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Les livres du moment #119 – jeudi 7 juillet 2022
Quelles sont les recommandations des lecteurs cette semaine ? 

Article publié le 07/07/2022 par Nicolas Hecht, Pierre Krause et Florin Nogueira

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l'équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d'une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais sur le blog de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l'actualité littéraire au plus près.    

 

 

Littérature française : Pierre André, Elle s'appelait Lucía

Grasset, 180 pages, 17 €

 

 

La vie de Victor est ébranlée par sa torride rencontre avec une espagnole du nom de Lucía. Victor ne se remet pas du retour de la jeune femme en Espagne et décide de l’y retrouver et peu importe s’il n’a en tout et pour tout que la vague mention de la ville de Grenade. La ville se prête à tous les espoirs mais aussi - flamenco oblige - aux chants les plus tristes.

FanMak a été éblouie par cette lecture et ce périple andalou : « Amoureux des mots, l’auteur pose un regard tendre sur ses personnages et fait la part belle aux émotions, qu’il brosse avec beaucoup de pudeur, de poésie et la juste dose d’autodérision. On pense à Truffaut, on pense également à Raymond Radiguet ou Jean-Philippe Toussaint… Un très très beau roman qui invite à la rêverie et à l’évasion, à la fois lumineux et profond, sensible et drôle, léger et terriblement intelligent. »

 

 

 

 

 

Littérature étrangère : Arturo Pérez-Reverte, Sans loi ni maître

Seuil, traduit de l'espagnol par Gabriel Iaculli, 224 pages, 19 €

 

 

Le célèbre Arturo Pérez-Reverte nous revient cette année avec un roman qui a du chien. Dans Sans loi ni maître, on suit Negro, croisement de matin espagnol et de fila brasileiro, un canidé ayant déjà bien vécu, et même survécu à des combats organisés par ces saletés d'êtres humains. Quand son meilleur ami Teo disparaît, avec son compère Boris, il va devoir replonger dans ce milieu violent qu'il a quitté et enquêter afin de le retrouver. Humour, violence et anthropomorphisme se conjuguent ici dans une ambiance de film noir, qu'on pouvait déjà deviner avec l'hommage présent dans son titre original (Los perros duros no bailan) à un roman bien connu de Norman Mailer : Les vrais durs ne dansent pas. Une fable complètement wouf, en somme.

Un pari réussi pour Wyoming : « Les relations canines sont superbement développées, l'amitié, la tendresse et même l'amour entre chiens étoffent ce roman original, bien dans le style de son auteur que les lecteurs qui l'apprécient savoureront une nouvelle fois avec plaisir. »

 

 

 

 


Polar & thriller : Douglas Kennedy, Les hommes ont peur de la lumière
Belfond, traduit de l’anglais par Chloé Royer, 264 pages, 22 €
 


 

Le temps peut sembler long quand on passe sa vie au volant. Pour tromper l’ennui, Brendan, un chauffeur Uber de près de 60 ans, essaye d’imaginer la vie que peuvent avoir les passagers qui défilent à l’arrière de sa voiture. Un jour, Brendan fait la rencontre d’Elise, ancienne professeure de fac et bénévole dans une clinique d’avortement. Sa passagère est à peine déposée que face à eux, l’immeuble où se situe le centre est soufflé par une explosion. Serait-ce un attentat perpétré par un groupuscule d’intégristes religieux anti-avortement ? Les causes de cette explosion sont bien plus obscures et inquiétantes que ça. L’intrigue de ce thriller prend place dans une Amérique en crise, divisée et où s’opposent les « pro-vie » et les personnes soutenant le droit des femmes à disposer de leur corps et à avorter. Une liberté jusqu'alors acquise, d'ailleurs au centre des débats publics ces dernières semaines aux États-Unis et ailleurs.

suza témoigne de l’addictivité qu’elle a trouvé au polar : « La plume de l'auteur fait toujours merveille. Les premiers chapitres nous racontent le quotidien de Brendan, entre clients irascibles et vie familiale écornée suite à un drame personnel. Après l'attentat, le roman s'emballe et devient un thriller passionnant. L'action s'intensifie au fur et à mesure des pages et rend le lecteur totalement addict. »


 

 

BD : Mathieu Mariolle (scénario) et Laurence Baldetti (Dessins), Arjuna

Glénat, 96 pages, 19 €


 
 
C’est dans l’Inde du XIXe siècle que nous transportent les auteurs de cette BD qui s’inscrit dans la lignée des grands récits de Rudyard Kipling. On croise, dans ses cases, des Anglais qui tentent coûte que coûte d’imposer leur loi et des Indiens qui redoutent surtout la réincarnation attendue d’un démon. C’est dans ce cadre fantastique que nous rencontrons Arjuna, une autochtone chargée de conduire une Anglaise jusqu’à Londres. Mais l’Anglaise n’est pas tout à fait n’importe qui et cache un secret redoutable. 

Guillaume72 a effectué un voyage aussi instructif que divertissant : « L'Inde au temps de l'Empire britannique, voici ce que nous offre le bel album intitulé Arjuna qui revisite de manière moderne le Mahabharata. Les dessins rendent bien hommage à la civilisation hindoue et à ses différents dieux. »


 
 

Manga : Minatsuki (scénario) et As Futatsuya (dessins), Colocataires à leur manière, tome 1

Nobi nobi !, traduit du japonais par Claire Olivier, 162 pages, 7,20 €

 

 

Écrivain misanthrope, Subaru Mikazuki tombe un jour nez à nez avec un chatte errante et décide, pour les besoins d’un livre, de l’héberger chez lui. Débute alors une drôle de cohabitation entre lui et la féline, cohabitation qui nous est contée à travers leurs deux points de vue successifs ! Une histoire remplie de bienveillance dans laquelle de nombreuses personnes devraient retrouver des situations vécues avec leurs chats.

Lesvoyagesdely a craqué pour ce manga et ses deux personnages : « Nous avons là une série très mignonne et douce qui nous fait passer un bon moment mais qui a aussi plus de profondeur qu'il y paraît et ne fait que s'étoffer au fil des chapitres. Si vous aimez les chats, vous devriez totalement craquer pour celui de la couverture, d'ailleurs elle est très drôle avec le chat sur la tête. »

 

 

 

 

 

Jeunesse : Juliette Adam (texte) et Maurèen Poignonec (illustrations), Jaune tournesol
Flammarion Jeunesse, 128 pages, 12,90 €

 

Le jaune, c’est la couleur préférée de Soline. C’est celle qui lui colore le visage et autour d’elle le monde, dans la beauté de ses nuances, est si agréable à regarder ! Mais les adultes sont si gris, si tristes et si sérieux… Est-ce qu’on perd ses couleurs avec l’âge? Un album jeunesse qui parle de la perception du monde à travers un récit initiatique lumineux et haut en couleurs, pour continuer à s’émerveiller même en grandissant.

Pour Boom, cet album jeunesse est riche d’émotions marquantes : « J'ai été très touchée par l'histoire de cette petite fille qui aime tellement la vie et le monde qui l'entoure. On se balade dans le monde de l'enfance, dans les jeux et les pays imaginaires. On suit Soline dans son quotidien si jaune et pétillant. Cet album jeunesse nous donne le sourire tout au long de sa lecture et encore longtemps après l'avoir refermé. »
 

 

 

 

Jeune adulte : Cécile Roumiguière et Julia Billet, Ô sisters
L’école des loisirs, 272 pages, 16 €



Les années 1970, peut-être qu’elles vous évoquent un sentiment de nostalgie, même si vous ne les avez pas connues ? C’est ce cadre qu’ont choisi les autrices pour leur roman, rempli de références littéraires et musicales d’époque et dont le titre reprend un célèbre morceau de Yoko Ono et John Lennon. Un titre plus qu’évocateur : dans cette histoire il est question de deux sœurs, des sœurs qui ne se connaissent pas encore. À l’été 1974, Janig et Macha viennent d’avoir 16 ans. L’une rêve de chanter et refuse de devenir secrétaire, l’autre est pensionnaire d’un lycée militaire. Les deux s’ennuient, rêvent de liberté et sont en rébellion contre leurs parents. Le jour de leur anniversaire, elles reçoivent chacune une lettre de leur excentrique grand-mère, Marthe. Elle leur apprend qu’elles sont sœurs et leur propose de venir en Bretagne pour se rencontrer, dans la communauté hippie dont elle est la fondatrice. Pour lever le mystère sur des secrets de famille et être réunies, Janig et Macha empruntent tous les moyens possibles pour se rendre auprès de leur grand-mère, s’offrant alors une dose d’aventure estivale dans un esprit bohème.

louiz_bc26 semble avoir aimé l’esprit bohème du texte : « Départ immédiat pour les années 70, leur excentricité et la folie autorisée de tous les instants. Janig et Macha ont toutes les deux 16 ans, et tout les oppose. [...] Ainsi commence une épopée en stop à travers la France pour ces deux bouts de femmes. Un roman jeunesse tendre et haletant, entre la passion des livres pour Macha et de la musique pour Janig. »

 


 

 

Imaginaire : Thierry Camous, Uchronies : Le Laboratoire clandestin de l'histoire
Vendémiaire, 372 pages, 25 €



Si les uchronies - ces revisitations de l'Histoire à partir d'un point de départ précis et l'idée du « Et si ça ne s'était pas passé comme ça ? » - sont le plus souvent traitées sous l'angle de la fiction, Thierry Camous prend le parti dans ce livre d'en parler en historien. A travers 10 textes et autant de propositions de refaire le monde, il dresse un éventail des possibles, de ce qui aurait pu advenir dans un passé plus ou moins lointain, tout en abordant les conséquences d'un événement différent. Chaque texte est introduit par un rappel de ce qui est réellement advenu, afin de replacer le contexte et de préciser le propos.


Lenocherdeslivres a beaucoup aimé la démarche : « Et si ? Et si Alexandre n’était pas mort à presque 33 ans et avait poursuivi ses conquêtes ? Et si la Chine avait découvert l’Amérique au XVe siècle ? Et si Napoléon l’avait emporté à Waterloo ? Et si Bush avait perdu face à Al Gore en 2000 ? La science-fiction est férue de ces « et si », d’ailleurs ce genre de littérature spécifique porte un nom : l’uchronie. En historien qu’il est, Thierry Camous, nous propose dix hypothèses toutes plus passionnantes les unes que les autres et déroule le champ des possibles. »

 

 


  

Roman d’amour : Samara Alves, 11 fake dates
Harlequin, 288 pages, 5,99 €

 

 

Alors qu’elle enchaîne les déboires professionnels et sentimentaux, Laura se voit proposer un drôle de défi : accepter 11 rendez-vous amoureux avec un certain Hadrien. Laura n’aura pas le droit de quitter le défi avant l’issue de ces 11 rendez-vous. Désespérée,  la jeune femme accepte le jeu sans rien savoir sur le jeune homme en question. Mais il est trop tard pour reculer !

TheLovelyTeacherAddictions n’a pas besoin de plus pour conclure : « Une romance très sympathique que j'ai pris plaisir à découvrir. Je me suis laissée porter par cette histoire et ses personnages qui m'ont donné envie de creuser plus et d'apprendre à les connaître. L'amour peut-il se trouver sur une appli? »

 

 


 

 

Non-fiction : Pierre Conesa, Vendre la guerre
L'Aube, 360 pages, 24 €


Ex-haut fonctionnaire du ministère de la Défense, spécialiste des questions stratégiques, Pierre Conesa décortique dans son dernier livre Vendre la guerre ce qu'il nomme le « complexe militaro-intellectuel ». Kézako ? Il s'agit en fait de ces intellectuels et prétendus experts des plateaux-télé qui se donnent pour mission de promouvoir l'engagement dans un conflit armé, sans jamais se salir les mains. Ou dit autrement : de vouloir convaincre l'opinion publique que telle guerre est juste et que d'y faire participer nos forces armées est une évidence. Il revient bien sûr sur le cas du triste sire BHL et ses manœuvres pour l'intervention en Lybie sous Sarkozy, mais aussi sur d'autres figures médiatiques très actives depuis l'explosion du Bloc soviétique. Ou quand les va-t-en guerre en costumes se drapent d'humanisme pour pousser au conflit…

CAZAUX salue cet essai salvateur : « Instructifs et passionnants, les propos de l'auteur couvrent différentes thématiques, ils tentent de sensibiliser le lecteur sur la dangerosité de banaliser et de surmédiatiser la parole donnée à cet agglomérat "d'experts", aux compétences multiples et issus de tous bords, véritable "catastroïka" ambiante qui agite le chiffon rouge des peurs sur les plateaux de télévision. »

 


 

 


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