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Anaïs Kerhoas : le bonheur est dans le pré
Interview : Anaïs Kerhoas à propos de Anaïs s'en va-t-en guerre

Article publié le 28/08/2020 par Nicolas Hecht

 

A tout juste 30 ans, Anaïs Kerhoas a déjà une vie bien remplie : entre ses voyages, ses études en herboristerie, son installation agricole pour produire et récolter ses tisanes, et le documentaire qui lui a été consacré en 2013 par Marion Gervais, elle a tout d'une combattante. Car il en faut du courage aujourd'hui pour décider de monter son exploitation agricole, d'autant plus quand on a la vingtaine et qu'on est une femme célibataire... Dans son premier livre, Anaïs s'en va-t-en guerre, elle nous offre un témoignage de son parcours, empreint de la poésie de l'enfance, des choix d'adulte, et de la force qu'il faut pour réaliser ses rêves et aller vers plus de sobriété. Un éloge à la nature et à ce qu'elle peut nous apprendre sur nous-même. Dans cette interview, il est autant question d'elle-même que de sa vision de la santé par les plantes, ou de la place des femmes dans la société...

 

 

Après le documentaire éponyme de Marion Gervais en 2013 qui vous était consacré, vous publiez cette année un récit en forme d'autobiographie. Qu'est-ce qui vous a poussée à entamer l'écriture de ce livre ? Que vouliez-vous partager avec vos lecteurs ?
 
Je ne considère pas que le livre soit une autobiographie car je trouve cela assez absurde à tout juste 30 ans... je l'imagine plutôt comme un témoignage, c'est avec ces mots que l'éditrice m'a convaincue d'écrire ce livre. Elle m'a dit que si ça aidait ne serait-ce qu'une personne alors ça avait du sens.

Je voulais partager avec les lecteurs que dans la vie on est libre (enfin on l'était avant...) et que tout est possible si on se donne les moyens d'y arriver !



Dans Anaïs s'en va-t-en guerre, on peut lire : « L'écriture a été une autre source de compréhension de mon corps et de mon âme. » Est-ce que vous envisagez le travail d'écriture de la même manière que le travail de la terre ? Ou bien la démarche est-elle pour vous tout à fait différente ?
 
Oui j'envisage tous les travaux de la même manière ; je fais les choses pleinement ou pas du tout ! Ce sont deux démarches différentes, mais qui ont des points communs, comme la patience nécessaire, l'idée de donner vie à quelque chose qui a du sens, qui peut aider, être bénéfique pour les sens et l'esprit.


 
A l'âge de 18 ans, le Bac en poche, vous partez pour l'Inde ; un voyage qui va bouleverser votre vie. Pouvez-vous nous expliquer comment ce séjour de six mois vous a transformée, révélée à vous-même et guidée vers votre métier d'herboriste ? 

Je ne sais pas trop comment ça m'a transformée. Mais me retrouver seule à l'autre bout du monde m'a montré que je pouvais compter sur moi, que j'étais capable de me débrouiller seule, que j'étais libre et que dans la vie tout est possible.

Dans chaque pays la vie est envisagée d'une façon différente alors j'ai pu l'envisager de la manière dont moi je l'entendais. Avant le voyage j'avais le désir d'apprendre les plantes mais le manque de débouché professionnel me faisait peur. À mon retour je n'ai pas hésité une seconde !



Anaïs s'en va-t-en guerre prend parfois des airs de plaidoyer pour une autre médecine. Quel rôle pourrait jouer l'herboristerie dans une nouvelle approche de la santé et de la médication, selon vous ? 

L'herboristerie est la médecine la plus ancienne et encore à l'heure actuelle la plus usitée dans le monde, plus de 80 % des gens sur cette planète se soignent encore avec les plantes. Ce n'est donc pas une nouvelle approche, mais plutôt une approche ancestrale tout à fait compatible avec la médecine actuelle. Elle permettrait de consommer moins de médicaments pour les petits maux du quotidien et serait donc bénéfique pour la santé et la sécurité sociale...


 
Votre livre présente aussi un rapide état des lieux du monde agricole, et notamment la difficulté pour de jeunes agriculteurs de s'installer. On y trouve également une quête plus personnelle de découverte de la féminité. Était-ce important pour vous d'élargir le propos à des débats de société très actuels ?

Oui, très important ! Car le monde agricole n'est jamais vraiment entendu (comme beaucoup d'autres malheureusement), alors j'ai saisi l'occasion que l'on me donnait pour dénoncer certaintes choses. J'ai toujours été contre toute forme d'injustice. Parler de toutes ces femmes qui se battent seules pour élever leurs enfants me tenait beaucoup à coeur.



Vous racontez votre rencontre avec les livres d'Henry David Thoreau (que vous décrivez comme votre « maître à penser »), et notamment la lecture de Walden ou la vie dans les bois. Qu'avez-vous trouvé d'essentiel chez cet auteur ? Y a-t-il d'autres écrivains portés sur la nature que vous affectionnez particulièrement (on pense à Masanobu Fukuoka par exemple...) ?
 
Sa façon sensée d'envisager la vie au plus près de la nature, dans sa plus simple expression. Je ne connais pas vraiment d'autres auteurs portés sur la nature, il faut dire que depuis que je travaille dans les champs je n'ai plus beaucoup le courage de lire le soir... et pourtant ça me manque !



Avez-vous un autre projet de livre pour les années qui viennent ?
 
Je ne sais pas encore mais j'ai beaucoup aimé l'exercice alors pourquoi pas... j'aimerais parler de ma découverte de la Casamance... dont je suis tombée amoureuse !

 

 

Découvrez Anaïs s'en va-t-en guerre d'Anaïs Kerhoas, publié aux éditions des Equateurs

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