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Note moyenne 4.21 /5 (sur 129 notes)

Nationalité : France
Biographie :

L'Ouvroir de littérature potentielle, généralement désigné par son acronyme OuLiPo (ou Oulipo), est un groupe international de littéraires et de mathématiciens se définissant comme des « rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir.

Il fut fondé en France, en 1960 par le mathématicien François Le Lionnais, avec comme co-fondateur l'écrivain et poète Raymond Queneau.

L'Ouvroir fut d'abord baptisé Sélitex (Séminaire de Littérature Expérimentale), puis Olipo, et trouva son nom définitif le 13 février 1961, grâce à l'un de ses membres, Albert-Marie Schmidt.

Les membres de l'OuLiPo se réunissent régulièrement pour réfléchir autour de la notion de « contrainte » et produire de nouvelles structures destinées à encourager la création. L'actuel président de ce groupe est Hervé Le Tellier (depuis 2019) qui a pris la suite de Paul Fournel (2003-2019). Le premier fut président François Le Lionnais, puis Noël Arnaud.

Ce groupe comprend des écrivains, dont les plus célèbres sont Raymond Queneau, Italo Calvino ou Georges Perec, mais aussi des personnalités ayant une double compétence comme le compositeur de mathématique et de poésie Jacques Roubaud ou de (presque) purs mathématiciens comme Claude Berge (développeur de la Théorie des graphes).

L'Oulipo se réunit une fois par mois en privé, et un jeudi par mois dans un lieu public. D'abord, en 1996 à la Halle Saint Pierre, puis à l'Amphi24, à Jussieu, au Forum des images, enfin, depuis 2005, en raison de travaux au Forum des images, dans le grand auditorium de la Bibliothèque François-Mitterrand.

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La joyeuse équipe de l'Ouvroir de littérature potentielle se produit tous les mois à la BnF. Marcel Benabou, Jacques Jouet, Hervé le Tellier, Clémentine Mélois et leurs acolytes y font résonner en public lectures et créations originales. Lors de cette séance, l'Oulipo fête son anniversaire avec cette lecture légèrement trilingue de textes et de souvenirs parcourant soixante années de créations, ruminations, et remémorations. Pour retrouver la programmation culturelle de la BnF, rendez-vous sur www.bnf.fr

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Citations et extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
patrick75   12 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
Amoureux



Tu dis oui, tu dis non, tu dis n'importe quoi,

Et tu me ris au nez, et moi je reste coi

Comme un enfant de chœur qui, pris de court, bafouille,



Tant l'eau de tes regards trouble et glace mon sang.



Au pied des mots brûlants, ma pauvre voix se rouille,

Rengainant ses plus tendres traits en son carquois

De peur de faire naître un sourire narquois

Sur tes lèvres dorées que mon baiser ne mouille.



Mais l'eau de tes regards trouble et glace mon sang.



Je blâme le crétin morose et languissant

Que je suis devenu sans bien m'en rendre compte,

Le front glacé,la langue blanche et l'œil absent.

Comment pourrais-tu voir, en moi, plus qu'un passant ?

C'est ce qu'en gémissant, le soir, je me raconte.

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patrick75   10 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
CAPRICIEUX

( sur quinze lignes célèbres de Musset) .



Nous sommes seuls, je suis jeune, vous êtes belle.

Si, contre un peu d'ennui, notre esprit se rebelle,

Malgré mille chagrins contre nous élevés,



Madame, accordez-nous la douceur d'un caprice.



Laissons-nous emporter, fascinés, captivés,

Par une heure d'oubli, parfum de mirabelle,

Pétales effeuillés, jasmin en ribambelle,

Jardins de ces plaisirs que nous avons rêvés.



Madame, accordez-vous la douceur d'un caprice.



Le plaisir ? Ce n'est pas le plaisir-sacrifice,

Aveugle et sans amour, que je vous offre ici.

C'est l'amour sans regret, sans peine, sans entrave,

Qui fait briller les yeux d'une lumière grave,

Et dont on garde au cœur le sourire adouci.
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patrick75   11 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
ROMANTIQUE



J'ai cru, toute une nuit, que ma vie et la vôtre

Allaient n'en faire qu'une, et qu'on dirait « la nôtre ».

Je l'ai cru, sans raison, jusqu'au petit matin.



J'étais comme un enfant qu'un sourire ensorcelle.



J'avais tort, je le sais, de rêver ce destin.

Mais on donne au destin des airs de bon apôtre,

S'il vous prête la mer, une femme et un cotre :

Comment garder d'aplomb sa tête et son latin ?



Sont-ils toujours ainsi ceux que l'on ensorcelle ?



Peut-on voir dans leurs yeux monter une étincelle ?

Tremblent-ils en faisant grincer le gouvernail ?

Pleurent-ils des sanglots graves de violoncelle ?

Maudissent-ils, debout, vers les étoiles, Celle

Qui les renvoie penauds à la niche, au bercail ?
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patrick75   11 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
TINTINOPHILE

Anthropopithèques ! Bachi-Bouzouks ! Coléoptères ! Doryphores ! Ectoplasmes ! Flibustiers ! Garnements ! Hurluberlus ! iconoclastes ! Jocrisses ! Khroumirs ! Logarithmes ! Macaques ! Naufrageurs ! Olibrius ! Paltoquets ! Quadrumanes ! Rhyzopodes ! Sapajous ! Technocrates ! Uzbeks ! Végétariens ! Wisigoths ! Xylographes ! Yéménites ! Zouaves !

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patrick75   10 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
MELODIE EN SOUS-SOL



au sous-sol une héroïne de la chanson française

au septième un cadre dynamique si sûr de lui

au rez-de-chaussée une famille de bourges coincés

au sixième un bricoleur qui commence à s’agiter

au premier un monsieur tout seul regarde la télévision

au cinquième un vieux couple qui s’emmerde grave

au deuxième y a plus personne sauf la poussière

au quatrième une bande de jeune commence à décoller

au troisième une jeune maman couche ses trois enfants

au troisième elle chante une berceuse eux gueulent encore

au sous-sol elle s’assoit avec sa bouteille

au quatrième on ouvre enfin le pack de kro

au septième la dynamique épaule gauche commence à picoter

au deuxième la poussière s’accumule sur les meubles

au rez-de-chaussée on parle pas on prie

au cinquième le mari traite sa femme de connasse

au sixième le bricoleur commence à planter les clous

au premier la télévision raconte une histoire de fesses

au premier la télévision passe une musique de fesses

au troisième elle murmure doucement le petit s’enrage

au sixième le bricoleur continue à planter les clous

au sous-sol elle tousse puis allume une clope

au cinquième la femme traite son mari d’enculé

au quatrième on met un tube de Public Enemy

au rez-de-chaussée on écoute une messe radiophonique

au septième il met un disque de relaxation transcendantale

au deuxième la poussière fait swoosh dans le vent

au deuxième la poussière chatouille les narines des fantômes

au premier la télévision passe un claquement de fesses

au septième son épaule commence à creuser sa poitrine

au troisième elle murmure moins doucement le grand gueule

au rez-de-chaussée la messe vire plus musicale

au sixième le bricoleur cloue cloue cloue et cloue

au quatrième on remet un disque de Public Enemy

au sous-sol elle écrase sa clope puis recommence

au cinquième le mari exige que la salope suce

au cinquième la salope l’envoie branler la bite

au deuxième atchoum les fantômes éternuent un bon coup

au sous-sol elle reboit un coup puis soupire

au premier la télévision diffuse une pénétration de fesses

au quatrième on enlève le disque de Public Enemy

au septième son cœur s’emballe la musique stagne

au sixième les clous les clous les clous les

au troisième celui du milieu geint la mère pleure

au rez-de-chaussée la musique fond en sermon

au rez-de-chaussée le sermon fond en litanie

au cinquième l’enculé sort sa perceuse et perce

au troisième les trois maintenant gueulent comme putes pourries

au deuxième ratchoum les mouches elles aussi éternuent fort

au sixième le bricoleur arrête et cogne par terre

au sous-sol elle met le casque du walkman

au septième son cœur cogne maintenant entre ses orteils

au premier la télévision secoue la chair des fesses

au quatrième on danse chimiquement sur les Chemical Brothers

au quatrième entre morceaux on entend gens qui braillent

au rez-de chaussée la litanie fond en bénédiction

au premier la télévision montre les boutons des fesses

au cinquième la salope sort son moulin et mouline

au septième il entend ses tripes qui montent qui

au troisième elle commence à s’énerver mais grave

au sous-sol c’est cidre bouche à bouche

au deuxième les mouches redescendent sur leur pique-nique

au sixième le bricoleur va chercher sa perceuse aussi

au sixième il perce pour faire chier lui aussi

au quatrième on remet Public Enemy encore plus fort

au deuxième la poussière redescend swoosh sur les mouches

au rez-de-chaussée la bénédiction fond en ennui

au sous-sol la voix de Gainsbourg la remplit

au premier la télévision déclenche les boutons des fesses

au troisième elle crie ça suffit maintenant ça suffit

au cinquième on perce et on mouline encore encore

au septième le cœur réverbère dans l’appart entier

au septième Etienne Charon meurt d’une crise cardiaque

au sixième Jean-Louis Duparc perce un câble électrique

au cinquième Pierrette et Albert font lit à part

au quatrième Jean Virginie Claude resniffent de la colle

au troisième Caroline passe à l’acte et cogne

au deuxième Madame Dussolier régale encore mouches et asticots

au premier Claude Martin jouit dans des fesses imaginaires

au rez-de-chaussée les Dubreton refont un enfant

au sous-sol Mélodie Newton vide son dernier verre



IM

Plouk Town, 2007.

 





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patrick75   13 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
Un rectangle à quatre poteaux

Blanc des moissons et du battage

La rivière au bas du cottage

L'embarcadère des bateaux



Dans le silence des coteaux

Vacarme de moteurs, ravage

Et la pluie qui fait son potage

Des feuilles aux dents des râteaux.



C'est l'éden de banlieue en pire

Où le temps étend son empire

Automne, automne sans été ;



Pour la dissolution mentale

Fixer, de son rose aimanté

La luminosité étale.

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mh17   31 mars 2020
Atlas de littérature potentielle de Oulipo
Exercice: a) reconnaître un texte manipulé b) reconnaître l'outil manipulateur



1. La Cimaise et la Fraction

(...)

"Que feriez-vous au tendon cher ?

Discorda-t-elle à cette énathrose

-Nuncupation et joyau à tout vendeur,

Je chaponnai ne vous déploie.

-Vous chaponniez? J'en suis fort alarmante.

Et bien débagoulez maintenant."
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nathalie_MarketMarcel   17 juin 2013
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
Qu’est-ce qu’un poème de métro ?

J’écris, de temps à autre, des poèmes de métro. Ce poème en est un.

Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de métro ?

Admettons que la réponse soit oui. Voici donc ce qu’est un poème de métro.

Un poème de métro est un poème composé dans le métro, pendant le temps d’un parcours.

Un poème de métro compte autant de vers que votre voyage compte de stations moins un.

Le premier vers est composé dans votre tête entre les deux premières stations de votre voyage (en comptant la station de départ).

Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station deux.

Le deuxième vers est composé dans votre tête entre les stations deux et trois de votre voyage.

Il est transcrit sur le papier quand la rame s’arrête à la station trois. Et ainsi de suite.

Il ne faut pas transcrire quand la rame est en marche.

Il ne faut pas composer quand la rame est arrêtée.

Le dernier vers du poème est transcrit sur le quai de votre dernière station.

Si votre voyage impose un ou plusieurs changements de ligne, le poème comporte deux strophes ou davantage.

Si par malchance, la rame s’arrête entre deux stations, c’est toujours un moment délicat de l’écriture d’un poème de métro.
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mireille.lefustec   04 juin 2012
La littérature potentielle de Oulipo
El desdonado



Je suis le tensoriel,le vieux,l'inconsommé

Le printemps d'Arabie à la tourbe abonnie

Ma simple étole est molle et mon lynx consterné

Pose le solen noué de la mélanémie.
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patrick75   12 mai 2015
Anthologie de l'OuLiPo de Oulipo
S'EXERCER



S’exercer, c’est tenter ces vers, les révérer  ;

C’est penser et tester le verbe de l’enchère.

Détecte les déchets de l’échec délétère,

Cesse de regretter et de désespérer.

 

Repense ce revers et prétends préférer

Respecter derechef cette règle sévère.

En esthète effréné, resserre et persévère  ;

En cette lettre-fée entends le vent errer.

 

Redresse tes pensées et sens l’effet se tendre

Pénètre ces secrets  : créer, c’est entreprendre.

Recherche ce reflet et permets l’émergence

 

De textes très serrés  ; pressé, le sens s’élève,

Egrène lentement cette belle sentence  :

Réel est éphémère, éternel est le Rêve.
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