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Note moyenne 4.33 /5 (sur 152 notes)

Nationalité : France
Né(e) le : 3/02/1982
Biographie :

Rémi Zaarour, alias Pozla, est un scénariste, dessinateur et coloriste de bandes dessinées français.

Street artist, membre actif du collectif GM, Pozla met depuis de nombreuses années ses talents au service du dessin animé, où il réalise clips et courts métrages, collaborant à de nombreux projets.

Il coréalise notamment la deuxième saison de la série "Lascars" et défriche de son trait énergique le générique du long métrage.

Bercé par la bande dessinée, Pozla passe enfin le cap qui lui tient tant à cœur, en créant avec son compère Eldiablo, "Monkey bizness" (2010-en cours).

"Carnet de santé" obtient le Prix spécial du jury au festival d'Angoulême en 2016.

Source : ankama-editions.com
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Bibliographie de Pozla   (7)Voir plus


Entretien avec Pozla à propos de son ouvrage Carnet de santé foireuse :



Carnet de santé foireuse illustre votre combat contre la maladie de Crohn, diagnostiquée sur le tard. Cet album est tiré d’un carnet sur lequel vous avez travaillé lors de votre traitement hospitalier. Quel rôle a joué le dessin pendant votre maladie ?


J`ai toujours un ou plusieurs carnets sur moi pour dessiner en toutes situations, c`est donc naturellement que mon petit matériel m`a suivi à l`hôpital. J`ai fait le premier dessin la veille de l`opération, pour passer le temps. Puis après l`intervention lorsque j`ai eu la force de redessiner, le dessin m`absorbait à tel point que la douleur passait au second plan, et chaque page noircie m`offrait une respiration inespérée. La douleur était quasi omniprésente, avec des pics très aigus que seule la morphine pouvait soulager... ou le dessin! Je couchais sur papier mes sensations, la hachure me faisant approcher des états de méditation ou de transe salvateurs. J`ai donc entretenu cet exutoire pour avancer. Deux ans après, lorsque je me suis penché sur le récit, j`ai dû re-digérer tout ce qui m`était arrivé pour pouvoir le raconter, une autre étape de ma thérapie par le dessin.



Qu’est ce qui a motivé la publication de ce fameux carnet pourtant a priori très intimiste ?


C`est en montrant le carnet à ma gastro-entérologue que j`ai eu le premier déclic. Elle y a porté beaucoup d`intérêt et m`a poussé à en faire quelque chose. J`ai alors compris que les sensations que j`avais posé sur le papier permettaient d`avoir une fenêtre sur ce que j`avais pu vivre de l`intérieur. Le dessin a cette particularité de pouvoir évoquer une quantité de chose en un regard. Les médecins ont de bien maigres outils pour évaluer la douleur: l`échelle de douleur, quelques questionnaires et basta. J`avais donc un outil atypique capable de retranscrire toute l`aventure merdique que je vivais. Cet album s`est imposé à moi.



Dans l’album, vous choisissez souvent de déformer votre apparence physique au profit d’une sorte d’homme-intestin, l’organe clé de votre maladie. Pourquoi avoir choisi de vous représenter ainsi ?


C`est venu très naturellement, les apparences prises au cours du récit sont juste les images que j`avais de mon corps. Intestins, flaque, canard, chien mouillé, amas organique...Je ne me suis rendu compte qu`après que c`était assez varié!



La douleur est représentée de façon très artistique dans vos planches. De quoi vous êtes-vous inspiré pour la représenter de cette façon ?


Lorsque je dessinais ces passages de douleur, il me fallait le silence total autour de moi, une concentration extrême, car il fallait replonger dans ces sensations pour pouvoir les visualiser et les redessiner. Je ne me suis inspiré d`aucun artiste en particulier, j`ai juste essayé de retranscrire au mieux, le plus sincèrement possible mes états, physiques ou psychiques. 



La maladie est un sujet difficile que vous avez choisi de traiter avec humour. Pourquoi avoir choisi ce ton léger ? Comment avez-vous réussi à faire preuve d’humour dans une situation parfois désespérée ? La littérature doit-elle selon vous toujours divertir ?


Je n`ai pas eu besoin de me forcer beaucoup. Les situations que l`on peut vivre à l`hôpital ou avec la maladie sont parfois tellement aberrantes qu`elles en deviennent cocasses. C`est peut être aussi une manière de réécrire mon histoire en y injectant du positif, et pas juste un récit morbide qui donne envie de se pendre. Puis, en me mettant autant à poil et en utilisant l`autodérision, je peux taper sur tout le monde.



Quelles méthodes de dessin avez-vous utilisées ? Pourquoi avoir choisi de mélanger les techniques dans cet album ? Avez-vous retravaillé les dessins au moment de la parution de l’album ? 


J`ai utilisé principalement l`encre et la plume pour le gros du récit, mais aussi crayon, aquarelle, feutres, crayons de couleurs, stylo, collage... Sur le carnet original, j`utilisais ce que j`avais sous la main, pour le reste je ne m`étais posé aucune contrainte. J`avais aussi  besoin d`un éventail narratif pour retranscrire l`éventail des sensations par lesquelles j`étais passé. Sur la grosse partie de récit "BD", il y a de l`illustration, des haïkus, de la vulgarisation médicale, des expérimentations parfois abstraites, et des séquences oniriques. J`ai très peu touché aux pages originales du carnet, on à même décidé de garder les post-its tels quels. J`y ai quand même apposé un tampon pour qu`elles puissent être reconnaissables facilement.



Votre vision de l’hôpital apparaît comme très critique, tantôt comparé à une secte, tantôt à une prison. De plus, votre personnage semble souvent incompris voire abandonné par le personnel hospitalier. Souhaitez-vous faire passer un message à ce sujet ?


Après ce que j`ai vécu, je ne peux qu`avoir une vision critique du milieu hospitalier. Pourtant, je comprends les difficultés de la profession, mais je ne peux que pointer du doigt le décalage entre les deux mondes. Tu te retrouves dans un système qui paraît déshumanisé, alors que ta vie est en train de se jouer là, dans ta chemise à pois et le cul à l`air. Je suis tombé sur des gros cons imbus d`eux mêmes et sur des gens géniaux qui m`ont tiré d`affaire. Je témoigne juste de mon parcours. Mais si il y a bien une chose que je trouve problématique, c`est cet orgueil démesuré qu`ont certains médecins, qui empêche l`écoute, la remise en question, l`ouverture d`esprit, et l`ouverture à d`autres savoirs.



Votre album se clôture sur un guide alimentaire, permettant de comprendre votre régime. Avez-vous envisagé votre album comme un guide à destination des malades ? 


Non pas comme un guide mais comme un témoignage. J`ai beaucoup souffert dans mon parcours de n`avoir aucune visibilité sur ce que je vivais. Le peu d`échanges que j`ai eu avec d`autres patients plus expérimentés (notamment mon voisin de chambre) m`ont beaucoup servis. Un récit similaire m`aurait sûrement permis de mieux comprendre ce que j`allais vivre ou ce que je vivais, à faire des raccourcis sur certaines réflexions, astuces du quotidiens, ou de briser certains tabous qui nous collent aux pattes et qui pourrissent la vie. La relaxation et l`alimentation sont deux choses qui m`ont permis de refaire surface, et ce ne sont pas les médecins qui m`ont mis sur la voie...Ce guide alimentaire en particulier permet d`informer sur une autre manière de s`alimenter, ou tout simplement d`aider mes proches à me faire à manger !

Entretien réalisé par Marie-Delphine

Découvrez Carnet de santé foireuse de Pozlaaux éditions Delcourt :


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Dédicace de Pozla (Angoulême 2016)


Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
gouelan   18 avril 2016
Carnet de santé foireuse de Pozla
Polza : Rhaa putain j'ai un mal de chien

Appelle une infirmière

Le bouton là



L'infirmière : Encore lui ? Mais il a encore des antalgiques pourtant !



Polza : Ça marche pas

m'faut un truc plus fort...

SVP

Rââ HHH



L'infirmière : Il est douillet Quand même.

****

Ça, ça m'a blessé. Vu comme je dégustais, j'ai pas du tout compris cette remarque. Je lui aurais bien filé ma place 2 minutes, qu'elle comprenne.
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alouett   12 octobre 2015
Carnet de santé foireuse de Pozla
Période très floue. Je mange pas. La douleur ne me quitte plus. Je zone de nuits étoilées en levers de soleil. Douleur profonde, aigue, viscérale. Entourage impuissant. (…) Et ce putain d’Alien qui me grignote à petit feu
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gouelan   18 avril 2016
Carnet de santé foireuse de Pozla
- Et comment vous sentez-vous en ce moment ?

- Ouaaah tranquille! La grande forme ! Nickel ! Le pied total !

[...]

On a donc repoussé l'intervention et prévu de se revoir à la rentrée.

[...]

C'était un peu couillon de ma part ...Repousser l'inévitable. En fait, l'inconnu m'effraie ... Alors que la douleur, je la connais.
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Oliphant   01 avril 2016
Carnet de santé foireuse de Pozla
Mais j'ai un truc vraiment redoutable contre la douleur ! Et franchement, à part la morphine, rien ne marche aussi bien... Figure-toi que ce carnet est un puissant antalgique, mec ! Il a le pouvoir d'absorber mes souffrances, de distordre le temps, d'effacer mon corps, de me transposer.
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eckmuhl   15 janvier 2016
Carnet de santé foireuse de Pozla
Les tripes cérébrales se tordent,

sous les draps,

Un manège détraqué

d'une nuit de novembre.
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jamiK   21 novembre 2019
Monkey Bizness - Intégrale de Pozla
- On est des enfoirés quand même non ?

- Des opportunistes... C'est différent.
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eckmuhl   15 janvier 2016
Carnet de santé foireuse de Pozla
Black Trombone,

monotone,

c'est l'automne,

sur ma vie.



Plus personne,

ne m'étonne,

j'abandonne,

c'est fini.
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Ninaalu   27 février 2017
Carnet de santé foireuse de Pozla
Quand mon stylo se pose sur la feuille, trace, gratte, noircit la feuille, la douleur s'estompe
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Estelleeb   05 septembre 2018
Carnet de santé foireuse de Pozla
Un jour, c’est court quand on court.

Une nuit, c’est long quand on regarde le plafond.
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Erik_   26 août 2021
L'homme qui courait après sa chance de Pozla
Qu'est ce qu'un homme qui court après sa chance qui laisse passer devant lui l'amour et la fortune ?
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