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Citation de Hekahm


Hekahm   27 septembre 2015
L'enfance des criminels de Agnès Grossmann
Entretien avec Philippe Herbelot - Psychologue, Expert près de la cour de Reims - Chacun son truc... Lui - Michel Fourniret -, il avait besoin du crime. Parce que le crime apporte la victoire, la jouissance mégalomaniaque... Cela vient aussi satisfaire un fantasme de vengeance plus ancien articulé autour de la conviction que les femmes sont des salopes. Ça, il l'a bien vu auprès de sa mère et de sa sœur... Quelle déception il a connu lorsqu'il a vu que sa sœur avait des désirs, des orgasmes ! Il aimait inconsciemment sa sœur, de façon incestueuse... Quand il a découvert qu'elle avait une sexualité, ça l'a profondément déstabilisé. Elle devenait désirable, donc une salope. L'histoire des vierges, je n'y crois pas un seul instant, c'est le mythe qu'il s'est construit... Se présenter comme ça, attiré par des vierges, ça faisait très romanesque, ça satisfaisait son narcissisme, mais dans le fond, les vierges ne l'intéressaient pas. Dans l'analyse de ses crimes on le voit bien : si la victime est vierge, il la viole puis la tue et, si elle n'est pas vierge, il la tue quand même... Il veut tuer, mais il veut faire souffrir les filles parce qu'elles l'ont trop fait souffrir lui-même...

(...)

Il faut aussi rendre au sujet sa part de responsabilité et de libre arbitre. Il y a des tas d'enfants qui ont souffert de situations traumatisantes, d'abandon, de guerre, et qui se sont dit : "Bon, je vais devenir quand même quelqu'un de bien." L'histoire de l'enfance malheureuse, ça fait pleurer dans les chaumières, ça émeut dans l’œuvre naturaliste de Zola qui laisse penser que d'une génération à l'autre on ne peut pas s'en sortir. On en vient alors à une sorte de tolérance, de pardon, qui est misérable parce que, dans le fond, c'est très méprisant pour le sujet. Je crois que n'importe qui vivant les choses les plus terribles peut quand même s'en sortir. C'est cela l'originalité humaine, c'est que l'on n'est pas mu seulement par un déterminisme naturel, on est aussi capable de penser ; et l'on ne suit pas qu'une logique de causes, mais on s'intéresse au sens des choses et l'on peut un jour reconsidérer les choses autrement. je crois que n'importe quelle éducation mauvaise peut déboucher sur une vie heureuse si le sujet en a la force ou s'il fait la bonne rencontre pour éveiller ce raisonnement chez lui. Il faut aussi des adjuvants positifs pour équilibrer tout ça. Je crois pas au seul déterminisme de la petite enfance. (...) je crois que l'on peut échapper à tout cela. Un psychopathe, un borderline, un névrosé, un délinquant est capable de raisonner... La folie psychiatrique, c'est une autre histoire.
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