> Jean-Marie Saint-Lu (Traducteur)

ISBN : 2264044950
Éditeur : 10-18 (2008)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Montevideo, 1972. Carlos Liscano est jeté en prison par le régime militaire à l'âge de vingt-trois ans. Il en sortira treize ans plus tard.
Il aura connu la torture, les humiliations, la honte, les étranges relations qui lient victimes et bourreaux, l'absurdité d... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 14 janvier 2012

    carre
    Dans ce récit autobiographique, Liscano raconte les douze années d'enfermement que lui ont valu d'être opposant au régime de la dictature urugayenne. Les tortures et les brimades, l'humiliation , la peur quotidienne.
    Mais son témoignage est aussi un hommage à ces parents disparus pendant sa détention, sur la perte de sa jeunesse, sur les idéaux démocratiques. Puis le temps de la libération, la difficulté de retrouver un semblant de vie normale.
    Puis enfin le temps des questions l'engagement politique mérite t'il une telle punition ? A quel prix obtient'on la liberté ? etc...
    Mais ce qui force notre admiration , c'est que Liscano ne condamne pas ces tortionnaires, comme si la rage qui l'a animée c'était diluée avec le temps.
    Un livre profondément humain et pudique.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par ides60, le 27 août 2011

    ides60
    Liscano a été jeté en prison à 23 ans par le régime militaire de l'époque, il va passer 13 ans de sa vie enfermé, menotté et cagoulé.
    Il sera soumis à la torture régulièrement et notamment au "baril" plein d'eau qu'il nous décrit comme étant plus qu'éprouvant au point d'en ignorer les coups de poing, de pied.
    Comme Semprun ces hommes rebelles ont une conception de la torture qui me dérange parce que je pense que je serais plutôt dans le camp de ceux qui parlent, ou s'arrangent pour crever.
    Eux, encaissent, résistent, tolèrent, se raisonnent, ils ont une capacité à encaisser qui est sans limite. Leur intelligence leur permet même de décrypter les liens qui les lient à leurs bourreaux et à comprendre à travers cela comment réagir, si l'interrogatoire sera long ou pas, si le tortionnaire est renseigné ou doute toujours.
    C'est une sanglante partie d'échecs entre "maîtres hors pair".
    Mais quoi qu'il en soit les uns comme les autres garderont des séquelles à vie de ses instants pénibles, chacun pour des raisons différentes, les uns grandis parce qu'ayant supporter leurs douleurs sans avoir lâché un mot et fiers, droits de cette conduite, les autres ignobles, cruels, mais poursuivit par leurs actes infâmes et la destruction qu'ils ont répandue à outrance.
    Construit sous forme de très courts châpitres, le livre se lit vite et facilement.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par agilmo, le 16 juillet 2010

    agilmo
    J'ai découvert Carlos Liscano en lisant un article du Matricule des Anges. J'ai tout de suite voulu découvrir ses oeuvres et je ne suis pas déçue.
    Le fourgon des fous emmène le lecteur pour un voyage en enfer ; on y découvre la vie quotidienne et les tortures qu'a subies Liscano pendant les 13 ans
    de sa détention, victime de la répression instaurée par la dictature militaire uruguayenne.
    L'écriture est épurée, précise et juste. C'est percutant, et aussi d'une grande musicalité, beauté. Il ne s'agit pas ici d'un simple témoignage, mais d'une mise à nu très émouvante de son être. La dignité est toujours présente.
    On découvre l'évolution d'un homme, et on perçoit son urgence de choisir, de faire, de dire, de vivre...
    Les sujets abordés sont universels et intemporels.
    La description du rapport aux autres mais aussi à soi et notamment à son propre corps nous fait entrer dans une grande intimité avec l'auteur. Il tente de comprendre les rapports entre tortionnaires et torturés, entre camarades prisonniers, on ressent la solitude et la résistance incroyable de l'être humain.
    J'ai été très émue par ce texte d'une grande humanité, qui est à lire, relire, méditer, admirer.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par sbrodj, le 18 juin 2011

    sbrodj
    Un texte impressionnant d'un opposant urugayen à la dictature qui fut emprisonné et torturé. Il s'agit d'une réflexion passionnante sur l'expérience de la torture et du rappport à son propre corps et à son bourreau.
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par agilmo, le 16 juillet 2010

    Montevideo, 27 mai 1972. Il y a trois jours, ma soeur a eu seize ans, et ce soir on fait une fête pour elle. Je ne suis pas là à l'heure de cette réunion de famille. Je sais que ma mère doit être inquiète. Mon père doit se dire que je suis quelque part, occupé à Dieu sait quoi. Ma soeur pensera que je ne m'intéresse pas à elle.
    J'avais l'intention d'aller à cette fête, et je l'avais annoncé, mais je n'irai pas. Je ne peux pas. A deux heures du matin les militaires viennent me chercher chez moi. Ils me tirent du lit, nu-pieds et en maillot, me mettent une cagoule, me lient les mains dans le dos, et me mettent sur le trottoir, face au mur. Puis ils me jettent dans une camionnette et nous partons.
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