AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Note moyenne 3.81 /5 (sur 12 notes)

Nationalité : États-Unis
Né(e) le : 26 janvier 1953
Biographie :

Allen S. Weiss vit et écrit à New York, Paris, Nice et Kyoto.

Théoricien, éditeur, commissaire d'exposition, dramaturge, enseignant, Allen S. Weiss a signé ou dirigé plus de 35 ouvrages consacrés à la théorie de la performance, à l'architecture de paysage, à la gastronomie, à la littérature, dont Phantasmic Radio (1995) et Breathless: Sound Recording, Disembodiment, and the Transformation of Lyrical Nostalgia (2002).

Il a notamment dirigé Theater of the Ears (une pièce pour marionnettes électroniques et voix enregistrée à partir des écrits de Valère Novarina) et Danse Macabre (un théâtre de marionnettes avec la poupée de Michel Nedjar).
Il enseigne à la Tisch School of the Arts de l'Université de New York (Departments of Performance Studies and Cinema Studies).

Le Livre bouffon est son premier roman.

+ Voir plus
Source : lespressesdureel.com; Photo Allen-S.-Weiss-Photo-©-François-Flohic
Ajouter des informations
étiquettes
Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Amakir   29 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Pour réussir les nuages, le secret réside dans le pinceau-encre. Il faut manier le pinceau de façon extrêmement légère et rapide. Il faut que les effets de l'encre soient variés, tantôt secs, tantôt mouillés. L'encre est "mouillante" pour suggérer le "pied" des nuages, lequel s'efface peu à peu sans plus laisser de trace. L'encre est "frottante" pour montrer la "tête" des nuages qui semble à la fois avaler et cracher. Que les traits tracés soient capables d'épouser toutes les formes de nuages, de ceux qui s'arrêtent au-dessus d'une vallée comme pour l'inspirer, de ceux qui voguent vers le pic lointain comme pour l'embrasser.



T'ang Tai. Nuages et montagnes.
Commenter  J’apprécie          102
Amakir   07 septembre 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
J'ai été éperdu de reconnaissance à l'égard de cet état d'esprit qu'ont les japonais de ne pas hésiter à consacrer des siècles pour transmettre la beauté dans un seul arbre.



Kawabata Yasunari

Préface : l'image de Kyôto - tout au fond de mon cœur.
Commenter  J’apprécie          90
Amakir   17 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Éloge de la pluie



Kyoto est particulièrement pluvieuse l'été, ce qui contribue à sa poésie, et à la beauté de ses jardins. [...]

La pluie [...] est bien autre chose qu'une précipitation d'eau (sa forme objective). Telle pluie ne tombe qu'en telle saison, voire à tel moment de la journée, parce qu'elle est inséparable de tout un monde de sensations, d'émotions, d'évocations dont l'enchaînement plus ou moins codifié l'enclave dans un certain paysage. La langue japonaise reflète ces nuances.



Augustin Berque
Commenter  J’apprécie          82
Amakir   06 septembre 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Autrement zen



Nicolas Bouvier - auteur fétiche des voyageurs- désacralise le mythe du zen, une manière de garder sa liberté, d'assurer son ouverture au monde, d'exalter sa passion du voyage. Désavouer le zen, c'est peut-être le comble du zen !



---



Les temples zen sont à la fois des sites de méditation, de magie, de dévotion, de savoir, de curiosité, de créativité, d'érudition, et même de commerce, d'amusement et de profanation. On y trouve ce qu'on y cherche.



Allen S. Weiss
Commenter  J’apprécie          80
Amakir   26 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Le clair de lune obscurci.



Etsujin nous livre une double tristesse. La pleine lune du milieu de l'automne est le symbole du "mono no aware", signifiant la mélancolie des choses qui passent, le chagrin de l'impermanence.

Mais que cette lune déjà maussade soit dissimulée par les nuages est accablant.

Lune de pluie

Mais venue je ne sais d'où

Une vague lueur



Etsujin



---

Un des plus beaux rites au Japon est un festival où l'on contemple la lune d'automne. [...] On boit à la fois le saké et la lune !



Allen S. Weiss
Commenter  J’apprécie          70
Amakir   01 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Choses inspirantes



Au printemps, c'est l'aurore que je préfère. La cime des monts devient peu à peu distincte et s'éclaire faiblement. Des nuages violacés s'allongent en minces traînées.

En été, c'est la nuit. J'admire, naturellement, le clair de lune ; mais j'aime aussi l'obscurité où volent en se croisant les lucioles. Même s'il pleut, la nuit d'été me charme.

En automne, c'est le soir. Le soleil couchant darde ses brillants rayons et s'approche de la crête des montagnes. Alors les corbeaux s'en vont dormir, et en les voyant passer, par trois, par quatre, par deux, on se sent délicieusement triste. Et quand les longues files d'oies sauvages paraissent toutes petites ! C'est encore plus joli. Puis, après que le soleil a disparu, le bruit du vent et la musique des insectes ont une mélancolie qui me ravit.

En hiver, j'aime le matin, de très bonne heure. Il n'est pas besoin de dire le charme de la neige ; mais je goûte également l'extrême pureté de la gelée blanche ou, tout simplement, un très grand froid ; bien vite, on allume le feu, on apporte le charbon de bois incandescent ; voilà qui convient à la saison. Cependant, à l'approche de midi, le froid se relâche, il est déplaisant que le feu des brasiers carrés ou ronds se couvre de cendres blanches.



Sei Shônagon

Dame de compagnie de l'Impératrice (966-1013)

Notes de chevet
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
Amakir   02 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Au pied des cerisiers.



Ils arrivèrent au Hashudono, "le palais sur le pont". [...] Comme le disait son appellation exacte : "le pavillon de sérénité". [...]

Le regard survole l'étang, pour se perdre en une contemplation du jardin dans sa plénitude. En vérité non, car le jardin n'existe pas sans l'étang.

[...]

- Shin.ichi, Shin.ichi ! Ici ! dit Chieko, s'asseyant la première, et elle lui désigna une place à sa droite. [...]

Le faisant s'asseoir, elle se leva. "Je vais acheter de la nourriture pour les carpes."

Revenue, elle en jeta dans l'étang. Les carpes affluèrent aussitôt, quelques-unes, dans leur précipitation, soulevant les autres hors de l'eau. Un cercle de petites vagues s'élargit. Le reflet des pins et des cerisiers tressaillit.

[...]

Ils restèrent ainsi un long moment, assis. Shin.ichi fixait la surface de l'eau, le visage serein.

"À quoi penses-tu ? Entendit-il Chieko lui demander.

- Heu, à rien. Il y a des moments de bonheur où l'on ne pense à rien, tu ne crois pas ?



Kawabata Yasunari (1899-1972)

Prix Nobel en 1968.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Amakir   23 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Une utopie provisoire



À Kyoto, tout redevient forme et mélodie.

[...] Tout fait de la ville un havre de paix au milieu de la tempête. [...] Malgré la tourbe des tourments, on est heureux, serein. [...] Le séisme a suspendu le temps, l'a renversé, amplifiant démesurément le désir de vivre.

[...] Oui, il s'agit d'ouvrir la chance, de profiter de l'aubaine, de cette éclaircie nommée Kyoto dans le désastre noir venu du Nord - et qui se répand.



Fukushima. Récit d'un désastre. Michaël Ferrier.

--



Ce moment de répit à Kyoto donne à l'auteur-narrateur l'occasion de réfléchir, et de se décider à faire son propre voyage dans le Nord. [...]

Tout en comprenant les réticences à décrire les catastrophes, dues à l'impuissance du langage face à la souffrance extrême, sa conclusion [...] est qu'en parler est quand même nécessaire. [...]

L'existence d'une fleur ou d'une personne est éphémère ; celle d'une ville aussi.



Allen S. Weiss
Commenter  J’apprécie          50
Amakir   06 septembre 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Le pavillon d'or, une beauté inouïe.



Le sens aigu des aveugles.

À mesure que s'imposait davantage à mon souvenir l'image de ce qui avait été pour moi la Beauté, l'ombre se voyait rejetée en arrière, comme un fond sur lequel pût à loisir se dessiner mon mirage. La noire silhouette dissimulait tout entier dans ces formes ce qui pour moi était le Beau. Grâce aux puissances du souvenir, de fines parcelles de Beauté se mirent à jaillir, à scintiller dans l'ombre, une seule d'abord puis une autre ; et puis il y en eut partout. Finalement, dans l'éclairage de cette heure étrange dont on ne sait si elle est jour ou nuit, le Pavillon d'Or, par degrés, se précisa jusqu'à se découper, étonnamment net, dans le champ de mon regard. Jamais comme à cet instant sa fine silhouette ne m'était apparue si parfaite, si lumineuse jusqu'en ses moindres replis. C'était comme si j'avais acquis le sens aigu des aveugles.
Commenter  J’apprécie          50
Amakir   18 août 2019
Le goût de Kyoto de Allen S. Weiss
Ugetsu (la pluie et la lune)



Un soir, pendant un de ses longs voyages, le poète Saigyô arriva devant une maison solitaire et délabrée au fond de la forêt, là où habitait un vieux couple. Il leur demanda de lui faire la faveur de le loger pour la nuit, mais le vieil homme répéta avec insistance que leur logement serait indigne de lui, tandis que sa femme, voyant que le voyageur était un moine bouddhiste, voulait l'accueillir. À vrai dire, leur but n'était pas du tout apte à recevoir qui que ce soit, [...] alors que la vieille dame aimait tellement le clair de lune qu'elle ne voulait pas faire réparer un grand trou dans le toit, son mari, au contraire, adorait écouter la belle musique de la pluie sur le toit [...]. Fallait-il choisir la lune ou la pluie ? L'automne, la plus belle saison pour contempler la lune, était arrivé. Mais c'est également la saison des douces pluies. Étant donné ce désaccord, il ne serait pas possible de recevoir un étranger, alors ils s'exclamèrent :

Notre humble hutte,

Faut-il la couvrir de chaume ou non ?

Saigyô répondit : "Voilà un poème à moitié composé !" Ce à quoi ils répondirent : "Si vous connaissez la poésie, complétez la strophe et en échange nous vous logerons". Sans hésitation il continua :

Le clair de lune doit-il ruisseler ?

La pluie doit-elle crépiter ?

Nous sommes partagés,

Et cette humble hutte,

Faut-il la couvrir de chaume ou non ?

Ainsi se fit-il inviter à passer la nuit, et au fur et à mesure que la nuit avançait, la lune brillait de plus en plus fort, illuminant les montagnes lointaines et entrant jusque dans la pièce. Et tout d'un coup il entendit l'orage qui approchait. Mais non, c'était des feuilles mortes qui fouettaient le toit, sous un ciel toujours clair. Une averse de feuilles au clair de lune.

Saigyô s'endort, le couple disparaît, et dans un rêve un "kami" (esprit) lui révèle qu'en fait le vieil homme est le dieu de Sumiyoshi, et par l'intermédiaire d'un prêtre possédé il lui divulge les secrets de la poésie.



Komparo Zenchiku (1405-1470)

Adapté par Allen S. Weiss
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Acheter les livres de cet auteur sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox



Quiz Voir plus

Sale temps !

Poème de Pierre Corneille

Orage, Oh désespoir !
Orage et désespoir !
Ô rage ! ô désespoir !

12 questions
33 lecteurs ont répondu
Thèmes : poésie , fables , littérature , films , chanson françaiseCréer un quiz sur cet auteur