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Les 21 livres les plus populaires de 2021
Quels ont été les livres les plus populaires sur Babelio cette année ?

Article publié le 22/12/2021 par Nicolas Hecht, Malaury Moyen et Déborah Zitt


Sur Babelio il est question de lettres et de livres tout au long de l'année. Et si on s'intéressait aussi un peu aux chiffres (sans bien sûr oublier la littérature) ? Notre classement annuel des livres les plus populaires est l'occasion de mettre en perspective les parutions de l'année, en regard des livres de 2021 les plus ajoutés dans les bibliothèques des lecteurs Babelio. Car oui, il s'agit bien de cela dans cet article : la popularité des livres, qui ne sont donc pas forcément les livres les mieux notés ou les plus critiqués cette année sur le site (quoique…).

 


Pour le 8e numéro de cet article, que nous réservent les choix des lecteurs ? Pour commencer, on peut dire qu'en 2021 ils ont lu « local », puisqu'aucun livre de littérature étrangère n'est parvenu à se hisser à hauteur de ces 21 sommets - c'est d'ailleurs seulement la troisième fois que cela arrive depuis la création de ce contenu sur le site, en 2014. Autre tendance assez nette : les autrices dominent ce classement, avec 13 femmes pour 8 hommes (contre une parité parfaite 10/10 dans le classement 2020). Il faut dire que des stars de la littérature française comme Valérie Perrin, Delphine de Vigan, Virginie Grimaldi ou encore Laetitia Colombani sont revenues sur le devant de la scène cette année.

Du côté des éditeurs, les lecteurs plébiscitent deux maisons très différentes de par leur taille et leur histoire : Albin Michel et les éditions de L'Iconoclaste, qui placent chacune pas moins de 4 titres dans la liste. Si Albin Michel fait ici figure de vétéran (date de création : 1902) et de mastodonte, la relativement jeune Iconoclaste née en 1997 tire bien son épingle du jeu aux yeux de la communauté. Encore une preuve de la curiosité et de l'éclectisme de nos lecteurs ! Au total, on retrouve ainsi 13 maisons d'édition derrière ces 21 publications.

 



Si vous ne serez sans doute pas étonnés de retrouver ici deux livres primés et très en vue - S'adapter de Clara Dupont-Monod et La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr -, sachez que 8 auteurs font leur première entrée au classement de fin d'année Babelio. Évidemment, les lecteurs ont leurs chouchous présents régulièrement (Amélie Nothomb, Pierre Lemaitre et consorts sont donc bien là), mais restent donc attentifs à l'actualité et ouverts à la découverte. En témoignent même deux premiers livres qui rencontrent un beau succès : ceux de Camille Kouchner avec La Familia grande, et Maud Ventura pour Mon mari.

Du côté des genres représentés (hors BD puisqu'un autre classement sera bientôt consacré au 9e art sur Babelio), la littérature dite « blanche » est sans surprise à l'honneur, mais le polar se défend bien avec 4 titres représentés. Vous trouverez également quelques livres à la frontière entre non-fiction et roman, qui n'entrent donc pas à proprement parler dans ce type de littérature majoritaire cité plus haut (Camille Kouchner encore, mais aussi Florence Aubenas et Clara Dupont-Monod).

Enfin et surtout, nous espérons que ce classement des ouvrages les plus populaires sur Babelio en 2021 (et parus cette année) vous inspirera pour vos prochaines lectures, et vous procurera beaucoup d'heures de plaisir. Fini pour les chiffres et le rapport comptable, retour aux lettres en 21 étapes ci-dessous. Bonne lecture !

 

 

21. Seule en sa demeure de Cécile Coulon  

L'Iconoclaste, 334 pages 


En cette année 2021, Cécile Coulon se faufile in extremis dans notre top avec son roman Seule en sa demeure, dont l’intrigue rend hommage aux classiques de la littérature britannique, de Jane Austen aux sœurs Brontë en passant par Daphné du Maurier. Originaire de Clermont-Ferrand, la jeune autrice française publie son premier livre à 16 ans, et depuis elle ne cesse de nous surprendre, s’étant déjà vue récompenser par plusieurs prix littéraires pour son livre antérieur : Une bête au paradis. C’est à la fin du XIXe siècle que se déroule le récit : Aimée, 18 ans, est mariée de force à Candre Marchère, riche propriétaire terrien du Jura. L’homme au charme froid semble accorder plus d’importance à sa forêt qu’à sa nouvelle femme et Aimée apprend que sa première épouse est morte peu de temps après les noces. Les non-dits entourant cette tragédie ne font rien pour arranger la peur qui ronge doucement la jeune femme. S’embourbant dans son effroi, elle semble être sauvée par l’arrivée à la demeure de Émeline, la professeure de flûte qui l’aidera à être plus en phase avec ses désirs. Entre l’enquête policière et le roman gothique, Seule en sa demeure tire son épingle de la scène littéraire par son écriture, empruntant à la poésie, qui nous emporte dans une ambiance brumeuse, emplie de mystères, où le silence se meut en angoisse.

La plume de l’autrice, tout en délicatesse, a su séduire Kirzy : « Avec une qualité d'écriture aiguisée et fine, souvent poétique, pleine de musique et de sons, elle excelle tout particulièrement dans les descriptions des lieux, la forêt du domaine et bien évidemment l'inquiétant manoir […]. Loin d'être une pâle copie ou une plate compilation hommage à des inspirations extérieures, le récit mystifie en n'allant jamais là où on croit qu'il va aller. »

 

20. La Chasse de Bernard Minier 
XO éditions, 480 pages

 


Nombreux sont les lecteurs Babelio à apprécier le polar et les romans policiers, genres autrefois décriés et devenus au fil du temps des locomotives de l'édition française. Chaque année, on retrouve ainsi dans ce classement des livres les plus populaires les stars du genre, dont un certain Bernard Minier qui fait ici sa quatrième apparition dans cette série d'articles. Après Nuit, Soeurs et La Vallée, c'est La Chasse qui s'en tire avec les honneurs en se plaçant à la 20e position du classement. Cette fois, le roman s'ouvre sur une personne traquée au cœur d'une forêt ariégeoise, la nuit. Le rythme est donné, et l'auteur sort un peu de sa zone de confort en proposant une enquête particulièrement tendue, menée en une semaine. Le cynique et nerveux Martin Servaz reprend ainsi du service dans une France confinée pour la deuxième fois, puisque l'action se déroule fin 2020.

Tomabooks a beaucoup aimé ce nouveau roman, qui en plus de traiter de l'actualité immédiate pose des questions pertinentes sur notre époque et l'humanité en général : « Il faut bien l'admettre, Bernard Minier sait y faire pour nous captiver en seulement quelques pages. [...] La Chasse est un page-turner, mais sans pour autant être un simple divertissement vide d'intérêt. L'auteur joue les équilibristes entre fiction et réalisme, si bien que son roman prend une profondeur inattendue. Bernard Minier nous plonge sans compromis dans ce qu'est notre société actuellement, entre crise sanitaire et haine du flic. [...] La fiction se mélange parfaitement avec la réalité et prouve, une nouvelle fois, que Minier reste un pilier du roman noir et du polar. »

 

19. Le Serpent majuscule de Pierre Lemaitre 
Albin Michel, 336 pages


 

Un Serpent majuscule dans le titre, mais pourtant un dalmatien sur la couverture… Où veut donc nous emmener Pierre Lemaitre ? Après une incursion en 2016 avec Trois jours et une vie et en 2020 avec Miroir de nos peines, l’auteur multi-primé revient dans notre top annuel avec ce roman un peu particulier : son premier polar écrit en 1985, soit 30 ans avant son prix Goncourt pour Au-revoir là-haut. Jamais publié jusqu’à présent, ce récit évoque la fin d’un cycle, et sonne comme un adieu au roman noir qui a fait son succès. L’occasion pour ses lecteurs et lectrices de redécouvrir leur auteur fétiche sous un autre angle ? Avec Le Serpent majuscule, il nous propose une plongée dans les années 1980 aux côtés de Mathilde, une sexagénaire pas tout à fait comme les autres… Bientôt l’heure de la retraite oui, mais à quoi ressemble celle d’une tueuse à gages ?

Les aventures de Mathilde n’ont pas déçu Plouf_le_loup, fidèle lectrice de l’auteur : « Ce premier-dernier roman noir de Pierre Lemaitre est un vrai petit bijou : du sombre, de l'humour, de l'inattendu, des super personnages, une intrigue simple mais efficace. Résultat : on passe le bouquin à se demander comment tout ça va finir. »

 

18. Des diables et des saints de Jean-Baptiste Andrea
L'Iconoclaste, 320 pages

 

 

Pour son troisième livre, Jean-Baptiste Andrea a frappé fort : après avoir moissonné quelques prix en 2021 (Grand Prix RTL-Lire, Relay des voyageurs-lecteurs, Ouest-France Etonnants Voyageurs), il fait ici sa première apparition dans notre classement de fin d'année. Et il met semble-t-il tout le monde d'accord avec ce livre, qui affiche une très belle moyenne de 4,35/5 sur Babelio pour 639 notes. Un roman très lu, très ajouté aux bibliothèques des Babelionautes, qui clôt la trilogie de l'enfance entamée par l'auteur avec Ma reine et poursuivie dans Cent millions d'années et un jour. Dans Des diables et des saints on suit Joe, un orphelin de 16 ans prodige du piano envoyé dans un pensionnat religieux des Pyrénées après le décès de sa mère et de sa sœur, pour une vie pas franchement exaltante. Jusqu'à sa rencontre avec Rose, qui va bouleverser un quotidien morne et le pousser à l'aventure.

Danael salue le talent de l'auteur dans sa critique : « Impossible de lire cet ouvrage sans avoir le cœur qui cogne. Des diables et des saints, c'est rugueux et douloureux comme le frottement du papier de verre sur la peau, éblouissant comme un soleil d'été à son zénith, parfois doux comme de la ouate. C'est le récit d'une enfance violentée, de l'innommable abus de certains adultes, de la parole étouffée. Celui aussi de la résilience, de l'amour inaliénable, sublimé par l'absence, de l'amitié à la vie à la mort. C'est le rythme de la musique, du cœur de Rose, du rire de Danny, de la liberté conquise au prix d'un effort de légende. Le rythme qui tient tout, qui tient "la vie debout". La fin du roman est à couper le souffle. Littéralement. »

 

17. Kérozène d'Adeline Dieudonné 
L'Iconoclaste, 320 pages

 

 

Si vous suivez l'actualité littéraire, vous avez forcément entendu parler d'Adeline Dieudonné. En 2018, elle faisait une entrée fracassante dans le monde des lettres avec La Vraie Vie, ou l'histoire d'une pré-adolescente au caractère bien trempé qui tente de sauver sa famille (enfin, surtout son frère) et de s'imaginer un avenir. Un roman au ton franc et frais salué par la critique et le public. En 2021, l'autrice belge passait le cap du deuxième roman avec Kérozène, toujours édité chez L'Iconoclaste. Le moins qu'on puisse dire, c'est que le lectorat Babelio a suivi, avec déjà près de 700 notes sur le livre et pas loin de 200 critiques publiées. Adeline Dieudonné n'a visiblement rien perdu de sa verve et de son style rock, et nous propose ici de rencontrer 12 personnages tous plus barrés les uns que les autres, pour une nuit d'été dans une station-service des Ardennes durant laquelle leur destin va basculer.

BillDOE a apprécié l'efficacité et l'originalité de ce livre : « Kérozène est entre le recueil de nouvelles et le roman. L'imagination débordante d'Adeline Dieudonné lui autorise tous les excès narratifs. L'auteure n'a pas de limite pour surprendre le lecteur et l'invraisemblance des situations, le détachement avec la violence de certaines scènes arrachera forcément un sourire au plus constipé de ses lecteurs ou lectrices. Le style est sobre et d'une efficacité redoutable. Le livre d'Adeline Dieudonné se lit d'une traite, presque en apnée. »

 

16. La Carte postale d'Anne Berest

Grasset, 512 pages


Imaginez… Au milieu de vos cartes de vœux début janvier, se glisse une carte postale envoyée anonymement avec, pour seules inscriptions, les prénoms de quatre de vos ascendants… Que feriez-vous ? Cette carte postale constitue le point de départ de l’enquête généalogique menée par Anne Berest dans son huitième roman. Elle y retrace l’histoire de sa famille maternelle, décimée par la guerre et victime de la Shoah. Après les Patriarches (sélectionné par le prix de Flore et le prix Renaudot en 2012), La Carte postale est sans conteste l’un des romans incontournables de la rentrée littéraire 2021. Après avoir manqué de peu le prix Goncourt, Anne Berest a su conquérir le cœur du jury du prix Renaudot des Lycéens 2021… et celui des Babelionautes qui lui décernent une belle moyenne de 4,41/5 (sur 502 notes). 

Matatoune a été touchée par le drame qui a frappé la famille Rabinovitch, dans lequel la question du lien transgénérationnel résonne tout particulièrement : « La Carte postale est le récit nécessaire d'un passé qui ne doit s'oublier ! (...) Anne Berest transforme le statut de victime, tant à l'œuvre dans notre société contemporaine, en acceptation où ceux qui sont morts sont présents à jamais dans le quotidien de ceux qui ne pourront les oublier. Car, Anne Berest démontre la présence de nos morts, leur permanence à vivre à partir du moment où leurs mémoires, leurs combats, leurs souffrances ont été captés au mieux par leur descendance, au pire par d'autres. Aucun mort ne doit être oublié, sinon c'est pire que de perdre la vie, c'est perdre une certaine partie de son identité d'humain ! »

 

15. Enfant de salaud de Sorj Chalandon

 Grasset, 336 pages

 


Sorj Chalandon, journaliste ayant travaillé successivement pour Libération puis le Canard enchaîné, n’en est pas à son coup d’essai : il a déjà consacré un roman à son géniteur, avec Profession du père (dont l’adaptation cinématographique est sortie cette année). Ce père prétendait avoir été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion… Il était en réalité un mythomane chevronné. Sorj revient sur sa relation avec lui dans Enfant de salaud, roman où se mêle la petite histoire et la grande. Auteur de reportages sur le procès de Klaus Barbie, qui lui ont valu le prix Albert-Londres en 1988, cet événement important le mène à se questionner sur son propre père : et lui, que faisait-il sous l’Occupation ? Cette question qui lui brûlait les lèvres, il avait trop peur de la poser, intimidé par ce père imprévisible. Bercé par des histoires folles de résistance, c’est son grand-père qui un jour lui avoua : il était un fils de salaud, de collabo. Le dossier judiciaire du père sommeillant aux archives départementales du Nord lui apportera les réponses qu’il attend, narrant la vie d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat, changeant de faction comme on change de chemise. Lorsque Klaus Barbie entre dans le box des accusés, ce n’est pas un procès qui vient de s’ouvrir, mais deux. Le père, mis dos au mur par son fils, devra s’expliquer sur ses mensonges.

Framboize12 a été profondément marquée par cette lecture : « J'ai très rarement été assaillie par autant d'émotions lors d'une lecture. On ne sort pas indemne de ce livre. C'est vraiment ce que j'attends de la littérature : des ouvertures de portes et fenêtres autant intérieures que tournées vers l'extérieur, vers l'autre. Quelle prouesse ce livre ! Quel exercice virtuose ! »

 

14. S'adapter de Clara Dupont-Monod
Stock, 200 pages

 

 

Voici sans doute l'une des révélations littéraires de l'année, et l'un des romans les plus récompensés aussi (prix Femina, Goncourt des Lycéens, Landerneau Roman). Si l'on connaissait la passion pour l'Histoire de Clara Dupont-Monod, S'adapter fait figure de véritable prise de risque avec une incursion dans l'intime à laquelle on a même envie de coller l'étiquette d'« autobiographie romancée ». S'adapter oui, mais à quoi ? A l'arrivée d'un enfant inadapté, handicapé, qui va bouleverser la vie d'une famille cévenole et de sa fratrie. Une situation que l'autrice a elle-même vécue, et qu'elle nous fait vivre ici à travers un roman aux allures de conte dans lequel les pierres parlent et livrent les secrets et les non-dits d'une famille. Elle nous en parlait d'ailleurs en détail dans cette interview.

Un livre qui a marqué calypso par son traitement intelligent d'un sujet difficile : « Sans jamais tomber dans le pathos, Clara Dupont-Monod livre un roman lumineux qui explore avec une grande sensibilité le thème du handicap et les difficultés qui en découlent. Aucune réaction n'est valorisée ou dénoncée ; au contraire, chacune est présentée avec finesse et intelligence, sans jugement, et les émotions, analysées en profondeur, ne paraissent ni excessives ni faussées. Tout sonne vrai. La sincérité et l'humanité de l'autrice ne font aucun doute. La richesse du propos est en outre sublimée par un style poétique qui m'a littéralement subjuguée. Un magnifique roman ! »

 

13. L'Inconnu de la Poste de Florence Aubenas

Éditions de L'Olivier, 260 pages


Les livres de Florence Aubenas sont d'autant plus attendus qu'ils se font rares. Grand reporter au Monde et autrice de 8 ouvrages, la journaliste prend le temps d'approfondir ses sujets - voire même de s'immerger totalement dans la précarité pour Le Quai de Ouistreham - avant de leur consacrer un livre. L'Inconnu de la Poste se présente ainsi comme une enquête sur un crime, celui d'une employée de la Poste tuée de 28 coups de couteau à Montréal-la-Cluse. Une enquête qui aura demandé 7 ans à Florence Aubenas pour reconstituer les épisodes de l'affaire, et donner une vie de papier à chaque protagoniste - notamment à l'acteur Gérald Thomassin qui fut un temps accusé de ce meurtre et reste porté disparu depuis 2019. Elle est aujourd'hui l'une des dignes représentantes françaises de ce que les Anglo-saxons nomment narrative non fiction, une tradition littéraire dans laquelle l'auteur se met en scène dans le réel à travers l'écrit, et qu'on peut faire remonter au De sang-froid de Truman Capote.

JIEMDE a été bouleversé par ce livre : « Loin de l'enquête, elle nous raconte l'histoire simple devenue compliquée de ces esquintés de la vie, hommes aux cerveaux et aux cœurs trop pleins : trop pleins d'envie, trop pleins d'essais, trop pleins d'échecs, trop pleins d'angoisses, trop pleins de lassitude. Loin de toute approche moralisatrice ou culpabilisante, Florence Aubenas nous propose, avec distance et élégance, une énorme bouffée d'humanité qui affleure juste au-dessus d'un contexte bien sombre, pour qui choisit de la regarder. Un grand livre. »

 

12. Premier sang d'Amélie Nothomb

Albin Michel, 180 pages

 

 

Bien qu’elle manquait à l’appel lors de notre article des 20 livres les plus populaires de 2020, Amélie Nothomb, l’autrice belge que l’on ne présente plus, avait une place de choix dans nos tops des années précédentes. Elle revient en force, cette fois-ci, avec un roman un peu spécial ayant remporté le prix Renaudot 2021 : un hommage à son père, décédé le premier jour du confinement de 2020. Premier sang raconte la vie de Patrick, de sa tendre enfance à sa vie adulte. Véritables mémoires, c’est le père d’Amélie le personnage principal, le récit débutant sur un enfant doux et angélique, dont le père est décédé. Le jeune garçon est tiraillé entre deux figures masculines fortes : son grand-père paternel, un poète laxiste vivant dans un château à l'abri du besoin, et son grand-père maternel, général entre les deux guerres, qui l’élève à la dure. Le lecteur suit Patrick jusqu’à sa vie adulte, où il est envoyé comme jeune diplomate au Congo en pleine époque de décolonisation. Il y est victime d’une des plus grandes prises d’otages du XXe siècle, à Stanleyville, où des milliers de personnes sont retenues prisonnières. L’homme devient, par la force des choses, un négociateur devant garder son sang-froid coûte que coûte devant les insurgés. Touchant par sa thématique, ce roman reste écrit par Amélie Nothomb et on y retrouve son style si particulier et ses touches d’humour tendrement fantasques.

ninachevalier nous partage avec admiration son émotion face à ce récit : « Si l'écriture ne le ressuscite pas en chair et en os, elle fait sentir sa présence, entendre sa voix parmi les vivants et lui offre un tombeau de papier des plus touchants, émouvants. Transformer son père en un magnifique personnage de roman, c'est sans doute le plus beau cadeau qu'elle pouvait lui faire et dont il serait fier. Une biographie posthume qui émeut profondément et réussit à nous faire vibrer. »

 

11. La Traversée des temps, tome 1 : Paradis perdus d'Éric-Emmanuel Schmitt

Albin Michel, 576 pages

 

 

Première entrée d’Éric-Emmanuel Schmitt dans notre classement et pas des moindres… Avec ce premier tome de La Traversée des temps, l’auteur s’est lancé un défi titanesque : raconter l'histoire de l'humanité sous la forme d'une série de romans. Il ne faudra en effet pas moins de huit tomes pour faire défiler notre riche et complexe histoire, mais également y présenter sa vision de l’humanité à travers le destin de son héros, Noam. Une épopée littéraire qu’il définit comme « le projet de sa vie », ce que l’on veut bien croire puisque cette saga romanesque l’occupe depuis 30 ans déjà. Et nul doute que ses lecteurs, tout comme la communauté Babelio, suivront cette aventure temporelle au vu de l’engouement que suscite déjà cette première incursion : le récit s’est très vite placé en 6e position des ventes (selon l’institut GFK) après sa sortie, et il termine l’année 2021 avec une moyenne de 4,17/5 pour 510 notes sur Babelio.

Cannetille a été totalement conquise par ce premier voyage temporel : « Bien plus qu'une très plaisante saga romanesque, Paradis perdus entame une fascinante mise en perspective de la situation du monde contemporain, au travers d'une relecture de l'Histoire et des textes fondateurs de l'humanité. C'est avec la plus apparente simplicité que la plume exercée de l'auteur conjugue l'excellence du fond et de la forme, nous offrant une lecture éblouissante qui a toutes les chances de devenir incontournable. Au-delà du coup de cœur. »

 

10. Mon mari de Maud Ventura 
L'Iconoclaste, 356 pages

 

 

Avec son premier roman, Maud Ventura se propulse directement à la 10e place de ce classement des livres les plus populaires de 2021 sur Babelio. Ciel ! Mon mari a du succès. Et si vous lisez cet article de haut en bas, vous avez pu constater que L'Iconoclaste sait y faire pour mettre en valeur ses auteurs. Un premier roman donc, et qui ne manque pas de mordant. Un face-à-face conjugal dérangeant, poil à gratter dans une vie bien réglée : l'héroïne aime son mari avec lequel elle vit une relation tranquille depuis 15 ans. Oui mais voilà, cette tranquillité lui paraît de plus en plus suspecte, son amour pour lui la dévore et elle décide d'enquêter pour découvrir ce qu'il lui cache. Du lundi au dimanche, on suit donc cette enquête conjugale un brin absurde, jusqu'à un dénouement pour le moins surprenant !

Melieetleslivres est très enthousiaste suite à sa lecture : « Que voilà un petit livre réjouissant ! Petit, mais un grand format quand même, chez l'Iconoclaste. Ce premier roman de la journaliste Maud Ventura est prenant, grinçant à souhait, et on a parfois envie de mettre une bonne claque à l'héroïne du roman. [...] Je l'ai lu d'une traite, ce livre, Maud Ventura a un style tellement agréable à lire, une histoire si singulière, il y a de quoi craquer, je vous le dis ! »

 

9. La Plus Secrète Mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr
Philippe Rey, 448 pages 

 

 

Quoi de plus naturel que de retrouver dans cette liste des livres les plus populaires, le lauréat du prix littéraire français le plus populaire ? C'est une tradition : le Goncourt fait chaque année partie de ce classement. Le livre de Mohamed Mbougar Sarr semble d'ailleurs convaincre ses lecteurs, avec une très bonne moyenne de 3,98/5 pour 358 notes. Les amoureux de livres ont sans doute été sensibles au fait que le récit raconte l'histoire de Diégane Latyr Faye, écrivain sénégalais parti sur les traces d'un livre mythique paru en 1938 et de son auteur TC Elimane. Une mise en abyme inventive de l'écriture et de la littérature qui aura su convaincre jurys et amateurs. Et une très bonne année 2021 pour les éditions Philippe Rey, lauréates du Goncourt général donc, mais aussi du Grand Prix de littérature américaine pour le roman de Joyce Maynard, Où vivaient les gens heureux

motspourmots est convaincue par ce cru 2021 du Goncourt : « En plus d'offrir la lecture d'une réjouissante enquête littéraire à l'aune de la relation culturelle compliquée entre la France et l'Afrique, La Plus Secrète Mémoire des hommes est une éblouissante déclaration d'amour à la littérature. Qui semble n'avoir été livrée que pour mieux se délecter du plaisir des mystères qui entourent l'acte d'écrire, et qui semblent impossibles à saisir alors même que l'on pense s'en approcher au plus près. Un conseil : laissez-vous promener par la plume et l'esprit malicieux de Mohamed Mbougar Sarr, laissez-vous entraîner dans ce somptueux labyrinthe de l'écrivain dont on ressort ébloui et heureux. »

 

8. La Datcha d'Agnès Martin-Lugand
Michel Lafon, 344 pages

 

 

Agnès Martin-Lugand nous a livré cette année un roman touchant qui nous imprègne : La Datcha, un best-seller tout comme Les gens heureux lisent et boivent du café, le titre le plus connu de cette autrice prolifique. Psychologue de formation, elle nous fait profiter de son expertise par le biais de la fiction, abordant des thèmes complexes comme le deuil, la reconstruction de soi ou les secrets familiaux. La Datcha, c’est un sublime hôtel provençal, pratiquement un personnage à part entière qui respire tout au long de ce roman, liant les personnages entre eux. Hermine, une jeune femme au carrefour de sa vie, avec un passé compliqué, rencontre Jo, propriétaire d’une vieille ferme retapée convertie en hôtel. Il lui propose de lui donner du travail et de l’accueillir ; lui et sa femme vont vite devenir pour elle des parents adoptifs. Vingt ans plus tard, Hermine est passée de l’héroïne brisée à un pilier sans faille, brillante maîtresse d’hôtel, mais la mort de Jo remet tout en cause. Ce livre, avec ses nombreux allers-retours dans le passé, porte un regard bienveillant sur ses personnages et questionne la signification que l'on donne au mot « foyer ».

Hippocampelephantocamelos nous signifie à quel point l’autrice nous entraîne dans son récit : « Comme pour tous les romans de cette autrice, le lecteur s'imagine de façon détaillée les lieux, les personnages. Impossible de ne pas vous figurer la Datcha, ses multiples lumières les soirs de fête, la bibliothèque, les passages secrets, le Moulin. On vit dans l'ombre, aux côtés des personnages, comme un caméraman qui filmerait en direct ce livre. Une histoire de famille, où les repères de toute une vie sont mis à mal. Des départs, des adieux, des retrouvailles : une illustration d'une tranche de vie. La Datcha est bien plus qu'un simple hôtel : elle est l'écrin de tous les secrets d'Hermine. »

 

7. Le Cerf-volantde Laetitia Colombani 
Grasset, 208 pages

 

Depuis son premier roman La Tresse en 2017, Laetitia Colombani a su conquérir un public fidèle. Et forcément, cela se ressent sur Babelio, premier site français dédié au livre sur lequel elle totalise presque 10 000 notes sur ses ouvrages. Ce troisième ne déroge pas à la règle, et finit en bonne place des livres les plus populaires de 2021. Le Cerf-volant nous transporte en Inde à la suite de Léna, venue là oublier un drame qui a mis fin à sa vocation d'enseignante. Alors qu'elle y rencontre la petite Lalita dans des circonstances bien particulières, elle se rend compte que l'éducation reste l'un des seuls moyens de combattre la misère et choisit de poursuivre sa mission. Un livre qui continue l'exploration de thèmes chers à l'auteur : la place des femmes, le destin et la transmission. 

Pour montmartin, la lecture de ce roman a été l'un des beaux moments de l'année : « Une fois de plus, Laetitia Colombani nous livre un récit lumineux, porté par une belle écriture fluide et douce, un roman rempli d'espérance, un moment de lecture intense. Ce cerf-volant qui part du sol pour monter dans les airs, défiant les lois de la gravité, symbole de ces enfants, nés dans la misère, qui ne pourront s'élever que par l'éducation. Les beaux romans ne peuvent être écrits que par de belles personnes et assurément Laetitia Colombani est une belle personne. »

 

6. Les Possibles de Virginie Grimaldi
Fayard, 360 pages

 


Déjà sacrée « romancière la plus lue de France » à deux reprises (en 2019 et en 2020), Virginie Grimaldi est aussi, sans surprise, une autrice incontournable des bibliothèques de la communauté Babelio. Avec Les Possibles, elle bat son propre record de ses quatre années au compteur de notre top annuel en atteignant en 2021 la 6e position. Après l’expérience de la maternité (Et que ne durent que les moments doux), elle nous plonge dans un sujet tout aussi intime et délicat : la perte de mémoire d’un parent. Dans ce roman, Juliane doit accueillir son père chez elle après l’incendie de sa maison. Cette présence supplémentaire va transformer son quotidien certes, mais va surtout la confronter à une réalité dont elle n’avait pas conscience jusqu’à présent : les souvenirs comme la personnalité de son père commencent à s'étioler…

Chaque nouveau roman de l’autrice est une source de joie pour La_Bibliotheque_de_Juju, des retrouvailles qu’il attend avec impatience et qui ne cessent jamais de le séduire : « À l'impossible, nul n'est tenu, surtout pas Virginie Grimaldi. [...] Un livre, comme souvent, qui mordille le cœur, titille nos émotions les plus simples mais les plus sincères. Comme un pansement sur nos genoux écorchés d'enfants grandis trop vite. La magie Grimaldi, c'est bien de ça dont il s'agit. Faire naître du quotidien des romans à la fois poétiques, hilarants et inoubliables. »

 

5. Rien ne t’efface de Michel Bussi 
Les Presses de la Cité, 456 pages

 


Michel Bussi (que nous avons eu la chance d’interroger cette année) nous revient avec de nouveau un titre de livre inspiré d’une chanson : Rien ne t'efface, qui fait référence à "Pas toi" de Jean-Jacques Goldman. Après de nombreux romans que beaucoup d’entre nous avons dévoré (notamment Nymphéas noirs ou Un avion sans elle), et au rythme d’un livre par année, Michel Bussi nous fait ici cadeau d’un polar à se tordre les méninges. Maddi, médecin généraliste, mène une vie heureuse avec son fils de 10 ans, Esteban. Alors qu’elle le laisse à peine quelques minutes seul sur une plage de Saint-Jean-de-Luz, il disparaît et ne sera jamais retrouvé. Dix ans plus tard, bien qu’ayant refait sa vie avec le beau Gabriel, elle décide de revenir sur cette fameuse plage en guise de pèlerinage. Au bord de l’eau, se tient un enfant de 10 ans, qui ressemble trait pour trait à son petit garçon. Après une brève enquête, elle apprend qu’il s’appelle Tom et qu’il vit en Auvergne, elle décide donc de le suivre, de devenir le médecin de son village afin de découvrir la vérité qui se cache derrière ce mystérieux enfant. Comme pour chacun de ses livres, un twist magistral ponctuera la lecture de ce roman.

gruz revient pour nous sur un aspect quelquefois oublié quand on parle des livres de Bussi, ses personnages et les sujets abordés, toujours développés avec justesse : « Sa manière de dessiner l'environnement et les personnages avec soin et une bonne dose d'attachement, font que le lecteur se lie avec empathie à ces différents ingrédients proches de l'humain. Pour ce nouveau roman, l'histoire est aussi prenante que les protagonistes fascinants. Des femmes et des hommes qui n'ont rien de super-héros, mais qui touchent par leurs failles et leurs douleurs passées et présentes. Les thématiques développées sont lourdes : deuil, perte d'un enfant, obsession, questionnements sur la mort, injustice. Autant de sujets difficiles que l'écrivain arrive à déployer en trouvant le parfait équilibre, ni trop sombre, ni tombant dans le pathos larmoyant. On en est d'autant plus touché, sans pour autant "sortir" de l'intrigue qu'on dévore page après page. »

 

4. La Familia grande de Camille Kouchner
Seuil, 208 pages

 


Il y a des livres qu'on oublie aussitôt terminés, et il y a ceux qui peuvent faire bouger les lignes et ouvrir le débat public, voire législatif. Le Consentement de Vanessa Springora avait été de ceux-là en 2020, provoquant un fort séisme à la fois dans le milieu littéraire (n'est-ce pas, M. Matzneff ?), mais aussi dans la société puisqu'il a conduit à relancer un projet de loi sur un âge minimal sous lequel le consentement n'est pas possible. La Familia grande est sans aucun doute de la même trempe : Camille Kouchner y décrit avec pudeur les ravages de l'inceste dans une famille d'intellectuels aisés et libérés. Témoin directe des abus perpétrés par son beau-père Olivier Duhamel sur son frère Victor, alors âgé de 13-14 ans, elle raconte l'emprise d'un adulte célébré sur la place publique, régnant sur cette famille. Au-delà de l'aspect intime mettant en cause des personnalités publiques, ce livre est aussi une mise en cause d'une génération ayant fait Mai 68 et qui a pu confondre libération sexuelle et abus sur mineurs. Ou quand le célèbre slogan « Il est interdit d'interdire » se frotte aux réalités de la loi.

Un récit qui est le livre le plus vendu de ce classement, avec 270 000 exemplaires écoulés (source Edistat), et dont on peut espérer, à l'image de Marti94, qu'il libérera la parole : « Le récit de Camille Kouchner est indispensable pour lever le voile sur l'inceste, trop longtemps tabou. Son point de vue est original puisqu'elle est une victime indirecte et que la culpabilité de n'avoir rien dit la ronge depuis trente ans comme une hydre de la mythologie, monstre qui la dévore de l'intérieur. Heureusement il y a ce livre. [...] C'est assez effrayant et je me demande ce qu'il faut faire pour éviter les abus de ces pervers sexuels sauf à les dénoncer. En tout cas, j'admire la démarche courageuse de Camille Kouchner. »

 

3. 1991 de Franck Thilliez
Fleuve Editions, 504 pages

 


Septième incursion dans notre top annuel, mais grande première sur une des marches du podium pour Franck Thilliez avec son 67e livre, 1991 ! Son fameux inspecteur Sharko est de retour, mais cette fois-ci, on découvre une nouvelle facette de son passé : sa jeunesse, et surtout sa première enquête. Une entrée au 36, quai des Orfèvres qui ne sera pas de tout repos, puisque la police judiciaire traque un tueur en série qui kidnappe, viole et tue des jeunes femmes dans la région parisienne. Les aficionados de Franck Thilliez seront heureux de revenir sur les premiers pas de son inspecteur fétiche avec cette enquête haletante, qui répondra certainement aux questions qu’ils se sont toujours posées sur lui : pourquoi Sharko est-il devenu policier ? Quelles sont les origines de son goût (à la limite de l’obsession) pour la traque de tueurs en série ? L’auteur, que nous avons croisé en salon cette année, nous a d’ailleurs confié les trois polars incontournables qu’il faut avoir lu selon lui.

marina53 a apprécié ce personnage emblématique de Thilliez : « Un retour fracassant et bienvenu pour Sharko d'autant que Franck Thilliez nous offre deux enquêtes pour le prix d'une. [...] Sur fond de magie et d'illusion, l'auteur nous offre un policier retors, très noir, aux moults rebondissements et au dénouement inattendu. De courts chapitres et une écriture nerveuse et dynamique qui rendent ce roman d'autant plus prenant. Une mécanique diaboliquement bien maîtrisée et un plaisir non moins dissimulé de se replonger dans l'ère des Minitel et autres Bi-Bop... »

 

2. Les enfants sont rois de Delphine de Vigan 
Gallimard, 352 pages

 


Autrice majeure dans le paysage littéraire contemporain, Delphine de Vigan remporte la deuxième place cette année avec Les enfants sont rois, premier roman qu'elle publie aux éditions Gallimard. Un changement de genre pour cette autrice, puisque c’est une enquête que l’on suit au fil de ses pages : une petite fille de 6 ans, star des réseaux sociaux, disparaît mystérieusement. Deux personnages féminins aux antipodes l’une de l’autre vont alors se rencontrer : Mélanie, la mère de Kimmy, une star de téléréalité ratée qui rêve de gloire, et Clara, une flic droite dans ses bottes, qui mènera les investigations. Par ce roman, Delphine de Vigan aborde un sujet assez nouveau : la conséquence de la surexposition des enfants sur les réseaux sociaux. Mélanie, en mettant en scène ses petits bouts de chou dans des vidéos YouTube virales, satisfait son besoin de reconnaissance narcissique mais elle amorce aussi une descente au enfer sans retour, les dérives de ce commerce juteux finissant par la rattraper. 

Un récit qui a véritablement bouleversé Ziliz : « Parfaitement documenté, ce roman se lit tout seul - propre et net, sans esbrouffe. Ce style élégant et épuré met en évidence l'horreur de la situation, la folie de cet engrenage. J'ai eu besoin de pauses de temps en temps pour m'extraire de cet univers parallèle complètement dément, me demander si la mère est totalement irresponsable, idiote, manipulatrice. Mais... que celui qui n'a jamais posté, blogué, ne s'est jamais réjoui d'un "like" lui jette la première pierre. »

 

1. Trois de Valérie Perrin 
Albin Michel, 672 pages

 

 

En tête de ce classement, on retrouve une autrice encore inconnue il y a quelques années, véritable révélation depuis son deuxième roman Changer l'eau des fleurs en 2018 - qui lui avait permis de se classer 10e de notre Top annuel. Cette année, Valérie Perrin se hisse sur la plus haute marche du podium avec Trois, l'un des grands succès de librairie en 2021 cumulant près de 200 000 exemplaires vendus (source Edistat). Valérie Perrin y convoque l'amitié, l'amour, l'enfance et le temps qui passe à travers les personnages d'Adrien, Etienne et Nina. Trois enfants de 10 ans inséparables (jusqu'à ce que la vie s'en charge), dont on va suivre le destin des années 1980 à 2018. Une histoire sensible, douce et nostalgique alternant passé et présent pour mieux nous plonger dans ce qui fait l'enfance de son temps. Avec une note moyenne de 4,28/5 sur 1768 votes, on peut dire qu'il n'a pas volé la première place !

Ni une ni deux, pour MaToutePetiteCulture Trois est un classique instantané qu'elle recommande très chaudement : « Lire un roman de Valérie Perrin, c'est aller au plus profond des personnages, connaître leurs émotions et sentiments les plus intimes, de ceux qu'on a du mal à verbaliser. Lire un roman de Valérie Perrin, c'est traverser des vies en les ralliant à la vôtre par une nostalgie commune, une émotion fugace partagée, un souvenir que l'on a tous partagé. En lisant Trois, j'ai revécu mon enfance, mes amitiés avortées ou non, mes étés à me réchauffer la peau, mes deuils, mes renaissances. Je pense que chaque lecteur à une expérience différente à chaque lecture, en fonction de sa propre vie, mais Valérie Perrin accentue cela par la sensibilité de son écriture. Vous l'aurez compris, ce roman est un joli coup de cœur. Il fait partie de ces livres que je ne pourrai cesser de recommander, d'offrir et de complimenter. Foncez ! »

 

 

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