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3 polars incontournables…
Hervé Le Corre nous présente 3 coups de cœur littéraires
 
Article publié le 23/07/2021 par Nicolas Hecht et Pierre Krause

 
C'est les bras chargés de livres et les têtes remplies de recommandations que l'équipe de Babelio est rentrée de Lyon où se tenait le festival Quais du Polar. Dans le but avoué de toujours faire grossir vos piles de livres à lire, nous partagerons régulièrement avec vous les recommandations des auteurs rencontrés en festival. Après Franck Thilliez qui vous proposait au début du mois 3 polars incontournables (voir ici), c’est au tour d’Hervé Le Corre de recommander 3 romans noirs qui l’ont particulièrement marqué. Un auteur dont on vous proposait d’ailleurs récemment une interview, pour son dernier roman Traverser la nuit.



Dans ce livre, l’auteur nous plonge dans la nuit bordelaise à travers les vies de trois personnages (une mère célibataire victime des violences de son ex-compagnon, un commandant de police désemparé et révolté, et un tueur en série terrifiant) dont les trajectoires vont se croiser. Un roman très ancré dans le contemporain, qui démontre qu’Hervé Le Corre est autant à l’aise dans le roman noir historique (Dans l’ombre du brasier pendant la Commune de Paris, le Bordeaux des années 1950 dans Après la guerre ou encore le Paris de la fin du XIXe siècle dans L’Homme aux lèvres de saphir) que dans des histoires peut-être plus proches de la tradition française du roman social, et se déroulant aujourd’hui. Un dénominateur commun ? Une noirceur de poix et un style direct, parfois dur.

 

 

Une œuvre faisant finalement écho avec les 3 livres qu’il nous recommande ci-dessous : deux polars américains nerveux, aux personnages complexes, et un roman italien où lumière et ombre, lyrisme et violence se partagent la part du lion. En tout cas, il nous en a parlé avec tant de passion que de notre côté, nous avons eu envie de les découvrir au plus vite !

 

[Tous les livres présentés sont disponibles au format poche et accessibles à tous les budgets. C'est ce format que nous avons privilégié pour les images d'illustration, même si c'est bien la première maison d'édition française qui est mentionnée.]

 



Christopher Cook, Voleurs (Rivages Noir, 2002), traduit de l'anglais par Pierre Bondil

« C’est un très très grand roman, un road movie avec une poursuite infernale entre deux braqueurs vraiment dingues, un flic qui a plein de problèmes dans sa vie – il essaie notamment de recontacter sa femme qui lui raccroche au nez systématiquement. Et ça se termine dans une espèce de cabane à blues, parce qu’un des deux braqueurs joue de la guitare, et il va se « ranger des voitures » grâce à ça. J’ai le souvenir d’une écriture puissante, très lyrique, avec des dialogues intégrés directement au corps narratif du récit. C’est très rude, ultra violent, mais avec une fluidité incroyable. Et vers la fin il y a une scène – moi qui suis phobique des serpents – où le flic se retrouve dans une sorte de bayou, en pleine poursuite avec de l’eau jusqu’à la taille, sous un orage terrible… et il voit arriver un serpent, un mocassin d’eau, qui trace directement vers lui. C’est un livre à sensations comme ça, sensations dues à l’écriture, aux personnages qui sont très incarnés, qui sont tous violents, déréglés, et qui en même temps tombent jamais dans la caricature. C’est passionnant. »     

 

 

Larry Brown, Fay (Gallimard La Noire, 2002), traduit de l'anglais par Daniel Lemoine et Françoise Merle

« Cet auteur, c’est mon idole. C’est une histoire d’amour et un roman noir incroyable. Ca parle d’une jeune fille qui s’appelle Fay, qui a 16 ans et traîne sur la route sous un cagnard impossible. Un flic qui rentre chez lui en voiture de patrouille voit cette fille et lui propose de l’héberger chez lui, parce qu’elle est complètement perdue. Elle est très jolie mais un peu borderline. Il a une femme, une épouse, il y a un vrai amour entre eux mais elle aussi est un peu perdue, peut-être bipolaire, elle picole. Ca parle de la façon dont ce couple se défait et comment la relation se noue entre cet homme et Fay. Bien sûr, elle va repartir, se faire accrocher par des proxénètes à Biloxi, au bord du Golfe du Mexique. Et là, le flic va essayer d’aller la récupérer ; la fin est incroyablement intelligente et forte. Ca se termine l’arme à la main mais on n’est pas non plus dans des fusillades à la con. C’est un grand grand bouquin noir que je rêverais de voir adapté en film, rien qu’à en parler j’ai plein d’images qui me viennent en tête. »

 



Giosuè Calaciura, Borgo Vecchio (Noir sur Blanc/Notabilia, 2019), traduit de l'italien par Lise Chapuis

« Là on n’est pas sur un polar, mais il y a quand même pas mal de noirceur. C’est l’histoire d’un gosse des quartiers pauvres de Palerme, maltraité par son père qui trouve chaque soir un motif pour le cogner. Ce gamin va s’en sortir en rencontrant une jolie jeune fille. Là aussi, ça tient par l’écriture qui est à la fois lyrique, réaliste, jamais sordide ou complaisante. Ca m’a fait penser un peu à Montedidio de Erri de Luca. C’est un grand grand livre. »             

  

Retrouvez nos actualités liées au festival Quais du Polar ici et dites-nous en commentaire quels sont les polars qui vous ont marqués !
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