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Note moyenne 4.41 /5 (sur 79 notes)

Nationalité : Russie
Né(e) à : Moscou , le 26/10/1880
Mort(e) à : Moscou , le 08/01/1934
Biographie :

Boris Nikolaïevitch Bougaïev, connu sous le pseudonyme d'Andreï Biély ou André Bély est un poète et écrivain russe.

Andreï Biély est considéré comme l'un des plus grands écrivains russes du XXe siècle. Il a eu une forte influence sur la langue russe moderne, un peu comme James Joyce sur l’anglais, et Goethe sur l’allemand. Avec son ami, Alexandre Blok, il fut un des chefs de file de la seconde génération symboliste en Russie.

Très doué et instruit dans plusieurs disciplines dont les mathématiques, les sciences naturelles, la philosophie, il était aussi musicien et dessinateur. Son nom a été donné à l'un des principaux prix littéraires russes, le prix Andreï Biély.

Principales œuvres sont :

Symphonie dramatique (1902)
Symphonie héroïque (1903)
La Symphonie nordique (1904)
Le Symbolisme comme vision du monde (1904)
Le Retour (1905)
Urnes (1909) recueil en vers
Cendres (1909) recueil en vers
La Colombe d'argent (1909)
Arabesques (1911) recueil d'articles
Kotik Létaïev (1915)
Pétersbourg (1916/1922)
Glossolalie (1917)
Christ est ressuscité (poème, 1918)
Carnets d'un Toqué (entrepris en 1918, et publié en 1922)
Le Chinois baptisé (1922)
Souvenirs sur A. Blok (1922)
Moscou (1926)
Souvenirs sur Rudolf Steiner (1929)
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Source : Wikipédia.fr
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Bibliographie de Andréi Biely   (13)Voir plus

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Rencontre en ligne avec Georges Nivat, à l'occasion de la parution, aux Éditions des Syrtes, de Kotik Letaïev, d'Andreï Biely. Enregistrée le 10 juin 2021 *** Paru en 1917, Kotik Letaïev est une autobiographie poétique, épopée intérieure de l'enfance sur les trois premières années de la vie de son auteur, Andreï Biely. le héros, Kotik (diminutif de Konstantin qui signifie également chaton) Letaïev est un enfant précoce qui, depuis son plus jeune âge est familiarisé avec les trésors de la culture. Un jour, poussé par une nostalgie toujours plus grande, il part vers l'inconnu. le récit, à la première personne, a d'une part le charme naïf d'un discours enfantin au travers duquel se recompose la ville Moscou de la fin du XIXe siècle, et d'autre part l'inquiétant surréalisme d'un parcours initiatique conduisant sa victime par le dédale des mythes. Adepte de la théosophie de Steiner, l'écrivain, alors âgé de 35 ans, se sent revivre sa première naissance. Il couche cette expérience sur papier, avec comme résultat ce récit hors du commun, qui commence dès avant la naissance, dans le ventre de sa mère. *** Georges Nivat est historien des idées et slavisant, traducteur spécialiste du monde russe. Professeur honoraire à l'université de Genève, il a été l'un des traducteurs d'Alexandre Soljenitsyne. *** KOTIK LETAÏEV, d'Andreï Biely Roman traduit du russe par Georges Nivat 416 pages - 20 €

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Citations et extraits (55) Voir plus Ajouter une citation
Vingt-quatre heures ont passé! Ces vingt-quatre heures de notre narration ont enflé et elles ont envahi les espaces de l'âme. Le regard de l'auteur s'est perdu dans ces espaces. Pesants comme du plomb, les jeux cérébraux ont lentement cheminé sur un cercle fermé, laborieusement, inexorablement tracé par nous-même, au cours de ces vingt-quatre heures. La nouvelle du retour d'Anna Pétrovna avait voleté, on ne sait d'où. Nous avions oublié qu'Anna Pétrovna était revenue.
Ah ces vingt quatre-heures! Autrement dit, un jour: c'est un concept tout relatif, où un instant, c'est-à-dire la mesure minimale d'un événement perceptible à l'âme, peut durer aussi bien une heure que rien du tout. Les perceptions de l'âme grandissent ou s'annulent en un instant. Le retour d'Anna Prétovna est un fait, un fait d'importance. Nous auteur, nous avons oublié Anna Prétovna et, comme il arrive toujours, les héros du roman l'ont oubliée autant que nous.
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...là-bas, loin, bien loin, par temps clair, on voyait étinceler la flèche dorée de l'Amirauté, les nuages, le rayon pourpre du couchant; là-bas par temps de brume, on ne distinguait plus rien, plus personne.
Or là-bas, ce n'étaient que lignes: la Néva, les Iles. Probalement, en ces temps lointains où se levaient des marais moussus les hautes toitures, les mâts, les flèches des clochers perçant de leur dentelure la moississure verdâtre du brouillard, depuis les mers baltes et allemandes, sur sa voilure d'ombre cingla vers Pétersbourg le Hollandais Volant, afin d'ériger ici le mirage des ses possessions brumeuses et de baptiser îles la vague des nuages qui accouraient, menaçants.
Apollon Apollonovitch n'aimait pas les Iles: la population y est manufacturière, grossière; le grouillant essaim humain s'y écoule chaque matin vers les fabriques hérissées de cheminées; les habitants des Iles entrent pourtant dans les statistiques de l'Empire; même eux sont recensés.
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Elle avait un teint extraordinaire. C’était un teint... ah ! Un teint de nacre avec les reflets roses et blancs de la fleur du pommier.
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SPOILERS

Sa crise aiguë de folie apparaissait sous un jour nouveau. Il avait maintenant conscience d'être vraiment fou. Sa folie était comme le compte rendu que ses organes sensoriels délabrés faisaient à son moi conscient. Chichnarfné n'était qu'un anagramme mental. Ce n'était pas Chichnarfné qui le poursuivait et le persécutait, mais ses propres organes qui pourchassaient son moi. L'alcool et l'insomnie rongeaient sa complexion corporelle. Le corps était lié aux espaces. Et quand le corps avait commencé à se désagréger, les espaces s'étaient fissurés. Dans les fissures, entre les sensations, les bacilles s'étaient infiltrés; et les espaces s'étaient mis à grouiller de spectres...Qui était "Chichnarfné"? C'était l'envers d'un rêve abracadabrant, l'envers d'Enfranchiche; c'était un cauchemar né de la vodka. Ainsi Enfranchiche et Chichnarfné n'étaient que deux étapes dans l'étyhlisme.
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Sur le roc retombèrent en tintant les sabots métalliques; le coursier s'ébroua: naseaux qui fument dans le brouillard incandescent. Le profil du Cavalier d'Airain se pencha sur le dos du Cheval. Un éperon sonore griffa le flanc de métal.
Et le coursier s'arracha du roc.
Un martèlement pesant et sonore courut sur le pont qui menait aux îles. Le Cavalier d'Airain passa au galop. Les muscles de ses bras métalliques étaient contractés. Le pavé sonnait sous les sabots. Un hennissement éclata comme un rire: on eût dit le sifflet déchirant d'une locomotive. L'haleine des naseaux noya la rue d'une vapeur blanche et brûlante. Sur son passage, les chevaux, en renâclant, se jetaient de côté et les passant fermaient les yeux.
Défilèrent les avenues, puis un quai de la rive gauche, débarcadères, cheminés de bateaux, amoncellement grisâtre de sacs de chanvre; défilèrent les terrains vagues, les péniches, les palissades, les bâches, les innombrables maisonnettes. Au bord de la mer, aux confins de la ville, brilla la façade d'un estaminet turbulent.
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Imaginez qu’on vous attache par le milieu du corps à un câble, que l’on fasse tourner ce câble à une vitesse vertigineuse; vous tournerez en cercles de plus en plus vastes, dessinant une spirale dans l’espace, la tête en bas, de plus en plus vite. Et vous volerez dans les immensités cosmiques, vainqueur des espaces, devenu vous-même espace.
Vous serez emporté par cet ouragan, quand votre corps, comme un lest inutile, sera rejeté.
Imaginez qu’un point de votre corps éprouve le besoin de se distendre démesurément, effroyablement, et d’occuper un diamètre égal à l’arbitre de Saturne.
Imaginez que vous percevez de la sorte non pas un seul point de votre corps mais tous les points de votre corps. Tous ont gonflé; tous se sont dilatés jusqu’à l’état gazeux. Les planètes évoluent librement entre les vides des molécules du corps. La sensation centripète est abolie. Nous sommes alors éparpillés en particules. Et il ne reste plus d’intact que la conscience de nos sensations disloquées.
Que ressentirions-nous alors?
Nous sentirions que nos organes sont séparés les uns des autres par d’effroyables milliards de kilomètres. Mais la conscience unifierait ce scandale criant en un sentiment de désintégration simultanée: dans la colonne vertébrale, nous sentons le bouillonement des masses saturniennes, dans le cerveau pénètrent les étoiles des constellations; au centre du coeur palpitant nous percevons les battements douloureux, incohérents, d’un soleil tellement vaste que les flots de feu déversés par le vrai soleil n’en atteindraient pas la périphérie si jamais le soleil avait pénétré dans ce centre ardent aux battements douloureux et incohérents.
Si nous pouvions nous représenter tout cela, alors surgiraient devant nous les premières étapes de la vie de l’âme, une fois qu’elle a rejeté le corps.
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Andréi Biely
u te dresses sur ton lit
Ensanglanté par le couchant,
Le regard perdu,
Sur l’oreiller défait…
Dis-moi, que veux-tu?
Sur l’oreiller défait…
Dis-moi, que veux-tu?
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…le terne soleil se ternissait, et la lumière grésillait comme les milliers d’insectes dans le pré ; déjà le soleil s’inclinait, et des sons fêlés flottaient à la suite de Darialski ; ils brisaient l’étang en une multitude d’éclats ; éclats-éclaboussements, comme si des colombes d’argent-dans l’eau, dans le ciel ?-s’étaient envolées quand un souffle de vent avait ridé l’étang, quand l’air pur avait frémi comme un voile vert.
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Andréi Biely
À mes amis
À N.I. Petrovskaïa



Il croyait à l'éclat de l'or
Et les flèches du soleil l'ont tué,
Sa pensée mesurait les siècles,
mais sa vie fut un échec.

Ne vous moquez pas du poète mort :
Apportez-lui une fleur.
Sur la croix, été comme hiver,
Le vent agite ma couronne de faïence.

Les fleurs sont brisées,
L'image sainte a pâli,
Lourdes sont les ailes —
J'attends qu'on vienne les enlever.

Je n'aimais que le son des cloches
Et le couchant.
Pourquoi j'ai mal, si mal !
Je suis innocent.

Venez me plaindre, venez ;
À votre rencontre — couronne — je m'élancerai.
Aimez-moi, apprenez à m'aimer,
Peut-être ne suis-je pas mort, peut-être vais-je me réveiller,
Je reviendrai !

Janvier 1907, Paris


/ traduit du russe par NIkita Struve
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Premier rendez-vous

Étoile du souvenir, surgis ;
Années revécues.
Poème : premier rendez-vous,
Poème : premier amour.
Je vois des appels venteux.
je vois des ténèbres soufflantes :
Le courant cramoisi de la guerre,
Où nous nous sommes noyés…
Mais point d’« hier» ni d’« aujourd’hui » :
Le passé tout entier s’éclaire,
Et seul un chant, hirondelle divine,
Lance son cri brûlant par la fenêtre…
Brille, mon étoile, au lointain !
Sur le chemin, les ans dressés comme des bornes :
Je les longe tel un pèlerin,
Cheminant au-devant de moi-même…
Frissons d’eau par les vents épandus,
Faites courir, journées d’un printemps qui n’est plus,
Vos mètres rayonnants,
Vos rêves vibrants de baisers.
Mille neuf cent, année pleine d’aurores !..
Questions jetées vers le levant…
…..
Mais l’hiver au hurlement de rue…
Silhouette au pied rapide,
S’arrachant aux semelles, l’obscurité
Grandit et chagrine enténèbre
Les immeubles aux flancs blancs ;
Il semblerait que des lémures,
Que les mimes muets de l’hiver
Élaborent des tours, mirés
En paroles écloses :
Toi et nous !
Je vais, docile et déprimé,
Tel un sosie à quatre pieds :
L’esprit biptère se fige en étoile ;
Et l’amas encroûté gèle ;
Givrant et scintillant,
jouant en essaims cristallins,
je verserai du miroir de ma face
Des lys de reflets croisés,
Et sous le masque, criblé de péchés,
je hérisserai ma honte sans issue,
Pour que surgisse de la vie, obscur,
Un temple fou et dépourvu de sens…
……
Entourez-moi, humains :
Pour me sauver de moi-même ;
Resserrez vos poitrines de foudre,
Vos cœurs emplis de feu.
Mon moi visible est miroir des pulsions,
Diamant taillé par un fantôme
En réfractions entrecroisées :
Scintillant, je me reflète en vous
Comme, inondé d’un trop-plein de destin,
Un couronnement qui vous incombe :
Je mûrirai, me livrant au battement
De cœurs chers et chaleureux.
Vous, approchez : je suis enfoudré ;
Vous, reculez :je suis un autre,
Je suis disloqué, débordant
De vides qui fuient débâcle,
Tel l’envol de l’ombre en cône creux,
Tel un nuage au firmament,
Tel le tonus éternel et sans cœur
De faîtes inexistants.
Des formes s’édifient dans les nuées :
Et moi, visage confisqué,
Assombri, fragmenté, morose,
je cours le long des congères,
Des pieds d’un fêtard de passage
je m’étire, sans poids, sans qualités :
Les démons me font pousser.
D’une angoisse inexprimable…
Nous sommes sans vie et distants,
Spirales de regards étrangers,
Miroirs en vagues déferlants,
Nous jouons à danser pour rien,
Comme des taches claires sur les murs d’été,
Dans un verre, un remous de lumière,
Tout est bizarrement inconcevable ;
Et tout ressemble à un labyrinthe…
Yeux dans les yeux ! Tout s’enturquoise…
Entre les yeux et nous, je suis ressuscité ;
Un souffle annoncera la première nouvelle :
Pas toi, ni moi !.. Mais nous : mais Lui !
L’esprit, moqueur comme un faune,
Nous mène sur un autre plan :
Nous grattons nos calvities roses
Sous les turquoises du printemps ;
Nous voulons être trop malins,
Nous renonçons, nous ne comprenons rien,
Abandonnant un rêve trop précoce,
Nous errons encombrés par la vie ;
Et lassés, nous honnissons
La fumée des brillances passées :
En taureaux plaintifs nous jouons des cornes,
En vieux hongres nous ruons aux brancards.
Notre bon sens, comique au groin de truie,
Parfois énonce à l’appel des aubes :
Mieux vaut une maisonnette de bois
Que ces pierres si maladives;
Il cache sa tête comme une autruche,
S’écarte en sursaut comme un chien,
Casant le chaos sans issue
Dans les cahots d’un méchant quotidien.
Digérant les dons de la nature
Dans nos ventres obtus,
Nous foulons aux pieds les années;
Nous piétinons vers l’obscurité.
…..
Traduction Christine Zeytounian-Beloüs, copyright édition Anatolia
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