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5 romans de SF et fantasy recommandés par Frédéric de la librairie Omerveilles
Article publié le 20/10/2021 par Mélisande Cornec

 

 

Lors d’un de ses périples, Mélisande (une membre de notre équipe) s’est rendue à la librairie Omerveilles, située au cœur de Grenoble, pour avoir quelques recommandations de lecture. Spécialisé dans la science-fiction et la fantasy, la librairie, ouverte depuis 2006, propose autant les dernières nouveautés mises en avant sur les tables que les classiques du genre en rayons, ainsi qu’une large sélection de livres d’occasion qui montent jusqu’au plafond.

Frédéric, le libraire, nous a déniché 5 pépites récentes et dans lesquelles il est facile de se plonger pour des lecteurs peu familiers de l’imaginaire qui souhaiteraient s’initier à ce genre.



Jean-Pierre Andrevon, Le Travail du Furet 
ActuSF, 272 pages, 7,90 €


« C’est un classique de la dystopie. Il n’y a plus assez de nourriture pour tous les humains sur Terre et la solution qui a été trouvée (qui est assez originale), c’est de tuer un certain nombre de personnes de façon officielle chaque année. On suit un furet, qui est un de ces hommes dont le travail est de tuer chaque jour. Il est doué dans son domaine, utilise des méthodes surprenantes et les varie, jusqu’au jour où on lui demande de tuer sa voisine, qu’il aime bien. C’est un personnage qui vit dans un univers mental très filmique. Il commence alors à se questionner sur la façon dont les gens sont choisis...

Il s’agit de science-fiction assez accessible car il n’y a pas de technologie spéciale, on n’est pas dans de la hard science. C’est de la SF qui repose essentiellement sur les personnages, la façon dont ils s’expriment, leur univers et l’intrigue sur la manière dont les victimes sont choisies. »

Martha Wells, Journal d’un AssaSynth, tome 1
L’Atalante, traduit de l’anglais par Mathilde Montier, 128 pages, 10,90 €


« Dans Journal d'un AssaSynth, on suit le journal interne d’un robot qui fait de la sécurité. Pendant de longs moments il ne fait rien, et parfois il s’embête. Il va donc craquer ses codes pour regarder de vieux films et séries. C’est un petit peu décalé, avec un personnage drôle. Par exemple, il n’enlève jamais son casque car il est timide et n’a pas d’expression faciale, ce qui le complexe. C’est assez drôle. Il y a 5 novellas et un roman.

Un livre qui se lit très facilement dont la force est le côté humoristique et la façon de s’exprimer du protagoniste robot. »

Thomas Geha, Des sorciers et des hommes 
Critic éditions, 336 pages, 19 €



« Une fantasy assez classique avec un duo de personnages dont on va suivre les aventures, mais il se trouve que ce sont des salauds. On a un personnage assez bagarreur qui est un guerrier, mais plutôt intelligent. Il a fui une île où il avait une position sociale élevée. On ne sait pas trop ce qu’il a fait, pourquoi il s’est enfui, ni qui lui court après. Pour faire ses affaires, s’en tirer et ne pas se faire tuer, il s’associe à un sorcier très particulier. Il a une magie extrêmement puissante et rare, qui s’appelle la Sorcellerie des rubans. C’est un sorcier qui voit tout sous forme de rubans et qui peut tout modifier du moment qu’il le voit. Il y a donc plein de gens aussi qui aimeraient bien qu’il soit à leur service, donc ça l’arrange bien d’être en duo avec quelqu’un de guerrier et retord. Ils mènent leurs petites affaires qui sont généralement assez inavouables. On suit donc leurs turpitudes, mais aussi leur fuite face à leurs poursuivants.

C’est bien écrit et permet de rentrer complètement dans l'histoire, on se laisse emmener par le texte. C’est un livre que je conseille beaucoup. L’auteur aurait pu faire plein d’histoires, mais il a choisi de rester sur un tome unique. »

Laurent Genefort, Mémoria 
Folio SF, 384 pages, 8,60 €


« Laurent Genefort situe tous ses romans dans le même univers. Ce livre dégage une ambiance polar. On suit un assassin dans un univers futuriste où il existe une espèce extraterrestre que personne n’a jamais vu, mais qui est à l’origine de certains artefacts. Dans Mémoria, il s’agit d’une petite valise qu’un homme a récupérée et qui lui permet de passer sa conscience d’un corps à un autre. Et il se trouve que son métier, c’est assassin. Mais à chaque fois qu’il change de corps, il faut qu’il abandonne un partie de ses souvenirs antérieurs pour s'approprier ceux de celui dont il prend la place. Il ne sait plus qui il est. Il n’a quasiment plus de personnalité propre.

C’est assez psychologique comme récit car le personnage principal ne cesse de se poser des questions existentielles : jusqu’à quand va-t-il pouvoir faire ça sans être un patchwork d’autres personnalités ? L’histoire est vraiment centrée sur le personnage, ses réflexions et sa construction mentale. Cela se lit très très bien, c’est aussi une entrée facile sur un univers commun de science-fiction qui est assez abordable. »

Ellen Kushner, Thomas le rimeur 
ActuSF, traduit de l’anglais par Béatrice Vierne, 370 pages, 19,90 €



« Ellen Kushner est plus connue pour un autre roman, A la pointe de l’épée (qui est connu car c'est l'un des premiers romans de fantasy dont le héros est homosexuel) ; pour changer je mets celui-là en avant. Thomas le rimeur est une fantasy elfique, où l'on suit une sorte de troubadour, Thomas, qui passe son temps à voyager et surtout à mentir et entourlouper les gens. Il vit au crochet des autres en séduisant à droite et à gauche, et change de village dès qu’il a obtenu ce qu’il voulait que ce soit de la nourriture, de l’argent ou les faveurs d’une femme. Une fois, il séduit la mauvaise personne : la reine des elfes. Elle va l’emmener dans son royaume, puisqu’elle le trouve intéressant. Quand elle le laisse partir, elle lui fait un cadeau, celui de ne plus pouvoir mentir. Lui qui a passé sa vie à embobiner est mal barré. 

C’est une belle écriture, centrée sur le personnage, avec un côté un peu décalé dans ce que fait cet anti-héros. C’est un one-shot. »

 


Pourquoi avoir choisi ces cinq titres ?

Ces livres ont en commun de parler à un public assez large. Ce sont des textes dans lesquels il est facile d'entrer, on n’a pas besoin d’être spécialiste et d’avoir déjà lu plein d’imaginaire. On se laisse tout de suite porter par l’univers ou la plume des auteurs.


Qu’est-ce que représente l’imaginaire pour vous ? Pourquoi vous être spécialisé dans les genres science-fiction, fantasy et fantastique ?

C’est ce que je lis depuis que je sais lire. Donc j’ai choisi l’imaginaire un peu par facilité et parce que j’aime ça. Après tout, on vend bien ce qu’on connaît. Ça fait 41 ans que je lis de tout en imaginaire : de la fantasy légère à la hard science. J’aime bien qu’il y ait une bonne histoire. Je suis incapable de lire un roman sur la vie quotidienne, je m’emmerde. J’ai besoin d’un peu d’évasion. L'imaginaire, c’est un mode d’évasion et de réflexion.


Je retrouve dans la fantasy pas mal d'influences historiques, et il se trouve que j'aime bien l'histoire. Et sur la SF, le côté réflexion est intéressant : sur la société, le développement de la technologie, l’évolution de l’être humain. C’est aussi une curiosité : parmi les futurs possibles proposés par des auteurs, qui va avoir raison ? 


Par curiosité, que lisez-vous en ce moment ?

Les maîtres des dragons, une réédition illustrée par le Bélial'. C’est de la SF avec des dragons.

Symphonie atomique, un livre d’un auteur grenoblois. C’est de la pure prospective sur le dérèglement climatique, c'est assez bon. 

  

 


Merci à Frédéric de la librairie Omerveilles pour ces recommandations de lecture.

 

 

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