Liscano a été jeté en prison à 23 ans par le régime militaire de l'époque, il va passer 13 ans de sa vie enfermé, menotté et cagoulé.
Il sera soumis à la torture régulièrement et notamment au "baril" plein d'eau qu'il nous décrit comme étant plus qu'éprouvant au point d'en ignorer les coups de poing, de pied.
Comme
Semprun ces hommes rebelles ont une conception de la torture qui me dérange parce que je pense que je serais plutôt dans le camp de ceux qui parlent, ou s'arrangent pour crever.
Eux, encaissent, résistent, tolèrent, se raisonnent, ils ont une capacité à encaisser qui est sans limite. Leur intelligence leur permet même de décrypter les liens qui les lient à leurs bourreaux et à comprendre à travers cela comment réagir, si l'interrogatoire sera long ou pas, si le tortionnaire est renseigné ou doute toujours.
C'est une sanglante partie d'échecs entre "maîtres hors pair".
Mais quoi qu'il en soit les uns comme les autres garderont des séquelles à vie de ses instants pénibles, chacun pour des raisons différentes, les uns grandis parce qu'ayant supporter leurs douleurs sans avoir lâché un mot et fiers, droits de cette conduite, les autres ignobles, cruels, mais poursuivit par leurs actes infâmes et la destruction qu'ils ont répandue à outrance.
Construit sous forme de très courts châpitres, le livre se lit vite et facilement.