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Note moyenne 3.84 /5 (sur 28 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Saint-Pont (Allier) , le 12/01/1915
Mort(e) à : Lapalud (Vaucluse), , le 21/12/1962
Biographie :

Alain Borne est un poète français.

Il participe en 1946 au Comité National des Écrivains. Il côtoie Aragon qui lui dédie un poème dès 1941 : Pour un chant national. Il était avocat à Montélimar et vécut relativement ignoré des milieux littéraires parisiens. Mais il était très lié avec Pierre Seghers.

Il trouva la mort dans un accident de voiture, à une cinquantaine de kilomètres au nord d'Avignon. La moitié de son œuvre a paru depuis.

Le lycée général de Montélimar porte son nom.

Source : Wikipédia
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Vidéo de
Alain Borne. Quand je serai mort.

Citations et extraits (34) Voir plus Ajouter une citation
Piatka   10 octobre 2014
L'eau fine suivi de En une seule injure de Alain Borne
SOIR DE PLUIE



Ne regrette pas que la nuit soit venue plus tôt avec l'ondée

le beau noir pluvieux du velours de l'été

enserre la terre

ne regrette pas la lumière....

les formes sont mortes

les arbres se figent au-delà des vitres



Il n'y a plus que la petite lampe de la chambre

et ce papier où je vois trembler d'autres temps

écoute le sable blessé :

plus aucun pas sur l'allée

écoute l'air :

plus aucun vol, plus aucun vent

écoute la pensive pluie aveugle tâtonner



" Voici, dit- elle, la terre tiède

voici ses feuilles et ses maisons

voici l'odeur de ses moissons

et la margelle brûlée des puits

voici dit-elle, je viens avec la nuit

blanche sur son front noir"



écoute le destin entravé qui frappe

ta vie se ferme : ouvre la porte à ton enfance.

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Alain Borne
coco4649   25 décembre 2019
Alain Borne
Noël





Du village nocturne naissent les mille tours d’une cité

des paons blancs tristement

parcourent les cours

où l’eau retient le ciel d’étoiles

où la lune s’écoule des seaux

au frisson hésitant du vent.



Le bruit des attelages secoue les granges infinies

les verrous glissent sans bruit

et les portes soupirent

libérant l’ombre des chevaux



Pâles avec une lenteur de songe

du ciel tombent

les pétales des routes de minuit



Qui donc pose aux marguerites de l’hiver

la question d’amour ?

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Alain Borne
coco4649   08 février 2015
Alain Borne
Les orties, la fumée,

Les épines fleuries,

La cendre, l’herbe

dans tant d’absence éparse,

une dépouille humaine,

une rencontre nue,

un écho de plaisir,

une fleur animale,

deux yeux perdus,

un été familier,

une mesure d’ombre,

un soleil limité.

Boire très calme

la foudre inattendue ;

la tige découverte après l’étang de pierre,

et revenir encore à l’incendie parfait,

rêveur sous la paille,

et vénérer la paille où l’incendie se fait,

tenter contre la mort ce simple appareillage

Où ne pendent aux mâts que des voiles de flammes

Quelqu’un au bord du vertige,

une doublure agile,

un miroir de blessures.

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sabine59   14 février 2018
Borne /oeuvr.poétiques 2 090993 de Alain Borne
Je t'aime

Il n'y a rien pour mieux le dire

tout est infirme

le mot le baiser l'étreinte.



Pourtant je t'aime

je veux dire que je brûle

et seulement de toi

je veux dire qu'il faudrait

que la mort nous devienne ensemble.



Pourtant je t'aime

je veux dire que seule ta chair

fait un corps de mon corps

je veux dire que toi seule panse

la blessure de vivre.
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Alain Borne
sabine59   27 mars 2017
Alain Borne
Mes lèvres ne peuvent plus s'ouvrir

que pour dire ton nom

baiser ta bouche

te découvrir en te cherchant.

Tu es au bout de chacun de mes mots

tu les emplis, les brûles, les vides.

Te voici en eux

tu es ma salive et ma bouche

et mon silence même est crispé de toi.

Je me couche dans la poussière, les yeux fermés

La nuit sera totale, tant que l'aube

et le grand jour de ta chair

ne passeront pas au-dessus de moi

Comme un vol de soleils.
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cathcor   22 octobre 2012
Treize : Suivi de Indociles de Alain Borne
Penser à toi

reste mon silence le plus précieux

le plus long le plus orageux silence.

Tu es en moi toujours

comme mon coeur inaperçu

mais comme un coeur qui ferait mal

blessure qui ferait vivre.
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moravia   27 mai 2018
Oeuvres poètiques complètes. Tome 1 de Alain Borne
Quand je serai mort

vous ne penserez plus à moi

-silence et absence-

un nom sur une marguerite d'os

que je ne serai plus là pour effeuiller.

Je t'aime un peu beaucoup

passionnément

brisez vos douces mains à soulever la dalle

soulevez la dalle car je suis là

je n'ai plus en guise de lèvres et d'yeux

qu'un peu de terre d'où jaillit le blé.

Le blé est mon regard



le blé est mon baiser

je suis moins que le coquelicot

je suis moins que le duvet du rossignol

qui fut l'été.



Eté ma grande saison

amour ma grande journée

et Vous

le seul rêve qui ait pu m'éveiller.



Je m'endors et je meurs.



Quand je serai mort

vous ne penserez plus à moi

avec moi mourra ma musique

et si des lèvres vives la chantent encore

ce seront-elles que vous aimerez.
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sabine59   12 février 2018
Borne /oeuvr.poétiques 2 090993 de Alain Borne
Si tu disparais de mes yeux

trop longtemps

je n'aurai de toi dans la nuit de ma tête

que le pâle clair de lune de ton image

je n'aurai

qu'un reflet de tes yeux

traversant des nuages

le mot double de ta bouche

illisible sur la page de ta face.



Si tu disparais de mes yeux je n'aurai

rien que leur envers incertain

perchoir où se pose

chaque vague souvenir et bientôt

je ne saurai

si c'est ton ombre que je retiens

ou un rêve déchiré

ou un passé qui jette de sa cendre

la dernière étincelle.



Si tu disparais je n'aurai

que le frisson au bout des doigts

de ta chair

fleur gardée fraîche par le désir

et que le souvenir

de tes dents derrière mes lèvres.
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coco4649   13 juillet 2016
L'iris marchait de son odeur... : Suivi de proses et poèmes inédits de Alain Borne
Tant pis si la poésie n'emporte pas l'univers entier

sur son dos.

Qu'elle déplie au moins une part de son fardeau à terre,

à même le sol.

Réalité sur réalité, ce qui montre, ce qui est montré,

l'impact du pinceau et de la toile où se tient la couleur.



p.41

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Alain Borne
coco4649   06 février 2015
Alain Borne
Je pense

à Paul Vincensini





Je pense que tout est fini

Je pense que tous les fils sont cassés qui retenaient la toile

Je pense que cela est amer et dur

Je pense qu'il reste dorénavant surtout à mourir

Je pense que l'obscur est difficile à supporter après

la lumière

Je pense que l'obscur n'a pas de fin

Je pense qu'il est long de vivre quand vivre n'est plus

que mourir

Je pense que le désespoir est une éponge amère

qui s'empare de tout le sang quand le cœur est détruit

Je pense que vous allez me renvoyer à la vie qui est

immense

et à ce reste des femmes qui ont des millions de visages

Je pense qu'il n'y a qu'un visage pour mes yeux

Je pense qu'il n'y a pas de remède

Je pense qu'il n'y a qu'à poser la plume

et laisser les démons et les larves continuer le récit

et maculer la page

Je pense que se tenir la tête longtemps sous l'eau

finit par étourdir

et qu'il y a de la douceur à remplacer son cerveau

par de la boue

Je pense que tout mon espoir que tout mon bonheur

est de devenir enfin aveugle sourd et insensible

Je pense que tout est fini.

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