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Les livres du moment #192 – jeudi 30 novembre 2023
Quelles sont les recommandations des lecteurs cette semaine ? 

 

Article publié le 30/11/2023 par Nicolas Hecht, Pierre Krause et Mathilde Sautou


Connaissez-vous les pages de recommandations par genre sur Babelio ? Chaque jour, l'équipe du site trie et sélectionne les livres les plus appréciés des Babelionautes pour vous faire découvrir des parutions récentes, agrémentées d'une critique de lecteur. Et chaque semaine nous vous proposons désormais de retrouver une liste de dix ouvrages, soit un par catégorie, afin de suivre l'actualité littéraire au plus près.

 

 

 

BD : Daniel Clowes, Monica
Delcourt, traduit de l’anglais par Donkers Jan, 106 pages, 21,90 €


 
Après de (trop) nombreuses années d’absence, Daniel Clowes soigne son retour avec un récit biographique fragmenté en plusieurs histoires qui forment un tout cohérent mais empruntant, pour chaque récit, un mode graphique et narratif différent. Guerre, famille, dérives sectaires : les pistes lancées par Daniel sont aussi nombreuses que fascinantes.

Un nouveau chef-d’œuvre ? marietjf n’est pas loin de le penser : « Dans Monica, Daniel Clowes ouvre la porte à un univers complexe qui distille le doute et vous emmène aux limites de la folie. C'est aussi la promesse d'une narration impressionnante de maitrise dans laquelle "Il suffit de se laisser porter par la lecture sans en attendre quoi que ce soit" selon ses propres mots. Au moins, tu sais ce qu'il te reste à faire ! »


 

 

 

Manga : Tsuru Ringo Star, Les Âmes Enflammées
Glénat manga, traduit du japonais par Karine Rupp-Stanko, 434 pages, 14,95 €


Vivre d’amour et d’eau fraîche ? Créature fantastique et envoûtante, Homura se nourrit de sentiments, ou plutôt du feu qui brûle dans le cœur des gens. Dans ce recueil de huit histoires, la tendre bête fait son apparition, pour raviver les flammes : celles qui nous consument, celles qu’on cache, celles qui sont, finalement, bel et bien sublimes. Ces êtres touchés par Homura, ces taiseux de l’amour, vont, pas-à-pas, hésiter, discerner, pour oser cette valse romantique. Interrogations, doutes, affirmation, acceptation : des portraits subtiles et délicats, dans lesquels chacun peut se retrouver.

Selon FreiheitDR, ces nouvelles sont essentielles : « J'ai trouvé les thématiques intéressantes et bien traitées, car c'est assez universel et on peut facilement se reconnaître dans le questionnement des personnages. Leur évolution est intéressante et ça peut permettre des prises de conscience ou de boost chez les lecteurs également. C'est un recueil que je recommande et que je relirai, je pense, car il m'a vraiment donné quelques clés bien sympathiques ! »


 

 

 

Jeunesse : Claudia Jong (texte) et Kristof Devos (illustrations), Le Vent et nous
Alice, traduit du néerlandais par Emmanuèle Sandron, 40 pages, 16 €

 

 

C’est l’histoire d’une première rencontre, entre petits et grands. Celle d’une fillette et d’un géant, qui, pas-à-pas, s’apprivoisent. C’est l’histoire, commune et pourtant singulière, de l’apprentissage de deux êtres, de la communication qui s’établit, des tentatives pour se comprendre, pour s’appréhender. C’est l’histoire de la vie finalement, de ses peines, de ses doutes, de ce qu’il faut tenter, portés par le murmure du vent. C’est une brise légère, un vent tempétueux, c’est le temps qui avance dans toutes ses nuances.

Selon MellysBook, un album à lire et à relire : « C'est un livre tout en douceur et en délicatesse. Le vent, cette grande bête, qu'on aime quand on fait voler un cerf-volant et beaucoup moins quand il est en colère. Ici, c'est l'histoire d'une amitié, le temps d'une rencontre et de beaux moments passés ensemble. C'est l'histoire de ce vent qui peut être si doux et si violent, celui qui pousse à partir, à voyager. C'est également celui qui nous raconte, qui nous transmet son histoire et ses sensations. Un album tout en poésie et en belles phrases. »

 

 

 

 

Jeune adulte : Olivier Adam, Mon coeur en cendres
Robert Laffont, 264 pages, 18,50 €

 

 

Auteur très apprécié des adultes, comme en témoigne le succès récurrent de ses romans et de ses multiples adaptations au cinéma, Olivier Adam fait une incursion dans la littérature jeune adulte avec un livre mettant en scène un ado rongé par la culpabilité. La famille, terrain d’observation et de questionnement privilégié de l’auteur, est au cœur d’un récit mélancolique mais toujours poétique.

Un nouveau coup de cœur pour marie-ded : « Ce roman, tout d’abord agrémenté d’une très jolie couverture soignée, est du pur Olivier Adam avec son empathie pour les gens, et son don de la faire partager. L'auteur est complètement à l’aise dans l’analyse des sentiments, des rancœurs, des petites joies, des amours des adolescents. Il connaît leur langage, il fait partie intégrante de ses personnages. Il pourrait dans ce roman, être l’un de ces jeunes gens en vacances, insouciants. Je suis vraiment une "fan" de cet auteur et j’invite ceux qui aiment lire un bon roman à se procurer celui-ci. »

 

 

 

 

Imaginaire : Jesse Miller, Le Soulèvement des pigeons
Le Passager Clandestin, traduit de l'anglais par Dominique Bellec, 128 pages, 13 €

 

 

Vous la voyez venir, la « ville intelligente » que les politiques et autres techniciens nous concoctent pour les prochaines décennies ? L'Américain Jesse Miller l'imaginait déjà en 1972 dans un court texte intitulé Pigeon City, qui n'a visiblement rien perdu de son caractère prophétique. Dans la ville de Harlem, tout va bien : chacun mange à sa faim (une fois par jour), tout le monde est en sécurité (un peu trop ?), personne ne travaille plus (une tâche réservée aux robots) et personne ne se plaint (au risque de goûter de la lacrymo). Mais Harlem est pourtant devenu un ghetto noir délabré, coupé du reste du monde, où l'envie et la curiosité semblent disparaître peu à peu. Curtiss, lui, s'occupe de pigeons en attendant que la révolte se réveille. Au risque de devenir lui-même un pigeon ?

nath45 a vu dans ce texte facile d'accès des échos pour le moins troublants : « Dans cette novella, l’auteur nous décrit une société oisive, tranquille, une société dite confortable, mais une société sous surveillance, sous contrôle permanent, propagandiste, en fait une ville prison, un ghetto, alors oui il y a de quoi se révolter. Il y est aussi question de ségrégation, de racisme, d’ailleurs à la fin du livre un dossier sur le contexte historique de la suprématie blanche et les violences raciales dans la première moitié du XXe siècle est très intéressante et replace la novella dans son contexte historique. »

 

 

 

 

Roman d’amour : Hiromi Kawakami, Un matin légèrement nuageux
Editions Philippe Picquier, traduit du japonais par Elisabeth Suetsugu, 178 pages, 19,50 €

 

 

De nouvelle en nouvelle se déploie la partition de l’amour et de ses émois dans toutes ses variations. On suit des voix de femmes à travers leurs expériences sentimentales, des premières fausses notes aux fugues virevoltantes, de mélancoliques rengaines aux passions allègres. Que ce soit celle qui s’attache à un homme vivant dans un parc, celle qui ravive un amour de jeunesse, celle qui valse entre quatre prétendants, c’est le même chant qu’on entend, celui du cœur qui bat fort, vite, qui souffre et qui soupire.

Pour Osmanthe, une plongée lumineuse et éclairante : « L'atmosphère est à la tendre rudesse, à une forme d'autodérision et d'humour subtils aussi. Indépendance, sentiment de ne pas pouvoir faire confiance aux hommes, regard des proches qui cherchent toujours à vous marier jeune, approche malaisée de la sexualité, l'auteure porte un regard mi-amusé mi-critique sur la société japonaise. L'ensemble est frais, léger, on se surprend à enchaîner les récits sans avoir envie de s'arrêter, sans lassitude devant ces variations sur les joies et déboires du sentiment amoureux. »

 

 

 

 

Non-fiction : Eric Sadin, La Vie spectrale
Grasset, 272 pages, 19,90 €

 

 

On peut regarder le train du temps passer, et entonner l'antienne du « c'était mieux avant », ou on peut aussi tenter d'analyser en profondeur ce qui se passe aujourd'hui pour mieux comprendre de quoi sera fait demain - et y survivre. C'est le travail qu'entreprend Eric Sadin avec ce livre dans lequel il revient sur les transformations technologiques en cours, dont l'impact sur l'espèce humaine est déjà important. Par exemple : il est courant d'opposer réel et virtuel, mais ce dernier fait aujourd'hui largement partie de ce que nous identifions comme la réalité. Quelles seront les conséquences de la « pixellisation croissante de nos existences » ? Et du nombre croissant d'activités que l'on délègue à des Intelligences Artificielles ?

Pour mathiashalderbrot, voilà un ouvrage passionnant qui mérite la note maximale : « Ce qui est particulièrement fascinant, c'est la manière dont chacun, à sa manière, souligne l'importance de se reconnecter avec notre humanité dans un monde de plus en plus dominé par les algorithmes. La Vie spectrale nous incite à réfléchir sur notre futur en tant qu'êtres humains dans un monde numérisé.. »


 

 

 

Littérature française : Christian Signol, Une famille française
Albin Michel, 386 pages, 21,90 €



Il était temps de parler, en ces pages, de l’un des écrivains les plus appréciés des Français. L’occasion est venue avec la sortie de son nouveau roman intitulé Une famille française. C’est une fresque de 500 pages que nous propose ici l’auteur, qui nous fait suivre plusieurs générations d’une famille de paysans pris dans le tourbillon d’un siècle de plus en plus urbain. Comment évoluer dans ce monde rural ? Quels choix s’offrent à cette famille profondément attachée à sa terre ?

Stanislaslatte s’est senti à l’aise dans cette famille : « Nouveau roman de Christian Signol et c’est un réel bonheur de retrouver cette plume. Un livre plaisant à lire. Des personnages attachants, qu’on ne veut pas quitter. Un très bon moment de lecture que je vous conseille. »

 

 

 

 

Littérature étrangère : Jaume Cabré, Consumés par le feu
Actes Sud, traduit du catalan par Edmond Raillard, 160 pages, 19,80 €

 

 

L'écrivain espagnol Jaume Cabré nous revient avec un texte relativement court, peut-être une très bonne porte d'entrée pour découvrir celui que ses fans considèrent comme l'un des plus grands auteurs contemporains. On suit dans Consumés par le feu un personnage prénommé Ismaël, un personnage qui a eu une enfance difficile et voit sa vie transformée quand il retrouve deux personnes de son passé : Leo, son amour de jeunesse, et le concierge du collège où il a enseigné. Des retrouvailles qui seront sans doute pour lui une manière de ressusciter. Et pour Jaume Cabré de prouver une nouvelle fois son talent avec une fable au style fantaisiste, étrange, vif, ingénieux et parfois absurde.


Tout simplement un régal pour nicolasdallaverde : « Si, en outre, nous sommes confrontés à un ouvrage passionnant, drôle et tendre, une fable moderne qu'il est impossible de fermer avant la fin, Cabré nous immerge dans un univers palpitant, quasi frénétique, le moment de lecture atteint alors son apogée. »

 

 

 

 

Polar & thriller : Marc Villard, Ciel de réglisse
Gallimard, 192 pages, 17 €

 


Plusieurs nouvelles de l’un des maîtres français du Noir en un recueil, cela ne se refuse pas. L’auteur sait poser une ambiance, une atmosphère et le fait en quelques mots. Dans ces atmosphères un peu troubles, parfois noyées dans du mauvais whisky et embrumées d’épaisses volutes de fumée, on perçoit quelques notes de piano et de saxophone. C’est dans ces univers que se meuvent des personnages aussi perdus qu’attachants.

clairelili a aimé les personnages qui peuplent ces nouvelles : « Les héros sont des anti-héros, ou du moins des hommes et des femmes ordinaires, mais eux aussi sont individualisés, pas franchement marginaux mais surtout pas conformistes, croisant des plus défavorisés : migrants ou prostituées par exemple en France, Indiens aux USA. »

 

 

 

 

Vous avez, vous aussi, des livres récents à recommander ? N'hésitez pas à partager vos lectures en commentaire de cet article !

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