, armées mais non-violentes ce qui signifie prêtes à tirer sans forcément le faire), de se réapproprier la culture, la politique, les territoires, la production, les moyens de subsistance (potagers communautaires, récupération des machines abandonnées dans les usines ou les ateliers désaffectés) et surtout bras de fer jusqu'à la victoire finale avec la police, l'ennemi numéro un. « Là où les gestionnaires s'interrogent platoniquement sur comment renverser la vapeur « sans casser la baraque », nous ne voyons d'autre option réaliste que de « casser la baraque », disent-ils, ce qui a au moins le mérite de la franchise. Ils constatent également avec un froid réalisme que « gouverner n'a jamais été autre chose que repousser par mille subterfuges le moment où la foule vous pendra, et que tout acte de gouvernement n'est qu'une façon de ne pas perdre le contrôle de la population. »
    Ce petit opus est un livre majeur. On pourrait le considérer comme le « Manifeste de l'anarchiste, ou de l'enragé du XXIème siècle ». Il a le mérite de lancer le débat sur l'avenir de nos sociétés, d'aller plus loin que les postures de type « Indignés » et de faire réfléchir tout un chacun même s'il n'adhère pas à toutes les propositions marquées au coin d'un extrémisme des plus radicaux.
    «Devenir autonome, cela pourrait vouloir dire, aussi bien : apprendre à se battre dans la rue, à s'accaparer des maisons vides, à ne pas travailler, à s'aimer follement et à voler dans les magasins. » Tout un programme.

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 4.00/5
    Par colibri, le 18 décembre 2008

    colibri
    Ce livre est une critique acerbe et désespérée de notre société. Si le style est parfois lourd, les idées énoncées ont le tranchant de la vérité et montrent l'asservissement de l'être humain actuellement.
    Les auteurs proposent néanmoins un chemin d'espoir dans l'organisation de réseaux de solidarités et d'entraides qu'ils appellent "Communes". En effet, pour se libérer de l'emprise de l'état et des entreprises il faut réussir à dépendre d'eux de moins en moins et tendre vers l'autogestion, l'autonomie.
    Le livres est disponible en téléchargement ici : http://www.lafabrique.fr/IMG/pdf_Insurrection.pdf
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    • Livres 4.00/5
    Par somethingstupid, le 02 mars 2011

    somethingstupid
    Une bombe intellectuelle et éditoriale! Même si beaucoup ont pu critiquer les critiques radicales et à l'emporte pièce de ce livre, il n'est pas possible de passer à côté de ce qu'il faut appeler un événement politico-littéraire: il n'y a pas d'autre formule pour qualifier le statut de ce livre qui s'est retrouvé au coeur d'une affaire de terrorisme. Ni un manuel du parfait poseur de bombe, ni un traité politique, ce livre est à situer dans la "droite" ligne des situationnistes, et plus récemment des ouvrages de Tiqqun, collectif situ dont Julien Coupat a fait partie.
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Citations et extraits

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  • Par Pumpkin, le 14 mars 2008

    l'injonction, partout, à « être quelqu'un » entretient l'état pathologique qui rend cette société nécessaire. L'injonction à être fort produit la faiblesse par quoi elle se maintient, à tel point que tout semble prendre un aspect thérapeutique, même travailler, même aimer.
    Tous les « Ça va ? » qui s'échangent en une journée font songer à autant de prise de température que s'administrent les uns aux autres une société de patients. La sociabilité est maintenant faite de 1000 petites niches, de 1000 petits refuges où on se tient chaud. Ou c'est toujours mieux que le grand froid dehors.
    Où tout est faux car tout n'est que prétexte à se réchauffer.
    Où rien ne peut advenir parce que l'on y est sourdement occupé à grelotter ensemble. Cette société ne tiendra bientôt plus que par la tension de tous les atomes sociaux vers une illusoire guérison. C'est une centrale qui tire son turbinage d'une gigantesque retenue de larmes toujours au bord de se déverser.
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  • Par colibri, le 18 décembre 2008

    [...] il n’y a pas de « question de l’immigration ». Qui grandit encore là où il est né ? Qui habite là où il a grandi? Qui travaille là où il habite? Qui vit là où vivaient ses ancêtres ? Et de qui sont-ils, les enfants de cette époque, de la télé ou de leurs parents ? La vérité, c’est que nous avons été arrachés en masse à toute appartenance, que nous ne sommes plus de nulle part, et qu’il résulte de cela, en même temps qu’une inédite disposition au tourisme, une indéniable souffrance. Notre histoire est celle des colonisations, des migrations, des guerres, des exils, de la destruction de tous les enracinements. C’est l’histoire de tout ce qui a fait de nous des étrangers dans ce monde, des invités dans notre propre famille. Nous avons été expropriés de notre langue par l’enseignement, de nos chansons par la variété, de nos chairs par la pornographie de masse, de notre ville par la police, de nos amis par le salariat. p.19-20
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  • Par NadinePestourie, le 11 mai 2009

    Le territoire actuel est le produit de plusieurs siècles d’opérations de police. On a refoulé le peuple hors de ses campagnes, puis hors de ses rues, puis hors de ses quartiers et finalement hors de ses halls d’immeuble, dans l’espoir dément de contenir toute vie entre les murs suintants du privé. La question du territoire ne se pose pas pour nous comme pour l’Etat. Il ne s’agit pas de le tenir. Ce dont il s’agit, c’est de densifier localement les communes, les circulations et les solidarités à tel point que le territoire devienne illisible, opaque à toute autorité. Il n’est pas question d’occuper, mais d’être le territoire.

    Chaque pratique fait exister un territoire – territoire du deal ou de la chasse, territoire des jeux d’enfants, des amoureux ou de l’émeute, territoire du paysan, de l’ornithologue ou du flâneur. La règle est simple : plus il y a de territoires qui se superposent sur une zone donnée, plus il y a de circulation entre eux, et moins le pouvoir trouve de prise. Bistrots, imprimeries, salles de sport, terrains vagues, échoppes de bouquinistes, toits d’immeubles, marchés improvisés, kebabs, garages, peuvent aisément échapper à leur vocation officielle pour peu qu’il s’y trouve sufisamment de complicités. L’auto-organisation locale, en surimposant sa propre géographie à la cartographie étatique, la brouille, l’annule ; elle produit sa propre sécession.
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  • Par skyso, le 16 juin 2010

    La confusion des sentiments qui entoure la question du travail peut s'expliquer ainsi : la notion de travail a toujours recouvert deux dimensions contradictoires : une dimension d'exploitation et une dimension de participation. Exploitation de la force de travail individuelle et collective par l'appropriation privée ou sociale de la plus-value; participation à une œuvre commune par les liens qui se tissent entre ceux qui coopèrent au sein de l'univers de la production. Ces deux dimensions sont vicieusement confondues dans la notion de travail, ce qui explique l'indifférence des travailleurs, en fin de compte, à la rhétorique marxiste, qui dénie la dimension de participation, comme à rhétorique managériale, qui dénie la dimension d'exploitation.
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  • Par skyso, le 16 juin 2010

    On ne pourrait, sans l'écologie, justifier l'existence, dès aujourd'hui de deux filières d'alimentation, l'une "saine et biologique" pour les riches et leurs petits, l'autre, notoirement toxique pour la plèbe et ses rejetons promis à l'obésité. L'hyper-bourgeoisie planétaire ne saurait faire passer pour respectable son train de vie si ses derniers caprices n'étaient pas scrupuleusement "respectueux de l'environnement". Sans l'écologie, rien n'aurait encore assez d'autorité pour faire taire toute objection aux progrès exorbitants du contrôle.
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A quelques semaines de la publication en anglais du livre, un chroniqueur de la chaine ultraconservatrice Fox News appelle à lire ce livre dangereux afin de «connaître l'ennemi». Version sous-titrée.











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