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Mamzelle a reçu des «insignes du Phalanstère» :
412ème auteur de critiques
(231 points / 23 votes positifs)

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    Le 24/07/2010

  • edomis a apprécié votre critique de Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

    Le rapport de Brodeck
    Je ne choisis pas mes livres sur les prix littéraires qu’ils recoivent, je préfère généralement me faire ma propre opinion surtout que certains prix sont quand même à la limite du ridicule, comme ce Flore remis a Nothomb pour son Ni d’Eve ni d’Adam alors que ce prix récompense normalement "de jeunes talents prometteurs" , sous-entendu pas encore connus. Humpf. Fin de la parenthèse.

    J’avais prévu depuis quelques mois de lire le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel, le fait qu’il ait entre temps reçu le Goncourt des lycéens m’a chiffonnée mais je ne voulais pas rester sur l’échec de Cendrillon, édité également chez Stock.
    Grand bien m’en a pris…

    Le rapport est ce document que Brodeck doit rédiger, à la demande de tout son village, à propos d’un "évènement" (Ereignis, en VO dans le texte).
    Etant le seul à avoir fait des études, il est sommé de coucher sur le papier la mémoire des hommes, de coucher sur le papier leurs actes, comme un défouloir, au nom d’un besoin d’amnésie collective.
    Partant de là, Claudel nous plonge dans la Shoah, dans la peur des étrangers, des autres (l’Anderer n’est jamais nommé autrement), dans les camps de la mort et leur faculté à annihiler toute humanité, toute histoire, toute conscience.
    Il nous met également face à la monstruosité de la foule, du groupe. Ce monstre à mille têtes qui parle d’une même voix, détruit toute individualité et fait avorter toute initiative personnelle.

    Dans un paysage digne d’un conte, au sein d’un village caché dans les montagnes de l’Est, dans une contrée jamais nommée mais frontalière d’un Etat ayant déclaré la guerre au reste du monde, Brodeck nous raconte le pouvoir de la mémoire, la culpabilité et la souffrance qu’elle engendre et la volonté des hommes d’éradiquer leurs souvenirs pour pouvoir continuer à vivre.
    Brodeck est donc seul contre tous peut-être parce qu’il a survécu au camp, peut-être parce qu’il place son histoire avant l’Histoire, peut-être parce qu’il a conscience de la nécessité de se souvenir….

    Une autre problématique soulevée également par ce livre est la place des artistes, de ceux qui voient les âmes et les fait se révéler. Ces artistes qui nous font nous voir tels qu’on essaye de s’oublier.
    La violence des révélations qu’ils peuvent faire sur la noirceur des hommes sont autant d’étincelles lancées sur une botte de paille….


    Les mots de Claudel, à travers ceux de Brodeck, sont fluides, hypnotiques, poignants.
    L’amour et l’humanité débordent à chaque page même si les mots sont durs et effrayants et on ne peut s’empêcher d’espérer qu’à la fin, à la toute fin, c’est la mémoire qui vaincra car on ne peut se résoudre à vouloir oublier ce qui nous a fait tels que nous sommes.

    Claudel signe ici un livre sublime, sur un sujet dont on pourra parler encore des siècles sans le cerner vraiment, un livre dont je pourrais encore vous parler des heures tellement je l’ai aimé.
    > voir plus
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    Le 14/07/2010

  • Eska a apprécié votre critique de Le rapport de Brodeck de Philippe Claudel

    Le rapport de Brodeck
    Je ne choisis pas mes livres sur les prix littéraires qu’ils recoivent, je préfère généralement me faire ma propre opinion surtout que certains prix sont quand même à la limite du ridicule, comme ce Flore remis a Nothomb pour son Ni d’Eve ni d’Adam alors que ce prix récompense normalement "de jeunes talents prometteurs" , sous-entendu pas encore connus. Humpf. Fin de la parenthèse.

    J’avais prévu depuis quelques mois de lire le Rapport de Brodeck de Philippe Claudel, le fait qu’il ait entre temps reçu le Goncourt des lycéens m’a chiffonnée mais je ne voulais pas rester sur l’échec de Cendrillon, édité également chez Stock.
    Grand bien m’en a pris…

    Le rapport est ce document que Brodeck doit rédiger, à la demande de tout son village, à propos d’un "évènement" (Ereignis, en VO dans le texte).
    Etant le seul à avoir fait des études, il est sommé de coucher sur le papier la mémoire des hommes, de coucher sur le papier leurs actes, comme un défouloir, au nom d’un besoin d’amnésie collective.
    Partant de là, Claudel nous plonge dans la Shoah, dans la peur des étrangers, des autres (l’Anderer n’est jamais nommé autrement), dans les camps de la mort et leur faculté à annihiler toute humanité, toute histoire, toute conscience.
    Il nous met également face à la monstruosité de la foule, du groupe. Ce monstre à mille têtes qui parle d’une même voix, détruit toute individualité et fait avorter toute initiative personnelle.

    Dans un paysage digne d’un conte, au sein d’un village caché dans les montagnes de l’Est, dans une contrée jamais nommée mais frontalière d’un Etat ayant déclaré la guerre au reste du monde, Brodeck nous raconte le pouvoir de la mémoire, la culpabilité et la souffrance qu’elle engendre et la volonté des hommes d’éradiquer leurs souvenirs pour pouvoir continuer à vivre.
    Brodeck est donc seul contre tous peut-être parce qu’il a survécu au camp, peut-être parce qu’il place son histoire avant l’Histoire, peut-être parce qu’il a conscience de la nécessité de se souvenir….

    Une autre problématique soulevée également par ce livre est la place des artistes, de ceux qui voient les âmes et les fait se révéler. Ces artistes qui nous font nous voir tels qu’on essaye de s’oublier.
    La violence des révélations qu’ils peuvent faire sur la noirceur des hommes sont autant d’étincelles lancées sur une botte de paille….


    Les mots de Claudel, à travers ceux de Brodeck, sont fluides, hypnotiques, poignants.
    L’amour et l’humanité débordent à chaque page même si les mots sont durs et effrayants et on ne peut s’empêcher d’espérer qu’à la fin, à la toute fin, c’est la mémoire qui vaincra car on ne peut se résoudre à vouloir oublier ce qui nous a fait tels que nous sommes.

    Claudel signe ici un livre sublime, sur un sujet dont on pourra parler encore des siècles sans le cerner vraiment, un livre dont je pourrais encore vous parler des heures tellement je l’ai aimé.
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