Lecteur inscrit le 01/02/2009

France

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une amoureuse des livres, des mots, des images et de la musique.
Je lis beaucoup et j'écris aussi de la poésie et un peu de tout ... mes genres de lecture peuvent variés selon mes humeurs mais j'aime les livres qui me laissent une certaine sensation, qui m'apportent une réflexion ou au contraire me procurent que le plaisir de lire sans trop autre chose ...

saphoo a reçu des «insignes du Phalanstère» :
132ème auteur de critiques
(674 points / 98 votes positifs)

40ème sélection de citations
(1557 points / 150 votes positifs)

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poésie  

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Actualités

    Le 28/07/2010

  • saphoo a apprécié une critique de La solitude lumineuse de Pablo Neruda

    La solitude lumineuse par soukee
    Je ne connaissais Pablo Neruda que pour sa poésie. Quelle surprise de découvrir ce texte en prose ! Extrait de ses mémoires - J'avoue que j'ai vécu - publiées de façon posthume, La solitude lumineuse relate les souvenirs de Neruda à l'époque où il était consul. Nommé à Colombo, à Ceylan, à Singapour puis à Batavia, il donne à voir dans ce court texte ses souvenirs.

    Quelle plume ! La prose de Neruda est d'une musicalité rare (et encore, je ne parle que de la traduction française). Ses phrases, imagées et empreintes de poésie, emmènent le lecteur dans ses pérégrinations. La solitude ressentie loin de son pays natal, le Chili, les rencontres qu'il a faites à travers ces pays, les personnes qui l'ont marqué, les événements dont il se souvient... Neruda invite son lecteur dans son voyage. Bien qu'il soit court, ce texte est d'une richesse en évasion vraiment appréciable.
    A ma lecture, je m'arrêtais quasiment à toutes les phrases pour m'imprégner de leur poésie et rêver un peu... Une lecture que je conseille à tous !
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  • saphoo a ajouté 6 livres à ses livres

     
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  • saphoo a apprécié une critique de L'Exil et le Royaume de Albert Camus

    L'Exil et le Royaume par kathel
    De temps en temps, un retour aux valeurs sûres, cela fait du bien ! Ainsi, je retrouve Albert Camus, bien des années après la lecture de L’étranger et de La chute, et un peu plus récemment La peste, mon préféré, et Le premier homme, roman inachevé sur son père et son enfance. Je ne connaissais pas L’exil et le royaume, recueil de six nouvelles assez longues et qui, bien que très différentes par leurs styles et leurs atmosphères, se rejoignent sur les thèmes de la solitude, du sentiment d’étrangeté ressenti dans un autre pays que le sien, de l’incompréhension. Quelques mots sur chacune vous en donneront une idée :
    La femme adultère : Une femme accompagne son mari dans une tournée dans les petits bourgs du désert, et côtoyer des nomades lui fait remettre son existence entière en question. C’est un très beau texte.
    Le renégat : Un missionnaire devient l’esclave et le serviteur de ceux qu’il était venu convertir. Sa voix intérieure, ses pensées chaotiques, la violence sont très forts, très durs dans cette nouvelle.
    Les muets : Des ouvriers d’une tonnellerie sont contraints de reprendre le travail après une longue grève qui n’a pas abouti. Les relations avec leur patron, pas si inhumain, sont finement analysées, le ton est mélancolique lorsque le personnage principal évoque sa jeunesse.
    L’hôte : Dans un village perdu de la montagne algérienne, l’instituteur voit arriver un gendarme qui lui confie un prisonnier. Cette nouvelle est pleine d’humanité, mais aussi d’incompréhension.
    Jonas : Dans ce texte plus léger, mais doux-amer, sûrement inspiré du quotidien ou de connaissances de Camus, un peintre a de plus en plus de mal à travailler à mesure que la célébrité s’installe. Le rapport avec l’exil paraît moins évident, mais on le comprend au bout d’un moment !
    La pierre qui pousse : Un ingénieur vient visiter une ville portuaire en Amazonie et fait la connaissance de quelques habitants. Pourront-ils se comprendre malgré des cultures bien différentes ?
    Outre le thème de l’exil, un autre point commun à ces nouvelles est le cadre, le paysage : les descriptions en sont très belles, à tel point qu’elles donnent l’impression d’avoir des photos sous les yeux.
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  • saphoo est maintenant ami avec grisette

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  • saphoo est maintenant ami avec Lencreuse

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  • saphoo a ajouté 6 livres à ses livres à lire.

     
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    Le 27/07/2010

  • saphoo a ajouté L'étonnement philosophique de Jeanne Hersch à ses livres

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  • saphoo a ajouté L'éternité n'est pas de trop de F. Cheng à ses livres

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  • saphoo a apprécié une critique de Les Vagues de Virginia Woolf

    Les Vagues par vincentf
    Ces voix qui s'entremêlent sans jamais se toucher, ces personnages qui n'en sont pas parce qu'ils ne sont que des paroles, cette quête désespérée d'une unité du moi, tantôt approchée, tantôt éloignée, ce mouvement de la vague, va-et-vient des personnages les uns vers les autres et vers eux-mêmes, ce rythme qui fait oublier qui parle parce que Bernard, Neville, Louis, Suzanne, Jinny et Rhoda sont une seule voix même s'il y a des restes de personnages, des situations particulières irréductiblement différentes, Bernard qui raconte des histoires, qui prend la parole au point de la monopoliser à la fin du roman, Bernard qui est une vague, tantôt trouvant le calme de la solitude, un rivage possible, puis retrouvant les détails de la vie ordinaire qui lui font raconter des histoires, se perdre, n'être plus que Bernard qui écrit des phrases dans un carnet, Neville qui aime, Suzanne qui s'enracine, devient un arbre, Louis qui efface son accent australien, Jinny qui n'est qu'un corps, Rhoda qui est un fantôme sans visage. Mais tous sont des fantômes sans visage.

    Il y a au coeur de ce roman une absence, la mort de Perceval, dont on n'entend jamais la voix mais qui est au centre de tout. Quelque chose flotte. Les personnages s'estompent et font place aux paysages. Perceval est mort et n'a jamais existé. J'ai la bizarre impression de ne pouvoir parler de ce livre qu'en en prenant le style, cette constante analyse intérieure qui fait que quelque chose échappe toujours, et que quelque chose, c'est tout.

    Il y a dans Les Vagues un condensé de l'expérience humaine moderne, cette avancée dans la vie où tout évolue sans vraiment changer, les souffrances et peut-être, mais ça semble moins sûr chez Virginia Woolf, les joies prenant juste plus de poids, mais les mardis succèdent aux lundis indéfiniment et les vagues ne cessent pas de se heurter contre le rivage. Il n'y a jamais de rupture dans ce texte, malgré ses six narrateurs que tout oppose et que tout réunit, ses descriptions de paysages qui viennent interrompre les monologues, les années qui passent de l'enfance à l'âge mûr. Même la mort de Perceval ne parvient pas à briser la monotonie du roman, parce que Perceval n'existait pas avant sa mort.

    Nos vies, ma vie (comme les personnages de ce roman, j'oscille sans cesse entre mon identité personnelle et mon identité humaine) coulent sans que nous trouvions (sans que je trouve) qui nous sommes (qui je suis). Solitude à la fois irrémédiable et impossible, désirée et rejetée de toutes mes forces, comme l'appel de l'autre qui fait de moi à la fois un Neville disant à l'autre "viens plus près", et une Rhoda, que l'autre horrifie et qui se cache, se vampirise, et tout à coup, sans crier gare, se retrouve morte.

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  • saphoo a ajouté L'étonnement philosophique de Jeanne Hersch à ses livres en cours.

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    Le 25/07/2010

  • saphoo est maintenant ami avec Aifelle

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    Le 24/07/2010

  • Scriba a apprécié votre critique de Le reste est silence de Carla Guelfenbein

    Le reste est silence
    C’est un livre qui surprend, étrangement on se sent pris au piège par l’histoire. De fil en anguille, les personnages se dévoilent et du moins se révèlent sous leurs faiblesses, leurs blessures, leurs silences, tout un monde se manifeste les poussant à des actions extrêmes. Au début, le tableau est superficiel et puis doucement l’auteur nous guide vers les détails, puis les profondeurs des êtres, on se laisse glisser vers les méandres psychologiques de chacun, et tout semble si différent, si fragile, si tendu, si douloureux. Comme si on entendait un cri étouffé venant du plus profond de leur âme, se débattant pour hurler et exorciser leur mal…

    On les sent prisonniers de leur passé tout comme de leur présent et encore plus de leur avenir et en silence leur souffrance murmure un besoin urgent d’une écoute, d’une main tendue, d’une compréhension, d’une lumière.

    Quand le silence cache une vérité, quand le silence ne fait qu’enfoncer le mal au plus profond de soi, étouffant du même coup, les sentiments mais qu’au hasard un enfant devient le témoin d’une révélation qui fait basculer tout un château de cartes, alors le mécanisme est enclenché, chacun dans son labyrinthe tentera de trouver une issue heureuse, chacun tentera de se retrouver, de se perdre pour mieux se comprendre…

    Il y a avant tout, des êtres humains victimes de leur condition sociale qui préfèrent faire bonne figure publiquement et cacher la vérité sur les origines et sur la mort de la mère du petit Tommy qui lui, souffre cruellement du manque de sa maman et voudrait bien comprendre pourquoi lui a-t-on caché cette maudite vérité. Il n’a de cesse de mener l’enquête sur ses origines, sa mère, sa maladie … Seul en silence, il va chercher une réponse, en souffrance d’être déjà comme sa mère, rejeté par sa faiblesse physique.

    Pour résumer c'est un livre fort que j'ai beaucoup aimer je vous invite à :
    poursuivre sur le blog car j'ai inséré des extraits dans la critique ...
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    Le 15/07/2010

  • saphoo est maintenant ami avec chamellia

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  • patouche a apprécié votre critique de Les Déferlantes de Claudie Gallay

    Les Déferlantes
    une histoire qui vous attire qui vous captive et vous capture… j’ai aimé la façon dont l’auteur nous trace la psychologie des personnages, des êtres blessés à vif, en quête d’une identité ou d’une vérité, d’autre en fuite, d’autre au seuil d’un renouveau… le style d’écriture est particulier : découpage en petits chapitres, brièveté des phrases, un peu comme une mosaïque à construire, un jeu de patience qui au bout nous révèle toute la splendeur de l’œuvre achevée. J’ai apprécié cette construction, la façon dont l’auteur nous mène au fil de la romance au rythme de la mer. Comme les ressacs, le passé vient se fracasser sur le présent ou l’inverse !


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  • saphoo a ajouté une citation de Au coeur du coeur de Andrée Chedid

    Au coeur du coeur
    Le poème apparaît souvent comme un éboulis de mots, dépourvus de sens pour l’œil non exercé

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  • saphoo a ajouté une citation de Au coeur du coeur de Andrée Chedid

    Au coeur du coeur
    Au cœur du cœur


    Au cœur de l’espace

    Le Chant


    Au cœur du chant

    Le Souffle


    Au cœur du souffle

    Le Silence


    Au cœur du silence

    L’Espoir


    Au cœur de l’espoir

    L’Autre


    Au cœur de l’autre

    L’Amour


    Au cœur du cœur

    Le Cœur

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  • saphoo a ajouté une citation de Au coeur du coeur de Andrée Chedid

    Au coeur du coeur
    Le muscle de l'espoir


    J'ai traversé des seuils rencontré le partage
    j'imaginais des sons des saveurs des reflets
    j'inventais une durée par-delà tout naufrage
    J'ai gravé l'avenir dans la moelle du passé
    Je réduisais les murs
    Transperçais les enceintes
    J'ai aimanté les mots
    J'ai dansé le silence
    sur les nervures du temps
    J'ai comblé d'herbes
    Les gouffres les brèches les failles
    Enroulé de soleils la spirale des nuits
    Au versant des carnages
    J'ai sauvegardé l'oiseau.

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  • saphoo a ajouté une critique de Au coeur du coeur de Andrée Chedid

    Au coeur du coeur
    Un petit recueil de poèmes choisis à l’occasion du printemps des poètes 2010 et des 90 ans de l’auteure. Ces poèmes sont tirés des œuvres “Textes pour un poème” – “¨Poèmes pour un texte” – Par-delà les mots” – “ Territoires du souffle”, préfacé par son petit fils “M” Matthieu et JP Siméon, l’entrée en matière nous met en appétit.

    Au coeur du coeur le titre du livre n’est ni plus ni moins qu’un poème du recueil “Rythmes”

    Extrait de la préface: “La poésie chez Andrée est une philosophie de l’existence, elle fonde une éthique de la fraternité : lien universel et éternel entre les hommes, elle nous invite à sortir de “notre étroite peau” pour que l’intimité de chacun s’ouvre à la résonance du monde et que nous donnions sens à l’aventure humaine par le partage.”

    J’ai choisi cet extrait qui est tout à fait le reflet de la poésie d’Andrée Chedid. Une poésie qui souffle un instant de vie, l’humain dans ses faiblesses et sa sagesse. La richesse et la profondeur de ses textes, nous transportent vers des horizons au-delà d’une simple poésie mais bien vers un chant universel d’un hymne à la vie.

    Il est inutile de dire que ce recueil regorge de poésies des plus délicieuses, vous pourrez croiser des chansons de “M” : Bonoboo, Je dis aime… Elle aborde des sujets classiques comme la mort, la liberté, l’amour, l’espérance mais dans une extrême sagesse et délicatesse.

    Bien que la forme soit libre, la musicalité est bien présente, la mélodie résonne et s’écoute dans le silence des rimes qui se devinent lors de votre lecture.

    Un petit recueil qui permet de découvrir cette auteure dans toute sa splendeur, à moins prix 3 €, 3 € de bonheur à lire et relire on ne s’en lasse pas… un bon moyen de découvrir de la poésie tout à fait moderne, somptueuse, qui nous éveille dans un instant de plénitude
    Le poème apparaît souvent comme un éboulis de mots, dépourvus de sens pour l’œil non exercé” : c’est sans doute une remarque juste, combien de lecteurs se trouvent dépourvus, perdus en lisant de la poésie, pas de repère, pas de trame, juste une musicalité, un parfum, une sensation, plus qu’un chemin tracé, c’est une sensibilité de multiples possibles ressentis.

    Alors que le lecteur s’accapare d’une lecture, le poème s’offre certes mais il invite plus le lecteur à s’épanouir au cœur de la poésie, lire la poésie est à l’opposé d’un roman. C’est comme une offrande simultanée du lecteur à l’auteur, à l’inverse du roman.

    Le titre du recueil comme celui du texte le démontre parfaitement : Au cœur du cœur
    Laissez-vous surprendre par une plume particulière, par une forme qui démontre que la poésie peut être grande, splendide sans les règles de rigueur que l’humain s’impose, tentez l’aventure vous ferez un beau voyage au pays des mots d’Andrée Chedid… Pour ma part, je ne m’en lasse pas c’est à chaque lecture une découverte, elle sait me surprendre à chaque relecture… toujours un réel bonheur


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  • saphoo a ajouté une citation de Solitude des Nombres Premiers (la) de Giordano Paolo

    Solitude des Nombres Premiers (la)
    Car Mattia et elle étaient unis par un fil élastique et invisible, enseveli sous un fatras insignifiant, un fil qui ne pouvait exister qu'entre deux individus de leur espèce, deux individus qui avaient reconnu leur solitude dans celle de l'autre ?

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  • saphoo a ajouté une citation de Solitude des Nombres Premiers (la) de Giordano Paolo

    Solitude des Nombres Premiers (la)
    Ils pénétrèrent dans la pièce main dans la main. Ils ne souriaient pas, leurs regards suivaient des trajectoires différentes, mais on aurait dit que leurs corps coulaient l'un dans l'autre à travers leurs bras et leurs doigts joints.
    Le contraste prononcé que formaient les cheveux clairs d'Alice autour de son visage trop pâle et les cheveux foncés de Mattia retombant sur ses yeux noirs s'anéantissait dans cet arc subtil. Il y avait entre eux un espace commun dont les confins n'étaient pas bien tracés, où rien ne semblait marquer et l'air paraissait inerte, tranquille
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  • saphoo a ajouté une citation de Solitude des Nombres Premiers (la) de Giordano Paolo

    Solitude des Nombres Premiers (la)
    Les nombres premiers ne sont divisibles que par 1 et par eux-mêmes. Ils occupent leur place dans la série infinie des nombres naturels, écrasés comme les autres entre deux semblables, mais à un pas de distance. Ce sont des nombres soupçonneux et solitaires, raison pour laquelle Mattia les trouvait merveilleux. Il lui arrivait de se dire qu’ils figuraient dans cette séquence par erreur, qu’ils y avaient été piégés telles des perles enfilées. Mais il songeait aussi que ces nombres auraient peut être préféré être comme les autres, juste des nombres quelconques, et qu’ils n’en étaient pas capable. Cette seconde pensée l’effleurait surtout le soir, dans l’entrelacement chaotique d’images qui précède le sommeil, quand l’esprit est trop faible pour se raconter des mensonges
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  • saphoo a ajouté une critique de Solitude des Nombres Premiers (la) de Giordano Paolo

    Solitude des Nombres Premiers (la)
    Ce roman est une suite de douleur, de déchirure, de souffrance, une perpétuelle recherche de soi ou plutôt une fuite de soi sans vraiment y parvenir. Alice et Mattia, ces deux enfants ayant subi un traumatisme dans leur enfance en portent les séquelles et les conséquences.

    Leur comportement semble perdu. L’un se mutile, l’autre est anorexique. Chacun d’eux tente de trouver une issue pour répondre à cette non-réponse de plaie béante qui ne s’est jamais refermée. Ils sont tous deux au bord d’un gouffre à frelater dangereusement avec l’irrémédiable.

    Ces spécimens de l’étrange mathématique sont voués à rester seul, seul avec eux-mêmes et leur souffrance d’être unique à la recherche d’un possible double pour se compléter, s’épauler et enfin avancer.

    C’est ainsi que ces deux êtres, ces deux solitaires se reconnaissent, se soutiennent se perdent et se retrouvent à nouveau, s’éloignent un peu comme un jeu d’aimant, pour mieux se retrouver. Quand ils sont deux, ils semblent être qu’un, ces nombres premiers qui n’acceptent qu’eux-mêmes, se fondent pour être encore qu’un et un seul être
    Une lecture prenante mais pesante non par le style mais par cette douleur qui plane en permanence sur ces deux enfants même devenus adultes, ils semblent figés dans un perpétuel dilemme : être ou pas être, j’aurai la facilité de dire telle est la question, mais je pense il faut lire ce livre pour mesurer toute la psychologie des personnages et parvenir à saisir la faille dans laquelle s’est engouffrée toute la vie de ces deux enfants. Une déchirure jamais cicatrisée. Ils se tiennent la main sur le pénible chemin de la vie ainsi meurtrie, une belle histoire d’amitié plus que d’amour, je dirai même une fraternité entre Mattia et Alice.

    Un style qui peut sembler froid et austère sous allure mathématique amplifie largement à cette ambiance pensante de la solitude des êtres perdus et figés dans leur douleur.


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    Le 10/07/2010

  • saphoo est maintenant ami avec Theoma

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    Le 07/07/2010

  • saphoo a ajouté une citation de La distribution des lumières de Stéphanie Hochet

    La distribution des lumières
    Je repense aux vignes près de chez moi, aux fermes et aux vallons. Aux places calmes des villages où paressent des chats qui vous regardent en clignant de l’oeil, belle activité pour des chats qui n’ont rien d’autre à faire si ce n’est, par moments, présenter leur ventre au soleil. Me viennent aux narines l’odeur de la campagne, le parfum des fleurs de haricots, les dalhias, la terre au crépuscule qui se repose d’une longue journée de chaleur, et l’ombre humide des arbres. Je cueille l’essence de la terre que j’aime. J’ai tout ça en moi, ces choses précieuses que je n’ai pas totalement laissées là-bas.
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  • saphoo a ajouté une citation de La distribution des lumières de Stéphanie Hochet

    La distribution des lumières
    Je suis parti mais je n’ai pas coupé les liens avec mon pays. J’ai gardé l’habitude d’acheter les journaux italiens, je me rendais au kiosque pour demander La Répubblica. Elsa a souffert de notre rupture, pour reconstruire la part d’elle que j’avais détruite, elle m’a laissé sans nouvelles durant des mois. Ensuite, notre camaraderie a repris par courrier. S’il avait continué, j’aurais enduré son silence comme une torture. Je lui ai écrit une lettre ou bien un mail par semaine. je n’ai pas changé de fréquence, j’ai trouvé mon rythme naturel. Ses réponses m’ont sauvé de ce froid qui m’habitait depuis que je ressassais mes remords. Ce n’est pas parce que j’avais fui que j’avais tourné le dos à vingt-cinq ans de vie commune avec Elsa. Je ne pourrais pas rompre comme ceux qui font le deuil de l’autre. Pour moi, oublier une personne qu’on a aimé c’est le début de la barbarie.
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  • saphoo a ajouté une citation de La distribution des lumières de Stéphanie Hochet

    La distribution des lumières
    J’aimais trop les femmes pour tolérer qu’on les insulte. J’ai toujours eu le fantasme presque sensuel de liens civilisés avec l’autre sexe. C’est la civilisation qui a créé l’érotisme. Sans la culture et ses entrelacs de complexités, de distance où l’art, la poésie se sont engouffrés, il ne reste que la bestialité, la vie aveugle des animaux

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  • saphoo a ajouté une critique de La distribution des lumières de Stéphanie Hochet

    La distribution des lumières
    Plusieurs personnages prennent tour à tour la parole, mais une seule mène la danse, la démoniaque Aurèle. Une adolescente tout à fait classique à première vue, qui se cherche, s’enivre, s’interroge, s’ennuie et se met à épier une voisine qui n’est qu’autre sa professeur de musique au collège : la charmante Anna.

    Aurèle entraîne son demi-frère Jérôme et joue de sa faiblesse mentale pour le rendre complice de son jeu l’entraînant dans sa spirale infernale. Jérôme n’a d’yeux que pour sa sœur, lui vouant une totale confiance, se laisse glisser vers des dérives houleuses. Alors que Pasquale devient un rival, le couple infernal –sœur-frère- le mènera dangereusement vers une histoire d’un meurtre puis deux.

    Dire plus, serait dévoiler toute l’intrigue finement menée dont rien ne laisse présager un tel scénario. Chapitre après chapitre, on ressent le piège qui se referme doucement mais inévitablement sur Anna et Pasquale. Ce dernier soutenu par sa femme qu’il a laissée en Italie parvient à garder espoir d’échapper à cette manigance, glissant par moments vers une douce folie. Son attitude est vraiment touchante, on perçoit tout à fait sa lucidité qui tombe en lambeaux, semble se reprendre, mais reste consterné avec son impuissance. Du doute à la vérité, des scènes orchestrées avec brio rendent la lecture prenante et passionnante.

    Les personnages sont forts et bien démarqués. La présentation psychologique des 3 personnages principaux est tout à fait remarquable. On pense toucher la vérité du bout des doigts et puis tout s’évanouit comme une ombre que la nuit absorberait…

    C’est fin, prenant, surprenant. Ca pourrait être un thriller, mais c’est encore plus subtile, un mélange d’un tout qui s’impose avec délicatesse de page en page.

    La lumière braquée sur le comportement d’une adolescente d’apparence inoffensive même attentionnée avec son demi-frère, prend des mesures disproportionnées, au nom d’une passion obsessionnelle envers Anna. L’innocence et l’inconscience de ses actes rendent la position de Pasquale encore plus fragile et celle d’Anna périlleuse.

    L’ histoire qui se déroule en banlieue, reflète ce mal, ce besoin d’exister, de se faire aimer, par des actes percutant les règles des adultes. Une façon de dire : je suis sans doute une ado lambda, mais sous ma capuche, j’irai au bout de ma volonté détruire par plaisir ce monde absurde dans lequel je ne trouve pas ma place ni d’avenir…

    Sans l’ombre d’un remords, Aurèle continuera son petit bonhomme de chemin, et se souviendra de ce drame comme un jeu dont elle aurait gagné la partie sans réaliser qu’elle a détruit des vies comme si elle écrasait une mouche. Elle en parle comme une mauvaise blague dont elle se serait bien marrée : “ le crétin ! il n’a eu que ce qu’il méritait” sera la dernière phrase de l’adolescente qui referme le livre, laissant le lecteur déconcerté mais tout à fait conscient de la réalité des choses qui est malheureusement une part de notre société actuelle. La dérive d’une humanité en mal d’exister à la recherche de soi, se perd dans des actes basculant inexorablement vers des drames.

    Quand les limites n’ont plus de frontières, il ne fait pas bon croiser le chemin d’une adolescente dans une banlieue où l’oisiveté et l’errance de soi mènent à des pratiques dangereuses et où la manipulation des êtres est une arme redoutable…

    Quand à la plume de Stéphanie Hochet, elle nous porte avec délicatesse et douceur bien que très franche. Elle expose plusieurs sujets intéressants en filigrane au coeur de l’histoire qui nous invite à méditer.

    Pour résumé, c’est une lecture intéressante , originale et agréable nous laissant un arrière goût amer de réalisme et d’impuissance. La douceur de la majorité des personnages est épinglée par la cynique Aurèle dont notre seule envie est de chopper cette gamine , braquer la lumière sur ses actes et lui exposer notre colère.

    Un livre tout en contraste mais parfaitement bien mené et équilibré. Un roman à ne pas manquer !

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    Le 04/07/2010

  • saphoo est maintenant ami avec liratouva2

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  • saphoo est maintenant ami avec KarineBellocq

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    Vous voyez dans mes élans, dans mes choix, des intentions que je n'ai pas. Je pense que les piètres résultats de ma diplomatie amoureuse prouvent que je ne me demande pas souvent si j'ai raison d'aimer. Il est bien possible que vous n'auriez été réellement pour moi qu'un pis-aller, mais ce n'est pas ainsi que je vous voyais. Je commençais à sentir que vous aviez pris pour moi une place à part. Pourtant, votre intelligence ne me comprenait pas mieux, peut-être moins bien ; votre amour ne se prouvait pas plus délicatement ; votre dévouement n'éclatait pas davantage ; tout chez vous était peut-être médiocre. Mais je préférais ce qui venait de vous. Pourquoi ?
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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    Je sens constamment dans votre lettre le désir que vous avez de voiler la simple et unique vérité qu'elle contient sous des raisonnements de mots, des humilités, des subterfuges… presque. Il en est d'amusants.
    « Sans doute aviez-vous raison, je le sais… mais qui sait ce qui serait arrivé si vous n aviez pas eu raison ?

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    On attend une lettre ; on espère dans une visite retrouver une illusion d'autrefois ; le cœur bat quand la porte s'ouvre ; la poignée de main produit l'émotion du baiser ancien ; on conserve soigneusement une rose apportée ; un compliment banal paraît un regret. Puis l'enchantement s'en va, et l'on sait très bien que tout cela est faux. Ce sont des lianes souples qui s'agrippent, retiennent dans un passé évanoui et laissent sans force pour agir et vivre.

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    Et pour que je ne souffre plus, il faut que vous partiez afin qu'un jour votre nom prononcé devant moi passe comme un souffle sans plus rien effleurer. Je veux cet effacement car j'ai besoin de paix ; vous, vous avez le bonheur ; un peu d'amour de moi ne vous apporterait rien.

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    “Oui, il est très tard ; je viens d'éteindre la lampe pour laisser entrer dans ma chambre la lumière de la nuit.”

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    “Celui pour qui l'on est fait, n'est-ce pas celui pour qui l'on accepte d'être fait ?
    Celui-là, pour moi, eût pu être vous.”

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  • saphoo a ajouté une citation de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    “Mais laissez-moi : vous ne pouvez plus être avec moi. Laissez-moi souffrir, laissez-moi guérir, laissez-moi seule.”

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  • saphoo a ajouté une critique de Laissez-moi : Commentaire de Marcelle Sauvageot

    Laissez-moi : Commentaire
    Cette dernière phrase - “Une flamme très pure défiant la vie” -se suffit à résumé ce petit livre qui est ni un roman, ni une nouvelle, je dirai une longue lettre unique comme un dévidoir d’une blessure qui se doit de saigner, s’épurer, s’éclaircir et trouver au fin fond de cette douleur, le baume qui rendra cette plaie moins suintante, cicatrisant lentement au fil des mots écrits, pour ne pas dire jetés sur ce papier, tant on ressent sa déception, sa colère, son incompréhension et sa résignation.

    Ce livre est l’unique de cette dame emportée par la tuberculose. A la lecture de ce récit, on ressent son empressement à livrer tout ce bouillonnement en elle, tant cette rupture sans autre explication que cette phrase : « Je me marie… Notre amitié demeure… » '(c’est un peu léger), blessant et complètement ahurissant. Elle dépeint donc ce récit autour de cette phrase, elle tente d’analyser le pourquoi du comment, elle expose le sens du mot “Amour mué en Amitié” (ce qu’il lui laisse) elle tente de comprendre comment elle conçoit cette relation avant et après cette phrase. Cette longue lettre n’est autre qu’un abcès qu’elle perce à vif en plus de sa maladie elle doit donc combattre cette souffrance supplémentaire.

    Sa force qu’elle puise à écrire est sans doute le remède à cette blessure, dire ce qui n’a pas été dit sincèrement, mettre noir sur blanc les mots amers et chargés de rancœur, comment en être autrement alors qu’elle attendait du soutien, un amour de toujours, elle n’a qu’un lâche qui lui envoie cette lettre dérisoire avec cette simple phrase sans autres explications ni excuses.

    Mais elle ne tombe pas dans l’apitoiement, le plus à plaindre serait même cet ignoble personnage qu’elle nommait “Bébé” , il ne mérite aucune éloge, ni nom, pas de pitié pour ce genre d’être humain égoïste sans une once de courage, et monsieur la prie de garder leur amitié, non mais puis quoi encore… elle l’envoie au diable et c’est ce qu’il mérite…

    En résumé, un petit livre qui traversera le temps sans problème tant ce sujet est ô combien éternel, mais ce qui le rend intéressant c’est la manière qu’elle aborde cette rupture, comment elle l’analyse, elle la rend moins aigre et puise en elle, la noirceur du personnage afin de le rendre plus laid et plus rebutant que jamais à l’oublier au plus vite.


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  • saphoo a ajouté une citation de Et les hommes sont venus de Chris Cleave

    Et les hommes sont venus
    L’éclat orange de la nuit s’est estompé, et j’ai commencé à distinguer les champs et les haies qui nous entouraient. Au début, tout était gris, mais ensuite, les couleurs ont peu à peu envahi le paysage – du bleu, du vert, des teintes douces, comme si elles étaient dépourvues de bonheur. Puis le soleil s’est levé et le monde entier s’est transformé en or. Il y avait de l’or tout autour de moi, je marchais à travers des nuages dorés. Le soleil flamboyait sur la brume blanche accrochée au –dessus des champs, et la brume s’enroulait autour de mes jambes. J’ai tourné ma tête vers ma sœur, mais elle avait disparu avec la nuit. J’ai souri quand même, parce que j’ai senti qu’elle m’avait laissé sa force. J’ai contemplé ce beau lever de soleil et je me suis dit : oui, oui, tout va être beau comme ça maintenant. Je n’aurai plus jamais peur. Je ne passerai plus un seul jour enfermée dans le gris
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  • saphoo a ajouté une critique de Et les hommes sont venus de Chris Cleave

    Et les hommes sont venus
    Petite Abeille, Sarah … deux femmes, deux cultures opposées, rien qui pourrait les rassembler, et pourtant… faute de sauver son couple lors d’une escapade au Nigéria, Sarah fera bien mieux : elle sauvera la vie de Petite Abeille fuyant avec sa sœur l’horreur d’un certain génocide déguisé… Sarah contrairement à son mari n’hésite pas une seconde…cette seconde décisive où le destin bascule à tout jamais

    Le roman se dessine en mosaïque : l’histoire de Petite Abeille percute le chemin de Sarah, dès lors leur vie vole en éclats… chaque pièce est soigneusement posée alternativement par l’une et l’autre des deux femmes… afin de reconstituer l’histoire de chacune d’elles, l’une qui vient au secours de l’autre, puis inversement comme une invite à ne pas sombrer à tout jamais vers une issue fatale… Petite Abeille nous révèle les drames de son pays, sa fuite, et les conditions des réfugiés …La confrontation de deux civilisations aussi différentes provoque forcément des situations plus ou moins dramatiques mais aussi loufoques et ironiques voire improbables. C’est sans doute ce qui sauvera Petite Abeille dans ce pays où “: il faut être jolie ou parler joliment” pour espérer être accepté … Petite Abeille opte pour la deuxième solution : l’Anglais de la Reine, qu’elle s’évertue à maîtriser ce qui ne manque pas toujours d’être comique… mais on ne peut que s’incliner face à sa persévérance, son courage et son optimisme.

    En écho, Sarah nous livre son histoire, sa rencontre avec Petite Abeille mais aussi son couple qui bat de l’aile, son travail qui ne correspond plus à ses attentes, elle ne sait plus faire semblant de ne pas savoir ce qui se passe au Nigéria tant que dans tous ces pays en voie de développement… De drame en drame, elle finit par prendre la décision de protéger Petite Abeille faute de ne pouvoir changer le monde…

    Ce roman se joue donc sur deux tableaux, et nous dévoile plus d’une facette… Cette construction du roman est originale, et le fait de nous révéler par brides les événements de l’une et de l’autre, nous plonge dans une intrigue intéressante. De rebondissement en rebondissement, la mosaïque prend forme et nous livre une histoire bien que dramatique fort poignante et émouvante.


    Quant aux autres sujets proposés comme : l’infidélité, ils deviennent presque insignifiants face à l’atrocité du vécu de Petite Abeille et dérisoires à côté de la situation que vivent au quotidien les réfugiés et les sans-papiers… il est vrai que pris à part, chaque événement est important mais mis côte à côte, forcément l’un l’emporte sur l’autre et là surgissent toutes les questions personnelles : y-t-il lieu de faire un drame de son mal-être au quotidien alors qu’à notre porte, des vies sont complètement anéanties, meurtries, bafouées, pour ne pas dire ignorées, passées sous silence ces conditions inhumaines ….elles devraient nous révolter et nous mobiliser au lieu de se lamenter sur le sort d’une infidélité, sur son boulot qui devient qu’une routine etc …

    En résumé :

    Un roman qui met à la lumière les points bien sombres de notre civilisation…

    Une belle lecture, des personnages attachants parfois marrants, émouvants : j’ai beaucoup apprécié ce roman à deux voix et approuvé les choix de Sarah vis-à-vis de Petite Abeille , mettant en veille sa carrière mais profitant de son expérience et de son courage pour la sauver elle et bien d’autres petites abeilles en détresse… une goutte d’eau dans la mer, mais une goute et une goutte ça finit par compter… ce qui est contradictoire car c’est bien une goutte d’eau qui a fait déborder le vase de Sarah … ne négligeons pas l’infime qui peut tout faire basculer vers l’extrême …


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