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Les Derniers Romantiques de Tara Conklin : l’amour immortel

Article publié le 22/10/2020 par la Rédaction, en partenariat avec les éditions de l’Archipel

 
Est-ce que ça existe, une famille sans secret ? Un parent peut-il être irréprochable ? Pourquoi s’éloigne-t-on de sa famille biologique au fil du temps, tout en lui appartenant jusqu’à la mort ? Voilà quelques-unes des questions que pose le deuxième roman de Tara Conklin, Les Derniers Romantiques, paru aux éditions l’Archipel lors de la rentrée littéraire d’automne 2020, et traduit par Danièle Momont.

On y découvre la famille Skinner à travers le récit qu’en fait une dame âgée, Fiona Skinner, qui n’est autre que la cadette de la fratrie. En 2079, Fiona Skinner est une autrice de poésie reconnue et adoubée aussi bien par la critique que le grand public. Le livre s’ouvre sur une conférence qu’elle donne à propos de sa vie et son œuvre. Quand une femme prénommée Luna lui demande quelle est l’histoire de cette autre Luna qu’elle met en scène dans son célèbre Poème d’amour, Fiona Skinner commence le récit de son histoire familiale. Une histoire que Tara Conklin nous raconte grâce à une narration faite d’allers-retours temporels, mêlant savamment les époques et les âges.

 


© Mary Grace Long 

« - La famille. Ca ne t’arrive jamais d’avoir envie qu’ils disparaissent tous d’un claquement de doigts ? »


La mort comme préambule

L’événement fondateur de cette histoire familiale, c’est le décès du père, Ellis Avery Skinner, dentiste de profession qui tombe raide mort alors qu’il s’apprête à soigner une patiente. Evidemment, la mort d’un homme de 34 ans laisse une trace indélébile sur son entourage, et va avoir une influence de premier plan sur le destin de Reine, Joe, Caroline et Fiona, les quatre enfants Skinner vivant alors dans la grande maison familiale de Bexley, dans le Connecticut.

Alors que la mère, Noni, se désengage de ses responsabilités maternelles, l’aînée Reine prend les choses en main et s’occupe de ses frères et sœurs. Parce qu’il faut bien préserver un semblant de normalité, faire manger, boire et coucher les plus petits. Leur accorder le droit à une enfance aussi, avant qu’ils soient assaillis par les responsabilités de l’âge adulte. Cette période, les Skinner vont la surnommer « la Grande Parenthèse ». Un temps fait de liberté, de prises de risques et de doutes, à attendre pendant 3 ans que leur mère se reprenne en main et sorte de sa chambre aux volets sempiternellement clos.

 
« Chacun fait des choix différents. Toutes les vies sont compliquées. »

 

Se réinventer pour survivre

Mais Noni est un sacré personnage de roman, une mère solide et courageuse qui va se relever et empoigner la vie. Féministe dès les années 1980, elle va tâcher d’inculquer à ses enfants des valeurs très modernes pour l’époque. Même si évidemment, comme le dit Fiona Skinner : « Notre mère nous enseignait l’art de nous prémunir contre la souffrance, mais pas celui d’identifier ce qui valait la peine de prendre des risques. » et « Peu importait qu’une mère multiplie les efforts pour exceller dans son domaine ; un jour venait où les enfants s’éloignaient d’elle pour pénétrer seuls dans le vaste monde. » Parce qu’il n’y a pas de parent parfait.

Se réinventer, c’est aussi ce que va devoir faire Joe quand il se lance dans le baseball, mais également Reine après un traumatisme adolescent, puis Caroline en tant que mère qui a trop longtemps laissé ses propres désirs de côté, et enfin Fiona lorsqu’elle découvre enfin que les hommes ne sont pas tous des salauds, et que l’amour existe.



« A quoi ses filles étaient-elles capables de renoncer pour un homme ? »

 

Une dimension hors de l’espace et du temps

L’un des grands thèmes du livre, c’est bien sûr l’amour, celui d’une mère pour ses enfants, celui des enfants entre eux, qui se protègent les uns les autres… Celui qui prend Fiona à revers, alors que son cynisme l’avait poussée à « écrire [son] éducation sentimentale, sans faire de sentiment » sur son blog à succès, consacré à ses aventures sexuelles de jeune new-yorkaise. Car ce que nous dit finalement le livre de Tara Conklin, c’est que l’on n’échappe pas à l’amour, et que peut-être, finalement, les « derniers romantiques » ne sont pas encore nés.

L’amour, c’est ce qui fait tenir cette famille américaine, liée à jamais par son histoire difficile, et même si le temps abîme ces liens, l’espoir est toujours là dans ce roman, véritable exemple de résilience familiale. Un livre qui interroge le lecteur sur ses propres choix de vie, et peut même l’inviter à reconsidérer ses rapports familiaux.

 

Désigné Meilleur roman du mois en février 2019 sur Goodreads (l’équivalent américain de Babelio), au moment de sa parution en langue anglaise, voilà un livre qui remporte déjà un beau succès auprès des lecteurs sur Babelio, dont voici quelques critiques :

« Touchant, percutant, bien écrit, la lecture de ce roman est prenante et malgré des thèmes difficiles abordés, il en ressort quelque chose de lumineux. » livreclem

« Les Derniers Romantiques est un récit captivant, touchant, difficile à lâcher. Les personnages sont décrits de manières telles qu'à la fin de la lecture vous avez l'impression que la famille Skinner fait partie de vos proches, que vous les connaissez, que vous avez effectué un bout de chemin de vie avec eux. » AngeliqueL73

« La sublime plume de l'auteure, et sa merveilleuse traduction, nous fait réaliser à quel point nos liens familiaux sont notre force et notre fragilité à la fois. En décrivant dans les moindres détails les ressentis et les vies de ces personnages, l'histoire de cette famille se met en place. Comme dans toutes les familles, on y rit, on y pleure, les drames succèdent aux joies. » lecturesdisa

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