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Note moyenne 3.71 /5 (sur 38 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Plovan, Finistère , le 19/04/1950
Biographie :

Alexis Gloaguen est un écrivain et philosophe français.

Il passe une grande partie de son enfance en Nouvelle-Calédonie (dans les îles Loyauté).

Rentré à Brest, il y mène ses études secondaires et entame en 1970 des études de philosophie à l'Université de Bretagne occidentale, qu'il terminera à Clermont-Ferrand. Il enseigne cette discipline à Quimper, à Lannion, puis à Vannes de 1978 à 1992.

En 1992, il part avec sa famille à Saint-Pierre et Miquelon pour lancer le Francoforum, nouvel institut de langue française tourné vers le Canada et les États-Unis.

Il en est, pendant huit ans, le premier directeur et, par une action diversifiée en faveur de la francophonie, participe à la diversification économique de Saint-Pierre et Miquelon, après le moratoire sur la pêche à la morue en 1993.

Après avoir enseigné la philosophie et l’histoire et géographie au Lycée Émile Letournel à Saint-Pierre, il est rentré en Bretagne à Silfiac.

Il a obtenu le prix Xavier-Grall en 2012, pour son livre La Chambre de veille aux éditions Maurice Nadeau.
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Source : Wikipédia
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Bibliographie de Alexis Gloaguen   (12)Voir plus

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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
Erik35   03 novembre 2021
Digues de Ciel de Alexis Gloaguen
Se désintéresser de la poésie, c'est abandonner les folies qui nous sauvent.
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Erik35   09 novembre 2021
Digues de Ciel de Alexis Gloaguen
Le matérialisme nord-américain - logé au cœur de la pensée collective - s'explique peut-être par une curieuse connexion de la langue anglaise, où le mot free signifie à la fois «libre» et «gratuit». Pour le français, la liberté est plutôt intérieure, car fonction de la conscience - ou politique. Tout le monde sait que le pouvoir de l'argent augmente le pouvoir sur les choses. Néanmoins, la liberté est séparée de l'économie par une différence de dignité. Sauf dans les cas de famine, on ne meurt pas pour le pouvoir d'achat : on y voit une commodité, non un idéal.

L'âme anglo-saxonne peut-elle échapper à cette nuance de dictionnaire et lutter contre la confusion qu'induit un seul mot pour deux horizons ? Une publicité pour une compagnie aérienne nous propose - grâce à un plan de fidélité - de «voler libres pour toujours», c'est à dire gratuitement de temps à autres. Soudain le fait de dépenser moins d'argent augmente la sensation de liberté. L'économie du moindre dollar est victoire, jubilation : réalisation. D'où le fait, chez les Canadiens, de marchander sans vergogne et de se battre pied à pied pour s'ouvrir le coin de ciel bleu d'une jouissance inversement proportionnelle au prix. La réduction est demandée comme un droit - mais sans baisse de générosité chez le vendeur ! La joie est chiffrée. Le désir de liberté - cette grande libido qui voudrait capturer la vie - est reporté sur l'argent. l'Éden est dans la gratuité. Le seul amour véritable est associé aux billets, le génie ou la justesse d'esprit sont des capitaux à réaliser. Le fait de payer incline à une certaine férocité des rapports, comme si dans l'échange il y avait, clandestinement, un gagnant et un perdant, une recherche de domination et la volupté de réduire en esclavage.

La qualité d'une œuvre finit par tenir à ces recettes. La liberté est d'autant moins comprise comme la direction même de la pensée, la recherche du savoir, la jubilation de comprendre. L'accent est rarement mis sur le plaisir volatil de l'analyse, bien séparé des questions d'intendance, dont d'autres cultures ne méconnaissent pas, pour autant, l'importance.

Ne noircissons pas cependant : s'il est peu d'accent mis sur le spirituel, il ne manque pas d'esprit impressionnants dans la vie courante. Le fait d'être peu encouragé à penser engendre une révolte qui porte loin. Et, si tant est que l'on valorise la gratuité, rien n'empêche d'arriver un jour à la poésie et à la subtile fraîcheur du rêve : sans valeur comptable, elles relèvent du miracle. Enfin, même si la relation à la richesse est omniprésente, elle ne détourne pas forcément de la tolérance et de l'harmonie : on est aimable avec le client potentiel, on le reste dès lorsqu'il n'achète pas car on l'aperçoit comme libre de l'emploi de son argent. Le matérialisme se transcende en sainteté ordinaire, l'amour et l'intelligence prévalent. Il n'en va pas toujours de même dans les pays où l'individualisme de la pensée incline au mépris.
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Floccus   22 octobre 2020
Ecrits de nature, tome 3 : Atlantique Nord de Alexis Gloaguen
La noirceur s'installe en nacre de nuit. La rancœur, la bêtise de certains les engagent à nous détruire. Ils peuvent saisir les corps, faire souffrir pour démontrer leur puissance, le temps d'un mirage. Ils peuvent tout réduire sauf la griffe des visions, le stigmate qui s'ouvre au creux des mains repliées, puis s'écoule sur la page. (96)
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coco4649   04 mai 2019
La Chambre de veille de Alexis Gloaguen
On a ici l'impression d'être de plain-pied…





Extrait 2



Pour l'instant ce bleu m'arrête comme une cataracte,

un hymen sur le mystère de la nuit. Tandis que la mer

se perd dans l'ardoise et  que la terre ternit son vert,

tandis que les peines se résolvent en esprit de douleur,

les rochers se fondent en murs le long desquels roulent

des rues de goélands. J'attends l'obscur. Le soleil s'étiole

de tons orangés,  la musique du vent passe en majeur

quand la vue régresse. L'immobilité est une symphonie

qui ne se relâchera pas jusqu'au retour du jour. On sait

que nul événement ne viendra lacérer la trame. On est

dans l'éternité.
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deriblek   10 avril 2012
Le Roc et la Faille de Alexis Gloaguen
Le géologue Aubert de la Rüe comparait l'île du Colombier à une tortue géante, posée sur la mer. De fait on dirait, prête à se détendre, la tortue matamata : ce sont les mêmes contours indécis, les mêmes aspérités de roc et les à-plats de limon qui la font se confondre avec la boue des rivières d'Amazonie. C'est le même cou télescopique et le crâne aux narines effilées qu'elle porte parfois en siphon vers la surface.
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coco4649   04 mai 2019
Écrits de nature, tome 2 : Le pays voilé, La Baie des nuages de Alexis Gloaguen
Notre vie est tragique et splendide…





Notre vie est tragique et splendide, notre souffrance est aussi pure que notre émerveillement, ces temps-ci. La montagne nous soutient comme une drogue. Je crois la sensation très voisine de celle que l’on a à naviguer à voile au grand large, à perte de vue des côtes. On est ici perdu dans la bruyère et guetté par des périls que l’on apprend à prévoir et presque à chérir. C’est pour moi une source perpétuelle d’inspiration, le courant secret des mots que je transcris et de ce poème hypertrophié que l’on pourrait apparenter au brouillon d’une symphonie — de par ses défauts surtout, hélas ! Je me suis laissé emporter très loin, perdu sur le clapotis de surface d’une réalité qui se dérobe et me dépasse. J’ai sombré, j’ai disparu ; c’est la montagne, l’estuaire, les oiseaux qui écrivent. Du moins puis-je invoquer cela pour seule excuse : car leur message sortira peut-être terriblement brouillé et fouillé de parasites comme une transcription de rêve.
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Franz   07 février 2018
Ecrits de nature de Alexis Gloaguen
Au fond, connaître l’animal, c’est penser dans sa peau, voir par ses yeux, substituer ses intérêts aux nôtres, ce qui, en retour, vient à nous modifier. (p. 59)
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Franz   21 février 2018
Ecrits de nature de Alexis Gloaguen
Sur la gare vole un dôme d’hirondelles.

Elles mènent en arrière de leurs corps un flamboiement d’ailes. Et leur rapidité est celle du vertige… Parfois elle s’arrête presque pour saisir l’insecte que l’on voit voler comme une cendre pelucheuse au-dessus d’un feu. Puis, d’un revers de rectrices, leur vol décapite la montagne, leurs tourbillons la débitent en lanières et mêlent le bleu à la terre… (p. 96)
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coco4649   04 mai 2019
La Chambre de veille de Alexis Gloaguen
Écrire sous la lumière…





Écrire sous la lumière : celle de la chambre de veille qui pleure sur le balcon où je suis ; celle de la pleine lune qui pousse au ciel le cri de l’étain ; celle du phare du Créac’h qui mouline l’espace d’horreurs silencieuses ; celle du rayon vert de la corne de brume à l’œil immobile d’insolence ; celle des autres phares : clignotements de Kéréon et de Nividic, tandis que je me tiens sur le bord ouest, rougeoiement de la Jument qui dit sa nuit d’enfer calme. Un porte-conteneurs parcourt l’horizon en balance Roberval de lueurs fixes. Le vent d’est se lève en allusions de plus en plus audibles et je sais que se prépare le départ du trophée Jules Verne : coup d’envoi que je manquerai sans doute, appelé ailleurs. Ainsi la vie est-elle cette succession de rendez-vous ratés qu’on appelle des choix. Unidimensionnelle, elle nous piège amoureusement en un lieu, en un temps et interdit les folies qui nous arracheraient d’un corps en lambeaux.
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nath45   20 mai 2015
Digues de Ciel de Alexis Gloaguen
Le peintre, le musicien, le danseur et le cinéastre agissent de maniére visible. Le poète voyage comme le virus de rêve. (Page 19)
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