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France Culture

En avant-première et en exclusivité, Babelio s’associe à France Culture donne à entendre vingt-cinq romans parmi les plus attendus de la rentrée littéraire. Ceux qui marquent par leur voix singulière et qui pourraient bien - qui sait ? - s'habiller d'un prix littéraire.

Pour chacun, la lecture des premières pages par leur auteur et une interview croisée sur l’art du roman par Augustin Trapenard, producteur de l’émission Le Carnet d’or, et Sandrine Treiner, directrice adjointe de France Culture.

Du 23 juillet au 24 août, retrouvez chaque jour un nouvel extrait et un nouvel auteur sur cette page

Plus d’infos sur l’émission : http://www.franceculture.fr/emission-les-bonnes-feuilles-0



23 août : Rien ne se passe comme prévu par Laurent Binet


Quatrième de couverture :
Il s'agit d'abord d'un récit retraçant la course vers le pouvoir d'un homme et de son équipe, mais aussi de comprendre le fonctionnement caché de la machine (choix tactiques, élaboration des discours, relations avec les journalistes, organisation logistique, rencontre avec les différentes composantes de la société française...). Le livre ne se limite pas à un simple portrait de Hollande mais évoque abondamment les seconds rôles (Moscovici, Valls, Montebourg...) ainsi qu'une foule d'anonymes rencontrés au fil des déplacements dans les usines, les écoles, la rue...

Le récit est à la première personne et se distingue d'un ouvrage journalistique par une subjectivité surexposée qui s'inspire du journalisme gonzo de Hunter S. Thompson. Ce parti-pris permet de rendre compte d'une dimension burlesque qui se révèle omniprésente. Enfin, au-delà du résultat, l'un des enjeux dramatiques du livre est le suivant : l'auteur, qui observe jour après jour l'altération de sa subjectivité, va-t-il finalement se convertir à la sociale-démocratie et voter Hollande ou tenter le diable, oublier 2002 et voter Mélenchon ?




22 août : Partages par Gwenaëlle Aubry


Quatrième de couverture :
En 2002, c'est la seconde Intifada. Sarah, Juive d'origine polonaise, née et élevée à New York, est revenue vivre en Israël avec sa mère après les attentats du 11 Septembre. Leïla a grandi dans un camp de réfugiés en Cisjordanie. Toutes deux ont dix-sept ans. Leurs voix alternent dans un passage incessant des frontières et des mondes, puis se mêlent au rythme d'une marche qui, à travers les rues de Jérusalem, les conduit l'une vers l'autre.



Partages est un roman sur la communauté et sur la séparation, sur ce qui unit et divise à la fois. Sœurs ennemies, Leïla et Sarah sont deux Antigone dont le corps est la terre où border et ensevelir leurs morts.



Gwenaëlle Aubry, philosophe et écrivain, est l'auteur d'essais et de cinq romans dont Personne (prix Femina 2009)




21 août : La recherche de la couleur par Jean-Marc Parisis


Quatrième de couverture :
« C est chez Dayen que j avais ressenti les premiers signes d une déprise, d un départ j ignorais alors qu il serait précédé de beaucoup d autres. Un accablement, une aversion soudaine pour le décor, le décor humain j entends, car il y avait un piano. Qu est-ce que mon corps autrement dit ce qu il me restait de ma vie faisait là ? »



Qui est François Novel ? Un homme qui vit d écrire, un homme libre, qui entend bien le rester. Un événement dramatique va amplifier son sentiment d exil, sa distance face au « décor humain ». Et quel décor ! Un faux ami, une chanteuse toxique, des figurants grotesques ou malfaisants. Tout un théâtre de cruautés et de vanités transcendé par l irruption de personnages bouleversants. Car pour qui cherche la couleur dans un monde transparent, l aventure se rencontre au coin de la rue.



Voyage intérieur et tableau d une époque, La recherche de la couleur fait éclater tous les cadres.




20 août : "Oh..." par Philippe Djian


Quatrième de couverture :
«Décembre est un mois où les hommes se saoulent – tuent, violent, se mettent en couple, reconnaissent des enfants qui ne sont pas les leurs, s'enfuient, gémissent, meurent...»

"Oh..." raconte trente jours d'une vie sans répit, où les souvenirs, le sexe et la mort se court-circuitent à tout instant.




17 août : A nous deux, Paris ! par Benoît Duteurtre


Quatrième de couverture :
Automne 1980, Jérôme Demortelle débarque à la capitale. Il a vingt ans et fait ses débuts dans la musique, porté par sa passion pour la new wave. Comme il se doit, ses idées et ses accoutrements affichent le style d'une génération pressée de balayer ses aînés, les encombrants soixante-huitards.



Mais ce jeune homme moderne, épris de second degré, est aussi, plus secrètement, sous l'emprise d'un vieux mythe : celui de la « montée à Paris », où il rêve de conquérir la gloire artistique à l'image de ses illustres prédécesseurs.

Or c'est dans un autre monde qu'il atterrit. Le nouveau quartier des Halles, avec son Forum clinquant et ses galeries commerciales, vient de remplacer l'ancien « ventre de Paris ». Entre mythe et réalité, les décalages sont innombrables, et Jérôme, trop pressé, se précipite dans toutes les impasses : la question de l'entrée dans les boîtes à la mode (ou l'humiliation de se voir refuser) lui tient lieu d'enjeu existentiel ; le goût prononcé pour la cocaïne lui donne l'impression d'être un acteur dans cette société noctambule où il n'est qu'un figurant.




16 août : L'homme qui aimait ma femme par Simonetta Greggio


Quatrième de couverture :
Deux frères, Alexandre et Yann, aiment la même femme, Maria, rencontrée au milieu des années 1960 alors qu’ils sont tous les trois étudiants. Pendant plus de quarante ans, elle sera le pivot de leur vie et la spectatrice intime de cette histoire d’amour qui va se dérouler essentiellement à Paris, noyau politique, littéraire et artistique d’une France en mutation.

Alexandre, l’aîné, deviendra professeur de lettres, Yann, le cadet, après un passage à l’École Normale Supérieure, sera avocat, Maria écrira des biographies. Le mouvement pacifiste et hippie va laisser place aux paillettes du premier néolibéralisme puis aux différentes crises économiques qui aboutiront à la récession des années 2000, Truffaut tournera Jules et Jim, Lacan endoctrinera des cohortes de jeunes psychanalystes, Althusser étranglera sa femme, Jankélévitch et Levinas croiseront Derrida, Deleuze, et même Lagarde et Michard. C’est Allis, amie d’Alexandre et témoin extérieur, qui nous raconte l’histoire belle mais terrible de ces quarante années d’amour et de trahison.




15 août : Je vais passer pour un vieux con et autres petites phrases qui en disent long par Philippe Delerm


Quatrième de couverture :
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Dans ce nouveau livre, Philippe Delerm nous décrit, avec la finesse et l'élégance d'un peintre de miniatures, de petits tableaux de nos vies quotidiennes. Traquant les apparentes banalités de nos discours - nos petites phrases toutes faites -, il révèle pour chacune un monde de subtilité, de fragilité, de suffisance, de rires en coin... Du vécu, en somme. Admirateur de Saint-Simon et de Proust, il aime comme eux poser le doigt sur les travers de ses contemporains, les détails qui disent un monde. Lecteur de Jules Renard (particulièrement son Journal) et La Bruyère, il a le goût des portraits et des petites phrases qui dévoilent l'esprit d'une époque.



Ainsi, « Je vais passer pour un vieux con ». Une précaution oratoire souvent entendue, prélude à des propos un peu réactionnaires - mais que l'on s'autorise. Suit généralement l'incontournable « c'était mieux avant »...« Vous n'avez aucun nouveau message ». On ne dit pas assez la cruauté des messageries vocales, qui pourraient se contenter d'un « Vous n'avez pas de nouveau message ». Mais non, elles soulignent, aucun : et c'est ce petit mot qui est impitoyable. On pense à Nathalie Sarraute qui dans Pour un oui ou pour un non faisait éclater une longue amitié sur la simple façon de prononcer une formule anodine : « C'est bien, ça. » « On n’est pas obligé de tout boire » : attablé au restaurant avec un ami, on hésite entre la demi-bouteille, le pichet ou la bouteille entière. Mais ça ferait sans doute trop. Quand l'un des deux ose revendiquer les 75 cl : « On n'est pas obligé de tout boire... »




14 août : La vie sans fards par Maryse Condé


Quatrième de couverture :


"La Vie sans fards répond à une double ambition. D'abord je me suis toujours demandé pourquoi toute tentative de se raconter aboutissait à un fatras de

demi-vérités. Trop souvent les autobiographies et les mémoires deviennent des constructions de fantaisie. Il semble que l'être humain soit tellement désireux de se peindre une existence différente de celle qu'il a vécue, qu'il l'embellit, souvent malgré lui.

Il faut donc considérer La Vie sans fards comme une tentative de parler vrai, de rejeter les mythes et les idéalisations flatteuses et faciles. C'est aussi une tentative de décrire la naissance d'une vocation mystérieuse qui est celle de l'écrivain. Est-ce vraiment un métier ? Y gagne-t-on sa vie ? Pourquoi inventer des existences, pourquoi inventer des personnages sans rapport direct avec la réalité ? Une existence ne pèse-t-elle pas d'un poids déjà trop lourd sur les épaules de celui ou celle qui la subit ? La Vie sans fards est peut-être le plus universel de mes livres.



J'emploie ce mot universel à dessein bien qu'il déplaise fortement à certains. En dépit du contexte très précis et des références locales, il ne s'agit pas seulement d'une Guadeloupéenne tentant de découvrir son identité en Afrique ou de la naissance longue et douloureuse d'une vocation d'écrivain chez un être apparemment peu disposé à le devenir. Il s'agit d'abord et avant tout d'une femme cherchant le bonheur, cherchant le compagnon idéal et aux prises avec les difficultés de la vie.



Elle est confrontée à ce choix capital et toujours actuel : être mère ou exister pour soi seule. Je pense que La Vie sans fards est surtout la réflexion d'un être humain cherchant à se réaliser pleinement. Mon premier roman s'intitulait En attendant le bonheur : Heremakhonon, ce livre affirme : il finira par arriver".




13 août : Les lisières par Olivier Adam


Quatrième de couverture :
L'écrivain et scénariste Paul Steiner laisse ses enfants chez son ex-femme pour aller s'occuper de son père quelques semaines, le temps de l'hospitalisation de sa mère. De retour dans la ville de banlieue parisienne où il a grandi, il trouve un écho à sa sensation d'être à la marge de sa vie dans les récits d'anciens camarades de classe qu'il rencontre.




10 août : Comme une bête par Joy Sorman


Quatrième de couverture :
'Pim passe sa main partout où il peut, identifie à haute voix le jarret, la côte première et le filet mignon – les mots la font rire et puis moins quand il passe à la tranche grasse et au cuisseau. Le corps de l'apprenti ankylosé par des jours de découpe, de désossage et de nettoyage se détend enfin, s'assouplit, ses mains se décrispent, la chair est mobile, la peau se griffe, le sang détale dans les veines, il pose ses doigts sur les tempes de la fille, ça pulse.'



Comme une bête est l'histoire d'un jeune homme qui aime les vaches au point de devenir boucher.




09 août : Autobiographie des objets par François Bon


Quatrième de couverture :
Aux deux extrémités du marais poitevin, deux mondes : l’un qui serait celui de la terre et des livres, l’autre celui de la mer et de la mécanique. Ma vie s’est construite autour des objets qui peuplaient ces mondes.




08 août : Ce que savait Jennie par Gérard Mordillat


Quatrième de couverture :
À vingt-trois ans, Jennie n’a qu’un but dans la vie : réunir ses sœurs et son frère dispersés dans des familles d’accueil et un foyer afin de les emmener voir la mer depuis les falaises d’Étretat.



Au cours de cette quête à travers la France, Jennie va rencontrer Quincy, un acteur qui ne veut plus l’être. Lui aussi est animé d’une volonté sans faille : venger le suicide de sa mère.

Unis face au pire et portés par une détermination farouche, ces amants tragiques mettront tout en œuvre pour parvenir à leurs fins.



Un récit incarné par une héroïne bouleversante et sublime, où l’espoir mène tout droit à la folie.




07 août : Une partie de chasse par Agnès Desarthe


Quatrième de couverture :


Ce court roman, d’une intensité et d’une audace formelle rares, raconte l’histoire de quatre chasseurs dont l’équipée tourne mal. Il y a Farnèse,

Peretti, Dumestre, et surtout Tristan, un jeune homme qui est le principal protagoniste et narrateur de cet étonnant récit, ponctué de rencontres ou d’événements improbables (un animal qui parle, un trou monstrueux qui engloutit les hommes, le déclenchement du Déluge).Tandis que la partie de chasse progresse, Tristan voit défiler les moments-clés de son enfance et de son adolescence, ses amours, ses haines, la maladie de sa mère, dans une sorte d’autobiographie fiévreuse.

Le vrai sujet de ce livre, c’est d’abord la jeunesse, celle de Tristan mais aussi la nôtre. Disons plutôt : le deuil de la jeunesse, lorsque, comme dans un cataclysme, tout ce que nous avons désiré, aimé, rêvé, disparaît à jamais pour laisser la place à l’adulte qui va naître. Mais c’est aussi un roman où les corps – la peau, la chair, les muscles - jouent un rôle capital, un livre « matérialiste » dans lequel les personnages existent en fonction de leur capacité de résistance aux agressions qu’ils subissent, et aux traumatismes qui en sont la conséquence.




06 août : Peste & Choléra par Patrick Deville


Quatrième de couverture :
Parmi les jeunes chercheurs qui ont constitué la première équipe de l?Institut Pasteur créé en 1887, Alexandre Yersin aura mené la vie la plus mouvementée. Très vite il part en Asie, se fait marin, puis explorateur. Découvreur à Hong Kong, en 1894, du bacille de la peste, il s?installe en Indochine, à Nha Trang, loin du brouhaha des guerres, et multiplie les observations scientifiques, développe la culture de l?hévéa et de l?arbre à quinquina. Il meurt en 1943 pendant l?occupation japonaise. Pour raconter cette formidable aventure scientifique et humaine, Patrick Deville a suivi les traces de Yersin autour du monde, et s?est nourri des correspondances et documents déposés aux archives des Instituts Pasteur.




03 août : Avant la chute par Fabrice Humbert


Quatrième de couverture :
En Colombie, la famille Mastillo tente de survivre sur son lopin de terre dans la jungle.Au Mexique, le sénateur Fernando Urribal, à l'abri dan son grand domaine, partage son temps entre la capitale et l'Etat de Chihuahua. En France, dans une cité, le petit Naadir vit paisiblement au milieu des siens en tâchant de ne pas voir l'irruption des dangers.

Progressivement , tous vont pourtant voir leur existence basculer.

Emanuel Mastillo est tué et ses 2 filles, Sonia et Norma, deviennent des migrantes, remontant toute l'Amérique Centrale pour rejoindre les Etats-Unis. Le Sénateur Urribal voit sa position menacée de toutes parts, entre les soupçons politiques et les menaces des cartels de la drogue. Quant à Naadir, la mort d'un jeune du quartier et la blessure de son propre frère en font le témoin contrarié et pourtant visionnaire de la chute.

Vaste fresque d'un monde qui se défait, le roman de Fabrice Humbert raconte la montée des périls, le basculement des sociétés mais aussi l'énergie de la vie.Avec le sens de la narration qui a fait le succès de "L'origine de la violence" et de "La fortune de Sila", il relate notre histoire à tous.




02 août : Escalier F par Jeanne Cordelier


Quatrième de couverture :
L’enfance n’est pas toujours le nid douillet rêvé. Au sixième étage du 14, rue Hoche à Malakoff, une fratrie a subi, dans les années cinquante, les assauts d’un milieu familial violent. « On a toujours fait front, juchés sur le cheval imaginaire ailé que ma sœur et moi avions dessiné, elle le haut, moi le bas, sur les portes tristement blanches et écaillées du buffet de la cuisine. (…) Ensemble, serrés les uns contre les autres, nous n’étions pas qu’une nichée, qui se tenait chaud. Nous étions un bouquet d’arbres écorcés, qui souvent tremblait, mais jamais ne ployait. » Le temps a passé. L’appartement s’est vidé et la mère poursuit sa tyrannie faite de plaintes, d’alcool et d’explosions de rage. Les enfants eux se sont dispersés, tenus par un amour fraternel rarement démenti. Dany, devenue romancière à succès, mariée à un homme parcourant le monde, raconte ses frères et sœurs et les chemins qu’ils ont pris. Apparaît alors, sans pathos ni faux-semblants, la vie et ses coups durs. Les rêves parfois. Une écriture aussi, faite de sensibilité et de force, qui rend toute leur dignité à ces êtres fragiles et pétris d’humanité qui ne demandaient qu’un peu de soleil.




01 août : La Jouissance par Florian Zeller


Quatrième de couverture :
L'histoire commence là où toutes les histoires devraient se finir: dans un lit. Nicolas vit depuis deux ans avec Pauline, ce n'est donc pas la première fois qu'ils se retrouvent l'un en face de l'autre et qu'elle lui fait une sourire équivoque en lui prenant la main. Ce sont des gestes qu'ils connaissent des choses familières et rassurantes.

Ce jour-là, pourtant, quelque chose d'inédit se produit. Il est allongé sur le dos et Pauline, qui vient de retirer son soutien-gorge, ferme légèrement les yeux, comme elle a l'habitude de la faire quand le plaisir commence sa douce anesthésie du monde. Soudain, la couette se soulève, et une troisième tête apparaît.




31 juillet : Réanimation par Cécile Guilbert


Quatrième de couverture :
« Blaise vient de fêter ses cinquante printemps. Quelque chose en lui refuse-t-il de naître ? De céder ? De s ouvrir ? Une délivrance ? Une douleur ? Un remords ? Peut-être. Car soudain tonne le canon qui abat tout, renverse tout, démolit tout. »

La narratrice et Blaise, mariés, vivent comme des adolescents, des Robinson parisiens, artistes accrochés l un à l autre, insouciants. Jusqu au jour où Blaise est atteint d une maladie rare, la « cellulite cervicale », forme de nécrose parfois mortelle des tissus du cou. Hospitalisé d urgence à Lariboisière, Blaise se mue du jour au lendemain en « homme-machine » plongé dans le coma. Alors la peur s'installe. De le perdre. De voir le bonheur disparaître. S'installe aussi la curiosité fascinée de la narratrice pour ce service spécial la « réa » tandis que son existence se détraque et se ranime elle aussi...



Récit intelligent et sensible, exercice de mise à distance du malheur, méditation d'une grande douceur sur le temps et l'espérance, les pouvoirs de l'art et de la médecine, les pièges de l'image et les sortilèges de l'imagination, le livre de Cécile Guilbert, traversé de mythes et de contes, et aussi surtout ? une lettre d'amour à Blaise.




30 juillet : Rue des voleurs par Mathias Enard


Quatrième de couverture :
C’est un jeune Marocain de Tanger, un garçon sans histoire, un musulman passable, juste trop avide de liberté et d’épanouissement, dans une société peu libertaire. Au lycée, il a appris quelques bribes d’espagnol, assez de français pour se gaver de Série Noire. Il attend l’âge adulte en lorgnant les seins de sa cousine Meryem. C’est avec elle qu’il va “fauter”, une fois et une seule. On les surprend : les coups pleuvent, le voici à la rue, sans foi ni loi.



Commence alors une dérive qui l’amènera à servir les textes – et les morts – de manières inattendues, à confronter ses cauchemars au réel, à tutoyer l’amour et les projets d’exil.

Dans Rue des Voleurs, roman à vif et sur le vif, l’auteur de Zone retrouve son territoire hypersensible à l’heure du Printemps arabe et des révoltes indignées. Tandis que la Méditerranée s’embrase, l’Europe vacille. Il faut toute la jeunesse, toute la naïveté, toute l’énergie du jeune Tangérois pour traverser sans rebrousser chemin le champ de bataille. Parcours d’un combattant sans cause, Rue des Voleurs est porté par le rêve d’improbables apaisements, dans un avenir d’avance confisqué, qu’éclairent pourtant la compagnie des livres, l’amour de l’écrit et l’affirmation d’un humanisme arabe.




27 juillet : La première défaite par Santiago Amigorena


Quatrième de couverture :
Le premier amour, paraît-il, n’est jamais que le prélude de la première défaite. On aime, puis on souffre. On essaie de se souvenir pour ne pas vivre, puis on essaie d’oublier – pour ne pas mourir. Mais il n’y a rien de tel qu’essayer d’oublier pour se souvenir, et rien de mieux qu’essayer de se souvenir pour réellement oublier.



Ces quelques pages racontent l’histoire d’un jeune homme qui comprend, lentement, qu’après avoir aimé une première fois, après avoir une première fois souffert de n’être plus aimé, pour être heureux, il doit réussir à savourer la douleur et le bonheur en même temps, à chaque pas.



Son chemin est long, plein de détours. Comment en serait-il autrement ? si l’on sait de quoi les premiers amours sont le prélude, on ignore toujours de quoi les premières défaites, à leur tour, peuvent être le commencement.




26 juillet : La réparation par Colombe Schneck


Quatrième de couverture :
"Je me suis trompée.

Je me disais c'est trop facile, tu portes des sandales dorées, tu te complais dans des histoires d'amour impossible, tu aimes les bains dans la Méditerranée et tu crois qu'une fille comme toi peut écrire sur la Shoah? Car c'est bien de cela qu'il s'agit




24 juillet : L'hiver des hommes par Lionel Duroy


Quatrième de couverture :
Pourquoi la fille du général Mladic, commandant en chef des forces serbes durant le siège de Sarajevo, accusé de génocide, s’est-elle tirée une balle dans la tête avec le revolver préféré de son père ? C’est pour tenter de répondre à cette question que Marc, écrivain, passionné depuis toujours par le destin des enfants de criminels de guerre, s’envole pour Belgrade en novembre 2010 alors que rien ne va plus dans sa propre vie. À Belgrade, il est amené par d’étonnants hasards, ou malentendus, à rencontrer quelques-uns des plus proches lieutenants du général Mladic, des hommes pour la plupart recherchés pour crimes de guerre. Ce sont eux qui l’encouragent à partir pour la petite République serbe de Bosnie où, disent-ils, il rencontrera le véritable peuple serbe, celui qui a gagné la guerre et continue de se battre aujourd’hui contre les Musulmans.

Arrivé à Pale, la capitale historique des Serbes de Bosnie, un ancien village de montagne devenu une ville de trente mille habitants prise sous un mètre de neige, Marc découvre une population emmurée dans le désespoir, abandonnée de tous, mais cependant persuadée d’avoir mené une guerre juste. Les ex-officiers ne nient pas avoir commis les crimes les plus épouvantables contre leurs anciens voisins musulmans et croates, mais ils estiment avoir agi en état de légitime défense et avoir été trahis par leurs anciens alliés français. Pour se justifier, ils font à Marc le récit de leur guerre, ne cachant rien des atrocités qu’ils ont commises, ou qu’ils ont subies. Marc ne les juge pas – des jours et des nuits durant il les écoute. Ce sont pour la plupart des hommes attachants, exceptionnels parfois, qui luttent aujourd’hui contre leur propre conscience, contre leurs cauchemars aussi, enfermés dans une prison dont ils sont les geôliers. L’écrivain éprouve à leur endroit une curieuse empathie, comme si cet enfer dans lequel ils se sont enfermés faisait écho à son propre désarroi.



« Nous croyons qu’à rompre avec la source du mal nous allons pouvoir inventer notre propre vie et apporter le bonheur à nos enfants », écrit-il, « alors que nous sommes faits de ce mal et qu’ainsi il continue de nous habiter et de nous ronger quoi que nous décidions, et quel que soit l’endroit du monde où nous allions nous réfugier. » Ce que vivent ces hommes est finalement pour Marc l’écho le plus exacerbé, le plus terrifiant, de ce que nous sommes nombreux à vivre chacun silencieusement au fil de notre propre destin.




24 juillet : Barbe bleue par Amélie Nothomb


Quatrième de couverture :
La colocataire est la femme idéale.




23 juillet : Le sermon sur la chute de Rome par Jérôme Ferrari


Quatrième de couverture :
Dans un village corse perché loin de la côte, le bar local est en train de connaître une mutation profonde sous l’impulsion de ses nouveaux gérants. À la surprise générale, ces deux enfants du pays ont tourné le dos à de prometteuses études de philosophie sur le continent pour, fidèles aux enseignements de Leibnitz, transformer un modeste débit de boissons en “meilleur des mondes possibles”. Mais c’est bientôt l’enfer en personne qui s’invite au comptoir, réactivant des blessures très anciennes ou conviant à d'irréversibles profanations des êtres assujettis à des rêves indigents de bonheur, et victimes, à leur insu, de la tragique propension de l'âme humaine à se corrompre.

Entrant, par-delà les siècles, en résonance avec le sermon par lequel saint Augustin tenta, à Hippone, de consoler ses fidèles de la fragilité des royaumes terrestres, Jérôme Ferrari jette, au fil d'une écriture somptueuse d'exigence, une lumière impitoyable sur la malédiction qui condamne les hommes à voir s'effondrer les mondes qu'ils édifient et à accomplir, ici-bas, leur part d'échec en refondant sans trêve, sur le sang ou les larmes, leurs impossibles mythologies.





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