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Note moyenne 3.43 /5 (sur 88 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Bordeaux , le 01/08/1974
Biographie :

Après des études de chinois et un DEA en Communication appliquée à la culture, Alexandre Labruffe a été en poste dans des Alliances françaises en Chine puis en Corée du Sud.

À cette époque, il a publié avec Benjamin Limonet un récit expérimental à 4 mains, "Battre Roger" (éditions D’ores et déjà, 2008).

Depuis son retour à Paris en 2015, il collabore à divers projets artistiques (avec la Villa des Arts dans le Bas-Montmartre), théâtraux (notamment avec le metteur en scène iranien Saeed Mirzaei) ou filmiques (avec le réalisateur coréen Jeon Soo-il, pour ses films "Un homme coréen", 2015; "America Town", 2017), tout en poursuivant sa thèse en Arts et Cinéma à l’Université Paris-3.

"Chroniques d’une station-service" (2019) est son premier roman.
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Source : editions-verticales.com
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Emmanuel Macron a annoncé hier, en pleine épidémie de coronavirus : la fermeture des établissements scolaires, la libération de places dans les hôpitaux ou encore des mesures pour « protéger les salariés et les entreprises ». Dans le même temps, il a choisi de maintenir les élections municipales de dimanche. Comment interpréter le discours du chef de l'Etat sur la nation et son appel à la solidarité ? Comment Emmanuel Macron incarne la fonction présidentielle en temps de pandémie ? Que peut le politique face à cette crise sanitaire ? Pour en parler, nous recevons (en studio) Alexandre Labruffe, attaché culturel de retour de Wuhan (et auteur de "Chroniques d'une station-service" Verticales), Frédéric Worms (en liaison par skype en raisons de mesures de confinement), philosophe, professeur à l'ENS, (producteur de l'émission Matières à penser sur France Culture), Gérard Courtois (en studio), journaliste, ancien chroniqueur au Monde. Ils seront rejoints à 8H20 par Jean Paul Engélibert (par Skype), professeur de littérature comparée à l'Université Bordeaux-Montaigne, (auteur de "Fabuler la fin du monde, la puissance critique des fictions d'apocalypse", éd. La Découverte). L'Invité des Matins de Guillaume Erner - émission du 13 mars 2020 À retrouver ici : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/saison-26-08-2019-29-06-2020 Abonnez-vous pour retrouver toutes nos vidéos : https://www.youtube.com/channel/¤££¤31Emmanuel Macron12¤££¤6khzewww2g/?sub_confirmation=1 Et retrouvez-nous sur... Facebook : https://fr-fr.facebook.com/franceculture Twitter : https://twitter.com/franceculture Instagram : https://www.instagram.com/franceculture
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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
palamede   18 octobre 2020
Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe
Je me dis que le Nouveau Monde, c’est l’obsession de la Chine. Partout, dans le pays : ce nom. Pour des hôtels, des quartiers, des magasins, des marques. La Chine s’affiche comme le Nouveau Monde. Le clame sous tous les toits. Relègue l’Amérique aux oubliettes. 
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Bookycooky   03 octobre 2020
Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe
Un jour, en 2001, à Shanghai, on me propose cinq mille yuans (cinq cents euros) pour jouer le client blanc, le client occidental d’un fournisseur de pièces d’une centrale thermique. L’idée du patron : qu’on visite ensemble un chantier de son futur client potentiel, sa cible, pour l’impressionner, attester que sa société est sérieuse, solvable, internationale. (À cette époque en Chine, les Blancs ont une valeur, l’Occident veut encore dire quelque chose. C’était juste avant l’effondrement des tours jumelles à Manhattan.) Mon rôle est simple (c’est un rôle de composition) : hocher la tête, avoir un regard mystérieux, profond, m’appeler Leibowitz, ânonner « good », quand il pointe le doigt sur quelque chose. Évidemment, j’accepte. Le fournisseur obtient le marché. Grâce à moi. (Un cantique pour Leibowitz.)

La centrale thermique finit par exploser deux ans plus tard. Non, je plaisante.
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hcdahlem   27 novembre 2019
Chroniques d’une station-service de Alexandre Labruffe
Alors que je suis en train de décrocher les cadres, en équilibre précaire sur un escabeau, une jeune femme asiatique arrive à vélo et se parque devant la vitrine de la capsule. C’est mon moment de grâce. Mon épiphanie hebdomadaire, extrême-orientale. Cette femme est un mirage. Elle vient probablement d’une autre galaxie. Tous les mardis à la même heure, vers 18 heures, habillée invariablement de talons hauts, de collants (noir ou chair) et d’une jupe à pois (ce qui renforce son innocence et son éclat), elle achète un paquet de chips à l’oignon et repart. Tétanisé, je la regarde pénétrer dans le magasin. Je retiens mon souffle. Tout se contracte, se fige. Le temps. La station. L’espace. Mon cœur. p. 26
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scharpentier   03 septembre 2020
Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe
Huit mois durant lesquels, vagabond, je cours la Chine du nord au sud, d'est en ouest, pour contrôler les usines, la qualité des produits envoyés en Occident, par millions, par tonnes, par bateau, par train, par avion, à dos de chameau. [...]

Je surveille l'invisible. Je survole le désordre. Je découvre un vieux continent glouton, drogué, productivore, qui commande sans fin: une Europe ogre, friande d'ustensiles improbables.
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LiliGalipette   06 septembre 2019
Chroniques d’une station-service de Alexandre Labruffe
« Rares sont les clients qui me voient ou me parlent. Je suis transparent pour la plupart des gens. Certains se demandent sans doute pourquoi j’existe encore, pourquoi je n’ai pas été remplacé par un automate. Des fois, je me le demande aussi. » (p. 6 & 7)
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Estelleeb   16 février 2020
Chroniques d’une station-service de Alexandre Labruffe
Lieu de consommation anonyme, la station-service est le tremplin de tous les instincts.
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hcdahlem   27 novembre 2019
Chroniques d’une station-service de Alexandre Labruffe
1

Dans le brouillard, comme un phare, à peine visible : le néon HORIZON bleu déglingué du hangar qui clignote devant moi.

2

C’est la nuit. Un client ivre, au comptoir, titube, éructe :

— Où on va, merde? Où sont les poètes, putain?

Que répondre? Que dire? Il a raison. Où sont passés les poètes? Deux clients qui cherchent leur bonheur au rayon FRAÎCHEUR lui jettent un coup d’œil suspicieux. L’homme hurle :

— Barbara! Reviens! Au secours!

Alors qu’ils étaient en train de saisir un sandwich au poulet, les deux autres clients se figent. L’homme ivre me paie son plein et sa bière, en marmonnant je ne sais quoi. Je l’observe partir. Via les écrans de vidéosurveillance : sa démarche de flamant rose claudicant. Chuintement des portes automatiques. Il zigzague jusqu’à sa voiture, qui se trouve à la pompe nº 5.

Le chiffre 5, en Chine, c’est le chiffre du Wu, du rien, du vide. À l’origine et à la fin de toute chose. C’est le chiffre du non-agir, du non-être, du pompiste.

3

Il démarre et part en trombe. Sa Land Rover disparaît dans la nuit américaine qui enveloppe la banlieue de Paris.

4

Je fume une cigarette dehors. Sans client. Libéré. Léger. Enfin désœuvré. Il est minuit. J’aperçois, malgré tout, dans la brume, la forme d’un 35 tonnes. Un camion garé sur le parking poids lourd, au fond de la station-service.

 Brusquement : un meuglement. C’est une vache. Une vache meugle dans la nuit. Puissance étrange et poétique de ce meuglement dans la ouate. Je m’immobilise. À l’affût. Des volutes de nuages bas se déplacent lentement, se posent sur le toit de la station. Un autre troupeau de moutons de brume caresse la pompe nº3, recouvre les halos des lumières, des néons, des réverbères, engloutit le tout.

La station n’est plus qu’un souvenir, enfoui dans le brouillard.

 Passé quelques minutes, deux vaches meuglent à nouveau. Cela provient du 35 tonnes qui les convoie. Le bruit des voitures filant à toute allure sur le périphérique : étouffé. Un souffle. La fumée de ma cigarette, à mes lèvres, suspendue. Nouveau meuglement. Je me dis que c’est déchirant une vache qui meugle dans la nuit, que c’est comme une bouteille à la mer. J’ai presque envie de pleurer. Je souris. J’exhale un nuage de fumée. Je suis trop sentimental.

5

Aujourd’hui, c’est un jour comme un autre. Il est 17 heures. Je ne fais rien de particulier. Sur le téléviseur installé derrière le comptoir, j’ai mis Mad Max, la version de 1979, que je regarde en boucle depuis ma prise de fonction, essayant d’en extraire sa quintessence, ses enseignements métaphysiques, philosophiques, religieux. 

Un client boit un café, absorbé lui aussi par le film. Le soleil se couche. Un rayon lèche l’écran. Une Renault Espace se gare devant la pompe no 2. Je suis disposé de telle façon que je peux regarder et la télé et l’entrée, les gens qui débarquent.  

Musique Max Decides On Vengeance.

 Une famille sort de l’Espace. Deux enfants, un couple. Ils semblent heureux, rentrent dans la station. La femme achète une bouteille de Coca Zéro tandis que le père accompagne les enfants aux toilettes. Elle dicte, en chuchotant, quelque chose à son téléphone. Envoie ce qu’elle vient de chuchoter. Range son portable à la hâte. Le père et un des enfants reviennent. Elle paie. L’autre enfant surgit en courant. Ils s’en vont.

À la télé, Mad Max : «I’m gonna blow him away!» 

Je me dis que la Renault Espace, c’est une certaine idée érodée de la famille.

Une voiture utilitaire se range devant la pompe no 1. Un homme obèse en sort, au téléphone, il entre, prend une canette de Coca Zéro, vient me payer et repart, toujours sur son portable. M’a-t-il seulement vu ? 

Rares sont les clients qui me voient ou me parlent. Je suis transparent pour la plupart des gens. Certains se demandent sans doute pourquoi j’existe encore, pourquoi je n’ai pas été remplacé par un automate. Des fois, je me le demande aussi. 

Max : «They say people don’t believe in heroes anymore.»

6

Lieu de consommation anonyme, la station-service est le tremplin de tous les instincts.

Ce que je vends le plus: le Coca Zéro.

 

Le Coca Zéro. Les chewing-gums. Les chips. Les magazines érotiques ou d’automobiles. Les cartes de France. Les sandwichs. L’alcool. Les barres chocolatées (Mars en tête). Et évidemment l’essence.

Une certaine idée du monde en fait : un monde totalement junkie, dont je serais le principal dealer.

6 bis 

Je pense à la cocazéroïsation de l’humanité.
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Estelleeb   16 février 2020
Chroniques d’une station-service de Alexandre Labruffe
Il me dit : "l'amour c'est une fiction". Je lui rétorque qu'avec moi, ça serait plutôt de la science-fiction.
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VincentGloeckler   10 septembre 2020
Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe
Jusqu’à l’horizon, des immeubles, immobiles, laqués, glacés.

- Regarde, Alexandre !

C’est ma collègue chinoise, Lanlan, qui m’interpelle en pointant son doigt vers le soleil qui décline. Je suis surpris, j’observe son index :

- Quoi ?

Elle répond :

- Mais là !.

Je lève les yeux, je ne vois rien, je panique :

- Quoi ? Mais quoi ?!

Dans ma tête, des images de catastrophe, de films d’horreur, de science-fiction, une comète qui perfore l’atmosphère. Devant moi, rien.

Lanlan s’extasie :

- Le ciel !!! On voit le ciel.

Elle s’arrête de marcher dans la rue et prend une photo du coucher du soleil avec son smartphone. Je regarde autour de moi. Tous les Chinois se sont arrêtés pour prendre la même photo du ciel qui s’embrase. (pp.13-14)
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Pau_line   25 septembre 2020
Un hiver à Wuhan de Alexandre Labruffe
Depuis que je suis arrivé à Wuhan la sensation de vivre dans une ville de science-fiction s'ancre en moi. Son architecture étrange, ses strates d'histoire mixées, entre gratte-ciel post-futuristes, vieux buildings décrépits et maisons basses des anciennes concessions étrangères, ses illuminations nocturnes, son air au gout d'éther, sa pollution, ses rues vides le soir, ses embouteillages monstres le jour, ses innombrables chantiers, ses échangeurs autoroutiers superposés... font que je la surnomme: LE GOTHAM CITY CHINOIS.
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