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Note moyenne 4.5 /5 (sur 6 notes)

Nationalité : Canada
Né(e) : 1878
Mort(e) : 1924
Biographie :

Albert Lozeau (1878 - 1924) était un poète québécois.

Né à Montréal, il étudie à l'Académie Saint-Jean-Baptiste. À l'âge de 18 ans, il est paralysé, ce qui lui permet de développer ses talents littéraires.

Émotif, solitaire et nostalgique, il écrit des vers mélancoliques sur la nature, ce qui lui vaudra d'être inclus dans la littérature du terroir.

Source : Wikipedia
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Citations et extraits (54) Voir plus Ajouter une citation
Albert Lozeau
Sirenna   27 janvier 2020
Albert Lozeau
À la lune



Quand la lune au ciel noir resplendit claire et ronde,

Le vers en mon cerveau comme une eau vive abonde.

Il coule naturel comme une source au bois,

Avec des sons fluets de flûte et de hautbois

Et, souvent, des accords doux et mélancoliques

D'harmonium plaintif et de vieilles musiques.

La lune verse au coeur sa blanche intimité

De rêve vaporeux où passe une beauté,

Et dans les chemins creux où la fraîcheur s'exhale

Ajoute aux flaques d'eau quelques mares d'opale,

Où l'on voit quelquefois se noyer éperdu

Un insecte ébloui dans de l'astre épandu.

Mais elle qui parait pour toujours endormie,

Apaisée a jamais dans la grande accalmie,

Est si puissante encor qu'elle émeut l'Océan

Et fait frissonner l'homme aussi dans son néant.

Elle rend plus hardis les jeunes gens timides

Et plus près de l'amour la vierge aux yeux candides.

Tu n'es pas morte, non ! chère clarté des soirs

Qui trembles sur les lacs comme sur des miroirs !

Et le cerf altéré qui boit à l'onde clairev En même temps que l'eau boit aussi ta lumière ;

Tu circules en lui comme un sang plus divin,

Car on n'absorbe pas de la splendeur en vain !

Le vaste ciel poudre d'étoiles d'or scintille.

Quelqu'un dans l'ombre, en bas, attend qu'un rêve brille.

La Lune bienveillante au sourire d'argent,

Aide en son pur labeur le poète songeant,

Et tendrement, le long de ses rayons sublimes,

Laisse glisser des vers chantants aux belles rimes.

O Lune ! quel mystère habite en ta clarté,

Et quel pacte te lie a notre humanité ?

Toi pour qui les anciens vivants eurent un culte,

Tu fais régner sur nous ton influence occulte ;

Et ton charme attirant fait même, comme un jeu,

Tourner les papillons des nuits dans ton feu bleu !



Quand tu parais, les soirs bénis, à ma fenêtre,

Ta lumière lointaine et vague me pénètre,

Et je me baigne en toi ! Transfigurant ma chair,

Tu me fais pur et beau, surnaturel et clair ;

Et je suis comme un dieu tout imprégné de lune,

Participant ainsi qu'un astre à la nuit brune !

Oh ! l'heure incomparable et la divine nuit !

Où donc l'amer chemin ? Où donc le morne ennui !

La souffrance est passée, et ma joie est profonde

De goûter ici-bas la paix d'un autre monde...

Je ne me livre pas au néant du sommeil,

Et j'attends l'heure triste où viendra le soleil...



Changeante Lune ! Un soir, au ciel couleur d'ardoise

Tu montas rouge ainsi qu'un énorme tison ;

Et petit à petit, en laissant l'horizon,

Tu pris une nuance exquise de turquoise.

Une autre fois, ce fut comme une boule d'or

Que masquait par moment un passager nuage ;

Et puis tu redevins la Lune au bleu visage,

La Lune habituelle et que je vois encor.

Un lourd après-midi de juillet, tu fus blanche

Comme une immense hostie apparue en l'azur ;

Tu fondis, tel un peu de neige au soleil dur,

Et l'on ne revit plus ta face qui se penche...



Quand tu pleus en reflets sur les grands arbres verts,

Les oiseaux endormis que tu trempes d'opale

Doivent songer a Toi, Lune adorable et pâle,

Pénétrés de bien-être en leurs abris divers.

Leur petite âme frêle, inquiète et farouche,

Se pelotonne à l'aise en leurs chauds petits corps,

Quand tu luis; chaque oiseau craignant les mauvais sorts

Fait sa prière a Toi, Lune, quand il se couche.

Et tu veilles sur l'homme autant que sur le nid,

Du haut de ta demeure inaccessible et sombre ;

Car le mal, ce complice ordinaire de l'ombre,

A dû craindre souvent ton regard infini.

O Lune ! jusqu'à toi permets que je m'élève !

Je rampe plein d'ennui ! Jette-moi des rayons,

Que je m'en serve ainsi que de bleus échelons

Pour suivre dans l'éther, ton domaine, mon rêve !
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Albert Lozeau
sabine59   01 avril 2017
Albert Lozeau
Avril ( extrait)





J'entr'ouvre mon coeur au printemps qu'il fait.

Le soleil d'avril entre à pleine porte.

La lumière apaise, elle réconforte,

Comme une musique au rythme parfait.
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Sirenna   24 juin 2020
Oeuvres poétiques complètes de Albert Lozeau
Le rêve



Comme on est bien ce soir — un soir rempli d'ivresse —

Plongeant de longs regards dans l'azur étoile!

Dans l'air semble passer un souffle de tendresse;

Le souffle doux d'un cœur par un cœur consolé.



J'aime à sentir en moi ce vague qui nous presse

À rechercher toujours quelque rêve envolé;

Cette mélancolie empreinte d'allégresse,

Qui fait que l'âme chante et qu'un bel ange ailé



Sème sur mon chemin des illusions roses,

Et dit à mon oreille, oh ! de si tendres choses

Que la brise jalouse en emporte à foison !



Comme ils sont malheureux ceux qui n'ont pas de rêves,

De châteaux en Espagne élevés sur des grèves

D'où l'on n'aperçoit bien qu'un ciel sans horizon!
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sabine59   01 mai 2017
Oeuvres poétiques complètes de Albert Lozeau
La poussière du jour



La poussière de l'heure et la cendre du jour

En un brouillard léger flottent au crépuscule.

Un lambeau de soleil au lointain du ciel brûle,

Et l'on voit s'effacer les clochers d'alentour.



La poussière du jour et la cendre de l'heure

Montent, comme au-dessus d'un invisible feu,

Et dans le clair de lune adorablement bleu

Planent au gré du vent dont l'air frais nous effleure.
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coco4649   23 février 2015
Oeuvres poétiques complètes de Albert Lozeau
La musique des yeux





La lune se leva dans le ciel vaste et clair

Et l’espace bleuit, comme sous un éclair.



Pas un nuage. Rien que les étoiles vagues,

Aux feux atténués et doux de vieilles bagues.



Et c’était beau ! Plus beau qu’un rêve de vingt ans,

Plein de Dieu, plein d’amour, plein des fleurs du printemps.



Les notes, ces rayons éblouissants ou pâles

Jaillis en frissons vifs de saphirs et d’opales,



Les accords, ces couleurs, et leurs vibrations,

Ces reflets aux milliers de variations,



Mariaient leurs accents dans la nuit agrandie,

Et c’était une exquise et lente mélodie !



Les yeux ont leur musique et, dans le ciel profond,

Ce sont les astres d’or et d’argent qui la font.



J’écoutai bien longtemps chanter le ciel splendide,

Et puis, je m’endormis l’âme émue et candide…



p.74-75

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Lali   15 février 2013
Textes choisis de Albert Lozeau
Quand il neige sur mon pays



Quand il neige sur mon pays,

De gros flocons couvrent les branches,

Et les regards sont éblouis

Par la clarté des routes blanches

Et dans les champs ensevelis,

La terre reprend le grand somme

Qu’elle fait pour mieux nourrir l’homme,

Quand il neige sur mon pays.



Quand il neige sur mon pays,

On voit s’ébattre dans les rues

Les petits enfants réjouis

Par tant de splendeurs reparues.

Et ce sont des appels, des cris,

Des extases et des délires,

Des courses, des jeux et des rires,

Quand il neige sur mon pays.



Quand il neige sur mon pays,

C’est tout le ciel qui se disperse

Sur la montagne et les toits gris

Qu’il revêt de sa claire averse.

Sous l’avalanche de ces lis

De sa pureté nous inonde…

C’est le plus beau pays du monde

Quand il neige sur mon pays!
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coco4649   21 février 2015
Le miroir des jours de Albert Lozeau
ÉRABLE ROUGE **





Dans le vent qui les tord les érables se plaignent,

Et j’en sais un, là-bas, dont tous les rameaux saignent !



Il est dans la montagne, auprès d’un chêne vieux,

Sur le bord d’un chemin sombre et silencieux.



L’écarlate s’épand et le rubis s’écoule

De sa large ramure au bruit frais d’eau qui coule.



Il n’est qu’une blessure où, magnifiquement,

Le rayon qui pénètre allume un flamboiement !



Le bel arbre ! On dirait que sa cime qui bouge

A trempé dans les feux mourants du soleil rouge !



Sur le feuillage d’or au sol brun s’amassant,

Par instant, il échappe une feuille de sang.



Et quand le soir éteint l’éclat de chaque chose,

L’ombre qui l’enveloppe en devient toute rose !



La lune bleue et blanche au lointain émergeant,

Dans la nuit vaste et pure y verse une eau d’argent.



Et c’est une splendeur claire que rien n’égale,

Sous le soleil penchant ou la nuit automnale !



p.84-85



** Extrait Le Miroir des Jours 2è édition 1925



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Albert Lozeau
Sirenna   27 janvier 2020
Albert Lozeau
La Rêveuse



Frêle et jolie, elle est passée en robe blanche.

Le soleil allumait l'or de ses cheveux flous;

Son ombre précisait la ligne de sa hanche,

Et sa jupe se balançait d'un rythme doux.

Toute blanche dans la clarté blonde, pensive,

Traînant son parasol fermé, comme oubliant

Le ciel pur embrasé d'une ardeur excessive,

Dans la fraîcheur du rêve elle allait, lentementToute blanche, la tête immobile et baissée,

Elle allait — de longs cils ombrageaient ses yeux gris;

Personne ne troublait sa secrète pensée,

Ni les pas du passant, ni les voix, ni les cris.

Comme elle, je voudrais traverser cette vie,

Les yeux à demi clos sur un songe amoureux,

L'âme par la splendeur de mes rêves ravie,

Sans m'occuper du bruit qui monte alentour d'eux...
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Albert Lozeau
Sirenna   27 janvier 2020
Albert Lozeau
Nocturne



Comme il fait bon d'être plusieurs quand il fait noir,

Et que nous subissions l'influence du soir,

Rêveur, chacun de nous écoutait sa pensée

Par le même silence intimement bercée.

La nuit mélancolique épanchait sa douceur

Avec un caressant geste de grande soeur,

Et nous voyions passer dans l'ombre transparente,

De temps en temps, soudaine, une étoile filante.

Le firmament d'été fourmillait d'astres bleus

Irradiant l'éther d'éclats miraculeux.

L'heure était si puissante et si pleine de grâce

Que chacun la sentait respirer dans l'espace,

Dans le frissonnement d'une feuille, ou le bruit

D'un insecte invisible et tournoyant qui fuit...

Ah ! ce recueillement qui vient avec mystère,

Et d'autant plus profond qu'il est involontaire !

La lampe s'est éteinte et le livre est fermé :

Nul ne songe à l'ouvrir, nul à la rallumer.

C'est dans son triste coeur, qu'éclaire la nuit noire,

Que chacun continue une émouvante histoire...

Rêve, ô supreme joie, ô consolation !

Baume qui nous guérit du mal de l'action,

C'est le soir qu'on vous sent descendre sur nos plaies

Et couler, comme par la pitié de mains vraies !

Et c'est vous qui dans les jours mauvais de combats

Nous faites prendre un peu patience ici-bas,

Et nous donnez, afin que nul ne se délivre,

La lâcheté peut-être héroïque de vivre !
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coco4649   03 décembre 2015
Oeuvres poétiques complètes de Albert Lozeau
Le Miroir des jours, 1912

LA POUSSIÈRE DE L’HEURE





La poussière de l’heure et la cendre du jour

En un brouillard léger flottent au crépuscule.

Un lambeau de soleil au lointain du ciel brûle,

Et l’on voit s’effacer les clochers d’alentour.



La poussière du jour et la cendre de l’heure

Montent, comme au-dessus d’un invisible feu,

Et dans le clair de lune adorablement bleu

Planent au gré du vent dont l’air frais nous effleure.



La poussière de l’heure et la cendre du jour

Retombent sur nos cœurs comme une pluie amère,

Car dans le jour fuyant et dans l’heure éphémère

Combien n’ont-ils pas mis d’espérance et d’amour !



La poussière du jour et la cendre de l’heure

Contiennent nos soupirs, nos vœux et nos chansons ;

À chaque heure envolée, un peu nous périssons,

Et devant cette mort incessante, je pleure



La poussière du jour et la cendre de l’heure...



p.28

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