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Note moyenne 3.6 /5 (sur 5 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bakou, Azerbaïdjan , le 18/12/1905
Mort(e) à : Paris , le 23/10/1992
Biographie :

Banine, de son vrai nom Umm El-Banu Assadoullayeva, est une écrivaine française d'ascendance azérie.

Elle est née dans une famille de riches industriels de pétrole, élevée dans la religion musulmane. Ses deux grands-pères sont connus comme les industriels pétroliers les plus riches de l’époque. Son père Mirza Assadoullayev (1875-1938) est ministre du Commerce et de l’Industrie de la première République démocratique d'Azerbaïdjan (1918-1920).

Elle et ses trois sœurs sont élevées par une gouvernante allemande et des éducateurs européens. À treize ans seulement, avec ses trois sœurs selon le testament de son grand-père, elle devient millionnaire.

En 1924, après l’installation de ses proches en France, Banine saisit aussi une chance d’émigrer en Turquie. Mariée de force à l’âge de quinze ans, elle divorce de son époux qu’elle méprisait, l’abandonne à Constantinople et part pour Paris.

Arrivée à Paris, elle gagne sa vie comme vendeuse dans un magasin, puis devient modèle de haute couture. Elle commence alors à faire des traductions, du journalisme, prépare des programmes de radio en français.
Elle se fait ainsi connaitre dans les cercles littéraires de Paris, en particulier parmi les écrivains émigrés russes qui composaient un groupe soudé de l'élite immigrée. Elle fréquente des écrivains qu'elle admire, comme Ivan Bounine, le premier Prix Nobel russe. Elle décide d'écrire.

En 1943, elle publie son premier roman en français, "Nami", qui sera bientôt suivi par deux récits autobiographiques, "Jours caucasiens", en 1945, et "Jours parisiens", en 1947. Aussitôt, ses deux derniers romans lui font connaître un succès énorme.

Elle rencontre à Paris, en 1943, l'écrivain Ernst Jünger (1895-1998), capitaine de la Wehrmacht dans l'état-major parisien. L’amitié avec Jünger dure presque cinquante ans et ainsi paraissent les ouvrages "Rencontres avec Ernst Jünger" (1951), "Jünger, ce méridional" (1965), "Portrait d’Ernst Jünger : lettres, textes, rencontres" (1971), "Ernst Jünger aux faces multiples" (1989).

Haïssant les Bolcheviques et leur pensée disant "la religion est l’opium du peuple", elle publie en 1959 le roman "J’ai choisi l’opium".

À cinquante ans, elle se convertit au catholicisme, le proclamant avec ironie contre les communistes. Mais sa foi n'enlevait rien à l'attachement pour l'Azerbaïdjan qu'elle avait quitté.

Son dernier roman "Ce que Maria m’a raconté" est publié en 1991, un an avant son décès.
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Citations et extraits (10) Ajouter une citation
Apoapo   23 août 2017
Jours caucasiens de Banine
« Les tasses de thé succédaient aux tasses de thé et semblaient en dépit du bon sens enivrer les convives qui parlaient toujours davantage et toujours plus bruyamment. Finalement le commissaire se leva avec la visible intention de porter un toast, esquissa le geste de prendre la tasse de thé dans sa main comme s'il s'agissait d'un verre de champagne, mais se retint à temps, et se mit à parler. Son discours était ponctué du mot espoir, sentiment dont semblait se nourrir à profusion le commissaire, et de verbes au futur : "Nous sèmerons, nous bâtirons, nous créerons, nous récolterons..." » (p. 187)
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Apoapo   11 novembre 2017
La France étrangère de Banine
« Car le sage, le vrai sage, peut se demander s'il doit suivre inconditionnellement les impératifs de notre "civilisation de consommation" qui le forcent à vivre dans la fièvre, de produire encore, de gagner toujours plus d'argent, de s'acheter d'autres objets coûteux, d'amplifier sans cesse ses besoins toujours plus artificiels. […] Le sage voit l'Occidental fuir en avant, se fuir. Son agitation est si bien organisée qu'une heure passée dans un fauteuil à rêver lui paraît un affreux scandale, indigne du conquérant qu'il est. » (p. 125)
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Apoapo   23 août 2017
Jours caucasiens de Banine
« Le lendemain, une commission vint examiner notre maison et, à la suite de cet examen, trouva, non sans raison, que nous n'avions pas besoin de tant de pièces pour si peu de monde. Le même jour, un commissaire accompagné de ses collaborateurs et de sa femme vint s'installer chez nous.

Notre premier contact avec le monde de la révolution fut cordial. La femme du commissaire, petite blonde au nez retroussé, nous invitait souvent, Leïla et moi, à prendre le thé avec elle ; il était servi dans notre plus beau service à thé (elle ne nous refusait rien) et accompagné de conversations littéraires. Elle aimait la lecture avec passion, et bien qu'il n'était en règle générale question que de livres aux titres tragiques, tel que Un Cœur captif ou Un Secret dans la nuit, pourvus de couvertures aux images suggestives, prometteuses des plus grandes jouissances intellectuelles, l'intention n'en était pas moins bonne et dénotait un esprit curieux et romanesque. » (pp. 147-148)
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Apoapo   11 novembre 2017
La France étrangère de Banine
« Devant une telle dureté de cœur on peut se demander à quoi a servi un christianisme deux fois millénaire s'il n'a même pas su inculquer aux hommes le respect de la détresse. […] Je sais qu'il existe en France, par centaines de milliers, des cœurs tournés vers les déshérités de la terre ; il en est qui leur vouent leur vie entière. Il y a aussi la masse compacte des indifférents qui passent devant l'homme souffrant sans lui faire ni du mal ni du bien : ce malheur ne les concerne tout simplement pas, ils ont assez des leurs.

Mais qu'il puisse exister dans un pays avec une longue tradition de charité une certaine proportion d'hommes assez cupides pour léser des êtres sans défense, arrivés au dernier degré d'épuisement, comme c'est le cas des clandestins échouant en France, cela, non, l'esprit refuse de le concevoir. » (p. 54)
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Apoapo   23 août 2017
Jours caucasiens de Banine
« Donc, je tombai dans cette famille étrange, exotique et riche, un jour d'hiver d'une année mouvementée, remplie comme pas mal d'années dites historiques de grèves, de pogroms, de massacres et de diverses autres manifestations du génie humain, si particulièrement inventif pour toutes perturbations sociales. À Bakou, la majeure partie de la population, composée d'Arméniens et d'Azerbaïdjanais, était activement occupée à se massacrer. Cette année-ci, les Arméniens, mieux organisés, exterminaient les Azerbaïdjanais pour se venger des massacres passés ; quant aux Azerbaïdjanais, faute de mieux, ils y puisaient des raisons pour des massacres futurs. Ainsi tout le monde y trouvait son compte, excepté ceux, malheureusement nombreux, qui périssaient pendant ces événements. » (p. 15)
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Apoapo   28 septembre 2017
J'ai choisi l'opium de Banine
« Je m'agenouille sur un prie-Dieu qui est là à la disposition d'autres assoiffés. Je prie. Personne ne me demande ni papiers d'identité ni argent. Je profite de cette institution qu'est l’Église sans y adhérer, sans rien donner en échange du bien que j'y recueille. […] je ne dois rien payer. Ce détail à lui seul constitue à proprement parler un miracle dans notre civilisation où l'on n'a rien pour rien, et à lui seul il devrait me convaincre de l'origine divine de l’Église Qu'importe que les dogmes paraissent absurdes puisque les effets de la foi sont merveilleux. » (p. 94)
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Apoapo   01 septembre 2017
Jours parisiens de Banine
« Au risque de passer pour une radoteuse, je dois revenir encore sur une singulière psychologie des mannequins qui tenait par certains côtés sinon de la prostituée – ce serait trop dire – mais un peu, beaucoup même de la courtisane. Je parle au passé, car j'imagine qu'en cinquante ans les choses ont beaucoup changé, grâce à ces mass-média dont on dit avec raison du mal, mais qui, les choses étant ce qu'elles sont, c'est-à-dire profondément ambiguës, ont aussi leur bon côté : elles ouvrent les esprits, ou peuvent les ouvrir, à de multiples horizons. De mon temps, mes collègues mannequins relevaient de l'infantilisme, ne poursuivaient qu'un but, l'argent, qu'elles se proposaient d'acquérir en échange d'une cession plus ou moins prolongée de leurs charmes dont le perfectionnement les occupait, en bonne logique, à longueur de jours. Elles semblaient ignorer que l'homme, cette bête insatiable, recherche parfois des qualités autres que physiques. Il ne leur venait pas à l'esprit qu'une part de nous-même, peut-être la plus précieuse, demande elle aussi des soins et des ornements, autant que notre aspect extérieur, sinon plus. » (p. 66)
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Apoapo   01 septembre 2017
Jours parisiens de Banine
« N'ayant d'ailleurs plus droit au titre de soupirant, […] il s'osait pas soupirer, mais son air soupirait pour lui, proclamant son désarroi. Convaincu enfin de l'honorabilité de Gulnar, il lui montrait un respect qui eût mieux convenu à une douairière qu'à ma cousine si tranquillement dévergondée. […] et l'honorable Gulnar s'émerveillait de la crédulité du comte qui illustrait de manière éclatante le thème amour = folie. Elle prétendait qu'il maigrissait, qu'il perdait ses belles couleurs d'autrefois, indice d'une digestion et d'un cœur exempts de soucis. Il nous semblait, à Jérôme et à moi, qu'elle grossissait, si l'on peut dire, l'amaigrissement et la pâleur du comte, pour les interpréter à son avantage. Mais si même Gulnar forçait la note, il est certain que Montforgé était changé, qu'il semblait en quelque sorte affaissé intérieurement, que déjà compassé et lent à l'état naturel, il tombait parfois dans un engourdissement accablé – et accablant pour nous. Dans ces moments, disait Gulnar, il avait tout d'un sac de pommes de terre, moins l'avantage d'être comestible. » (p. 196)
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Apoapo   28 septembre 2017
J'ai choisi l'opium de Banine
« Ainsi, quand il me donne comme argument de la divinité du Christ le fait que je l'adore, je lui réponds :

- Si j'étais restée dans un milieu musulman, mon besoin de transcendance se serait satisfait dans Allah et Mahomet, son Prophète.

- Vous savez bien la différence qui sépare ces deux figures : le Christ et Mahomet.

- Je le sais à présent. Mais restée là-bas, je n'en aurais rien su et Mahomet m'aurait satisfaite tout autant que le Christ, si même de manière différente.

Ch-A. Julien à qui je rapporte ce dialogue me dit : "Ça devait être dur pour le Père de s'entendre dire de telles vérités." » (p. 191-192)
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Apoapo   28 septembre 2017
J'ai choisi l'opium de Banine
« Cette intelligence, la mienne en tout cas, quelle duperie : juste bonne à devenir la source d'un tourment à peu près incessant, mais insuffisante à construire un équilibre intérieur. » (p. 109)
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