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Citations de André Langevin (13)


André Langevin
Le monde conserve encore assez de beauté pour en garder l'espérance.
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André Langevin
Pour moi la liberté, c'est de pouvoir se rendre au bout de son bonheur.
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Veille de Noël. Les petites lampes des sapins apparaissent dans le demi-jour comme de médiocres taches de lumière. La gigantesque mise en scène de Noël n'est plus qu'un décor troué et lacéré sur une scène abandonnée. Cela fait lendemain de fête, avec un peu d'amertume et la tristesse de sentir que les choses sont si peu éternelles. Pourtant, les promeneurs sont nombreux des deux côtés de la rue Green, les bras embarrassés de colis, les visages fatigués, nerveux. Pendant une nuit, ils se tiendront éveillés à penser qu'il leur faut être heureux et le sommeil viendra avant le bonheur. Les enfants eux-mêmes ne croiront pas longtemps à l'illusion. Le petit cheval aura déjà perdu une patte demain.
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Je n'ai jamais trouvé vulgaire ce goût qu'a Madeleine pour la romance. Je ne comprends pas que ce goût soit si vif, comme je ne comprends pas son exaltation au cinéma. Mais elle y met une telle spontanéité que je crois que cela correspond à quelque chose d'intérieur chez elle.
Ce n'est pas de la sentimentalité. Elle ne goûte pas tellement la chanson elle-même, ou le film, que l'état de disponibilité où ils la mettent, un peu comme le ferait l'alcool. Cela appartient à cette part de son être que je n'atteins pas. Ce goût n'est pas vulgaire mais il a besoin d'un autre milieu que le mien pour s'épanouir.
Madeleine vit plus intensément dans un restaurant comme celui de Kouri, ou dans la rue, parmi les mineurs, qu'à la maison. Elle a conservé de son milieu ouvrier un étonnant instinct d'imprudence, la liberté de jouer son va-tout à l'instant, parce que possédant peu ou rien. C'est un terrain où je ne peux la suivre avec naturel. D'une famille de petits bourgeois, je n'ai pas d'inclination pour les départs subits, les mains vides, et sans but. Le risque, pour moi, n'est pas nécessairement total. J'ai le sens de la mesure, une qualité qui ne séduit aucunement Madeleine, qui lui apparaît un peu comme de l'avarice.
L'animal en liberté n'amasse pas, ne tient à rien qu'à sa nourriture du moment. Madeleine de même. Pour employer un mot qui amènerait un sourire dédaigneux sur ses lèvres, elle sera toujours prolétaire. C'est à l'instant même qu'il lui importe d'être satisfaite, non pas dans un avenir problématique. Je l'ai aimée à cause de cela surtout, dangereusement peut-être. Elle était pour moi tout l'exotisme.
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- Le travail dure depuis longtemps ?
- Douze heures.
Une famille de la campagne. On a le temps d'y compter les heures en hiver. En ville on en mettrait plus pour me faire lever. A la campagne, le chiffre est exact parce qu'ils attendent toujours à la dernière minute. L'accouchement ne leur tire pas d'émotion. Un phénomène naturel. Et ils en voient de ces phénomènes-là dans la même année.
- Un premier enfant ?
- Oui
- Alors, ne vous inquiétez pas. Cela peut durer quelques heures encore.
- Les eaux sont crevées. Les douleurs viennent toutes les cinq minutes depuis deux heures.
Observations froides. A la fois une remontrance et une atteinte à ma dignité de médecin. Elle veut signifier qu'on ne m'a pas appelé inutilement et qu'on connait aussi bien que moi les étapes de la gésine.
- Elle perd du sang.
La bonne femme a gardé pour la fin ce mot rouge qui éclaire tout d'un jour différent. Elle eût préféré que je répète que ce n'était pas grave avant de me l'asséner. Mais j'ai les réflexes lents et parler me demande un considérable effort. Je demande où elle demeure et je promets de m'y rendre. C'est à trois milles de la ville, derrière l'hôpital où ils ne consentiraient à conduire la parturiente qu'à demi morte.
Pour eux, l'hôpital, avec son équipement moderne, les blouses et les masques blancs, est le vestibule du cimetière. Ils craignent plus les instruments et les tampons stérilisés que les linges à peine trempés dans l'eau bouillie dont il faut nous servir chez eux pour étancher le sang.
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Pour moi la liberté c’est de pouvoir se rendre au bout de son bonheur.
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Elle était assise en face de moi, glaciale et hors d'atteinte, et nous nous touchions quand même. Nous sommes liés par trop de fibres encore pour l'impassibilité. Feinte son indifférence, simulée ma stu-peur. La brisure n'est qu'amorcée et nous n'avons rien fait encore pour nous retrancher véritablement l'un de l'autre. La chair ne consent pas.
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Peut-être reviendra-t-elle, nous nous parlerons. Le langage a encore des possibilités. Nous expliquer. Quand on met des mots sur les choses, elles s'édulcorent un peu, elles deviennent plus familières et, peut-être, s'abolissent à la fin. On peut se laisser prendre aux mots, accepter leur écran.
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Ce doit être cela la maturité, sentir ses chaînes tout à coup et les accepter parce que de fermer les yeux ne les abolit pas.
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Ah! je ne savais pas qu'elle pouvait encore m'assassiner. Je me croyais mort déjà. Les morts souffrent plus que les vivants.
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André Langevin
Il faut beaucoup de simplicité pour aimer.
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Il s'étendit dans la neige et respira profondément la bouche ouverte. Le frisson durait toujours. Il dit en se relevant :
— Le mieux est de continuer à marcher.
Une pente raide, où le vent avait amoncelé plusieurs pieds de neige, descendait jusqu'au lac. Laurier s'y engagea en courant, mais la neige le happa et il continua en rampant à demi. Dupas le rejoignit.
— Passe derrière moi. Je ferai un chemin.
Laurier ne répondit pas. Il passa devant. Quand ils atteignirent le lac, Laurier se traînait à quatre pattes. Il avait perdu son bonnet de fourrure. La neige le recouvrait d'un masque, rosé là où était la bouche. Parvenu à côté de Dupas il s'étendit complètement sur le ventre, le visage dans la neige. Dupas attendit un moment, puis il le retourna sur le dos. Il avait les yeux hagards. Il soufflait sans arrêt. Dans sa poitrine l'air crépitait.
Dupas enleva ses moufles et lui essuya le visage. Le passage de l'air dans sa bouche était gêné par un voile d'écume rosé. Il l'en libéra.
Dupas enfin se coucha à ses côtés. Ses membres étaient rigides. Le moindre mouvement lui coûtait un effort insensé et il ne parvenait pas à alléger sa poitrine d'un poids qui l'oppressait. Le vent chassait des tourbillons de neige au-dessus d'eux. Il ferma les yeux et la panique lui étreignit le cœur. Il allait mourir ainsi, allongé à côté de Laurier, mourir de froid, de faim, enseveli sous la neige. La mort était ce grand espace blanc qui se dilatait dans sa tête, le faux sommeil qui le tirait par derrière, la torpeur de tout son corps. La mort s'offrait, séduisante, facile, glacée. Il n'avait qu'à se laisser couler, à s'abandonner. La mort monterait de ses pieds, lentement et il ne sentirait rien qu'un bienfaisant engourdissement. Elle monterait avec son sang, goutte à goutte. Il pourrait même la regarder venir les yeux ouverts. Il pourrait se pencher au-dessus d'elle pour la voir progresser. Une mort blanche, tendre, pacifiante.
Laurier parlait à côté de lui. Il essaya d'entendre, mais il ne comprit pas. Laurier délirait. Les mots lui sortaient de la bouche comme une respiration gelée. Ils n'avaient aucun sens. Les derniers mots qui lui restaient sur le cœur. Ils sortaient pour faire place à la mort qui montait en lui aussi, enveloppée de l'écume rosé
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