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Les livres du moment #138 – jeudi 17 novembre 2022
Quelles sont les recommandations des lecteurs cette semaine ? 

Article publié le 17/11/2022 par Nicolas Hecht, Camille Jobert et Pierre Krause

Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l'équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d'une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l'actualité littéraire au plus près.

 

 

 

Non-fiction : Paul Rocher, Que fait la police ? Et comment s'en passer
La Fabrique, 256 pages, 14 €
 
« Police partout, justice nulle part. » Cette citation n'est pas issue d'un morceau de rap des années 1990, mais bien d'une intervention de Victor Hugo à l'Assemblée nationale en 1851. Les rapports entre population et police sont en effet souvent questionnés, parfois conflictuels. Ce qui est moins remis en cause, c'est tout simplement l'existence même de cette institution, sa nécessité. Dans cet essai au titre transparent, Paul Rocher revient sur l'histoire de la police, son rôle de contrôle social et son omniprésence dans nos rues. Et au-delà, propose des pistes et des exemples de sociétés sans police - pour un monde avec plus de justice et moins de répression ?

Un livre qui a convaincu l'un de nos spécialistes en non-fiction politique, ErnestLONDON : « La démonstration de Paul Rocher de l’emprise policière sur la société à des fins de contrôle social est tout simplement irréfutable. Ses pistes pour une justice démocratique et populaire, réparatrice plutôt que punitive, méritent qu’on s’y penche sérieusement. »


 

 

 

Littérature française : Gwenaël Bulteau, Le Grand Soir
La Manufacture de livres, 368 pages, 20,90 €

 

On plonge en pleine révolte dans ce nouveau roman de Gwenaël Bulteau. Nous sommes en 1905 au lendemain des funérailles de Louise Michel. L’icône communarde n’emporte pas avec elle les différentes aspirations révolutionnaires de l’époque. La colère sociale et féministe met le pays sous tension et il suffirait d’une braise pour que tout explose dans la rue. C’est dans une ville de Paris partagée entre espoir et colère qu’arrive Lucie pour en savoir plus sur la disparition inexpliquée de sa cousine. Aurait-elle été emportée dans le crépuscule du Grand Soir ? 

Pihema a été transportée dans cette époque révolue : « Comme dans son excellent premier roman, Gwenaël Bulteau décrit à merveille le cadre social de l’époque, les différentes strates de la société, les revendications ouvrières qui vont grandissantes. C’est un véritable voyage dans le temps que le lecteur va effectuer, dans une ambiance sombre et un quotidien parfois violent. C’est très bien écrit, extrêmement bien documenté. »

 

 

 

 

Littérature étrangère : Erin Litteken, Sous les soleils de Kyiv
Hauteville, traduit de l'anglais par Agnès Jaubert, 448 pages, 22 €
 
On a tous beaucoup entendu parler du présent et de l'avenir de l'Ukraine dernièrement, mais que connaissons-nous de son passé ? Avec son premier roman historique, Erin Litteken nous invite à découvrir ce qu'était la vie en Ukraine à la fin des années 1920, alors que la Russie instaure l'agriculture collective et la répression des contestataires dans ce pays sous les ordres de Staline : l'Holodomor (ou extermination par la faim). C'est à travers les yeux d'une jeune veuve découvrant le journal de sa grand-mère que cette histoire nous est racontée, entre souvenirs et échos à l'actualité la plus contemporaine.

Valmyvoyou_lit a été ébranlée par ces destins et cette page d'Histoire : « Sous les soleils de Kyiv est un roman poignant sur une tragédie désirée et réalisée par un homme : Joseph Staline ; c’est un devoir de mémoire qui m’a ébranlée. »


 

 

 

Polar & thriller : John Wainwright, Les Trois Meurtres de William Drever
Sonatine, traduit de l’anglais par Clément Baude, 240 pages, 21 €
 

Auteur phare du roman policier britannique dont, paraît-il, George Simenons était particulièrement friand, John Wainwright propose dans ce livre une intrigue malicieuse autour de personnages a priori anodins. Dans Les Trois meurtres de William Drever, c’est un comptable sans histoire et à la vie plutôt morne qui est donc accusé du meurtre de trois femmes. Si tout le monde essaie de passer à autre chose après un procés pendant lequel l’accusé s’est à peine défendu, sa femme reçoit un message inattendu qui pourrait bien relancer l’enquête... 

Waterlyly n’a pas vu venir la fin : « La plume est tout en finesse. J’ai beaucoup aimé les changements constants de personnages tout au fil de l’intrigue. Cela octroie énormément de rythme à l’histoire. [...] Un roman qui prendra le temps de se mettre en place, dans lequel les personnages sont très bien dépeints et qui vous surprendra avec un dénouement totalement inattendu. »


 

 

 

BD : Zidrou (scénario) et Paul Salomone (dessin), Celle qui fit le bonheur des insectes
Daniel Maghen, 84 pages, 19,50 €


L’ambiance est plutôt morose au royaume de Shandramabad. L’un des enfants de la Reine, elle-même déjà veuve, vient de perdre la vie après avoir suivi un oiseau offert par sa mère. Éplorée, celle-ci décide de faire tuer tous les volatiles du pays puis de bannir un à un tous les plaisirs de la vie. L’autre enfant de la Reine, Jalna, aura-t-elle les épaules assez larges pour s’opposer à sa propre mère ? 

Ce conte graphique a fait le bonheur de tchouk-tchouk-nougat : « J'ai surtout été subjuguée par le graphisme de ce bel ouvrage. Les décors sont somptueux. Inspirée des palais indiens, la moindre ouverture est entourée d'arabesques et de sculptures que le dessinateur cisèle avec précision. Les personnages sont expressifs, les arrières-plans vivants et détaillés. Et s'y ajoutent des couleurs époustouflantes, des aquarelles de toute beauté qui se déclinent parfois sur des doubles pages pour le plus grand bonheur de nos yeux ! »


 

 

 

Manga : Muneyuki Kaneshiro (scénario) et Yusuke Nomura (dessin), Blue Lock, tome 10
Pika, 208 pages, 7,20 €

 

Hunger Games version foot, c’est Blue Lock. Parmi les meilleurs attaquants, un seul survivra. Remarquons que ce tome 10 nous rappelle le numéro de maillot de Zidane. Rin Itoshi, Bachira et Isagi sont au cœur de l’action, il ne manque plus que Nagi pour pouvoir lire et apprécier un match sublime. Vivement que cette revanche contre le top 3 soit adaptée en anime, car chaque joueur confronte ses atouts à ceux des autres au cours d’une lutte acharnée. 

enairolf est sur un petit nuage, un ballon de foot aux pieds : « Alors là ! Que dire ! Plus on avance dans la série et plus les tomes s’intensifient. Et clairement, on en a la preuve juste ici ! Ce dixième tome était juste complètement dingue ! Étant une grande férue de foot, avec ce genre d’histoire je suis carrément aux anges. Je ne peux pas rêver mieux comme manga, qu’un manga avec une histoire de football. »


 

 

 

Jeunesse : Ellie S. Green, Trölls
Gulf Stream, illustré par Lisa Guisquier, 48 pages, 16 €
 
Les trölls du roi Rotinnmïr sont hideux, puants et fauteurs de trouble. Ils sèment la pagaille partout où ils vont. Ces petites créatures du folklore sont mauvaises, mais heureusement depuis quelque temps cette légende est réécrite. Les trölls deviennent des créatures qui chantent et incarnent la joie de vivre ; pour d’autres, ils sont des gardiens ou des compagnons de voyage. Chez Ellie S. Green, le tröll se transforme en lutin de Noël qui répare un jouet au lieu de tout détruire comme les autres membres de son espèce. 

Parfait pour les fêtes, selon MaudeElyther : « Conte revisitant l’origine de Noël à travers la figure du lutin, Trölls, sous la plume de Ellie S. Green, offre une douce histoire, odoriférante et chaleureuse à l’image des sublimes illustrations de Lisa Guisquier. Parfait à lire à Yule ou à Noël, ce bel album jeunesse illustré montre que l’on peut dévier du chemin tracé pour trouver sa propre voie, que l’entraide est importante, comme le fait de cultiver son bonheur. »


 

 

 

Jeune adulte : Adam Silvera, Le premier qui meurt à la fin
Robert Laffont, traduit de l’anglais par Constance de Mascureau, 600 pages, 18,90 €


Énorme succès auprès des lecteurs, Et ils meurent tous les deux à la fin connaît enfin un nouvel épisode sous la forme d’un préquel. On y fait la rencontre de deux hommes qui vont être liés à jamais à cause - ou grâce - à Death-Cast, une application qui prédit la mort de ses utilisateurs. Orion et Valentino ont le coup de foudre lorsqu’ils se rencontrent à Times Square. Mais quand l’un des deux reçoit le fameux message annonçant sa mort prochaine, c’est leurs vies qui basculent à jamais. 

Une vraie histoire d’amour pour luluberlustucru : « Adam Silvera a, une fois encore, réussi à faire chavirer mon cœur, et à me le briser également. [...] J’ai encore une fois été séduite par la plume d’Adam Silvera, je n’ai pas pu lâcher ce livre. Je suis tombée sous le charme des personnages, touchants et attachants, c’est sans doute ça qui a rendu ma lecture si émouvante - j’avoue avoir lâché quelques larmes (c’est un euphémisme bien sûr). En bref, ce livre est une pépite, foncez le lire mais pensez à prendre des mouchoirs ! »



 

 

Imaginaire : Camille Leboulanger, Eutopia
Argyll, 656 pages, 24,90 €


Devant les effets dévastateurs de la dégradation du climat, la fiction écologiste a le vent en poupe. A mille lieux des dystopies et autres récits pessimistes, Camille Leboulanger imagine dans Eutopia le récit positif d'un futur désirable, où la nature n'est pas considérée avant tout comme une ressource, et où les êtres humains sont à la fois libres et responsabilisés. Un livre idéal pour ceux qui voudraient envisager l'avenir sous un jour plus optimiste, à travers le récit de la vie d'un homme, Umo. Et un roman qui n'en est pas moins politique, puisqu'il imagine aussi un monde post-capitaliste.

Une véritable bouffée d'oxygène et une très belle réussite pour Iraultza : « Eutopia est un roman captivant et optimiste que l'on est bien en peine de refermer une fois fini, tant on voudrait que notre monde ressemble à celui décrit tout au long du récit. »


 

 

Roman d’amour : Jenny Colgan, Noël à la charmante librairie
Prisma, traduit de l’anglais par Laure Motet, 374 pages, 19,95 €


Noël est la fête familiale où l'on retrouve des sœurs et des frères qui ont une vie bien rangée. C’est aussi le moment de revenir sur ses terres natales ou de découvrir le pays d’adoption d’un membre de la famille. Hélas, pour Carmen et Sofia, Noël est la date fatidique lors de laquelle on doit garder le sourire devant la personne qu’on ne supporte pas. Cependant, la magie de Noël prend souvent la forme d’un personnage médiateur comme la mère qui veut à tout prix qu'elles s'entendent. On ajoute un lieu, la vieille librairie de M. McCredie, au cœur des rues pittoresques de la ville historique d'Édimbourg, et nous avons la recette parfaite d’une romance hivernale.

Une lecture doudou de Noël pour bibliokinderine : « Les ficelles de l'histoire sont cousues de fil blanc. Jenny Colgan utilise toujours le même schéma narratif d'un roman à l'autre. Bien que ce soit répétitif, j'ai aimé lire ce roman comme une lecture réconfortante : un petit bonbon plein de douceur. Le style quant à lui est toujours aussi addictif et les chapitres s’enchaînent sans qu'on s'en rende compte. C'est addictif et dépaysant. En effet, le talent de Jenny Colgan opère encore avec ces belles descriptions de paysages et d'ambiances ! Ça sent bon l'esprit de Noël ! »

 

 

 

 

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