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Note moyenne 3.93 /5 (sur 64 notes)

Nationalité : Royaume-Uni
Né(e) à : Londres , 1974
Biographie :

Abir Mukherjee a grandi dans l’ouest de l’Écosse dans une famille d’immigrés indiens. Fan de romans policiers depuis l’adolescence, il a décidé́ de situer son premier roman à une période cruciale de l’histoire anglo-indienne, celle de l’entre-deux-guerres.
Premier d’une série qui compte déjà̀ quatre titres, "A Rising Man" (L’attaque du Calcutta-Darjeeling) a été́ traduit dans neuf pays.

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Comme chaque année, les équipes de La Griffe Noire vous proposent leurs coffrets de Noël. Une sélection de livres accompagnée de goodies. Gérard Collard et Thomas Raymond vous présentent les contenus... COFFRET JEUNESSE 7-10 ANS (45,80 €) : - Mortelle Adèle au pays des contes défaits, Mr Tran et Diane Le Feyer, Tourbillon - Le journal de Gurty, mes bébés dinosaures, Bertrand Santini, Sarbacane - Charlie se change en poulet, Sam Copeland, R. Laffont https://www.lagriffenoire.com/100771-... COFFRETS JEUNESSE ALBUM (45,70€) : - Jules et le renard, Joe Todd-Stanton, Ecole des loisirs - Maman noel, Ryan T. Higgins, Albin-Michel jeunesse - Il était une fois la corne des licornes, Béatrice Blue, Little Urban https://www.lagriffenoire.com/100772-... COFFRET ADO (50,70€): - Cogito, Victor Dixen, R. Laffont - Les pluies, Vincent Villeminot, Le Livre de Poche jeunesse - La maison des oiseaux, Allan Stratton, Milan https://www.lagriffenoire.com/100773-... COFFRET SCIENCE FICTION (55,90€): - Métaquine indications, François Rouiller, Atalante - Chiens de guerre, Adrian Tchaikovsky, Denoel - Chevauche-brumes, Thibaud Latil-Nicolas, Mnémos https://www.lagriffenoire.com/100776-... COFFRET MANGAS (37,80€) : - L'atelier des sorciers 1, Kamome Shirahama, Pika - Bip-Bip Boy 1, Rensuke Oshikiri, Omaké - Dr Stone 1, Riichiro Inagaki et Boichi, Glénat - Heart Gear 1, Tsuyochi Takaki, Kioon https://www.lagriffenoire.com/100777-... COFFRET BD SCIENCE FICTION (57,85€) : - Le château des animaux : Miss Bengalore, Delep & Dorison, Castermann - Nathanaelle, Charles Berberian & Fred Beltran, Glénat - The kong crew : Manhattan jungle, Eric Hérenguel, Ankama COFFRET BD ADULTE (53,85€) : - Monsieur Jules, Aurélien Ducoudray & Arno Monin, Bamboo - Bruno Brazil : Black Program, Aymond & Bollée, Lombard - Lecio Patria Nostra : Le tambour, Yerles & Boidin, Glénat COFFRET BD JEUNESSE (54,95€) : - Le royaume de Blanche fleur, Benoit Feroumont, Dupuis - Les quatre de BakerStreet : Les maitres de Limehouse, Dijian & Etien & Legrand, Vents d'Ouest - Raowl : La belle et l'Affreux, Tebo, Dupuis COFFRET LITTERATURE FRANÇAISE (71,30€) : - Murène, Valentine Goby, Actes Sud - Les simples, Yannick Grennec, Anne Carrière - Rien n'est noir, Claire Berest, Stock https://www.lagriffenoire.com/100783-... COFFRET LITTERATURE ETRANGERE (73,40€) : - Dévorer le ciel, Paolo Giordano, Seuil - Les patriotes, Sana Krasikov, Albin Michel - La péninsule aux 24 saisons, Inaba Mauyni, Piquier COFFRET LITTERATURE DETENTE (72,90€) : - Un petit coup de jeune, Thierry Bizot, Seuil - Loin, Alexis Michalik, Albin-Michel - La mémoire des vignes, Ann Mah, Cherche-midi COFFRET POLAR (71,90€) : - L'attaque du Calcutta-Darjeeling, Air Mukherjee, Liana Levi - L'Héritage Davenall, Robert Goddard, Sonatine - Ristretto, Bertrand Puard, Fleuve Noir COFFRET HISTORIQUE (68,90€) : - La débâcle, Romain Slocombe, Robert Laffont - Marx dans le jardin de Darwin, Ilona Jerger, Editions de Fallois - Le bal des folles, Victoria Mas, Albin Michel COFFRET LITTERATURE FRANÇAISE POCHE (30,70€) : - La petite danseuse de quatorze ans , Camille Laurens, Folio - Vie de David Hockney, Catherine Cusser, Folio - Chien-loup, Serge Joncour, J'ai lu COFFRET LITTERATURE ETRANGERE POCHE (35€) : - Je m'appelle Lucy Barton, Elizabeth Strout, Livre de Poche - L'enfant du Danube, Janos Szekely, Folio - Le grand Elysium hôtel, Timothy Findley, 10/18 COFFRET LITTERATURE DETENTE POCHE (34,80€) : - La mandoline du capitaine Corelli, Louis de Bernières, Folio - La chorale des dames de Chilbury, Jennifer Ryan, Le Livre de poche - Un élément perturbateur, Olivier Chantraine, Folio COFFRET HISTORIQUE POCHE (42,30€) : - L'impératrice Cixi, Jung Chang, Texto - Le soldat oublié, Guy Sajer, Tempus - Les heures indociles, Eric Marchal, Rocket COFFRET POLAR POCHE (35,35€) : - Sur le toit de l'enfer, Ilaria Tutti, Pocket - Trop de morts au pays des merveilles, Morgan Audic, Rouergue noir - La nuit des cafards, Dean Koontz, Archipoche

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Citations et extraits (116) Voir plus Ajouter une citation
ODP31   12 août 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
"- ...Je ne pense pas que votre ami indigène souhaite nous rejoindre ?

- J'en doute.

- Oui, c'est généralement le cas avec les indigènes. Ce sont toujours les catholiques qui les récupèrent, dit-il avec regret. Je suppose que c'est la théâtralité du catholicisme qui les attire. Et l'encens. comment suis-je censé gagner les âmes païennes et superstitieuses à la véritable Eglise, avec pour seules armes Amazing Grace et la Bible du roi James pendant que les catholiques déballent les os de Saint François Xavier et de nouvelles apparitions de la Vierge Marie toutes les deux semaines ?

(page 289)
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Sylviegeo   09 février 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
L'Empire, c'était vraiment une entreprise de la classe moyenne, s'appuyant sur des écoles comme Haderley. Des institutions qui produisaient à la chaîne les diligents jeunes hommes au teint frais servant de lubrifiant à ses rouages; ils devenaient ses fonctionnaires, ses ecclésiastiques et ses percepteurs. Ils se mariaient à leur tour et avaient des enfants qu'ils renvoyaient en Angleterre recevoir la même éducation qu'eux. Dans les mêmes écoles, où ils étaient modelés pour devenir la prochaine génération d'administrateurs coloniaux. La boucle était bouclée.
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Cannetille   09 décembre 2019
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
D’après mon expérience, les très riches et les très pauvres sont souvent gênés par l’endroit où ils vivent.
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Sylviegeo   09 février 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Les lois Rowlatt. Elles sont entrées en vigueur le mois dernier et nous autorisent à boucler quiconque est soupçonné de terrorisme ou d'activités révolutionnaires. Nous pouvons les garder derrière les barreaux pendant deux ans sans procès. Du point de vue d'un policier, tout en est grandement simplifié. Bien entendu, les indiens ont réagi par la fureur, et je ne peux pas dire que je leur reproche. Après tout, nous venons de faire une guerre au nom de la liberté et, ici, nous arrêtons des gens sans mandat d'amener et nous les enfermons pour tout ce que nous jugeons séditieux, depuis le fait de se réunir sans permission jusqu'à celui de regarder un Anglais de travers.
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Bazart   25 octobre 2019
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Dites moi honnêtement, capitaine. En dehors des missionnaires, combien avez-vous rencontré de vos concitoyens réellement heureux? Ils maudissent les indigènes et le climat, passent leurs journées imbibés de Gin dans le splendide isolement de leurs clubs, et pourquoi? Pour pouvoir vivre avec la prétention d' être ici pour le bien des indigènes.

Tout cela est un mensonge, capitaine. Et c' est à nous-même plus qu' aux Indiens que nous mentons. Ceux d' entre eux qui sont éduqués, poursuit-il en indiquant Banerjee, nous voient tels que nous sommes, et quand ils demandent l' autonomie nous prétendons ne pas comprendre comment ils peuvent être aussi ingrats.
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Sylviegeo   10 février 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Et pourtant nous sommes là et nous y restons, nobles Anglais, hommes et femmes, résolus face à l'hostilité implacable de la nature et des indigènes. Nous nous disons que nous avons dompté cette terre sauvage avec des chemins de fer et des fusils qui se rechargent par la culasse, et visiblement il n'est pas question que nous en partions bientôt, quel que soit le prix à payer en morts de fonctionnaires et memsahibs imbibés de gin. Après tout, nous accomplissons l'oeuvre de Dieu. Nous apportons Sa parole et les merveilles de l'économie de marché à ces pauvres âmes. Et si nous en tirons un bénéfice au passage, c'est certainement aussi la volonté de Dieu.
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adtraviata   17 mars 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Nous nous arrêtons devant une entrée assez grandiose. Sur une plaque de cuivre vissée sur une des colonnes on peut lire Bengal Club, Fondé en 1827. A côté d’elle un panneau de bois annonce en lettres blanches :



ENTREE INTERDITE AUX CHIENS ET AUX INDIENS



Banerjee remarque ma désapprobation.



« Ne vous inquiétez pas, monsieur, dit-il. Nous savons où est notre place. En outre, les Britanniques ont réalisé en un siècle et demi des choses que notre civilisation n’a pas atteintes en plus de quatre mille ans.



-Absolument », renchérit Digby.



Je demande des exemples.



Banerjee a un mince sourire. « Eh bien, nous n’avons jamais réussi à apprendre à lire aux chiens. (p. 97)
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Cannetille   09 décembre 2019
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Elle a un rire amer. « Si un Indien ne me voit pas comme une Indienne et un Anglais comme une Britannique, alors ce que je pense être est-il réellement important ? Pour être honnête, Sam, je ne suis ni l’une ni l’autre. Je ne suis qu’un produit de ce premier épanouissement d’affection entre Britanniques et Indiens, il y a un siècle, quand il n’y avait rien de mal pour des Anglais à épouser des femmes indiennes. De nos jours nous ne sommes qu’une gêne, un rappel visible que les Britanniques ne se sont pas toujours considérés comme supérieurs. Vous savez comment ils nous appellent, n’est-ce pas ? Européens domiciliés. C’est le terme officiel. Il paraît presque digne jusqu’à ce que vous pensiez à sa véritable signification. Nous sommes reconnus comme Européens, mais nous n’avons pas de patrie en Europe. Voyez-vous, cette fraction de sang indien nous condamne à être étrangers, de génération en génération.

« Quant aux Indiens, ils nous regardent avec un mélange de répugnance et de dégoût. Nous sommes le symbole de leur précieuse féminité indienne qui a abandonné sa culture et sa pureté, et de l’incapacité des hommes indiens d’y mettre un terme. Pour eux nous sommes littéralement des hors-castes ; l’incarnation de leur impuissance.

« Le pire dans tout cela est l’hypocrisie. Anglais et Indiens peuvent être parfaitement agréables avec nous, mais ils nous méprisent, chacun à leur manière. C’est un pays d’hypocrites. Les Britanniques font semblant d’être ici pour apporter les bienfaits de la civilisation occidentale à un tas de sauvages ingouvernables alors qu’en réalité c’est encore et toujours une affaire de bénéfices commerciaux mesquins. Et les Indiens ? L’élite éduquée déclare vouloir débarrasser l’Inde de la tyrannie britannique au profit de tous les Indiens, mais que savent-ils des besoins des millions d’Indiens dans les villages et s’en soucient-ils ? Ils veulent seulement prendre la place des Britanniques en tant que classe dirigeante.

– Et les Anglo-Indiens ? »

Elle rit. « Nous ne valons pas mieux. Nous nous disons britanniques, nous imitons vos manières et nous parlons de la Grande-Bretagne comme du “pays” alors que pour la plupart d’entre nous le plus près de l’Angleterre où nous soyons jamais allés est Bombay. Et nous sommes parfaitement odieux avec les indigènes que nous traitons de wogs et de coolies, comme pour vous montrer à quel point nous sommes différents d’eux. Et nous sommes tellement patriotes. Saviez-vous que nos prénoms les plus répandus sont Victoria et Albert ? Nous sommes le peuple le plus loyal de l’Empire. Et pourquoi ? Parce que nous sommes terrifiés à l’idée de ce qui nous arrivera si les vrais Britanniques s’en vont pour de bon.
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mimo26   15 octobre 2019
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Au moins, il est bien habillé. Cravate noire, smoking, tout le tremblement. Si vous devez vous faire tuer, autant laisser de vous l’image la plus flatteuse.

La puanteur qui se plante dans ma gorge me fait tousser. Dans quelques heures elle va devenir intolérable ; assez forte pour retourner l’estomac d’un poissonnier de Calcutta. Je sors de ma poche un paquet de Capstan, j’en tapote une, je l’allume et j’inhale en laissant la fumée douce nettoyer mes poumons. La mort sent plus mauvais sous les tropiques. Comme la plupart des choses.

Il a été découvert par un petit vigile décharné au cours d’une de ses rondes. Le pauvre a failli en mourir de peur.

Une heure plus tard il tremble encore. Il l’a découvert gisant dans une impasse sombre, ce que les gens du lieu appellent gullee, bordée sur trois côtés par des bâtiments délabrés, où le ciel n’est visible qu’en regardant en l’air et en se dévissant le cou. Le gamin doit avoir de bons yeux pour l’avoir repéré dans le noir. Mais peut-être s’est-il simplement fié à son nez.

Le corps gît sur le dos, tordu et à demi submergé par un cloaque à ciel ouvert. La gorge tranchée, les membres comme disloqués, et une grosse tache de sang brun sur un plastron empesé. Il manque des doigts à une main et un œil a été arraché de son orbite – cette ultime indignité est l’œuvre des gros corbeaux noirs qui montent encore une garde sévère sur les toits. Autrement dit, ce n’est pas une fin très digne pour un burra sahib.

J’ai quand même vu pire.

Enfin, il y a le message. Un bout de papier taché de sang, roulé en boule et enfoncé de force dans la bouche comme un bouchon de liège dans une bouteille. C’est un détail intéressant, et nouveau pour moi. Quand vous

croyez avoir tout vu, c’est agréable de découvrir qu’un meurtrier peut encore vous surprendre.

Une foule d’autochtones s’est rassemblée. Une collection hétéroclite de badauds, de colporteurs et de femmes.

Ils se bousculent pour s’approcher de plus en plus près, brûlant d’apercevoir le cadavre. La nouvelle s’est vite répandue. Comme toujours. Le meurtre est un bon divertissement dans le monde entier et là, à Black Town, on pourrait vendre des billets pour voir un sahib mort.

J’observe pendant que Digby aboie à quelques agents locaux d’établir un cordon. Ces derniers à leur tour crient en direction de la foule et des voix étrangères les huent et leur lancent des insultes. Les agents jurent, ils brandissent leur lathi en bambou et frappent de tous côtés en repoussant peu à peu la populace.

Ma chemise me colle au dos. Il n’est pas encore neuf heures et la chaleur est déjà oppressante, même à l’ombre dans la ruelle. Je m’agenouille près du corps et je le tâte.

La poche intérieure de la jaquette est gonflée et j’en tire le contenu : un portefeuille de cuir noir, des clefs et des pièces de monnaie. Je range les clefs et la monnaie dans le sac des pièces à conviction et m’intéresse au

portefeuille. Il est vieux, mou et usé et a probablement coûté très cher quand il était neuf. À l’intérieur, froissée et écornée par des années de manipulation, une photo de femme. Elle a l’air jeune, probablement une vingtaine d’années, et porte des vêtements dont le style suggère que la photo a été prise il y a déjà un certain temps.

Je la retourne. Les mots Ferries & Sons, Sauchiehall St., Glasgow sont imprimés au verso. Je la glisse dans ma poche. Pour le reste, le portefeuille est à peu près vide.

Pas d’argent, pas de cartes de visite, quelques reçus. Rien pour indiquer l’identité de l’homme. Je le referme et le range dans le sac avec les autres objets avant de m’occuper de la boule de papier dans la bouche de la victime. Je la tire doucement pour ne pas déranger le corps plus que nécessaire. Elle sort facilement. Le papier est de bonne qualité. Épais, comme celui que l’on trouve dans un hôtel de classe. Je le défroisse. Trois

lignes y sont griffonnées. À l’encre noire. Dans une langue orientale.

J’appelle Digby. C’est un fils mince et blond de l’Empire; tout en moustache militaire et avec l’air d’un homme né pour commander. Il est aussi mon subordonné, ce qui n’est pas toujours visible. Dix ans dans la police impériale et, d’après lui du moins, sachant traiter avec les indigènes.

Il s’approche en essuyant ses mains en sueur sur sa tunique et dit: « Inhabituel de trouver un cadavre de sahib dans cette partie de la ville.

– J’aurais pensé que c’était inhabituel d’en trouver où que ce soit dans Calcutta. »

Il hausse les épaules. «Vous seriez surpris, mon vieux. »

Je lui tends le bout de papier. «Que pensez-vous de ceci ? »

Il examine le recto et le verso avec un excès d’attention avant de répondre : « Je pense que c’est du bengali… monsieur. »

Il a craché ce dernier mot. C’est compréhensible. Voir votre promotion vous échapper n’est jamais facile. Que ce soit au profit d’un outsider fraîchement débarqué de Londres est probablement encore pire. Mais c’est à lui de

se tracasser. Pas à moi.

Je demande: «Vous le comprenez ?

– Naturellement. » Il lit: «Dernier avertissement. Le sang anglais coulera dans les rues. Quittez l’Inde ! »

Il me rend le papier. «On dirait l’œuvre de terroristes, dit-il. Mais c’est audacieux, même pour eux. »

Il a probablement raison, pour autant que je sache, mais avant de tirer des conclusions hâtives je veux des faits.

Et surtout je n’aime pas ce ton.

«Fouillez ce secteur de fond en comble. Et je veux savoir qui est cet homme.

– Oh, je sais qui c’est, me répond-il. Il s’appelle MacAuley. Alexander MacAuley. C’est une grosse légume au Writers’.

– Où? »

Digby prend l’air de quelqu’un qui vient d’avaler quelque chose de désagréable. « Writers’ Building, monsieur, le siège administratif du gouvernement du Bengale et d’une bonne partie du pays. MacAuley en

est, ou plutôt en était, un des hommes les plus puissants.

Un collaborateur du vice-gouverneur, pas moins. Ce qui fait d’autant plus penser à un assassinat politique, n’estce pas, mon vieux ?

– Contentez-vous de continuer les recherches. » Je soupire.

«Oui, monsieur. » Et il salue. Il regarde autour de lui et repère un jeune sergent indigène. L’Indien regardait fixement une fenêtre de l’impasse. Digby crie: «Sergent Banerjee! Par ici s’il vous plaît. »

L’Indien se retourne et se met au garde-à-vous puis il accourt et salue.

«Capitaine Wyndham, dit Digby, puis-je vous présenter le sergent Sat Banerjee. Apparemment une des meilleures recrues de la police impériale de Sa Majesté, et le premier Indien dans le trio de tête aux examens d’entrée.
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mainou72   10 mai 2020
L'attaque du Calcutta-Darjeeling de Abir Mukherjee
Le pire dans tout cela est l'hypocrisie. Anglais et Indiens peuvent être parfaitement agréables avec nous, mais ils nous méprisent, chacun à leur manière. C'est un pays d'hypocrites. Les Britanniques font semblant d'être ici pour apporter les bienfaits de la civilisation occidentale à un tas de sauvages ingouvernables alors qu'en réalité c'est encore et toujours une affaire de bénéfices commerciaux mesquins.

Et les Indiens? L'élite éduquée déclare vouloir débarrassé l'Inde de la tyrannie britannique, mais que savent-ils des besoins des millions d'indiens dans les villages et s'en soucient-ils? Ils veulent seulement prendre la place des Britanniques en tant que classe dirigeante.
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