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Interview de la lectrice Nastie92
A la rencontre des membres de Babelio

 

Article publié le 13/08/2021 par Mélisande Cornec

Nous donnons régulièrement la parole aux membres du site pour qu'ils nous partagent leurs coup de cœur et nous dévoilent leur bibliothèque. Ce mois-ci, pour changer de la plage, nous vous proposons la montagne ! Nous donnons la parole à Nastie92, une membre assidue de Babelio et une grande lectrice de récits de voyages mais pas que...

 

 

Rencontre avec Nastie92, inscrite sur Babelio depuis le 04 novembre 2012

 


Quand et comment êtes-vous arrivée sur Babelio ? Quel usage faites-vous du site ?

En 2012, je suis arrivée sur Babelio par hasard, en cherchant des renseignements sur un livre (je ne sais plus lequel). J’ai eu le coup de foudre pour ce lieu magique : une vraie caverne d’Ali Baba !

Babelio me permet de découvrir de nouveaux auteurs, de trouver de nouvelles idées de lecture : pour une boulimique de lecture comme moi, c’est le paradis !

J’aime également les échanges avec les autres membres. Même si tout cela reste anonyme, des affinités se créent avec des personnes avec lesquelles on a de nombreux goûts communs, et de vraies « amitiés littéraires » peuvent naître.

 

Pouvez-vous nous parler de votre bibliothèque (organisation, genres, apparence visuelle, etc.) ? 

 

Je n’ai chez moi que peu de livres parce que j’emprunte beaucoup en bibliothèque (j’ai trois cartes dans trois établissements différents). Je reçois des livres en cadeau de la part de mes amis ou ma famille, qui connaissent mes goûts, et j’en achète parfois, mais finalement très peu par rapport à la quantité que je lis.

Quelques-uns sont dans ma bibliothèque, mais j’en ai aussi dans des placards et posés un peu partout dans la maison.

Je n’ai pas d’organisation particulière, sauf pour mes livres de maths qui sont dans mon bureau, posés au-dessus de mon meuble ou dans les placards. Pour ceux-là, je sais exactement qui est où, parce que j’en ai besoin professionnellement. Et bien sûr, ceux que j’ai écrits ont la place de choix… 

 

 

 

Quels sont vos genres de prédilection ?

Je n’ai pas vraiment de genre de prédilection parce que j'ai des lectures très variées. Cette variété est l’un des aspects qui me plaît dans la lecture.

Je lis des romans contemporains, des classiques (je suis une fan absolue de Émile Zola dont j'ai entrepris la lecture/relecture des Rougon-Macquart, je viens de finir le volume treize, Germinal, une merveille), des livres scientifiques (je suis matheuse dans la vraie vie !), des livres d'alpinisme ou de montagne (ma grande passion) ou plus généralement d’aventures, et j‘aime de temps en temps lire un polar ou une bande dessinée. J’ai lu énormément d’albums jeunesse avec mes quatre enfants lorsqu'ils étaient petits, j’ai eu un plaisir immense à partager avec eux des lectures que j’avais aimées et à en découvrir d’autres. Je crois beaucoup à la transmission et leur transmettre l’amour de la lecture a été tout naturel.


Qu’aimez-vous dans les littératures de voyage ?

 

Lire est une activité solitaire et immobile.

 

Solitaire, même si l’on peut partager son point de vue et ses émotions avec des amis lecteurs dans la vie ou sur Babelio.

Immobile, même si je lis aussi en marchant lors de mes petits déplacements.

La littérature de voyage, comme son nom l’indique, permet de voyager, dans l’espace et dans le temps, et de partager des aventures diverses avec ceux qui les ont vécues.

Quand je lis Un violoncelle sur le toit du monde d’Ariane Wilson, je suis dans l’Himalaya avec elle, je rencontre les gens qu’elle rencontre, je l’écoute jouer du violoncelle dans des endroits improbables, je vois les paysages, je sens le vent…

Quand je lis Soudain, seuls d’Isabelle Autissier, je suis avec ce couple de naufragés, je partage leurs souffrances et leurs angoisses, je suis leur histoire haletante, je vis avec eux.

Quand je lis le recueil de Dominique Brun : Les baleiniers : Témoignages 1820-1880, j’embarque pour une autre époque, je dévore des récits palpitants, je vis mille péripéties.


 
Et plus particulièrement sur les littératures sur le thème de la montagne ? 

Bien que citadine, je suis tombée dans la montagne quand j’étais petite : mes parents nous y emmenaient régulièrement mon frère et moi, été comme hiver, et j’ai été biberonnée à « Connaissance du monde ». J’ai le souvenir très fort d’avoir vu Sylvain Saudan le « skieur de l’impossible » venu présenter un de ses films. Impressionnant et marquant.

Les récits de montagne et d’alpinisme me fascinent. J’aime partir pour les hauts sommets tout en restant confortablement sous ma couette. Certains auteurs, en plus d’être de formidables alpinistes, ont des talents particuliers qui rendent leurs livres fabuleux à lire.

Walter Bonatti est un être humain merveilleux, doté d’une grande sensibilité, Gaston Rébuffat fait preuve de poésie et de lyrisme dans ses récits, Reinhold Messner est habité par une énergie dévorante et communicative.

En dehors de récits d’aventures vécues, j’aime aussi lire des biographies romancées ou des fictions qui parlent de montagne, mais je suis assez difficile et veux que les personnages et les actions soient réalistes.

Tanis Rideout dans L’homme qui voulait toucher le ciel a écrit un roman très prenant et sensible sur la disparition de George Mallory à l’Everest, le manga en cinq tomes Le sommet des dieux est captivant et offre des dessins d’une qualité époustouflante, quant à l’intemporel Premier de cordée de Roger Frison-Roche, il n’est plus besoin de le présenter.

 


Quel(s) livre(s) recommanderiez-vous pour s’initier aux récits sur des pics vertigineux ?  

 

Les conquérants de l’inutile est l’un des plus beaux livres écrits sur l’alpinisme. Pour le passionné, c’est l'occasion de voir ou revoir la vie de ce géant qu'était Lionel Terray et pour le lecteur moins averti, c’est la possibilité de comprendre ce qu'est la passion de la montagne.

Au sommet de l'Everest : il y a 50 ans, l'Everest, l'expédition qui a vaincu le toit du monde d’Edmund Hillary est un vrai livre d’aventure. À une époque où la région était bien moins connue que maintenant, les marches d’approche étaient compliquées, et sur l’Everest, tout était nouveau ou presque. Dans la partie qui retrace la victoire sur le sommet, Hillary met en avant les rôles de tous les membres de l’expédition, ainsi que de ceux qui l’ont précédé et apporté leur pierre à l’édifice. Il montre un profond respect pour les sherpas, en particulier pour Tensing qui l’a accompagné au sommet et qu’il considère comme son égal. Un récit fort et humainement très touchant.

Gaston Rébuffat, guide marseillais qui a la passion de la montagne chevillée au corps, écrit merveilleusement bien, ses récits sont plein de finesse et de poésie. Étoiles et tempêtes ou La montagne est mon domaine donnent au lecteur l’envie de s’encorder et de le suivre.



Avez vous entrepris des voyages dans un lieu grâce à une lecture ?

Je ne me souviens pas avoir consciemment entrepris un voyage suite à une lecture, mais ce qui est sûr, c’est que lire est une activité qui fait voyager… sans bouger ! Voyager dans l’espace et dans le temps, rencontrer toutes sortes de personnes, vivre toutes sortes d’évènements.

Lire fait rêver, s’émouvoir, s’indigner, s’émerveiller, rire, pleurer : c’est une grande aventure. 

 


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

 

Ma première grande découverte littéraire a été Tistou les pouces verts de Maurice Druon. Je devais avoir entre huit et dix ans, et ce livre m’a fait sentir à quel point la lecture pouvait vous emporter et vous faire rêver. Il est le point de départ de ma vie de lectrice. À partir de là, je n’ai plus jamais arrêté de lire. J’ai passé des heures le nez dans les livres à voyager, à rêver, à rire, à pleurer

Plus tard, à l’âge de treize ans, j’ai lu L’Assommoir, mon premier Zola. Quel choc ! J’ai été ébranlée par la force du récit, par les émotions qu’il faisait naître, et c’est avec ce roman que je me suis vraiment rendue compte de la puissance de la littérature.

 

Quel est le livre, découvert sur Babelio, que vous avez le plus aimé ?

 

J’ai découvert Stephen King grâce à Babelio. Je le connaissais de nom, bien sûr, et j’avais vu certains films adaptés de ses romans, mais m’étais toujours dit (bêtement) que ce n’était pas un auteur pour moi (NDLR : On vous proposait précisément un article pour (re)découvrir Stephen King il y a quelques mois). Certaines critiques m’ont décidée à franchir le pas, et j’ai lu 22/11/63. J’ai passé quelques jours totalement absorbée dans ces pages terriblement addictives. Le matin, je n’avais qu’une envie : me précipiter sur mon livre. Et tout au long de la journée, j’attendais avec impatience ma prochaine plage de lecture.

J’ai fait l'expérience de l'intoxiqué à une drogue dure qui court sans cesse après sa future dose ! Une expérience marquante qui m’a plus que jamais convaincue qu’il serait dommage de se limiter à un seul genre de lecture.

 

 

Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

 

Je ne relis que des classiques, et très rarement : je préfère garder du temps pour découvrir des livres que je ne connais pas.

Pour le plaisir de me plonger dans une langue magnifique, j’ai relu Madame Bovary et des romans de Zola, dont L’Assommoir et Germinal.

 

Vous êtes très active sur Babelio et avez publié un nombre très important de critiques (568). Qu’est-ce qui vous plaît dans le fait d’écrire des critiques ? D’après vous, qu’est-ce qu’une bonne critique de lecteur sur Babelio ? 

 

Savoir que je vais écrire une « critique » rend ma lecture plus attentive et plus riche. Je prends des notes et fais attention aux différentes idées, aux différents thèmes, je réfléchis au sens et à la forme, bref, je suis une lectrice plus active et mon plaisir de lecture est plus grand.

J’aime aussi partager mon enthousiasme lorsqu’un livre m’a plu et lire les commentaires de mes « amis » et des autres membres. C’est la magie de Babelio qui permet d’échanger à distance avec d’autres lecteurs. Voilà ce qui me plaît, outre le fait que j’adore écrire : enfant, j’ai toujours aimé écrire des rédactions, puis lycéenne et étudiante, des dissertations.

Pour moi, une bonne critique doit dire juste ce qu’il faut pour donner envie (ou ne pas donner envie !). Elle doit impérativement être argumentée, et ne doit surtout pas trop dévoiler l’intrigue. Quand je vois une critique qui ne fait que résumer l’histoire, je saute : si je lis un jour le livre en question, je ne veux pas tout savoir à l’avance ! C’est d’ailleurs pour cette raison que je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, en général beaucoup trop bavardes. 

 

Quelle est la perle méconnue tout genre confondue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

 

 Il est difficile de n’en citer qu’une, alors je choisis un livre méconnu sur Babelio puisqu’il n’a qu’une seule critique.

Le chat au pays des nombres est un album du mathématicien Ivar Ekeland, illustré par John O'Brien. L’auteur réussit à présenter un concept mathématiquement ardu (l’infini) à travers une histoire simple et très amusante. Aucune connaissance mathématique n’est nécessaire pour apprécier, et la lecture peut se faire à plusieurs niveaux. On peut se contenter du premier degré et apprécier l’humour, mais le lecteur curieux aura envie de creuser le sujet pour en apprendre davantage : voilà de l’excellente vulgarisation scientifique.

 

 

Pourriez-vous nous parler en quelques mots de vos auteurs et éditeurs préférés ?

 

D’abord Zola. Immense écrivain dont l’œuvre est intemporelle. Dans les Rougon-Macquart il nous parle de ses contemporains, mais ce qu’il dénonce reste encore valable de nos jours. Dans « La Curée », délits d'initié, trafics d'influence, escroqueries en tout genre sur un fond d'absence totale de scrupules : rien n’a changé.
La société de consommation décrite dans Au bonheur des dames, la façon dont le commerce s'y prend pour créer des besoins qui n'en sont pas, une grande enseigne puissante et aux méthodes agressives qui fait mourir les petits commerces : tout est, hélas, très actuel. Et bien d’autres titres ! Des classiques pas poussiéreux du tout, magnifiquement écrits et qui nous offrent de merveilleuses heures de lecture.

Parmi les auteurs contemporains, je citerai Sylvain Tesson et Joyce Carol Oates.

J’aime l’originalité du premier, son côté non-conformiste assumé, son intelligence, son humour et sa façon de mettre de la poésie là où l’on ne s’y attend pas. Sur les chemins noirs, Dans les forêts de Sibérie ou La panthère des neige m’ont enchantée.

Chez l’écrivaine américaine, j’aime sa façon très particulière de nous interpeler, de nous bousculer, de nous pousser à réfléchir. J’aime son ironie mordante, j’aime sa faculté de frapper pile où ça fait mal, et j’adore me laisser entraîner dans les tourbillons de ses histoires. Je lui fais confiance et la suivrais les yeux fermés… si j’ose dire. CarthageLes chutes, L’homme sans ombre et tant d’autres : Joyce Carol Oates est prolifique… tant mieux !

 

Avez-vous une citation ou une scène fétiche issue d’une de vos lectures ?

 

Une de mes citations fétiches est d’Umberto Eco : « Celui qui ne lit pas aura vécu une seule vie. Celui qui lit, aura vécu 5000 ans. La lecture est une immortalité en sens inverse. » Elle correspond parfaitement à ce que j’aime dans la lecture.

Un livre peut vous emporter et vous faire vivre une autre vie ; plus un roman est puissant, plus l’immersion est forte. Par exemple, dans Les Rougon-Macquart, tome 13 : Germinal, Zola vous plonge dans le quotidien des mineurs d’une façon saisissante. Ce genre de lecture laisse une trace profonde en vous.

 

Quel est votre endroit préféré pour lire ?

Quand j’ai le temps, j’aime lire confortablement allongée sous ma couette, un bon thé à portée de main. Mais je lis aussi dès qu’une occasion se présente : dans les transports en commun, en voiture (quand je ne conduis pas), en faisant la queue, en marchant dans la rue… Je ne sors jamais sans un livre à la main ou dans mon sac : je suis droguée aux livres, et je l’assume !

 

 

 

Tablette, liseuse ou papier ?

 

Je lis essentiellement des livres « papier ». J’aime tenir l’objet entre mes mains, feuilleter pour retrouver un passage, déplacer mon marque-page : j’aime le rapport physique avec le livre.

J’ai une liseuse, reçue à un anniversaire, et j’apprécie l’aspect pratique du faible encombrement. J’apprécie aussi le fait de pouvoir lire la nuit sans avoir besoin d’éclairage.

Je télécharge exclusivement des livres gratuits (dans le domaine public) et refuse d’acheter des livres numériques : je les trouve chers par rapport à la version papier et ne veux pas payer pour quelque chose que je ne vais pas vraiment posséder.

 

Quelle sera votre prochaine lecture ? Comment l’avez-vous choisie ?

 

Je lis toujours plusieurs livres en parallèle, j’ai donc plusieurs prochaines lectures.

L’une d’elles sera Le comte de Monte-Cristo. Cela fait très longtemps que j’ai envie de découvrir Alexandre Dumas que je n’ai jamais lu, même si, comme tout le monde, je connais plus ou moins les intrigues de ses romans.

Une autre sera Naufrage au Mont-Blanc d’Yves Ballu, parce qu’il me faut toujours un livre de montagne, et j’ai aussi prévu L’équipage de Joseph Kessel dont j’aime le style et dont j’avais adoré Les mains du miracle.

 

Une anecdote particulière en rapport avec Babelio ? (Rencontre avec auteur ou lecteurs, échange entre lecteurs, découverte littéraire...)

 

Grâce à Babelio, j’ai eu la chance d’assister à de nombreuses rencontres, dont certaines ont été marquantes. Je pense en particulier à Tracy Chevalier, qui avait été passionnante et très généreuse de sa personne et de son temps : j’avais pu, avec d’autres lecteurs, parler directement avec elle après la rencontre, en un échange spontané et sincère ; ce fut un excellent moment.



Merci à Nastie92 pour ses réponses !

Vous pouvez également la retrouver sur son blog.

 

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