Lecteur inscrit le 30/07/2009

Estelle 34000 France

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Libraire et lectrice boulimique, je suis assez éclectique dans mes choix de lectures : romans, bds, mangas, polar, science-fiction...
Et c'est toujours un plaisir de partager ses lectures, que ce soit dans mon travail ou dans ma vie personnelle !

chocobogirl a reçu des «insignes du Phalanstère» :
332ème auteur de critiques
(334 points / 44 votes positifs)

237ème sélection de citations
(248 points / 19 votes positifs)

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    Le 02/09/2010

  • chocobogirl est maintenant ami avec choupynette

  •  

    Le 27/08/2010

  • Fattorius a apprécié une de ses critiques

    Les derniers flamants de Bombay
    Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvant Shanghvi
     
    Karan Seth est un jeune photographe d'avenir qui débarque de province pour rejoindre la foisonnante Bombay. Travaillant pour le journal India Chronicle, il ambitionne de constituer une banque d'archives photographiques sur Bombay, des photos en apparence insignifiantes sur les petites choses du quotidien mais formant une vision originale de la ville.
    En attendant, Karan se voit confier une mission pour le journal : ramener une photo de Samar Arora, un célèbre pianiste qui s'est retiré de la vie publique. Difficile d'accès, ce dernier refuse ses demandes d'entretien. Pourtant le photographe réussit à obtenir une rencontre gràce à son culot. Leur entrevue se déroule paisiblement jusqu'à l'arrivée subite de Zaïra, célèbre actrice de Bollywood et meilleure amie de Samar. Complètement bouleversée, cette dernière vient de subir un énième harcèlement de la part de Malik, fils du ministre Prasad qui se croit à l'abri de toutes représailles.
    Karan, qui fera preuve de discrétion et de tact, vis à vis de cette histoire sulfureuse qui pourrait faire les unes des journaux ignore encore qu'il vient de s'allier une amie de coeur. Zaïra qui, comme les autres, pressent un talent caché chez notre photographe débutant, lui suggère d'aller se promener au milieu de Choor bazar et de chercher un "fornicateur de Bombay". Au gré de ses recherches, Karan fait la connaissance de Rhéa, une belle femme séduisante qui l'entraine à la découverte des coins cachés de Bombay. Une tension sexuelle nait entre eux mais la jeune femme est mariée...
    Un nouveau monde s'ouvre à Karan : celui des stars de cinéma, celui de l'amitié et de la passion mais aussi celui des drames...

    Le roman se découpe en 3 parties.
    La première met en place le récit, présente les personnages et dresse leur portrait psychologique ainsi que les nouvelles relations qui naissent entre eux. Elle s'achèvera sur un drame : le meurtre de l'un des personnages.
    La deuxième partie va être entièrement centrée sur cet assassinat et surtout sur ses répercutions dans la vie de ses proches. Un vaste procès, qui va déchainer les médias, va être instruit et bouleverser profondément les amis de la victime.
    Enfin la dernière partie du roman nous fera retrouver tous les personnages du récit après une ellipse de plusieurs années. Chacun a mûri, suivi sa voie ou non, fait des choix. Tous ont été marqués par cette mort, tous ont changés mais tels les derniers flamants roses de Bombay, ils sont toujours là.

    Il m'est très difficile de vous donner un avis tranché sur ce roman qui m'a donné des sentiments très contrastés.
    L'histoire de ce provincial qui arrive dans la ville la plus peuplée d'Inde est assez touchante. Enthousiaste, naïf et rêveur, Karan semble promis à un bel avenir qui défie l'ordre social. Pourtant, il se verra écrasé par cette grosse machine qui fera s'envoler toutes ses illusions.
    Samar offre un profil atypique. Pianiste réputé, il s'est retiré pour des raisons inconnues et défie la moralité encore traditionnelle de l'Inde en affichant son homosexualité avec Léo, un jeune occidental.
    Zaïra, l'actrice adulée, cache beaucoup de souffrance, conséquence de son succès. Amoureuse de Samar, elle doit se contenter de n'être qu'une amie pour lui.
    Rhéa qui a abandonné ses ambitions artistiques pour vivre avec l'homme qu'elle aime, s'interroge malgré tout sur la pertinence de ce choix alors qu'elle n'est pas insensible au charme de Karan.
    Des personnages variés donc qui possède chacun leurs forces et leurs faiblesses.

    Et puis, il y a l'Inde et Bombay surtout, foisonnante et surpeuplée. Lieu de tous les contrastes, oscillant entre le luxe de la jet set et la misère des marchands du bazar. Bombay et son industrie cinématographique et ses stars adulés . Bombay et sa classe moyenne, ses artistes, sa puissance sensuelle. Bombay enfin et son gouvernement corrompu, ses simulacres de procès où chacun vend son rôle pour mieux sortir de la masse grouillante de la ville.
    Shanghvi dresse ici un portrait pas toujours flatteur de cette ville où la solitude n'existe pas. Une ville pleine de contradictions, oscillant entre modernité et tradition, à l'image du pays même.
    Bref un portrait qui sort des clichés habituels de l'Inde et de ses bidonvilles.

    Pourtant si la trame de l'histoire est intéressante, les personnages bien marqués, et l'ambiance indienne fort bien rendue, mon début de lecture m'a laissé fort dubitative quant à l'écriture. Ponctué de formules maladroites qui frisent parfois le cliché, le texte semble pencher du côté harlequinesque de la Force !
    De nombreux exemples relevés ici ou là :

    " Elle est tellement canon qu'à elle seule elle fait grimper l'indice national de masturbation."

    " La jubilation suinta de Natasha comme une goutte de sperme précoce."

    " L'expression acérée du jeune homme, son regard franc, ses yeux auburn enfoncés dans leurs orbites, sa crinière noire de jais et sa machoire prononcée continuèrent à exciter Natasha bien après qu'il eut disparu de sa ligne de mire. "

    " Lorsqu'il était nerveux, le ministre Chander Prasad avait l'habitude de se gratter si sauvagement les bourses que ses morpions en avaient des orgasmes à répétition. "

    " Elle agita le quiqui de son mari, si désobligeamment flasque qu'elle lui trouva un air d'algue échouée sur la grève. "

    Outre ses nombreuses fulgurances langagières qui me paraissent fort déplacées dans ce roman qui me semble assez loin de cette sorte de vulgarité de dessous de la ceinture, je dois dire aussi que la construction du roman m'a aussi un peu gênée.

    Malgré un découpage marqué en 3 parties, j'ai ressenti une certaine manque de cohérence dans l'ensemble. Chaque partie semble s'attacher à un sujet marqué, quitte à zapper celui qui prenait toute la partie précédente. Par exemple, alors que la 2ème partie est entièrement centrée sur un procès qui traine en longueur et qu'on aspire à voir enfin se terminer, la dernière partie l'occulte presque pour mieux nous expliquer ce que sont devenus les personnages, se concentrant plus particulièrement sur la maladie de l'un d'eux. L'ellipse temporelle est vite résumée et l'auteur se concentre sur leur ressenti présent.
    Du coup, j'ai trouvé ce roman un peu déséquilibré dans la répartition de l'intrigue.

    Malgré ces défauts pourtant, il y a de bonnes choses dans ce roman. Outre la richesse des personnages et de la description de Bombay déjà évoqués précédemment, le roman s'ouvre sur quelque chose qui va plus loin.
    La très belle fin, qui ne tombe heureusement pas dans le cliché du happy end, est là pour nous rappeler qu'on ne gagne pas toujours au jeu de la vie et qu'il faut savoir en prendre son partie, une réflexion ma foi bien indienne, qu'on pourrait retrouver dans la religion hindouiste.

    " A son corps défendant, avec une infinie tristesse, Karan en était venu à accepter qu'un être humain fût constitué non seulement de tout ce qu'il avait acquis au fil du temps, mais aussi de tout ce qu'il avait perdu. "

    " - Je n'ai jamais souhaité que quiconque reste près de moi une seconde de plus qu'il n'en a envie. Mais j'aurais voulu savoir alors ce que je n'ai découvert que récemment : il ne faut jamais aimer quelqu'un au point de mettre son propre bonheur en péril. "

    " Il y a des jours... la plupart, en réalité... où la douleur semble faire le vide dans ma tête... C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle nous tombons malade : pour pouvoir détester la vie à laquelle nous aspirons tant. "

    Tels des flamants, malgré la puanteur de la ville et ses marécages, malgré une ville nouvelle en pleine transformation, les hommes sont toujours là, présents dans une ville qui le leur rend si mal.

    " Je suppose que nous sous-estimons toujours le pouvoir de l'endurance. "

    "Les derniers flamants de Bombay" fut donc une lecture étrange qui a réussit tout de même à m' emporter aux frontières indiennes mais qui reste entacher par des défauts majeurs (réelle volonté de l'auteur ou problème de traduction ?) qui m'empêche de vous conseiller sans réserve cette histoire, loin d'être inintéressante.

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  •  

    Le 26/08/2010

  • Zazette97 a apprécié une de ses critiques

    Les derniers flamants de Bombay
    Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvant Shanghvi
     
    Karan Seth est un jeune photographe d'avenir qui débarque de province pour rejoindre la foisonnante Bombay. Travaillant pour le journal India Chronicle, il ambitionne de constituer une banque d'archives photographiques sur Bombay, des photos en apparence insignifiantes sur les petites choses du quotidien mais formant une vision originale de la ville.
    En attendant, Karan se voit confier une mission pour le journal : ramener une photo de Samar Arora, un célèbre pianiste qui s'est retiré de la vie publique. Difficile d'accès, ce dernier refuse ses demandes d'entretien. Pourtant le photographe réussit à obtenir une rencontre gràce à son culot. Leur entrevue se déroule paisiblement jusqu'à l'arrivée subite de Zaïra, célèbre actrice de Bollywood et meilleure amie de Samar. Complètement bouleversée, cette dernière vient de subir un énième harcèlement de la part de Malik, fils du ministre Prasad qui se croit à l'abri de toutes représailles.
    Karan, qui fera preuve de discrétion et de tact, vis à vis de cette histoire sulfureuse qui pourrait faire les unes des journaux ignore encore qu'il vient de s'allier une amie de coeur. Zaïra qui, comme les autres, pressent un talent caché chez notre photographe débutant, lui suggère d'aller se promener au milieu de Choor bazar et de chercher un "fornicateur de Bombay". Au gré de ses recherches, Karan fait la connaissance de Rhéa, une belle femme séduisante qui l'entraine à la découverte des coins cachés de Bombay. Une tension sexuelle nait entre eux mais la jeune femme est mariée...
    Un nouveau monde s'ouvre à Karan : celui des stars de cinéma, celui de l'amitié et de la passion mais aussi celui des drames...

    Le roman se découpe en 3 parties.
    La première met en place le récit, présente les personnages et dresse leur portrait psychologique ainsi que les nouvelles relations qui naissent entre eux. Elle s'achèvera sur un drame : le meurtre de l'un des personnages.
    La deuxième partie va être entièrement centrée sur cet assassinat et surtout sur ses répercutions dans la vie de ses proches. Un vaste procès, qui va déchainer les médias, va être instruit et bouleverser profondément les amis de la victime.
    Enfin la dernière partie du roman nous fera retrouver tous les personnages du récit après une ellipse de plusieurs années. Chacun a mûri, suivi sa voie ou non, fait des choix. Tous ont été marqués par cette mort, tous ont changés mais tels les derniers flamants roses de Bombay, ils sont toujours là.

    Il m'est très difficile de vous donner un avis tranché sur ce roman qui m'a donné des sentiments très contrastés.
    L'histoire de ce provincial qui arrive dans la ville la plus peuplée d'Inde est assez touchante. Enthousiaste, naïf et rêveur, Karan semble promis à un bel avenir qui défie l'ordre social. Pourtant, il se verra écrasé par cette grosse machine qui fera s'envoler toutes ses illusions.
    Samar offre un profil atypique. Pianiste réputé, il s'est retiré pour des raisons inconnues et défie la moralité encore traditionnelle de l'Inde en affichant son homosexualité avec Léo, un jeune occidental.
    Zaïra, l'actrice adulée, cache beaucoup de souffrance, conséquence de son succès. Amoureuse de Samar, elle doit se contenter de n'être qu'une amie pour lui.
    Rhéa qui a abandonné ses ambitions artistiques pour vivre avec l'homme qu'elle aime, s'interroge malgré tout sur la pertinence de ce choix alors qu'elle n'est pas insensible au charme de Karan.
    Des personnages variés donc qui possède chacun leurs forces et leurs faiblesses.

    Et puis, il y a l'Inde et Bombay surtout, foisonnante et surpeuplée. Lieu de tous les contrastes, oscillant entre le luxe de la jet set et la misère des marchands du bazar. Bombay et son industrie cinématographique et ses stars adulés . Bombay et sa classe moyenne, ses artistes, sa puissance sensuelle. Bombay enfin et son gouvernement corrompu, ses simulacres de procès où chacun vend son rôle pour mieux sortir de la masse grouillante de la ville.
    Shanghvi dresse ici un portrait pas toujours flatteur de cette ville où la solitude n'existe pas. Une ville pleine de contradictions, oscillant entre modernité et tradition, à l'image du pays même.
    Bref un portrait qui sort des clichés habituels de l'Inde et de ses bidonvilles.

    Pourtant si la trame de l'histoire est intéressante, les personnages bien marqués, et l'ambiance indienne fort bien rendue, mon début de lecture m'a laissé fort dubitative quant à l'écriture. Ponctué de formules maladroites qui frisent parfois le cliché, le texte semble pencher du côté harlequinesque de la Force !
    De nombreux exemples relevés ici ou là :

    " Elle est tellement canon qu'à elle seule elle fait grimper l'indice national de masturbation."

    " La jubilation suinta de Natasha comme une goutte de sperme précoce."

    " L'expression acérée du jeune homme, son regard franc, ses yeux auburn enfoncés dans leurs orbites, sa crinière noire de jais et sa machoire prononcée continuèrent à exciter Natasha bien après qu'il eut disparu de sa ligne de mire. "

    " Lorsqu'il était nerveux, le ministre Chander Prasad avait l'habitude de se gratter si sauvagement les bourses que ses morpions en avaient des orgasmes à répétition. "

    " Elle agita le quiqui de son mari, si désobligeamment flasque qu'elle lui trouva un air d'algue échouée sur la grève. "

    Outre ses nombreuses fulgurances langagières qui me paraissent fort déplacées dans ce roman qui me semble assez loin de cette sorte de vulgarité de dessous de la ceinture, je dois dire aussi que la construction du roman m'a aussi un peu gênée.

    Malgré un découpage marqué en 3 parties, j'ai ressenti une certaine manque de cohérence dans l'ensemble. Chaque partie semble s'attacher à un sujet marqué, quitte à zapper celui qui prenait toute la partie précédente. Par exemple, alors que la 2ème partie est entièrement centrée sur un procès qui traine en longueur et qu'on aspire à voir enfin se terminer, la dernière partie l'occulte presque pour mieux nous expliquer ce que sont devenus les personnages, se concentrant plus particulièrement sur la maladie de l'un d'eux. L'ellipse temporelle est vite résumée et l'auteur se concentre sur leur ressenti présent.
    Du coup, j'ai trouvé ce roman un peu déséquilibré dans la répartition de l'intrigue.

    Malgré ces défauts pourtant, il y a de bonnes choses dans ce roman. Outre la richesse des personnages et de la description de Bombay déjà évoqués précédemment, le roman s'ouvre sur quelque chose qui va plus loin.
    La très belle fin, qui ne tombe heureusement pas dans le cliché du happy end, est là pour nous rappeler qu'on ne gagne pas toujours au jeu de la vie et qu'il faut savoir en prendre son partie, une réflexion ma foi bien indienne, qu'on pourrait retrouver dans la religion hindouiste.

    " A son corps défendant, avec une infinie tristesse, Karan en était venu à accepter qu'un être humain fût constitué non seulement de tout ce qu'il avait acquis au fil du temps, mais aussi de tout ce qu'il avait perdu. "

    " - Je n'ai jamais souhaité que quiconque reste près de moi une seconde de plus qu'il n'en a envie. Mais j'aurais voulu savoir alors ce que je n'ai découvert que récemment : il ne faut jamais aimer quelqu'un au point de mettre son propre bonheur en péril. "

    " Il y a des jours... la plupart, en réalité... où la douleur semble faire le vide dans ma tête... C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle nous tombons malade : pour pouvoir détester la vie à laquelle nous aspirons tant. "

    Tels des flamants, malgré la puanteur de la ville et ses marécages, malgré une ville nouvelle en pleine transformation, les hommes sont toujours là, présents dans une ville qui le leur rend si mal.

    " Je suppose que nous sous-estimons toujours le pouvoir de l'endurance. "

    "Les derniers flamants de Bombay" fut donc une lecture étrange qui a réussit tout de même à m' emporter aux frontières indiennes mais qui reste entacher par des défauts majeurs (réelle volonté de l'auteur ou problème de traduction ?) qui m'empêche de vous conseiller sans réserve cette histoire, loin d'être inintéressante.

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  •  
  • chocobogirl a ajouté une critique

    Les derniers flamants de Bombay
    Les derniers flamants de Bombay de Siddharth Dhanvant Shanghvi
     
    Karan Seth est un jeune photographe d'avenir qui débarque de province pour rejoindre la foisonnante Bombay. Travaillant pour le journal India Chronicle, il ambitionne de constituer une banque d'archives photographiques sur Bombay, des photos en apparence insignifiantes sur les petites choses du quotidien mais formant une vision originale de la ville.
    En attendant, Karan se voit confier une mission pour le journal : ramener une photo de Samar Arora, un célèbre pianiste qui s'est retiré de la vie publique. Difficile d'accès, ce dernier refuse ses demandes d'entretien. Pourtant le photographe réussit à obtenir une rencontre gràce à son culot. Leur entrevue se déroule paisiblement jusqu'à l'arrivée subite de Zaïra, célèbre actrice de Bollywood et meilleure amie de Samar. Complètement bouleversée, cette dernière vient de subir un énième harcèlement de la part de Malik, fils du ministre Prasad qui se croit à l'abri de toutes représailles.
    Karan, qui fera preuve de discrétion et de tact, vis à vis de cette histoire sulfureuse qui pourrait faire les unes des journaux ignore encore qu'il vient de s'allier une amie de coeur. Zaïra qui, comme les autres, pressent un talent caché chez notre photographe débutant, lui suggère d'aller se promener au milieu de Choor bazar et de chercher un "fornicateur de Bombay". Au gré de ses recherches, Karan fait la connaissance de Rhéa, une belle femme séduisante qui l'entraine à la découverte des coins cachés de Bombay. Une tension sexuelle nait entre eux mais la jeune femme est mariée...
    Un nouveau monde s'ouvre à Karan : celui des stars de cinéma, celui de l'amitié et de la passion mais aussi celui des drames...

    Le roman se découpe en 3 parties.
    La première met en place le récit, présente les personnages et dresse leur portrait psychologique ainsi que les nouvelles relations qui naissent entre eux. Elle s'achèvera sur un drame : le meurtre de l'un des personnages.
    La deuxième partie va être entièrement centrée sur cet assassinat et surtout sur ses répercutions dans la vie de ses proches. Un vaste procès, qui va déchainer les médias, va être instruit et bouleverser profondément les amis de la victime.
    Enfin la dernière partie du roman nous fera retrouver tous les personnages du récit après une ellipse de plusieurs années. Chacun a mûri, suivi sa voie ou non, fait des choix. Tous ont été marqués par cette mort, tous ont changés mais tels les derniers flamants roses de Bombay, ils sont toujours là.

    Il m'est très difficile de vous donner un avis tranché sur ce roman qui m'a donné des sentiments très contrastés.
    L'histoire de ce provincial qui arrive dans la ville la plus peuplée d'Inde est assez touchante. Enthousiaste, naïf et rêveur, Karan semble promis à un bel avenir qui défie l'ordre social. Pourtant, il se verra écrasé par cette grosse machine qui fera s'envoler toutes ses illusions.
    Samar offre un profil atypique. Pianiste réputé, il s'est retiré pour des raisons inconnues et défie la moralité encore traditionnelle de l'Inde en affichant son homosexualité avec Léo, un jeune occidental.
    Zaïra, l'actrice adulée, cache beaucoup de souffrance, conséquence de son succès. Amoureuse de Samar, elle doit se contenter de n'être qu'une amie pour lui.
    Rhéa qui a abandonné ses ambitions artistiques pour vivre avec l'homme qu'elle aime, s'interroge malgré tout sur la pertinence de ce choix alors qu'elle n'est pas insensible au charme de Karan.
    Des personnages variés donc qui possède chacun leurs forces et leurs faiblesses.

    Et puis, il y a l'Inde et Bombay surtout, foisonnante et surpeuplée. Lieu de tous les contrastes, oscillant entre le luxe de la jet set et la misère des marchands du bazar. Bombay et son industrie cinématographique et ses stars adulés . Bombay et sa classe moyenne, ses artistes, sa puissance sensuelle. Bombay enfin et son gouvernement corrompu, ses simulacres de procès où chacun vend son rôle pour mieux sortir de la masse grouillante de la ville.
    Shanghvi dresse ici un portrait pas toujours flatteur de cette ville où la solitude n'existe pas. Une ville pleine de contradictions, oscillant entre modernité et tradition, à l'image du pays même.
    Bref un portrait qui sort des clichés habituels de l'Inde et de ses bidonvilles.

    Pourtant si la trame de l'histoire est intéressante, les personnages bien marqués, et l'ambiance indienne fort bien rendue, mon début de lecture m'a laissé fort dubitative quant à l'écriture. Ponctué de formules maladroites qui frisent parfois le cliché, le texte semble pencher du côté harlequinesque de la Force !
    De nombreux exemples relevés ici ou là :

    " Elle est tellement canon qu'à elle seule elle fait grimper l'indice national de masturbation."

    " La jubilation suinta de Natasha comme une goutte de sperme précoce."

    " L'expression acérée du jeune homme, son regard franc, ses yeux auburn enfoncés dans leurs orbites, sa crinière noire de jais et sa machoire prononcée continuèrent à exciter Natasha bien après qu'il eut disparu de sa ligne de mire. "

    " Lorsqu'il était nerveux, le ministre Chander Prasad avait l'habitude de se gratter si sauvagement les bourses que ses morpions en avaient des orgasmes à répétition. "

    " Elle agita le quiqui de son mari, si désobligeamment flasque qu'elle lui trouva un air d'algue échouée sur la grève. "

    Outre ses nombreuses fulgurances langagières qui me paraissent fort déplacées dans ce roman qui me semble assez loin de cette sorte de vulgarité de dessous de la ceinture, je dois dire aussi que la construction du roman m'a aussi un peu gênée.

    Malgré un découpage marqué en 3 parties, j'ai ressenti une certaine manque de cohérence dans l'ensemble. Chaque partie semble s'attacher à un sujet marqué, quitte à zapper celui qui prenait toute la partie précédente. Par exemple, alors que la 2ème partie est entièrement centrée sur un procès qui traine en longueur et qu'on aspire à voir enfin se terminer, la dernière partie l'occulte presque pour mieux nous expliquer ce que sont devenus les personnages, se concentrant plus particulièrement sur la maladie de l'un d'eux. L'ellipse temporelle est vite résumée et l'auteur se concentre sur leur ressenti présent.
    Du coup, j'ai trouvé ce roman un peu déséquilibré dans la répartition de l'intrigue.

    Malgré ces défauts pourtant, il y a de bonnes choses dans ce roman. Outre la richesse des personnages et de la description de Bombay déjà évoqués précédemment, le roman s'ouvre sur quelque chose qui va plus loin.
    La très belle fin, qui ne tombe heureusement pas dans le cliché du happy end, est là pour nous rappeler qu'on ne gagne pas toujours au jeu de la vie et qu'il faut savoir en prendre son partie, une réflexion ma foi bien indienne, qu'on pourrait retrouver dans la religion hindouiste.

    " A son corps défendant, avec une infinie tristesse, Karan en était venu à accepter qu'un être humain fût constitué non seulement de tout ce qu'il avait acquis au fil du temps, mais aussi de tout ce qu'il avait perdu. "

    " - Je n'ai jamais souhaité que quiconque reste près de moi une seconde de plus qu'il n'en a envie. Mais j'aurais voulu savoir alors ce que je n'ai découvert que récemment : il ne faut jamais aimer quelqu'un au point de mettre son propre bonheur en péril. "

    " Il y a des jours... la plupart, en réalité... où la douleur semble faire le vide dans ma tête... C'est peut-être d'ailleurs la raison pour laquelle nous tombons malade : pour pouvoir détester la vie à laquelle nous aspirons tant. "

    Tels des flamants, malgré la puanteur de la ville et ses marécages, malgré une ville nouvelle en pleine transformation, les hommes sont toujours là, présents dans une ville qui le leur rend si mal.

    " Je suppose que nous sous-estimons toujours le pouvoir de l'endurance. "

    "Les derniers flamants de Bombay" fut donc une lecture étrange qui a réussit tout de même à m' emporter aux frontières indiennes mais qui reste entacher par des défauts majeurs (réelle volonté de l'auteur ou problème de traduction ?) qui m'empêche de vous conseiller sans réserve cette histoire, loin d'être inintéressante.

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  •  

    Le 23/08/2010

  • irreguliere a apprécié une de ses critiques

    La vie d'une autre
    La vie d'une autre de Frédérique Deghelt
     
    Marie est une jeune femme de 25 ans. Alors qu'elle fête son embauche avec des amis dans un restaurant, elle y rencontre le beau Pablo. Ces deux-là se plaisent tout de suite et finiront la nuit ensemble. Au matin, Marie le retrouve à ses côtés. Il lui parle de leur première nuit d'amour il y a 12 ans, de leurs enfants. Mais de quoi parle-t'il ?! Tout d'abord abasourdie, elle finit par comprendre que 12 ans de sa vie se sont envolés de sa mémoire. Oubliés le mariage, sa vie de couple, ses grossesses et ses 3 enfants !
    Cachant son amnésie à ses proches et surtout à son mari, Marie va se lancer à corps perdu dans la recherche de la femme qu'elle était, pour le meilleur mais aussi pour le pire.

    Nous allons découvrir son passé petit à petit, au fur et à mesure des découvertes de l'héroine : le couple idéal qu'elle forme avec Pablo et que ses copines lui envient, un job passionnant, des enfants charmants et aimants. Marie découvre et réapprend les gestes du quotidien. Elle découvre son rôle de mère et les responsabilités qui en découlent. Son amour pour Pablo est naissant. Son regard est celle d'une jeune femme de 25 ans sur la vie d'une autre qu'elle. Puis, on sent que des éléments manquent, que certaines choses perturbantes se sont passées. Son mari lui parle d'un pacte, elle a quitté son emploi de son propre chef, ...
    Les failles qu'elle va découvrir sont bouleversantes et je n'en dirai pas plus.

    Je dois dire que j'ai adoré ce roman ! Je me suis parfaitement identifiée au personnage de Marie. Comment réagirais-je si, demain, moi célibataire, je me réveillais au sein d'une famille ? Je serais aussi perturbée qu'elle, si ce n'est plus !

    C'est un roman qui pose de nombreuses questions. La mémoire est ce qui nous constitue. Sommes nous une autre personne si nous oublions notre passé ? Etre mère s'apprend-t'il ou est-ce inné ? Pouvons-nous avoir assez de recul pour voir les choses pour la première fois ?
    Ce qui m'a impressionnée, c'est le fait que Marie a le pouvoir de voir sa vie de façon "innocente", avec une approche extérieure. Sommes-nous capable d'avoir autant de recul sur nos vies pour en pointer les défauts, les regrets ? Sommes-nous capable de constater que nous sommes devenus celui ou celle que l'on ne voulait pas être, et plus encore, d'avoir la volonté de changer ? Son amnésie est à la fois une chance d'avoir un regard neuf sur les choses et une perte du passé qui nous constitue tous. Marie aborde son couple avec l'envie du début. Son couple est établi et son mari s'étonne de la fraicheur de son amour. Mais n'est-ce pas ainsi que nous devrions continuer de vivre nos couples. Peut-on éviter de tomber dans la routine et le quotidien ?
    "La vie d'une autre" est aussi un éloge du pardon. Pouvons-nous continuer à avancer malgré nos erreurs ? à faire table rase du passé pour prendre un nouveau départ ?

    Le texte est très beau et se révèle une introspection très touchante qui ne tombe pas dans le mièvre. Les pensées de Marie et les dialogues se mélangent parfois, sans prévenir. Déroutant au début, j'ai très vite compris la gymnastique. De Pablo, de ses sentiments, on ne saura pas grand chose finalement, juste ce qu'il partage avec Marie. C'est le roman de Marie, sorte de journal de bord de son avancée dans la mémoire et la vie.
    La tension monte jusqu'à la fin qui n'offrira pas de happy end car rien n'est jamais tout noir ou tout blanc dans le monde réel.

    Mon seul bémol se situera au niveau de la réaction des rares personnes au courant de l'amnésie. Je les ai trouvés fort peu bouleversés par cette annonce et quelque peu "absentes" . On aurait attendu plus de surprise et de soutien. De même, l'anecdocte finale de l'esthéticienne me parait bien trop fortuite pour etre crédible.

    J'ai lu ce roman d'une traite, sans m'arrêter. J'ai été complètement bouleversée. C'est venu des tripes, de mon passé ou de mon petit coeur sensible. Vous êtes peu nombreuses à avoir eu le même coup de coeur que moi et je le regrette... Pour moi, ce fut une lecture très personnelle qui m'a beaucoup parlé.
    J'en ai même oublié de noter des extraits...

    En voici quelques uns, piochés ici et là :

    " On dit toujours que ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, mais on devrait ajouter que ce qui nous mine quotidiennement fini par nous tuer ! "


    " La mélancolie et la tristesse sont déjà le commencement du doute ; le doute est le commencement du désespoir ; le désespoir est le commencement arrêté des différents degrés de la méchanceté. "


    " Le chagrin est une blessure qui demande à saigner pour pouvoir guérir."

    " Tout, plutôt que le non-être, le non-recevoir, le non-dit, le non. Tout plutôt que l'anonymat soudain de deux personnes qui se côtoient et ne savent plus rien de l'autre que ses soucis quotidiens, ses rythmes intestinaux. "
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