ISBN : 2930538104
Éditeur : Quadrature (2010)


Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Ça arrive de croiser des gens.
N’importe où : dans la ville, une rue, à la sortie d’un immeuble, derrière la porte d’une salle d’attente… Et comme on ne sait rien d’eux, on peut tout imaginer.
Ici, dans ce supermarché, ils sont dix-huit qui font leurs cour... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 3.00/5
    Par brigetoun, le 04 octobre 2010

    brigetoun
    Christine Jeanney, en «Une heure dans un supermarché», observe des silhouettes, leur donne un nom, leur donne une vie, et chacun s'en va avec ce nom dans sa vie. Décrit par ses gestes, par de petites notes sur les pensées qui le traversent, en petites touches, avec telle acuité que brièvement nous sommes près d'eux, presque eux.
    Et ils se rencontrent, se connaissant ou non, et leurs vies interfèrent. Et ils ont leurs blessures, leurs souffrances. Et ils n'ont rien de vraiment extraordinaire. Même ceux qui sont à côté de l'habituel de la vie, le sont avec discrétion. Et leurs peines ou leurs plaisirs, le souci qu'ils ont de leurs enfants, ou parents, ou aimés, sont profonds et tus. Et jamais, il n'y a de violence affichée.
    Une petite société qui prend vie, s'efface, que l'on reconnaît de loin au détour d'une autre nouvelle.
    Chacun est introduit par une brève description qui sert de titre, d'introduction :
    «au rayon Bricolage, un jeune homme grand et maigre, en veste» (et c'est un employé de banque, qui ne peut plus dormir, qui attend son ami, certain que celui-ci n'aura pas avoué à ses parents leur couple, qui est si nerveux qu'il est à deux doigts de renverser ce vieil homme, André Huot, le sculpteur que nous venons de quitter, le laissant à ses souvenirs, et puis les dernières lignes de ses quelques pages au jeune homme «Au fait tu sais, pour nous deux, je leur ai dit hier») -
    Il y a une jeune veuve (mais après ce soir, habituel, avec sa tendresse, sa tristesse et sa fille, «elle met la table et se traverse de peine», Christine lui offre une rencontre, plus tard) - de vieux couples aux liens plus ou moins usés, les petites incompréhensions et puis le souci de l'autre, la tendresse - le père d'un petit garçon autiste, avec son amour et sa crainte d'être maladroit (et il est le facteur que tous connaissent de vue et parce qu'il est serviable) - une jeune fille qui aime un homme qui n'arrête pas d'être marié - un jeune ménage bigarré joyeux et généreux qui attend un bébé - une adolescente aux parents si présents - un chat qui circule entre appartements - un homme qui finit par rompre sa solitude et appeler son ex-femme pour dire cette maladie qui l'a investi, etc...(ils sont dix-neuf, et plus à cause des leurs, mais le chat n'en fait pas partie, il n'est que circulation) et Christine qui les voit, les fait vivre, leur donne ses mots, souplement, au plus près, et des sourires.
    Et je suis désolée, je n'ai pas su.
    Juste ça : elle est une fée qui peut les charger de soucis, de peines grandes, mais qui leur offre toujours une issue.
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  • Par keisha, le 17 octobre 2010

    keisha
    le titre n'est pas erroné, puisqu'il s'agit bien de repérer des clients dans un petit supermarché, de 9h 30 à 10h 30, un lundi matin, mais tout de suite on sort du supermarché pour découvrir la vie imaginée de ces dix-huit clients et clientes.

    Des gens ordinaires, qui nous ressemblent, pas des super héros, à qui il n'arrive rien que du banal? Oui, peut être... Mais se débarrasser d'un amant méprisable, affronter une maladie mortelle ou la vieillesse, se raccrocher à un mot de son gamin autiste, parler à ses parents de ses préférences sexuelles, survivre à un deuil, ou, tiens, mettre un enfant au monde, voilà qui fait de nous, vous, tous, de vrais héros de la vie quotidienne, non?

    "Il est environ dix heures trente et je sors du supermarché". Fin du livre. Gloups! J'ai encore lu ces nouvelles quasiment d'une traite, avec gourmandise et gloutonnerie... J'ai aimé le style sobre, qui sait rendre certains passages poignants, les paroles de chansons qui trottent dans les têtes, les plongées dans l'avenir des personnages, le sens de l'observation, l'art de donner vie en peu de pages, les détails qui relient les nouvelles et les prolongent...

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-une-heure-dans-u..
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    • Livres 5.00/5
    Par claracambry, le 08 octobre 2010

    claracambry
    Et oui, pour notre plus grand bonheur, Christine Jeanney observe les clients dans différents rayons. Ceux qui hésitent ou qui achètent sans perdre de temps, et avec chacun d'eux, une histoire est révélée. L'histoire de leur vie, de leurs envies, de leurs regrets ou celle de leurs espoirs. Car on ne se contente pas de rester dans ce petit supermarché, on les suit dans leur quotidien, leurs habitudes.
    18 personnages tout à fait réalistes, des personnes que l'on peut soi-même croiser et comme le dit la quatrième de couverture « des personnes ordinaires qui ressemblent à tout le monde. Ou à personne».
    Un fil conducteur en filigrane, on retrouve ou on aperçoit juste un des personnages dans le déroulement d'une autre scène. Et , tout s'imbrique ou s'enchevêtre avec aisance et facilité.
    18 nouvelles et autant de thèmes différents !
    J'ai souri, mais le plus souvent j'ai été émue et touchée.
    L'écriture est vive et fait preuve d'originalité. Un sans faute sur toute la ligne ! Un recueil tout simplement génial...


    Lien : http://fibromaman.blogspot.com/2010/10/christine-jeanney-une-heure-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par solange, le 27 mars 2011

    solange
    Pendant Une heure dans un supermarché, nous allons découvrir dix-huit histoires de vies de personnages sélectionnées par l'auteur de ces nouvelles.
    Instantanés de vies sur deux ou trois pages où l'on arrive à découvrir la personnalité des êtres par ce qui est écrit et ce qui ne l'est pas.
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    • Livres 4.00/5
    Par SD49, le 07 janvier 2011

    SD49
    L'idée de départ c'est la rencontre de différentes personnes dans un supermarché, mais ceci n'est que prétexte pris par le narrateur pour nous raconter leurs vies, des vies imaginées à partir de détails.
    Ces gens habitent presque tous le même quartier puisqu'ils font tous leurs courses au même endroit.
    Ces nouvelles sont agréables à lire, et bien sûr certaines m'ont plus touchée que d'autres. On se promène dans la vie de tous les jours de personnes parfois très différentes, on vit avec eux, leurs joies, leurs peines, le temps d'une histoire. On rencontre des enfants, des adolescents, des adultes, des personnes âgées.
    J'ai aimé que ces personnes se croisent parfois au détour d'une autre nouvelle, cela donne une unité à toutes ces vies que nous découvrons petit à petit. Comme ce sont des nouvelles, je suis parfois restée un peu sur ma faim pour certains personnages que j'aurais aimé suivre plus longtemps.


    Lien : http://pages.de.lecture.de.sandrine.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par claracambry, le 08 octobre 2010

    Lundi matin, neuf heures trente.
    Je traverse le quadrillage blanc du parking jusqu’aux sigles bleus des places pour handicapés. Je passe entre deux poubelles remplies de sable. Le sports vitrées coulissent sur de l’air chaud et de la musique. Passé le tourniquet, on peut tourner à gauche vers les produits d’entretien, ou à droite et ainsi longer les caisses, ou encore continuer en face vers les promotions du jour.
    Mais je n’achèterai rien. Aujourd’hui, je regarde.
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  • Par brigetoun, le 04 octobre 2010

    Faire à manger le dimanche, quand l'un ou l'autre vient, blanquette, lapin chasseur, lasagnes, poulet rôti, palette à la diable, manger. En semaine mitonner pour papa, c'est comme ça qu'elle l'appelle, même si à table - Papa tu veux encore des rillettes ? - il n'est plus le papa de personne. Anthony mange toujours ailleurs, loin, dans sa chambre ou encore plus loin, avec des copains.
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  • Par brigetoun, le 04 octobre 2010

    Qu'est-ce qu'elle sera, pense Lila. Brune, frisée, les yeux noirs et de longs cils, je voudrais qu'elle fasse des études, qu'elle commande aux hommes et décide, qu'elle soit élégante et gracieuse mis implacable, une Athéna, qu'elle se sente l'égale de tous, jamais inférieure ni quémandeuse, forte et entière.
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  • Par brigetoun, le 04 octobre 2010

    Arrêté au feu rouge, il regarde, entre caniveau et trottoir, la fleur de pissenlit qui lui ressemble, jaune dehors, pâle dedans, là, malgré les services de voirie et l'épandage de désherbant liquide, née de pollen inconnu, issue d'une logique accidentelle, rescapée comme lui.
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  • Par solange, le 27 mars 2011

    Elle a retrouvé ce qu'elle attendait, le moment, le moment exact où l'on s'arrête, les deux pieds sur la marche, avant de continuer à monter l'escalier, sans presque plus avoir peur, presque plus, et même avec une sorte de curiosité nonchalante.
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