AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Note moyenne 3.82 /5 (sur 32 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Paris , le 11/09/1928
Mort(e) à : Paris , le 20/12/2015
Biographie :

Alain Jouffroy est né le 11 septembre 1928.
Durant la guerre, réfugié avec sa mère dans un village du Jura, il lit beaucoup et commence à peindre. Mais sa carrière littéraire sera surtout profondément influencée par la lecture des œuvres d'André Breton. Devenu, à l'instigation de celui-ci, membre du mouvement surréaliste, il y rencontre le peintre Victor Brauner et les poètes Stanislas Rodanski, Sarane Alexandrian, Jean-Dominique Rey et Claude Tarnaud De cette expérience douloureuse, dont Henri Michaux et Francis Picabia, qu'il rencontre alors, lui font mesurer le caractère précieux pour sa propre indépendance, se dégagera une trajectoire originale.
Les années 1950 voient ses travaux d'écrivain et de critique d'art connaître une première reconnaissance. Il collabore alors régulièrement aux magazines Arts et L'Œil.
C'est au tournant des années 1960 que s'affirme pleinement son influence dans l'art d'avant-garde. Marqué par sa rencontre avec Marcel Duchamp et les débuts de sa longue amitié avec Daniel Pommereulle et Matta, il organise en 1960 et 1961, en compagnie de Jean-Jacques Lebel, les Anti-Procès, manifestations contestant la validité de tout jugement, dans un climat politique très dur. Il est alors un des premiers introducteurs en France des artistes du Pop Art, et des poètes de la Beat Generation, dont il fournit en 1965 une anthologie. Les événements de Mai 1968, au cours desquels il déploie une grande activité au sein de l'Union des Écrivains qu'il co-fonde avec Jean-Pierre Faye, sont une première rupture dans sa "Trajectoire" . Alors proche de Louis Aragon, qui lui confie avec une grande liberté des pages des Lettres Françaises, il renouvelle l'opération de mise à jour créative entamée dans la décennie précédente, en défendant les peintres de la Figuration narrative, et en publiant un certain nombre de jeunes poètes. Il fournit alors la part la plus significative de son œuvre, aussi bien en critique d'art (Les Pré-voyants, 1974) qu'en poésie (Dégradation générale, 1974 ; Éternité, zone tropicale, 1976). Il publie d'importants essais (De l'individualisme révolutionnaire, 1975, Le Gué, 1977) et un roman autobiographique courageux, inventif et novateur, étrangement ignoré (Le Roman vécu, 1978).
Une seconde rupture intervient dans son œuvre et sa pensée au début des années 1980, moment de sa séparation avec sa troisième femme Adriana Bogdan et d'une rencontre progressive mais passionnée avec la civilisation extrême-orientale.

Alain Jouffroy,
+ Voir plus
Source : Wikipédia
Ajouter des informations
Bibliographie de Alain Jouffroy   (48)Voir plus

étiquettes
Videos et interviews (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de

Alain JOUFFROY – La Poésie dans la vie (France Culture, 1999) L’émission de radio « Le bon plaisir », par Jean Daive, diffusée le 13 avril 1996 sur France Culture. Invités : Geneviève Clancy, Régis Debray, Gérard Fromager et Roberto de Matta.

Podcasts (1)


Citations et extraits (80) Voir plus Ajouter une citation
noor   27 janvier 2015
Haiku d'enfants de Alain Jouffroy
"Défense d'entrer" dit la barrière

deux lucioles

passent par-dessus
Commenter  J’apprécie          160
coco4649   06 octobre 2016
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
À TOI

À Manina



À toi





À toi la stupeur immobile de ma joie

Mon sourire de marbre blanc

Mon regard lavé dans la source du sous-bois

À toi mes mains de ville ouverte

À toi mes genoux d'écureuils

À toi ma voix la plus lointaine

À toi tout ce qui tisse nuit et jour à travers moi

À toi la lagune où nous nous sommes connus

À toi les revenants du soleil

À toi ces palais de lilas dans nos yeux

À toi tout ce qui est tout ce qui change

À toi

L'explosion de la perle au cœur de l'oiseau noir

                              Venise, 1954-1956



p.36
Commenter  J’apprécie          120
Piatka   10 juillet 2014
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
L'idée de la mort imminente m'a toujours stimulé :

croyant que je n'aurai jamais le temps de tout dire,

j'ai jeté en vrac, profitant de chaque instant de répit,

ce qui me paraissait le plus urgent, le plus pertinent.

Quitte à ne pas laisser toujours croire que je me dominais.

J'ai compté les marches qu'on m'invitait à monter,

noté les numéros des voitures qui me devançaient au feu rouge,

intercepté les conversations, guetté les mots des voisins de table,

afin de renouveler le bagage quotidien de tous les messages

Et puis, j'ai laissé faire les femmes, respecté leurs folies,

abandonné à leur confusion les amis qui se fâchaient.

Certains d'entre eux sont revenus. N'ai pas tenu leurs comptes.

L'essentiel était ailleurs : dans cet ouragan d'intuitions

qui commande tout ce que nous traînons derrière notre savoir.

Il fallait ne laisser passer que l'inévitable débordement.

Et si je me la remémore, je suis reconnaissant à la mort.



ÉTERNITÉ, ZONE TROPICALE
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Piatka   09 juillet 2014
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
La crainte de l'inimitié est la plus lâche de toutes les peurs.



Éternité, zone tropicale
Commenter  J’apprécie          120
coco4649   10 octobre 2016
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
L'OUVERTURE DE L'ÊTRE



Poème vertical





/Je proclame le droit pour chacun de ne pas se justifier

C'est tout ce que vous avez trouvé/Jette l'Ancien Révolutionnaire/Nous avions trouvé mieux

Alors qu'est-ce qui ne va pas…/N'est-ce-pas…/Alors comment…/Mais le style/Mais le mystère

Mais alors c'est le chaos c'est le bal des boas/ Vous vous contredisez…/Mais la Modernité…/Mais alors qu'est-ce que vous aimez…





Vous n'êtes pas le seul



Je ne cherche pas à être le seul

Si j'étais le seul je ne vivrais pas mieux

Et si je nage au-dessus d'un volcan liquide

Si j'avance dans les non et dans les oui des vagues

Si je m'enfonce dans la bouche béante de la mer

C'est que je ne me parle plus comme un père

Je ne me dis plus Attention à la frontière

Je laisse sur la rive toute prévision

Je fais confiance au néant mouvant



Confiance aux voies lactées

Confiance aux purgatoires sans bornes

Confiance aux déserts d'Europe où m'entraîne l'amour



Porté à ce moment où s'effondre la méfiance

Je nais une deuxième fois à la planète

Et je comprends que tout en moi ne comprend pas…



p.63-64
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
coco4649   07 octobre 2016
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
L'OUVERTURE DE L'ÊTRE



         Pour en finir avec la journée





                  2

Un troupeau d'éléphants me surpeuple

Envie d'avaler l'océan

Envie d'avaler la mort

Envies archéologues



Ma volonté en forme de gueule de pierre

Pourquoi rester enfant sur le seuil

La vraie vue on l'acquiert à l'intérieur

Le dedans du monde serre les dents

C'est en se jetant hors de sa bouche qu'on l'entend



Allez fainéants de week-end

Allez, debout !

La terre réclame son volcan



p.73
Commenter  J’apprécie          90
Alain Jouffroy
sabine59   30 avril 2018
Alain Jouffroy


A toi la stupeur immobile de ma joie

Mon sourire de marbre blanc

Mon regard lavé dans la source du sous-bois

A toi la lagune où nous nous sommes connus

A toi ces palais de lilas dans nos yeux

A toi tout ce qui est tout ce qui change

A toi

L'explosion de la perle au coeur de l'oiseau noir

Commenter  J’apprécie          50
Partemps   16 août 2020
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
Poème vertical



En ce jour déjà détaché de sa vieille rive

Oser chercher les mots d'un poème introuvable

Oser recommencer

C'est trop



Trop de cris jugulés trop de villes cuirassées

Ont changé l'univers en une sourde guerre



Pourtant je recommence à cogner à cette double porte



Je m'infiltre dans l'écorce et dans les carapaces



Je suis celui qui fore ses poèmes au fond du pire désert



J'insiste

Je ne veux pas crucifier mon audace



Je sais qu'un camp où l'homme se pulvérise



Un camp secret où l'on empale les cœurs



Empêche de parler de soi comme de l'Étoile du

Nord



Mais trop de tJhéories avortent de trop de crimes



Je veux parler de moi pour dépasser des

Ombres







Tu ne sais pas écrire ton poème



Dit le lecteur des

Grandes

Plumes

Impassibles



Tu parles sans autorité



C'est ma parole qui parle pour moi



Je ne suis pas son policier



Mon poème c'est mon visage qu'il propose



Je ne suis pas son homme d'Église



La poésie n'est pas un défilé de mannequins



La poésie n'est pas un concours de tir aux pigeons



La poésie n'est pas le

Quatuor

Pro

Arte



La poésie n'est pas

Y entité de la révolution



La poésie elle s'improvise

Elle prend le grand large



Elle multiplie ses phares après tous les carrefours



Elle s'enfuit de partout où passe le regard de la mémoire



Coup de vent au fond du

Pot-au-Noir



La poésie c'est je qui l'invente en ce moment



Tu dis n'importe quoi

Tu te fies au hasard



Dit le calculateur



Tu n'as pas de méthode

Tu oublies tes devoirs



Je n'ai pas peur des mots je n'ai pas peur



Un point

Ce n'est pas tout



Je n'ai pas peur de désemparer la poésie moderne



Je n'ai pas peur de désarçonner

Apollinaire



Je n'ai pas peur d'expatrier tous les peureux



Qui tremblent autout du

Maître aux tables des cafés



Je n'ai pas peur de parler sans méthode



Sans dogme



Sans arrière-pensée



Sans accomplir tous mes devoirs de mauvais citoyen







Je n'ai pas peur de ne pas baiser la main du passé



Je n'ai pas peur des colonnes centrales du temple de l'oracle



Je parle comme si de rien n'était



Sans cultiver en moi l'inaccessible rareté



Je dis qu'il faut pouvoir tout dire



Sans respecter les panneaux indicateurs de la

Cité



Il n'est plus temps de tergiverser



Les ennemis de la liberté ont séduit les révoltés



Il n'est plus temps de discuter à perte de vue



À perte de double vue



Les temps de nous détester sont comptés



Tu te justifies trop



Déclare le psychiatre



Où veux-tu en venir



Chuchotent mes amis embattassés



Oui je me justifie j'ai besoin de la justice



Je veux construire ce tribunal où

Y accusé



(je veux dire le jeune homme qui ne cherche pas la gloire)



A droit immuable à la parole



Je sais que les mots gênent



Que les mots paralysent les préjugés



Je sais que certaines phrases ne peuvent être prononcées



En ce temple sévère où nous sommes sermonnés



Je sais que les officiers de la critique ne sont pas fous



Qu'ils défendent les valeurs consacrées envers et contre tout



Je sais (bien sûr) que je ne sais pas tout



Mais je connais les signes d'intelligence



Je les ai utilisés comme abc



J'ai dit

Bonjour aux

Papes sur le ton qu'il fallait



J'ai dit

Bravo à l'instant — idéal — du bon goût







Il n'y a pas de style dans le vol du poisson-volant



Il y a le trait



D'un point à un autre l'oblique incandescente et brusque



Mais le mystère



Il n'y a pas de mystère dans la tuyère à mystères

Il n'y a pas de mystère dans la détention du mystère

Il n'y a pas de patrimoine du mystère



Mais la poésie alors

Le

Grand

P de la

Poésie



La poésie n'a pas de grand

P



Mais alors qu'est-ce qu'elle a



Elle a tout

Elle île tout

Elle océan tout

Sauf le superfétatoire

Sauf le grand

P



Mais alors c'est le chaos c'est le bal des boas



Oui c'est ça

Non ce n'est pas ça



La poésie ne se range pas dans les tiroirs d'une pharmacie



Elle ne supporte ni les étiquettes ni les aide-mémoire



Elle a horreur de la poésie d'hier



Elle dévore les mânes de demain



Vous vous contredisez

Alain

Jouffroy







Oui

Je me contredis

Non

Je ne me contredis pas



Je ne suis pas un pays fixe



Je ne suis pas ma photocopie



Je ne suis pas mon résumé



Je ne suis pas ma bande magnétique



Je veux me contredire pour agrandir mes lendemains

Je ne suis pas l'oreille de

Denys

Je ne suis pas son

Damoclès

Je ne me propose pas comme miroir à penser

Je ne suis pas la

Règle

Je ne suis pas mon

Musée



Mais la

Modernité



La

Tour

Eiffel était moderne



Le premier mousqueton le fut



Les sonnets de

Baudelaire ne le sont plus



La modernité c'est moi à cet instant



Le moi d'hier est déjà monotone



J'en ai par-dessus la pensée du

Moderne et de son



Deutéronome

Par-dessus la tête de tous ces cercueils modernes

Où l'on asphyxie la pensée



Mais alors qu'est-ce que vous aimez



J'aime la

Grèce et j'aime l'Océanie



Mais je n'aime pas tous les

Gréa



Et je n'admire pas tous les masques



J'aime ce qui survient



J'aime ce qui apparaît avec l'intact pouvoir d'un dé



J'aime

Robespierre

Mais je suis contre la

Terreur



J'aime boire un verre d'uzo dans les villages d'Ithaka



J'aime

Magloire

Saint-Aude et j'aime

Antonin

Artaud







Mais je ne suis ni contre

Hugo ni contre

Angèle de

Foligno

J'aime ce qui m'enflamme

Ce qui enfante mes passions

J'aime ce qui me faic aller où je ne suis jamais allé

J'aime

Vunique et j'aime la vérité



Vous n'êtes pas le seul

Alain

Jouffroy



Je ne cherche pas à être le seul



Si j'étais le seul je ne vivrais pas mieux



Et si je nage au-dessus d'un volcan liquide



Si j'avance dans les non et dans les oui des vagues



Si je m'enfonce dans la bouche béante de la mer



C'est que je ne me parle plus comme un père



Je ne me dis plus

Attention à la frontière



Je laisse sur la rive toute prévision



Je suis indifférent aux politiques



Je fais confiance au néant mouvant



Confiance aux voies lactées



Confiance aux purgatoires sans bornes



Confiance aux déserts d'Europe où m'entraîne l'amour



Porté à ce moment où s'effondre la méfiance



Je nais une deuxième fois à la planète



Et je comprends que tout en moi ne comprend pas



Si je ne dis pas quelle est la clé

C'est qu'il n'y a pas de porte à cette profondeur

Il n'y a pas de route à tracer s'il n'y a pas de fond

Et le fond disparaît dès qu'on approche du

Sphinx

Il n'y a pas de passeport pour entrer dans l'oracle

Nul ne joue aux cartes dans la fumée des dieux

Nul ne se donne en spectacle au théâcre des

Aigles







Les issues sont bouchées au-delà du château naturel

La source est méconnue dans le blocus de la pensée



Quelle est la clé de l'arbre sinon l'arbre lui-même

Quelle est la clé du germe sinon sa présence cachée

On ne passe pas —

Le mot de passe n'est pas un pas

Le silence lui-même est un mot qui ne se prononce pas

On débouche sur un nuage où la foudre est un œil

Et si les oiseaux chantent c'est dans le labyrinthe

La forge où je surgis mon sommeil l'a inventée

Et mon sommeil n'est pas moi

C'est l'univets entier

Quand un ami me présente aux visiteurs de l'île 11 reflète une étoile comme un diamant les bougies

Il dit

C'est lui

Mais l'arbre dit

C'est lui du hibou

Quand le vent le questionne sur tous ses habitants

Le ciel n'est pas une conscience et je tombe du ciel

Quand on me dit

C'est vous qui l'avez dit



Non

Ce n'est pas moi

Je ne suis pas mes mots



Je ne suis pas ce regard qui cherche la

Grande

Ourse



L'homme qui se connaît est un miroir dans une tombe



Je ne suis pas un piège

Et quand le tigre est capturé



Je suis ailleurs

Je ne suis pas son supérieur



Le piège est hors du piège

Le piège est dans l'esprit



Où l'on élève un

Temple

Le piège est dans l'Autel



Où l'on croit voir un

Dieu

Les dieux sont dans la pierre



Et quand je ne sais quoi dire la terre tremble pour moi



Je regarde s'ouvrir ces mains que le soleil assiège



Mon corps me masque la lumière où mon esprit est né



Et si par hasard un mot de moi jette un éclair



Le monde autour de moi est le paratonnerre où il se noie
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
coco4649   05 novembre 2019
Dégradation générale de Alain Jouffroy
Règles de stratégie





Extrait 5



se représenter avec précision une gomme

un petit couteau,



          refuser de signer

les arbres,

prendre garde d’effacer toute espèce de

    sillage.



ne pas perdre de vue les mathématiques

    leur

Résistance dans les bois des environs.

                        Elles

sauvent parfois de l’extrême malheur,

     comme de l’injustice.



                         (ne pas

hésiter de demander aux gardiens la

permission d’aller chez le coiffeur, où

ils vous accompagnent avec des mitrail-

lettes)

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
coco4649   23 juin 2015
C'est aujourd'hui toujours : 1947-1998 de Alain Jouffroy
À LEOPARDI





À jamais tu te réveilleras.

Cœur plus léger, sans bosse. Vie est la première certitude

Que l'on croit impensable. Vie. Mais je sais

Qu'en toi d'exécrables visions.

Non seule l'appréhension, mais le besoin a expiré.

Tu veilles à jamais. Tu as combattu, mais comme moi,



Pas assez. Toute chose, pourtant, et tu l'as su, a valu

Que tu vives et de ton rire le ciel

Fut digne. Grand bonheur, plaisirs, plaisanterie —

Oui, rien d'autre, c'est évident : la mort. Mais le monde

est diamant.



Je ne me calme pas. Fatigué, je dis : Proteste

Encore une fois. À notre espèce le hasard

N'a offert que la chance. Rien de plus.



Admires-en davantage

Les autres, le réel, la puissance intelligente

Inconnue qui domine la catastrophe ordinaire,

La mobilité permanente de chaque minute —



La cassure infinie de la patience.



29 mars 1998

Commenter  J’apprécie          30

Acheter les livres de cet auteur sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura