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Citations de Alvaro Mutis (91)


Alvaro Mutis
Sachka   25 janvier 2021
Alvaro Mutis
Sonata (2)

Por los árboles quemados después de la tormenta.
Por las lodosas aguas del delta.
Por lo que hay de persistente en cada día.
Por el alba de las oraciones.
Por lo que tienen ciertas hojas
en sus venas color de agua
profunda y en sombra.
Por el recuerdo de esa breve felicidad
ya olvidada
y que fuera alimento de tantos años sin nombre.
Por tu voz de ronca madreperla.
Por tus noches por las que pasa la vida
en un galope de sangre y sueño
Por lo que eres ahora para mí.
Por lo que serás en el desorden de la muerte.
Por eso te guardo a mi lado
como la sombra de una ilusoria esperanza.

Pour les arbres brûlés après la tourmente.
Pour les eaux boueuses du delta.
Pour ce qui demeure de chaque jour.
Pour le petit matin des prières.
Pour ce que recèlent certaines feuilles
dans leurs veines couleur d'eau
profonde et sombre.
Pour le souvenir de ce bonheur bref
et déjà oublié
qui fut mon aliment de tant d'années sans nom.
Pour ta voix de nacre rauque.
Pour tes nuits où transite la vie
en un galop de sang et de rêve.
Pour ce que tu es aujourd'hui pour moi.
Pour ce que tu seras dans le tumulte de la mort.
Pour cela je te garde à mon côté
comme l'ombre d'un illusoire espoir.

Álvaro Mutis, Los trabajos perdidos, Era Mexico, 1965.
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andman   27 avril 2014
Ilona vient avec la pluie de Alvaro Mutis
Elle regardait son interlocuteur dans les yeux mais ce n’était pas lui qu’elle fixait. En fait, elle semblait chercher avec une astuce patiente et secrète, cet autre être qui nous accompagne toujours et ne monte à la surface que lorsque nous sommes seuls, pour transmettre certains messages, effacer des certitudes fragiles et nous laisser en proie à d’inavouables perplexités.
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andman   23 avril 2014
Ilona vient avec la pluie de Alvaro Mutis
Elle avait la rare vertu de transmettre le bonheur, de le faire éclore à chaque instant, comme ça, gratuitement, sans aucune raison, parce qu’il était en elle, dans ses gestes, dans son rire, dans son amour des gens, des animaux, des couchers de soleil sous les tropiques, des occupations et préoccupations des hommes qui étaient toujours inexplicables et enfantines pour elle.
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Bookycooky   24 mars 2019
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Une bande de perroquets passe dans le ciel en émettant un charabia joyeux qui se perd dans le lointain, telle une promesse de bonheur et de disponibilité sans limites.
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Herve-Lionel   23 novembre 2015
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Irréfléchie, toujours à contre-courant, toujours nuisible, toujours étrangère à ma véritable vocation, mon errance est sans remède.
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Lazlo23   04 octobre 2015
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Je m'assieds à l'avant, les jambes pendant au-dessus de l'eau qui m'éclabousse et m'apporte une sensation de fraîcheur qu'en d'autres circonstances j'aurais appréciée plus pleinement. Je pense aux factories et à la mauvaise surprise qu'elles occultent, que je pressens et à propos de laquelle personne n'a voulu me fournir de détails. Je pense à Flor Estevez, à son argent sur le point d'être précipité dans une aventure lourde de mauvais présages, je pense à mon habituelle maladresse pour aller de l'avant dans ce genre d'entreprise, et soudain je me rends compte que tout cela ne m'intéresse plus depuis bien longtemps. Penser à cela me procure un ennui combiné à la culpabilité paralysante de qui sait ne plus être concerné par l'affaire et cherche uniquement la façon de se libérer d'un engagement qui empoisonne chaque minute de sa vie. Cet état d'âme m'est plus que familier. Je sais très bien comment fausser compagnie à l'anxiété et au sentiment d'être en faute qui m'empêchent de profiter de ce que la vie m'offre chaque jour en récompense précaire de mon entêtement à demeurer auprès d'elle.
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Walden-88   10 juin 2016
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Sur les mines de Cocora :

Et moi qui suis un homme de la mer, pour qui les ports n'étaient que prétexte transitoire à d'éphémères amours et à bagarres de bordels ; moi dont la chair est encore bercée par le tangage du hunier tout en haut duquel je grimpais pour scruter l'horizon et annoncer les tempêtes, l'approche de la terre, les troupeaux de baleines et les bancs de poissons vertigineux qui venaient à nous comme un peuple ivre ; moi, je suis demeuré ici pour m'enfouir dans la fraîche obscurité de ces labyrinthes où circule un air souvent tiède et humide qui apporte des voix, des lamentations, d'interminables et opiniâtres travaux d'insectes, des battements d'ailes d'obscurs papillons, le cri d'un oiseau égaré au fond des galeries.
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Unhomosapiens   21 novembre 2020
Un bel morir de Alvaro Mutis
- Fais gaffe à la dynamite mon garçon. C'est comme les femmes. On ne sait jamais quand ni pourquoi elles explosent.
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JiLau   22 août 2013
Ilona vient avec la pluie de Alvaro Mutis
Nous nous embrassâmes puis, sans dire un mot, nous allâmes nous asseoir au petit bar qu'il y avait dans le jardin, protégé par une marquise envahie de vigne vierge. Elle commanda deux vodka-tonic. Elle me regarda pendant un moment qui me sembla interminable. Puis elle me dit sur un ton ou s'était glissée une inquiétude presque compatissante :
- Je vois. Les choses ne vont pas bien, n'est ce pas ? Non, ne me raconte rien maintenant. Nous avons tout le temps du monde pour en parler. Ce qui m'inquiète c'est de te rencontrer à l'endroit précis ou tu n'aurais jamais dû échouer. Ici, il faut être de passage, c'est tout. Seulement de passage. Mais, dis moi, là, au-dedans, tu sais ce que je veux dire, là, au fond, ou tu gardes tes secrets, comment ça va ?
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PhilippeSAINTMARTIN   08 octobre 2020
Les carnets du palais noir de Alvaro Mutis
Libéré de l'angoisse infinie de son existence et de l'uniforme toujours trop grand qui le faisait paraître plus misérable encore, il révélait dans la nudité de son cadavre comme un témoignage secret de son être qu'il n'avait plu transmettre durant sa vie et qu'il avait souvent cherché à exprimer par les chemins de l'héroïne où il s'était irrémédiablement perdu. La bouche était demeurée entrouverte dans un mouvement semblable à celui des asthmatiques qui cherchent péniblement de l'air ; mais en la regardant de plus près, on voyait qu'un pli de la lèvre supérieure découvrait en partie les dents. Un mélange de sourire et de sanglot semblable au spasme du plaisir. Il portait sur le côté gauche une blessure aux lèvres épaisses d'où gouttait encore un filet de sang noir qui avait la consistance de l'asphalte.
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Walden-88   10 juin 2016
La dernière escale du Tramp Steamer de Alvaro Mutis
Les hommes, pensais-je, changent si peu, continuent d'être tellement eux-mêmes, qu'il n'existe qu'une seule histoire d'amour depuis la nuit des temps, qui se répète à l'infini, sans perdre sa terrible simplicité, son irrémédiable infortune.
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Malise   16 octobre 2012
Et comme disait Maqroll el Gaviero de Alvaro Mutis
Je pense aux cercueils, à leur odeur pénétrante de pin vert hâtivement façonné, à leur charge flasque et laiteuse de sucs en décomposition, et aux éclatements du bois frais qui se répercutent dans la nuit des caveaux comme les coups de feu d'un chasseur ivre.
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amartia   02 août 2012
Un bel morir de Alvaro Mutis
Tandis qu'il suivait le lit du torrent, une sourde inquiétude envahissait Maqroll. La présence d'un danger indéfinissable bien que manifeste le replongea dans cet état d'esprit qui lui était si familier, cet abattement, cette monotone lassitude qui lui donnait envie de s'avouer vaincu, d'arrêter là la course de ses jours, tous immanquablement marqués du sceau de ces entreprises où c'étaient toujours les autres qui menaient la danse et y trouvaient leur profit en le faisant passer, lui, pour l'innocent instrument au service des projets d'autrui.
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Walden-88   11 juin 2016
Ecoute-moi, Amirbar de Alvaro Mutis
Je l'ai interrompu pour lui demander si chaque mine, dans cette région, avait obligatoirement une histoire sinistre. A ma grande surprise, il m'a répondu avec le plus grand naturel :
" Oui patron, chaque mine a ses défunts. C'est comme ça. Un Indien qui vivait ici et qui était un peu sorcier disait qu'il n'y a pas d'or sans défunt ni de femme sans secret."
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Pirouette0001   15 décembre 2018
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Bien que je finisse toujours par me consoler en pensant que le jeu en vaut la chandelle et qu'il n'est besoin de chercher autre chose que le plaisir de courir le monde sur des chemins qui, au bout du compte, se ressemblent tous. Malgré tout, cela vaut la peine de les suivre pour chasser l'ennui et la mort, la nôtre, celle qui nous appartient vraiment et attend que nous sachions la reconnaître et l'adopter.
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patatarte2001   14 septembre 2017
Les carnets du palais noir de Alvaro Mutis
La lettre d'Octavio m'a fait un bien immense. Une des choses que vous apporte la prison est de savourer de nouveau, comme quand nous étions enfants, toute l'affection ou l'intérêt que quelqu'un peut vous manifester. Ce qui, à l'extérieur, serait probablement pris comme une simple marque de cordialité ou de sympathie née d'un moment d'enthousiasme, prend ici un caractère précieux, plein d'échos secrets et de ramifications sentimentales.
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taganga2000   22 décembre 2018
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Apprendre, par-dessus tout, à se méfier de la mémoire. Ce que nous croyons évoquer est tout à fait étranger et différent de ce qui nous est vraiment arrivé. Combien de moments pénibles et irritants, ennuyeux, la mémoire nous renvoie-t-elle, des années plus tard, comme des instants de bonheur éclatant. La nostalgie est le mensonge grâce auquel nous nous approchons plus vite de la mort. Vivre sans souvenirs, c'est peut-être là le secret des dieux.
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patatarte2001   12 septembre 2017
Les carnets du palais noir de Alvaro Mutis
La pluie est devenue diluvienne. Elle inondait le sol et rebondissait sur la boue fumante. Elle lavait les murs de pouzzolane...ruisselait sur les imperméables en caoutchouc luisants des gardiens, la tour métallique rouge du polygone, les cours, les cuisines. Insistante, en torrents joyeux, elle a commencé à emporter toute la misère de nos journées, toute la cruauté, la faim, le délire, la sourde et mesquine fureur de nos gardiens. Elle emportait tout et nous n'étions plus séparés du vent vagabond, qui court entre les constructions compliquées de Lecumberri, que par l'eau transparente tombant du plus haut du ciel, du lieu lointain où nous attendait la liberté, telle une louve rageuse qui cherche ses enfants....
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sweetie   13 mars 2014
La neige de l'amiral de Alvaro Mutis
Savoir que personne n'écoute personne. Que personne ne sait rien de personne. Que la parole est, en elle-même, un mensonge, un piège qui recouvre, déguise et ensevelit l'édifice précaire de nos rêves et de nos vérités, qui sont tous marqués du signe de l'incommunicabilité.
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JiLau   22 août 2013
Ilona vient avec la pluie de Alvaro Mutis
Les crises comme celles que tu viens de traverser ont cela de très mauvais qu'elles sapent cette confiance dans le hasard, cette foi en l'inatendu qui sont les conditions essentielles pour aller de l'avant. Laisse faire les choses, le clé est cachée en elles.
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