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Note moyenne 4.2 /5 (sur 54 notes)

Nationalité : France
Né(e) : 1949
Biographie :

Alain Supiot est l'un des auteurs les plus importants du droit du travail français.

Docteur d'État en droit (Bordeaux, 1979) et agrégé des facultés de droit (1980), licencié de sociologie (1972), docteur honoris causa de l'Université de Louvain la Neuve, Alain Supiot a été professeur à l'université de Poitiers, puis à celle de Nantes. Il a fondé dans cette ville la Maison des sciences de l'Homme Ange Guépin, qui promeut une approche transdisciplinaire des transformations du lien social. Il a été chercheur invité dans diverses institutions étrangéres (Institute of Industrial Relations, Berkeley USA, 1981 ; Institut Universitaire Européen de Florence 1989-1990 ; Wissenschaftkolleg de Berlin 1997-1998. De 1998 à 2001, il a présidé le Conseil National de développement des sciences humaines et sociales (cf recueil des travaux du conseil. Depuis octobre 2001, il est également membre de l'Institut Universitaire de France (chaire Dogmatique juridique et lien social). Membre de la revue "Droit Social". Il siége au Conseil scientifique de la Revue Internationale du Travail. Depuis 2008, il est membre du Conseil scientifique de la ville de Paris. Par ailleurs, il participe, en lien avec Pierre Legendre, au défrichage de la dimension anthropologique du Droit ; il contribue, dans ses derniers travaux, à explorer le champ de l'anthropologie dogmatique. Il a fondé et dirige l'Institut d'Études Avancées de Nantes.
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Source : wikipedia
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Alain Supiot : "On peut parler d'une institution à un moment où il y un pouvoir organisé, une... .
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Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Erik35   15 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
Tout cela, on s'en aperçoit, traduit une perte complète du sens de la communauté temporelle qui relie entre elles les générations ; le bien de chaque génération, le bonheur qu'elle peut attendre, est affaire purement locale et contingente, elle n'a rien à attendre ni des générations passées, ni des générations futures ; à l'inverse, elle n'est tenue d'aucun devoir à leur égard. Dans ce contexte, le risque est grand que chaque génération adopte pour sa part, et cette fois au plan temporel, le comportement irresponsable que décrit Garrett Hardin dans la «tragédie des communs» : affranchie des liens de solidarité historique, chacune aura sans doute la tentation de maximiser son avantage sans trop de soucis du lendemain, voire en reportant sur les générations suivantes le poids des risques, des emprunts, des pollutions et la raréfaction des ressources.
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Erik35   10 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
De même, il est aussi absurde de croire le futur inéluctable que le passé révolu et d'opposer l'un à l'autre, car toujours le futur de l'homme se construit avec l'héritage du passé, ce que Simone Weil appelle des «gouttes du passé vivant» :



"Dans cette situation presque désespérée, on ne peut trouver ici-bas de secours que dans les îlots de passé demeurés vivants sur la surface de la terre. [...]Ce sont les gouttes de passé vivant qui son à préserver jalousement, partout, à Paris ou à Tahiti indistinctement, car il n'y en a pas trop sur le globe entier. Il serait vain de se détourner du passé pour ne penser qu'à l'avenir. C'est une illusion dangereuse de croire qu'il y ait même là une possibilité. L'opposition entre l'avenir et le passé est absurde. L'avenir ne nous apporte rien, ne nous donne rien ; c'est nous qui pour le construire devons tout donner, lui donner notre vie elle-même. Mais pour donner il faut posséder, et nous ne possédons d'autre vie, d'autre sève, que les trésors hérités du passé et digérés, assimilés, recréés par nous. De tous les besoins de l'âme humaine, il n'y en a pas de plus vital que le passé." (*)



Ainsi envisagé, le problème de notre temps n'est donc pas d'avoir à choisir entre globalisation et repliement national, mais de bâtir un ordre juridique mondial solidaire, respectueux de la diversité des peuples et des cultures. Cette perspective tierce, la langue française nous offre un mot pour la nommer, avec la distinction qu'elle autorise entre globalisation et mondialisation. Mondialiser au sens premier de ce mot (où «monde» s'oppose à «immonde» comme «cosmos» s'oppose à «chaos»), consiste à rendre humainement viable un univers physique : à faire de notre planète un lieu habitable. Autrement dit, mondialiser consiste à maîtriser les différentes dimensions écologiques, sociales et culturelles du processus de globalisation. Et cette maîtrise requiert en toute hypothèse des dispositifs de solidarité, qui articulent la solidarité nationale aux solidarités locales ou internationales.



* [Extrait de «L’Enracinement, prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain», Simone Weil, 1943]
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Erik35   31 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
Ceci est évidemment l'opposé de ce que Simone Weil a expérimenté de la réalité du travail en usine, marquée par «une pensée rétractée», où chacun est polarisé par un rapport faussé à l'instant présent, où il faut accomplir mécaniquement des tâches tout en gardant l'esprit prêt à affronter l'imprévu, la panne qui rompt la cadence, etc. Il s'agit bien de chercher les conditions d'une ouverture à un horizon plus vaste, à un sens, par un détachement à l'égard de l'enfermement de la pensée sur elle-même : «toute action humaine exige un mobile qui fournisse l'énergie nécessaire pour l'accomplir, et elle elle est bonne ou mauvaise selon que le mobile est élevé ou bas [...]. Les conditions mêmes du travail empêchent que puissent intervenir d'autres mobiles que la crainte des réprimandes et du renvoi, le désir avide d'accumuler des sous, et [...] le goût des records de vitesse [...]. Il est presque impossible de ne pas devenir indifférent et brutal comme le système dans lequel on est pris.»*



*extrait de "La Condition ouvrière".
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Erik35   05 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
La seule règle commune à tous les peuples de la Terre serait l'obligation où ils se trouvent de rejoindre et si possible de surpasser les performances normatives des autres dans un mouvement sans fin de "benchmarking". Grâce à ce processus de révolution permanente, nous serions en marche vers une convergence de l'humanité, appelée à partager les mêmes références juridiques et culturelles, dans une langue qui tendrait elle-même à l'uniformité.

La globalisation porte donc à son point extrême la dynamique du capitalisme, en privant la vie humaine de toute garantie de sécurité et de stabilité.
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Erik35   15 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
Faute de lien vivant entre passé et avenir, toute référence à la tradition est condamnée à apparaître comme crispation idéologique, voire fondamentalisme régressif, tandis que la formulation des projets pour le lendemain ne se donne plus que sous la forme dépréciée de l'utopie.
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Xav93140   30 janvier 2021
L'esprit de Philadelphie de Alain Supiot
Le mot "pauvre", dans diverses langues africaines, ne désigne pas ce que la banque mondiale entend par là (un revenu inférieur à deux dollars par jour) : est pauvre "celui qui a peu de gens", qui ne peut compter que sur la solidarité d'autrui. De ce point de vue, nos sociétés riches sont pleines de pauvres, d'une pauvreté que nul ne songe à mesurer et que la sécurité sociale a pu paradoxalement contribuer à accroitre.



(page 166)
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Gribouille_idf   22 mai 2016
Grandeur et misère de l'Etat social de Alain Supiot
Les massacres déments de la première moitié du XXè siècle ont montré ce qu'il advient lorsque une paupérisation massive est imputée à des boucs émissaires, et nourrit la haine de l'autre: haine nationale ou raciale, haine de classe ou haine religieuse.
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Gribouille_idf   22 mai 2016
Grandeur et misère de l'Etat social de Alain Supiot
L'invention de l'Etat social n'a pas été l'affaire des seuls juristes, mais a beaucoup emprunté aux sciences sociales naissantes, dont on sait qu'elles étaient à même de donner une base solide à une juste organisation de la société.
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nath45   06 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
À travers cet examen (pour enraciner la population dans le nouveau milieu institutionnel), nous confirmerons qu’il fallait un moment de l’enracinement pour la mondialisation tandis que l’expansion effrénée de marché libre, appelée « globalisation », exige le déracinement. Car, dans le régime de la globalisation, l’être humain est considéré avant tout comme un agent économique sous la domination exclusive du marché libre et est détaché de ce qui cultive socialement et historiquement l’état, en bref sa culture, et donc on peut trouver aisément un aspect du déracinement dans ce régime. En effet, les porteurs de la globalisation regardent souvent les institutions de chaque pays comme des barrières à l’activité économique en insistant sur la nécessité de rendre homogène le monde entier et, en conséquence, nous nous trouvons face à la liquéfaction des institutions propres à chaque culture.
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nath45   04 juillet 2019
Mondialisation vs globalisation de Alain Supiot
De même que lors d’un violent tremblement de terre, on n’est guère enclin à danser mais plutôt à se recroqueviller, de même l’insécurité généralisée des conditions de vie humaine suscite en retour des crispations et des réflexes de survie, avec un cortège de violence xénophobe et d’appel à l’homme fort qui saura nous protéger et nous rendre confiance en nous-mêmes. Nous n’avons pas d’autre choix qu’entre, d’une part, ce réflexe de repliement et de fermeture et, d’autre part, l’adhésion sans réserve à la globalisation, c’est-à-dire à un monde sans limites stables, où la seule loi qui vaille est celle de la révolution permanente et de la destruction créatrice ,(Page 12)
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