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Une rentrée littéraire sous le signe des Destins de femmes
 
Article publié le 28/09/2020 par la Rédaction, en partenariat avec Editis

 

Alors que l’identité féminine et la place des femmes dans la société sont des questions plus que jamais débattues ces dernières années, la littérature semble nous dire à travers cette rentrée littéraire de l’automne 2020 qu’il ne faut pas réduire les femmes à une voix unique, ou des stéréotypes bien pratiques, mais plutôt interroger des histoires intimes toutes différentes et riches d’enseignements. En partenariat avec les maisons d’édition du groupe Editis, voici une sélection de 12 livres de la rentrée qui entendent bien montrer la variété des destins de femmes, et ne plus indexer une identité à un genre.

 

Capucine Delattre, Les Déviantes (Belfond)
 

 

Certaines machines fonctionnent à la perfection, rien ne semble pouvoir les arrêter. Pour d’autres, un (gros) grain de sable peut tout enrayer. Ainsi va la vie d’Anastasia, jeune femme de 29 ans bien insérée dans la société, lorsqu’elle se découvre atteinte d’un cancer. Sa maladie agit sur elle comme un détonateur qui va l’obliger à réévaluer ses choix de femme et son confort bourgeois, pour finalement devenir une déviante et entraîner dans sa révolte Iris et Lolita, également à un moment crucial de leur existence.
 
Un premier roman écrit par une autrice de 19 ans, salué par la Babelionaute Justinelibrary : « Les Déviantes est un roman de femmes, d'une jeunesse audacieuse et fatiguée de se plier à la vie qui leur est toute tracée. Marre de "bien faire" et d'être ce que les autres attendent d'elles. Un premier roman remarquable ! Une jeune auteure talentueuse dont les mots tombent juste et dont les personnages sont vibrants de sincérité ! À lire et à suivre de près. »
 

Annalena McAfee, Poison Florilegium (Belfond), traduit par Sarah Tardy
 


Le nouveau roman d’Annalena McAfee interroge la place des femmes dans l’histoire de l’art, ou plutôt leur absence de cette « histoire officielle ». L’autrice présente d’ailleurs son livre comme une revanche prise face à l’archétype de l’artiste forcément masculin, inspiré par une muse, seule place dévolue au « deuxième sexe » dans ce milieu jusque récemment. Voilà comment est né le personnage d’Eve Laing, une artiste sexagénaire qui s’ennuie auprès de son mari (architecte, célèbre lui aussi) et de son petit-fils, dans le Londres d’aujourd’hui. Eve décide un jour de réaliser une peinture monumentale représentant des plantes carnivores et vénéneuses, qui sera son chef-d’œuvre : Poison Florilegium. 

Celle qui a connu le New York drogué et inspiré de la fin des années 1970 va finalement voir son destin basculer à 60 ans passés, alors qu’elle noue une relation amoureuse avec son nouvel assistant Luka, un jeune homme au comportement étrange. Mais va-t-elle pouvoir vivre l’excentricité et l’intransigeance des grands artistes, en tant que femme, sans en payer le prix ? 

 
Martine Gozlan, Le Rendez-vous des Gobelins (Ecriture)

 


Deux temporalités pour deux destins de femmes : voilà ce que met en place l’autrice et grande reporter Martine Gozlan dans son premier roman Le Rendez-vous des Gobelins. Les Gobelins, c’est justement ce quartier parisien où la narratrice (journaliste de métier) va croiser la route de Rosa Ajivanski, et écouter le récit de vie de cette dame née en Russie puis ballottée entre la Lituanie, la France et l’Algérie. Un livre sur l’importance de la mémoire, une traversée de la condition féminine sur un siècle.
 
Insideyourbooks en a particulièrement apprécié le style : « Ce roman est un voyage aux confins des souvenirs, entre enlèvement de bébés juifs masculins en Russie, fuite d'une famille, Amérique impossible, Paris, Algérie, mélancolie... Il est très poétique ; le début est rempli de jolies citations ! »

 
Chantal Milman, Preuve d’amitié (Ecriture)

 
Comment se construire lorsqu’on est une fille issue d’un mariage mixte entre une femme africaine et un homme juif, seule de sa fratrie à être née en France ? Suite à un accident domestique impliquant sa mère, sa situation se complique encore alors qu’elle est en âge de découvrir la sexualité. Sa blessure est désormais autant physique que familiale, et son père va l’aider à surmonter ces épreuves pour enfin découvrir qui elle est et où elle va. 

Un récit très intime qu’Analire décrit en ces termes : « Aborder ces sujets sensibles peut permettre d'ouvrir l'esprit des lecteurs et de faire accepter ces différences de cultures, qui peuvent devenir une vraie force. Un roman de vie intéressant, qui dresse le portrait de Mylène, jeune femme issue de deux cultures, qui essaie de se construire une identité sur des bases mouvantes. »

 
Céline Spierer, Le Fil rompu (Héloïse d’Ormesson)

 
Dans son premier roman déjà salué par de nombreux libraires, Céline Spierer donne une voix à trois générations de femmes. Une manière pour elle de raconter le XXe siècle à travers leurs destins, et notamment celui de madame Janik, une vieille dame solitaire qui se livre à son jeune voisin Ethan. De Kalisz à New York, de Lódz à Dresde, Le Fil rompu brode comme une ode à la mémoire, à la résilience, et à cette grande Histoire qui vient parfois bouleverser des vies.

 
Maylis Adhémar, Bénie soit Sixtine (Julliard)



L’histoire de Sixtine Duchamp ressemble à un cauchemar. Jeune femme très pieuse, elle rencontre un homme qui partage ses valeurs et qu’elle va épouser. Jusque-là tout va bien : Pierre-Louis apparaît comme le mari idéal pour cette fervente catholique. Oui mais voilà, quand la foi cède la place à l’extrémisme religieux, Sixtine est une victime toute désignée. La famille de Pierre-Louis baigne en effet dans un fondamentalisme catholique destructeur, misogyne, raciste et homophobe. Le quotidien de Sixtine, régenté par sa belle-mère Madeleine, va vite devenir un véritable chemin de croix…

Ce premier roman a déjà convaincu de nombreux Babelionautes, qui lui ont décerné la note moyenne de 4,28/5 (pour 27 notes) à l’heure où nous écrivons ces lignes. Lucilou fait partie de ces lecteurs enthousiastes, impressionnés par l’intelligence de ce texte : « Si le roman décrit et dénonce les dérives d'une poignée de fous de Dieu se prenant pour les croisés des temps modernes (quelle angoisse !), il ne fustige pas pour autant la religion catholique et les catholiques dans leur globalité. Maylis Adhémar sait faire la part des choses, ce qui donne d'autant plus de valeur à son texte. Bénie soit Sixtine est définitivement une belle surprise de cette rentrée littéraire, un roman engagé, un roman de l'intime aussi qui terrifie souvent mais qui va au-delà également en brossant un joli portrait de femme. »
 

Kiran Millwood Hargrave, Les Graciées (Robert Laffont), traduit par Sarah Tardy



Si Kiran Millwood Hargrave est une dramaturge, poétesse et romancière déjà reconnue, son premier roman pour adultes pourrait bien lui accorder une notoriété encore plus grande, notamment en France. Quand on lit les critiques sur Babelio, ou ce récent commentaire de Tracy Chevalier à son propos, le doute n’est d’ailleurs plus permis : « Les Graciées m’a coupé le souffle. Lorsque je l’ai terminé, j’ai pressé le livre contre moi, en espérant absorber un peu du talent de Kiran. » 

L’action du livre se déroule en Norvège, au XVIIe siècle. Quarante pêcheurs du village de Vardo viennent de mourir noyés, laissant leurs épouses, filles et proches démunis. Trois ans plus tard, l’inquisiteur Absalom Cornet débarque d’Ecosse avec sa femme. Alors que celui-ci voit dans Vardo un enfer sans Dieu, sa femme prend goût à la liberté qu’elle s’était jusque-là interdite, sous l’emprise de son abominable mari chasseur de sorcières. La Babelionaute cadenima819 est charmée par cette lecture : « Captivant, Les Graciées est un roman à l'écriture magistrale, peuplé de femmes mémorables qui dans leur recherche d'émancipation sont soumises à la folie des hommes. »

 
Alain Teulié, Stella Finzi (Robert Laffont)

 
Il fallait bien au moins un homme dans cette sélection de livres sur les destins de femmes ! A travers l’histoire de Vincent, un écrivain venu à Rome pour mettre fin à ses jours, Alain Teulié brosse le portrait d’une énigmatique héritière romaine qui donne son titre au roman. Au fil de ces pages, on découvre une relation étrange, où l’attirance le dispute à la défiance, où les passions communes irriguent leur histoire.

LettresCapitales a trouvé tout à fait à son goût ce roman qui lui a rappelé les livres de Cesare Pavese et les films de Federico Fellini : « Qui sont Vincent et Stella, et surtout comment « les savantes absences » et « la prodigalité intrusive » de Stella vont tracer la trajectoire de vie de son ami français ? Un secret bien gardé jusqu'à la fin de ce magnifique journal d'écrivain en résidence forcée sous la coupe d'une bien mystérieuse geôlière. »

 

Retrouvez ici notre interview de l'auteur à propos de son livre


Sophie Blandinières, La Chasse aux âmes (Plon)


Derrière son titre très poétique, le deuxième livre de Sophie Blandinières aborde le sujet terrible de la survie dans le ghetto de Varsovie. Alors que la barbarie semble avoir gagné le cœur de chaque être humain, prêt à trahir ses congénères pour pouvoir simplement continuer à vivre, trois femmes organisent un réseau clandestin pour faire passer des familles juives en zone aryenne et leur offrir une nouvelle identité, catholique et polonaise. Ou quand le courage sauve des vies. 

Une lecture marquante et nécessaire selon chrispit33 : « Un roman puissant qui nous conduit au cœur du ghetto de Varsovie. On y suit principalement Joachim et sa famille qui vont devoir survivre dans cette horreur, où certains juifs choisiront de trahir les leurs, où une forme de résistance polonaise œuvrera pour aider les enfants. Une écriture magnifique, des mots qui touchent au cœur. Un roman indispensable pour le souvenir. »
 

Faïza Guène, La Discrétion (Plon)



La discrétion, c’est ce syndrome dont est atteinte Yamina Taleb. Cette femme de 70 ans vivant à Aubervilliers a pourtant lutté contre le colonialisme dans son pays d’origine, l’Algérie. Mais arrivée en France, elle a choisi la discrétion, le silence, comme pour mieux répondre à l’injonction d’intégration à son pays d’accueil. Vivre sans faire de vague, laisser glisser les remarques racistes et autres vexations : mais la colère semble se transmettre, et ses enfants pourraient également en devenir les vecteurs. 

Dans sa critique du livre, Matatoune salue le talent de l’autrice : « Roman de la maturité, La Discrétion veut donner une voix aux femmes qui ont choisi le silence toute leur vie quitte à contraindre leurs enfants à trouver la leur, entre colère et réflexions. Pour moi, un sacré coup de cœur ! »
 

Dina Nayeri, Faiseurs d’histoires (Presses de la Cité), traduit par Claire-Marie Clévy


 
Avec Faiseurs d’histoires, Dina Nayeri aborde une question à la fois très intime et tout à fait contemporaine : celle du destin des réfugiés. L’autrice avait 10 ans lorsque sa famille a été forcée de quitter l’Iran pour échapper aux islamistes fondamentalistes, décidés à mener la vie dure à sa mère convertie au christianisme. Elle a dû se reconstruire entre camps de réfugiés, clandestinité, puis des études aux Etats-Unis pour finalement s’installer en Europe.

Au-delà de son propre témoignage, Dina Nayeri donne la parole à de nombreux réfugiés pour comprendre et faire comprendre pourquoi on quitte son pays, et montrer les difficultés que les réfugiés rencontrent forcément dans la construction de leur identité et leurs rapports sociaux. Un livre qui met des mots sur les noms pour contrebalancer le poids de la statistique et des a priori instrumentalisés par certains. Pour, simplement, redonner un visage à Valid, Taraa, Kaweh, Kambiz, et les autres.
 

Anne de Rochas, La femme qui reste (Les Escales)



Clara, Holger et Théo forment un trio inséparable. Ils étudient tous les trois au Bauhaus, la fameuse école d’art de Dessau bien décidée à faire advenir l’Homme nouveau. Mais quand l’idéalisme et l’intime rencontrent les vents contraires de l’Histoire, tout peut basculer. Alors que le nazisme s’installe peu à peu en Allemagne, chacun est appelé à faire des choix, céder ou résister, selon son regard sur la vie et ses convictions. Clara sera l’un de ces étudiants appelés à grandir bien vite.
 
Tlivrestarts est tout bonnement ravie par cette lecture, qu’elle recommande sur Babelio : « La littérature offre cette possibilité de revisiter la grande Histoire, une manière de nourrir le souvenir d'une époque que l'on voudrait révolue à jamais et avouons que Anne de Rochas, dans ce premier roman, l'assure tout en beauté. Je me suis délectée des 464 pages de La femme qui reste, un livre foisonnant dans une plume d'une éblouissante poésie. »



 
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